‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 225 sur 261 · SU · texte numérisé non relu

SU

Alum.

Fer.

Chaux.

Magn.

Eau.

Charb.

Pert.

Aut.

ermaines grises. . . .

Salv.

auloises noires. . . .

E.ded.

Buiss.

. d’Abbeville grises.

tr.

Salv.

. idem. noires.

Salv.

candinaves grises. .

Salv.

c. du Jutland. noires.

Salv.

Cette Poterie n'a aucune glaçure, et comme elle est très-peu cuite et tendre, elle est très-perméable et très-fragile, excepté cependant les vases qui se trouvent dans les environs de Radeberg. Ceux-ci, décrits par M. Preusker, ont une pâte sableuse rougeâtre, remplie de paillettes de mica blanc, qui semble avoir été introduit dans la pâte avant la cuisson.

Les autres couleurs qui, comme je Fai dit, sont très-peu variées, dépendent plutôt de l’argile, qui fait la base de cette Poterie, que d’aucun mélange. Cependant on dit en avoir trouvé près de Bergen, pays de Hanovre, en argile grasse avec un enduit bleuâtre, et dans le même pays, dans la Wendenland, entre Cacherin, Gisborn etLangendorf, de bruns et de gris. Ceux de Lauensteinischen sont gris et bien cuits. En Saxe , en Lusace et en Silésie, on trouve de ces urnes en grande quantité , jaune-rougeâtre pâle , grises , presque noires.

Leur façonnage a été assez habilement conduit. Ces vases sont souvent minces, tantôt tournés et tantôt faits à la main.

Bans les lieux où l’on a trouvé réunis des vases faits par ces

POTERIES TENDRES

deux procédés, on a remarqué que les petits vases étaient faits à la main , et que les grands paraissaient avoir été tournés ; mais souvent aussi ces derniers étaient dans une position supérieure aux premiers (aux environs de Querfurst); enfin, M. Klemm et d’autres érudits supposent que les Potiers germains de cette époque tenaient le tour des Romains (*).

J’ai eu occasion de voir dans les collections d’antiquités de l’Allemagne, dans les bibliothèques et dans quelques-uns des ouvrages assez nombreux publiés sur les vases germains , un grand nombre d’exemples de ces Poteries , tant en nature qu’en figures.

J’ai choisi parmi ces innombrables vases et ustensiles de toute espèce, ceux qui m’ont paru devoir présenter, de la manière la plus claire, les caractères, les usages et quelques particularités de ces curieuses Poteries, et je les ai fait représenter sur les PI. xxvi et xxvii. Ces figures sont bien moins terminées que celles des autres planches , parce que ces dernières ont été faites d’après nature, tandis que celles dont je vais parler n’ont pu être exécutées que d’après des figures tirées d’autres ouvrages , ou faites par moi d’après les vases mêmes. Mais si je n’ai pas su donner à ces figures la perfection de dessin qu’elles auraient eue de la main d’un artiste, je me suis attaché à leur conserver le caractère de forme et d’ornementation, qui devait dans ma pensée en signaler la patrie.

Je ne décrirai pas ici tous ces vases ; ces détails se trouveront à l’explication des planches. Je me bornerai à parler des plus re- ' marquables comme exemples choisis de Poterie germaine.

Parmi les antiquaires allemands qui ont le plus étudié ce sujet sous le rapport de l’histoire et des antiquités, je dois citer M. Klemm. conservateur du musée de Dresde (*). Il a cherché à établir une classification parmi ces Poteries si nombreuses et si variées.

M. Klemm a suivi le principe de classification par les for-

(') Les érudits allemands pensent que le tour à Potier est venu chez les Germains par les Romains, à moins qu’ils ne l’aient reçu des Celtes ou Gaulois; j’ai exprimé la même opinion dans le chap. I?r, p. 23.

(2) Handbuah der germanischen alterthumskunde , von dr Gust. Klemm , inspecteur de I3 collection royale de porcelaines de Saxe, etc. Dresde, 1836. 1 vol.

MATTES, GERMAINES. 469

mes, le même que celui que j’ai adopté et que j’exposerai à la lin de cet ouvrage. 11 fait abstraction de ce qu’il appelle les appendices, tels que manche , anse , goulot , bec , et prend ses principales divisions dans la forme du corps ( boden ) du vase, et ses subdivisions dans la position du ventre ou partie renflée tantôt au milieu ou moyenne, tantôt supérieure ou inférieure.

Il regarde la soucoupe ( scliale ) comme la forme la plus simple, la forme primitive d’ou est née par aplatissement la coupe, l’assiette, le plateau, et par relèvement la jatte et l’écuelle ( napf ), puis par redressement, avec addition d’une anse ( henkel ), la tasse ; avec un plus grand redressement , le bocal ( becher ) , qui avec l’anse a donné la cruche (fkrug), et avec l’adjonction d’un bec ( ausguss rohren ), est devenu le pot à l’eau ou à café ( kami ).

Les tasses ovoïdes sans anse ( napf ) sont ordinairement trèsgrossièrement faites à la main et non sur le tour. Les tasses à anse (tassé) sont semblables à ce que nous appelons génieux; Celles des tombeaux de l’Elster noir sont sans anses; celles des environs de Bautzen sont les unes d’argile rougeâtre , les autres de terre gris foncé.

M. Klemm considère comme une bouteille le vase représenté PI. xxvi, Jig. 2, qui est très-riche d’ornements, et qui a été trouvé dans le bois d’Unterweeden , colline au nord d’Oberfarrenstadt en Saxe ; elle a un rebord, ce qui est une exception au système général des formes germaniques.

L’urne est un vase ventru à large ouverture et devenu par le rétrécissement et l’allongement de cette ouverture, la bouteille ( flasche ), forme très-rare dans les vases germains, mais dont je donnerai un exemple dans les vases gaulois. Le nom d urne s’applique particulièrement à ceux de ces vases qui, trouvés dans les tumulus, contiennent ordinairement la cendre ou les ossements brisés du corps qui avait été brûlé.

L’urne de la forme que M. Klemm appelle bocal, PI. xxvi, fig. 10. est en terre jaunâtre, richement ornée; elle vient de

in-8° avec planches. Le mot Boden est pris comme nom technique du corps d un

vase.

POTERIES TENDRES

la colline des Tombeaux dans la forêt de Wendelstein , en Thuringe. La ligure 7, qui a quelque analogie de forme et de décoration avec la précédente , vient des environs de Weimar.

Les urnes provenant du centre de la grande Germanie, c’està-dire du pays entre le Weser et l’Oder, ont des ornements soigneusement exécutés.

Ces vases n’ont presque jamais de rebord, ce qui les distingue des vases de fabrication romaine. Ceux du centre de l’Allemagne sont généralement plus ornés que ceux des parties septentrionales. Ils sont presque tous de forme circulaire ; cependant il y en a quelquefois d’ovales : on les regarde comme des vases ou boîtes à parfums. Parmi ceux-ci, et même parmi les vases circulaires, quelques-uns sont divisés intérieurement par des cloisons médianes ou croisées (PL xxvii, fig. 19, 20 et 23). Ils ont quelquefois des anses proportionnées à la grandeur de la pièce, telles que sur les tasses, mais très-petites sur les urnes (PI. xxvi, fig. 2, 10, 12, i3. — PL xxvii, fig. 2, 3, 11,20).

Ces vases, parleur nature, n’étaient pas susceptibles d’être enrichis d’ornements coloriés., Les anciens Germains n’ayant probablement pas les moyens de fabriquer des couleurs propres à être mises solidement sur les Poteries , les ont ornées de dessins en lignes, disposées avec une variété très-ingénieuse, au point qu’on admire comment avec des rayures , des points enfoncés et quelques bosselures, ils ont pu varier autant l’ornementation caractéristique de leurs Poteries.

M. Kruse a donné plusieurs dessins développés de frises les plus ordinairement employées sur les bords des urnes cinéraires. On y remarque particulièrement le méandre à bâtons rompus , ornement généralement attribué aux Grecs , mais que nous retrouvons sur les vases de toute nature et par toute la terre.

Les ornements qui les accompagnent sont tantôt des séries de points enfoncés, tantôt des linéaments disposés en lignes droites ou sinueuses parallèles, mais réunis en groupes inclinés régulièrement l’un sur l’autre et alternativement dans des sens opposés, tantôt des dépressions, des plis à bords arrondis, des bosselures, des espèces de mamelons, etc., toutes espèces d’ornements que je n’ai jamais vus que sur des vases de cette origine et que

MATTES, GERMAINES

M. Hausmann considère , ainsi que moi , comme caractères des Poteries germaines.

On remarque cependant sur quelques-uns de ces vases en pâte noirâtre qui se trouvent aux environs de Merseburg, des méandres grecs, ce qui est pour les antiquaires un caractère qui doit les faire attribuer à une époque postérieure à l’invasion romaine.

Enfin, il y en a d’autres sur lesquels les ornements toujours très-simples, sont de diverses couleurs, rougeâtres, jaunâtres ou noires, disposées en lignes ou zones parallèles. Les premières couleurs sont données par des ocres, la couleur noire qui est brillante, est donnée par du graphite. Près de Kœnigwarth, de Halle ? etc., on a déterré des vases d’un jaune pâle avec des cercles rouges. M. Braumuth a trouvé dans un tombeau du Hôgelberg . près de Landshut , un morceau de graphite auprès des urnes qu’il avait servi à noircir (Kxemm). Ces urnes, excepté les noires, sont très-rares; je n’ai pas eu occasion d’en voir.

Usage et position. — Ces Poteries ont eu, suivant les peuples et les époques, deux destinations très-différentes. Les vases qu’on appelle urnes avaient pour objet principal de renfermer les cendres et les os des morts après que le corps avait été brûlé ; ils sont souvent enfouis dans la terre des tumulus, entourés de toutes parts de terre meuble ou de sable et fermés avec un couvercle. Quelquefois ces vases sont renfermés dans un autre qui est d’une pâte et d’un travail plus grossier ; aucun squelette ne les accompagne, ce sont généralement les plus anciens, PL 1 if g- 2.

Les autres urnes sont dans des tombes avec les squelettes des corps qui y ont été placés, PL 1 -, fig • 1 5 elles sont souvent accompagnées d’autres vases plus petits et disposés avec beaucoup de régularité et même de symétrie, quand ils n’ont pas été dérangés par les affaissements du sol ou les éboulements et le désordre que les Lemmings (animal du genre des rats de Linnée) et les lapins y ont causés en s’y introduisant. Ce sont donc des vases funéraiies ou consacrés aux morts comme hommages ou objets auxquels ils avaient mis quelque prix pendant leur vie. Tels sont les petits pots en terre cuite percés de plusieurs trous et remplis de petites pierres qui font entendre un bruit assez clair quand on les agite. On peut les comparer aux hochets qu’on donne aux enfants

POTERIES TENDRES

( Kinder-Klappcrn, près Bautzen), les autres petits pots qui les accompagnent étant aussi des jouets ; on remarque qu’on les trouve principalement dans des tombes d’enfants. Outre les ustensiles de métal et de pierre qui se présentent dans les mêmes tombes, et qui servent à constater le peuple et à peu près l’époque auxquels appartiennent les tombes et ce qu’elles renferment , on a trouvé dans les tumulus ou sépultures d’autres objets qui , étant en terre cuite , doivent entrer dans nos recherches.

Ce sont i° des espèces de marteaux (*) qui servent à rendre plus lourds les filets des pêcheurs ; i° des petites sphères trouées qui probablement avaient le même usage; 3° des disques percés de cinq trous, qu’on présume avoir servi de couvercles à certaines urnes ; 4° des disques doubles réunis par une tige , trouvés en Silésie (Bosching) ; 5° enfin des baguettes d’argile d’environ 7 cent. Les fragments de ces baguettes n’ont été vus que dans les foyers de sacrifice (D. Wagner) .

La planche ire de ce traité représente, fig. 1 , une tombe de famille découverte dans le milieu d’un tumulus à Unterweeden, près d’Oberfarrenstadt (2), dirigée, comme toutes celles de ce canton, de l’est à l’ouest; elle était soigneusement fermée et divisée transversalement en deux chambres ; il y avait dans chacune d’elles un squelette avec des urnes ayant , en général , la forme de bouteilles, PI xxvi , fig, 2. D’autres pièces de Poterie avaient la forme de jattes représentées même planche, fig. 19 et 20. Cette dernière, avec ses petits pieds, est une forme presque exceptionnelle. Ces vases, et plusieurs autres, étaient richement ornés, comme le montre la figure citée. Leur pâte rouge-brunàtre et comme gris-noirâtre est très-peu solide. Les plus grands avaient environ 3 décimètres de hauteur.

La fig. 2 de cette même planche représente une autre sorte de tombe formée de blocs irréguliers, de pierres accumulées en voûte et se décelant quelquefois à l’extérieur par ces petites buttes coniques ou en petites collines qu’on nomme tumulus. Cette

(*) Hammcr , Klemm, § /i9, renvoyant au § 31.

(*) Par M. Ad. Bfrgner, dans Kruse, Ier vol., 6' cah., p. 25, PI. 11, fig 1 et 2.

MATTES, GERMAINES

tombe diffère de beaucoup d’autres , que j’omets de citer, en ce qu’elle ne renferme pas de squelette ; il paraît que le corps dont ce devait être la sépulture avait été brûlé , et ses os friables et brisés réunis à la cendre de ses parties molles avaient été placés dans les urnes représentées ici et enfermées dans cette tombe.

Les tombes de cette sorte se trouvent près de Radeberg.

Près de ce même lieu, à trois lieues de Dresde, M. Preusker a trouvé dans une tombe rectangulaire des urnes tout à fait particulières; elles sont en argile cuite, d’une couleur brunâtre, placées dans de petites niches creusées dans les parois du tombeau et disposées régulièrement. La forme de ces urnes s’éloigne beaucoup de ce qu’on connaissait, et les caractères singuliers qui y sont tracés s’éloignent encore davantage du système d’ornemen¬

tation des vases germains. Elles ont a5 cent, de hauteur sur 1 6 , avec une anse d’un j côté et un petit mamelon au côté opposé à la panse. Ces vases d’argile brunâtre, très-cuite, un peu luisants extérieurement,

ont été tournés. Les espèces de caractères qui en font l’ornement sont gravés assez profondément. (Voir ci-contre n° 3i .)

En décrivant les différentes sortes de vases, d urnes etd ustensiles de terre cuite qu’on trouve si abondamment dans les parties do l’Allemagne septentrionale qui sont entre l’Oder et le Weser, etc. , j’ai dû parler déjà des usages ou destinations de ces différents objets. On a vu qu’une des principales destinations était ou de recevoir les cendres et les ossements calcinés des morts dans les pays et les temps ou il était d’usage de brûler les corps , ou , lorsque cet usage a cessé, d’accompagner, comme hommage ou sacrifice au défunt, son corps dans la sépulture. L’état de ces vases “ J~!ces urnes en pâte poreuse, sans solidité, sans éclat, etcepen-

és autant qu’il était possible, suffisait à cette desti-

ornes

nation.

Des plats, des coupes, des espèces de jattes à bords, ayant la même pâte, la même texture, le même système d ornements,

trouvés dans le même tombes mêmes, mais a

e lieu que les tombes, quelquefois dans les a leur entrée, ont été regardés par les érudits

POTERIES TENDRES

comme des vases ou coupes (PI. xXvi ,/%. 17, 19, 20 et ai) employés dans les sacrifices qui accompagnaient la cérémonie des funérailles.

Il était impossible que ces urnes, par leur nombre prodigieux dans les parties de l’Allemagne que je viens d’indiquer, échappassent à la connaissance du paysan le moins observateur, et que leur position, toujours souterraine, ne l’étonnât pas. Aussi combien d’opinions plus ou moins ridicules n’a-t-on pas émises sur leur origine, et remarquons que ce n’était pas dans les temps les plus reculés que ces opinions se sont fait connaître, mais dans les xve et xvie siècles, plus près de nous encore, puisqu’on remarque avec éloge qu’il y avait au xvie siècle des hommes tels qu’Agricola, Albinus, etc., qui avaient exprimé sur ces urnes des opinions plus raisonnables (*).

Je me garderai de raconter, d’exposer même, toutes les opinions qu on n a pas craint d avancer sur l’origine de ces urnes souterraines déterrées , depuis un temps immémorial, dans les environs de Limbourg et dans la basse Lusace.

Le peuple les croyait le produit de la fabrication d’un monde nain (Zwergen-Welt) , et les appelait des pots nains (Z wergen-tôpfe ). C est encore l’opinion des paysans à Dessau et à Torgau , que ces nains qui vivent sous terre continuent de les fabriquei . Les habitants de la Lusace croient qu’ils poussent comme des truffes , qu on ne peut les déterrer qu’en été , parce qu’en d autres saisons ils sont de 5 à 7 mètres plus enfoncés sous le sol , mais qu en mai ils croissent , se relèvent et indiquent ,

(l) Voici ce que dit Agricola :

Après avoir parlé des ossements qu’on trouve pétrifiés près d’Hildesheim , Lunebourg, etc., il ajoute : in terram etiam reperiuntur vasa fictilia quorum collum plerique est strictum , venter ■tumidus , quœdam ansas habent singulas , alias binas , partim ternas , non nulla operculis sunt tecta , etc.

Il dit qu’on déterre ces vases dans plusieurs lieux , mais principalement en Saxe, en Lusace, en Thuringe, etc. ; que le vulgaire ignorant de Saxe et de Lusace se persuade qu’ils sont nés dans la terre et avaient été employés par les nains qui habitaient les cavernes du Segeberg; mais il affirme que ce sont de véritables urnes, dans lesquelles les anciens Germains, avant d’être convertis au christianisme, avaient déposé les cendres des morts, qu’on en trouvait dans toutes, dans quelques-unes du charbon, dans d’autres des an

neaux, etc. Georgii Agricola de ortu et causis subterrancorum . dé natura

fossilium , etc. , éd. de Bâle, 1546 , in fol., p. 128.

MATTES, GERMAINES

comme le font les truffes, leur présence par une sorte de tuméfaction du sol , etc.

Dans le TVendenland hanovrien on considère ces vases comme urnes cinéraires des anciens Vandales, et les paysans cassent tous les pots de cette sorte qu’ils rencontrent, parce qu ils croient que l’âme du Vandale, dont ils renferment les cendres, Reparaîtrait et inquiéterait celui qui emporterait ce vase.

On les appelle aussi quelquefois pots à lait ( milchtopfe ), parce qu’on croit que le lait qu’on y met produit de meilleuie crème et de meilleur beurre (*)*, qu’en mettant dans les urnes rondes l’eau que l’on donne à boire aux poulets on les garantit de maladie, etc., etc.

On a remarqué que toutes les Poteries ou urnes germaines enfermées dans la terre ou placées dans des tumulus sont trouvées au nord du Danube, où l’on n’en connaît aucune de romaines; tandis qu’au sud de ce fleuve les Poteries romaines étaient en nombre considérable, tandis que les germaines s’y rencontrent fort rarement.

C’est donc principalement dans les provinces d’Allemagne, au nord de ce fleuve, dans l’espace limité à l’ouest par le Weser, à l’est par l’Oder, et au sud par l’Erzgebirge, montagne septentrionale de la Bohême, dans les pays ou cercles de basse Saxe, de Thuringe, de haute Saxe et de Mecklenbourg , principalement dans la Lusace et la Silésie, que se trouvent comme réunis en groupes composés d’un grand nombre de tumulus et de sépultures moins visibles, les urnes, vases et autres ustensiles de Poterie , si variés de formes et de dimension , tout en conservant une sorte de caractère national que je viens de signaler et de figurer.

Dans quelques localités, la position de ces urnes offre des circonstances assez particulières d’accumulation, de disposition et de réunion, qui ont été décrites avec beaucoup de détails par les antiquaires allemands, je me bornerai à en citer quelques

exemples :

Dans une rangée de Collines funéraires ou tumulus, près

(*) Treoer, Beschreibung der Toden topfe , P- 3, dans Klemm. - Rhode. Cimbr. Hoslt. Anliqwtaten-Retharken.

POTERIES TENDRES

Schkopau , dans les environs de Merseburg, collines dont le nom était celui de Suevenhock , que les habitants ont transformé en Schwenden Hügel , colline des Suédois (‘) , on a trouvé un grand nombre de ces tombes plus ou moins bien construites et conservées, renfermant une multitude de vases, malheureusement la plupart brisés par l’introduction des lapins.

En Saxe, entre Dresde et Meissen, on connaît de nombreuses et vastes réunions d’urnes enfouies à i ou 2 mètres de profondeur-, près de Leipsig, et particulièrement du village de Connevitz, on a découvert un lieu qu’on a nommé le cimetière des païens ( Heiden Kirchôfe ), où les urnes de différentes dimensions et rassemblées en grand nombre, sont comme protégées contre la pression des terres par des espèces de petites pierres et de tessons $ d’autres urnes qui leur servent d’étais, de fondation et de couvercle. Je donne ici , n° 3a , la représentation d’une de ces urnes Ç). Ce nombre est si considérable dans quelques parties de l’Allemagne , que certaines collines sont couvertes de leurs dé- n° 32.

bris , comme celle de Schkopau dont j’ai parlé.

A l’embouchure de l’Elster noir, dans l’Elbe, cercle de Schweinitz et de Liebenwerdaer , duché de Saxe, on a ouvert en deux ou trois ans <3oo tumulus dans lesquels on a trouvé, outre une multitude d’urnes, de coupes à sacrifices, des vases en forme de ces pots qu’on nomme Kanne en Allemagne , d’une mesure de quart ( Vievteï) , en terre cuite très-solide, et surtout de ces vases ronds ou ovales séparés par une ou deux divisions, en deux ou trois parties, et qu’on croit avoir servi à renfermer des parfums (Voir PI. xxvii , fig. 19, 20, 23), et, ce qu’il y a de plus remarquable, de petits vases renfermés dans de plus grands (3). On a vu cette même particularité dans un cimetière attribué aux Romains à Lincoln en Angleterre.

P) Dr Fr. Kruse, Deutch s/lterthumer , Hall. 1824, 1 vol,, 1 cahier, p. 73, PI. J.

(*) Klkmm, p. 115, PI. vm, fig 2.

(*) Hr Wagner, dans Kruse, ./rcA., vol. III, pars na. p. 16 et sulv., PI. letn.

MATTES, GERMAINES

Sur la rive droite de l’Elbe, presque en face de l’embouchure de l’Elster noir, le docteur Wagner a déterré plus de i5o de ces urnes placées dans des Tumulus très-nombreux dans ce canton, et surtout près de Gusmandorf.

Je terminerai cette indication des lieux qui renferment des urnes et autres Poteries germaines, par celle de deux localités situées sur les contins de la Germanie, et qui présentent des doutes sur le pays des morts qui ont été ensevelis et des Potiers qui ont fait les urnes.

Dans le premier, le Mecklenbourg , on trouvera le passage aux caractères des Poteries Scandinaves ; dans le second , le pays de Nassau , presque tout paraît plus romain que germain.

Le Mecklenbourg, qui s’éloigne vers le nord des contrées de la Germanie où se trouvent un si grand nombre d’urnes et de Poteries portant des caractères de forme et d’ornementation assez particulières, renferme aussi des urnes et des ustensiles de Poteries assez différentes des précédentes, et se rapprochant un peu des Poteries Scandinaves anciennes et modernes. M. Eud. Schrôtter et Fr. Lisch (*) ont publié la description d’un nombre assez considérable de ces vases avec des figures qui montrent un système de forme et d’ornementation différent de celui des urnes et Poteries de l’Allemagne. Elles sont généralement mal faites, et autant qu’on puisse en juger par les figures, elles n’ont point été tournées, mais assez grossièrement façonnées à la main, avec quelques ornements qui semblent n’avoir été tracés qu’avec le doigt du Potier. Quelquefois cependant il y a des lignes droites ou ondulées, des séries de points enfoncés, qui paraissent avoir été

faits par des instruments tranchants ou piquants, telle est l’urne représentée ci-contre, n° 33 , dont la pâle est dans l’intérieur d’un gris foncé , à grains fins , avec des parcelles de mica. L’extérieur est noir. Elle a été trouvée à Sparow avec des urnes d’une forme un peu différente, mais ayant la même pâte parsemée de lamelles de Mica.

i -Francisaim, t u collection des Antiq. germaines et

POTERIES TENDRJES

Ces urnes sont souvent remplies d’ossements mêlés de terre et de charbon , et accompagnés de différents petits ustensiles M. Schrôtter dit que dans une de ces urnes on a trouvé avec différents objets assez insignifiants, un anneau nuptial lavée l’inscription Ave Maria ? Elle était placée sous des Tumulus.

Les lieux où ces sépultures ont été reconnues et citées pai* MM. Schrôtter et Lisch sont :

Kummer ;

Stolpe ; \

Dobbersten dans le Jungfertanner ;

Spornitz -, le vase figuré ci-contre, n° 34 7 «est de ce lieu, la pâte en est jaunâtre à gros grains;

Marnitz ;

Ludwigslust ;

Timkenberg ; très-grande urne de 5 déc . de hauteur sur 38 cent, de diam. ;

Stargard ; c’est l’espèce de pot à l’eau orné qui est figuré ici sous le n° 35; on voit qu’il se rapproche plus de la mauvaise et laide Poterie Scandinave que des vases de la Germanie centrale. Il est en pâte noire assez sonore. Sa hauteur est d’environ ■27 cent.

Vers l’extrémité occidentale des pays allemands, dans le duché de Nassau, et près de la vallée du Rhin , nous retrouvons encore des sépultures renfermant des vases, K° 35-

mais l’attribution et des tombes et de ce qu’elles renferment! surtout en Poteries , n’est plus si claire et si précise; on hésite entre les Romains et les Germains; d’après les formes de ces urnes, bien tournées, ayant un rebord et un pied, d’après les { différents objets qui les accompagnent, je serais disposé à les j regarder plutôt comme de fabrication romaine que comme de| fabrication germaine. Us ont été publiés dans les Annales de la 1

slaves du grand-duché de Mecklenbourg; par Eud. Schrottf.h et Fr. Liscu,|j( Leipsik , 1827.

MATTES, GERMAINES. 479

société des antiquaires de Nassau. Je donne ici la représentation de trois de ces vases : l’un , 36 , trouvé

dans les environs de Schierstein, contenait de petits os de volailles, restes, dit l’auteur des Mémoires , du repas funéraire ; l’autre, n° 3^ , du même lieu , oet une véi ritable urne, mais toujours avec le rebord qui lui ôte, suivant M. Klemm, son caractère germanique; le troisième, le n° 38, dont je ne connais pas l’origine, a encore plus que les autres un caractère romain.

Les autres lieux du duché de Nassau où l’onadécouvert de ces Poteries, sont Kernel, district d’Egelskerb, à l’ouest de Gladbacher, près de Lanfdorf, dans le Solms Braunfels ; ce dernier est donné par cet auteur comme tiré d’un Tumulus germain (1).

Les anciens Germains des parties de l’Allemagne que j’ai dénommées, après avoir fait tant de pièces de Poterie sans aucune glaçure, n’ont pas été imités par les populations qui leur ont succédé dans les lieux qu’ils habitaient , car on ne trouve ni dans ces contrées, ni dans les autres parties de l’Allemagne, aucune fabrication moderne de Poteries tendres, mattes, qui mérite d’être citée. Il me semble qu’il y en a même moins que dans aucune autre partie de l’Europe. Cela pourrait résulter de la découverte qu’on fit en Allemagne , il y a environ 600 ans, de la première et véritable glaçure plombifère, et de l’empressement que les peuples au milieu desquels cette découverte prit naissance ont mis à en jouir et à se débarrasser ainsi de tous les inconvénients qu’ils avaient rencontrés dans les anciennes Poteries mattes et perméables.

(') Annales delà Société des /Antiquaires de Nassau, Wiesbaden, 1827-

POTERIES TENDRES

Poteries Scandinaves.

Scandinavie - Les Poteries de l’antique Scandinavie ont une

pâte grossière mêlée de débris de calcaire et de parcelles de mica. j On les trouve dans la terre accompagnées de flèches en silex et de restes d’armes en fer. (Mus. cér., M, PI. x,y/g\ io, 1 1 et 16.)

jutiand. — On y fabrique des Poteries entièrement noires et mattes dans toutes les parties qui n’ont pas été polies lorsque la pièce était sèche, mais non cuite.

Cette Poterie, d’un noir foncé, est solide ; sa pâte paraît assez fine; quoique faiblement cuite, elle devient dure, dense et sonore, par la cuisson. Son façonnage est encore tel ( 1 838) que les anciens Scandinaves le pratiquaient, c’est-à-dire que toutes les pièces se font à la main sans le secours du tour à Potier, ce qui est à cette époque un fait industriel très-singulier.

On cuit cette Poterie à une faible température; mais elle est ménagée de telle manière, me dit M. Forchhammer, que la fumée du combustible s’introduit dans la pâte et lui donne la couleur noire intense que présente la Poterie.

On en fait des vases de ménage et de cuisine qui résistent sur

le fourneau, et pendant plusieurs années, à toutes les températures nécessaires à la cuisson des aliments f1).

OD

Poteries gauloises

CELTIQUES ET BRETONN

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