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GRECQUES, MATTES, MODERNES

bien façonnées, tournées, mais n’ont rien de remarquable.

Syra. — Les Poteries mattes de cette île ont beaucoup de ressemblance avec celles de Siphanto, par la couleur de la pâte, sa texture, le mica qu’elles renferment et une sonorité due à une bonne cuisson; elles sont bien tournées. (M, PL xn,/%. 12.)

Égîne. — Les Poteries antiques d’Égine sont célèbres par leur légèreté : à peine sont-elles glacées, et on peut présumer que la finesse de la pâte, la perfection du tournage leur donne ce demilustre; néanmoins les Poteries modernes de cette île, d’une couleur rosâtre, sont absolument mattes; elles sont peu dures, peu sonores et absorbent promptement l’eau.

Les Poteries modernes de l’île de M i 1 o , rapportées également par M. de Blosseville , ont une pâte plus grossière que les anciennes, citées plus haut (p. 4^9), d’une teinte grise, tirant sur le rougeâtre sale, assez bien cuite, presqu’en grès, aussi sont-elles très-sonores malgré leur texture grossière.

Les pièces sont minces , bien tournées jusque sous le pied, et de formes qui, quoique variées, ont encore entre elles un caractère particulier. Des bandes mises comme au hasard , constituent une sorte d’ornementation. (Mus. céram. , M, Pl. xii ,j%. n).

La pâte des Poteries mattes et modernes de l’île de Candie est d’un rouge de brique, elle est susceptible, comme la plupart des pâtes de cette couleur, due à une peroxydation du fer, de devenir noire dans la place où elle a été chauffée par un feu désoxydant ; elle est fine , assez bien tournée , bien cuite et sonore, par conséquent assez dure. ,

Les Poteries de l’île de M e t e 1 i n ressemblent beaucoup à celles de Candie ; mais les pièces que j’ai vues sont plus grossièrement façonnées, de formes assez bizarres; la pâte moyennement cuite , facilement rayable par le couteau , et très-perméable , est cependant assez sonore. — De grossiers dessins blancs ou rubans larges, contournés, rappellent l’ornementation des Poteries modernes de Milo. Ces ornements ont le même style sur les pièces diverses que le Musée céramique de Sèvres possède (M,

PL xii, fig. i4)-

Les Poteries mattes modernes d’Athènes sont assez semblables à celles de Metelin; mais on retrouve dans la finesse

POTERIES TENDRES FINES

de la pâte, même des pièces les plus épaisses, et dans les formes grecques , le caractère des Poteries de la grande Grèce. Elles sont peu sonores et assez tendres.

Les Poteries de l’île de Chio que j’ai vues, sont à pâte rougeâtre assez fine, très-dure, presque comme du grès, sonores; mais mal façonnées (M, PI. xii, fig. i5). Si on les a laissées mattes, c’est qu’on l’a voulu ainsi , puisque le Potier connaissait le vernissage au plomb; car l’ornementation consiste en rubans et en linéaments en blanc d’argile, avec quelques filets et quelques touches de vernis plombeux verdâtre foncé.

Celles de S a m o s leur ressemblent en tous points, et surtout par le genre d’ornementation en rubans blancs avec des rehauts de vernis plombeux vert.

Ces exemples de Poteries à pâte tendre et sans aucune glaçure, de la Grèce moderne, me paraissent suffisants pour donner une idée de la fabrication actuelle de ces contrées si célèbres par leurs antiques productions céramiques.

Turquie d'Europe. — On fait à Bourgaz, en Romanie, une Poterie fort remarquable, et qui n’a d’analogie , par la pâte et le façonnage , que dans certaines pièces du Mexique et des Antilles, dont je parlerai en leurs lieux; comme celles-ci elles n’ont été ni tournées, ni cuites. Ce sont des petites tasses ou coupes hémisphériques, sans pied, à pâte d’un rouge laqueux, lustrée, mais par polissage , avec des ornements extérieurs, comme gravés, d’un assez bon goût , et une abondante dorure , tant en dehors qu’en dedans , qui n’a pas non plus été fixée par la cuisson (Mus. céram. , M , PI. xii , fig. 1 3). Quelques têtes de pipes de la même terre, du même lieu , sont dorées de la même manière.

Crimée. — Les Poteries de Crimée , que nous devons au voyage de M. de Demidofï, et celles qu’a publiées M. Dubois de Montperreux, dans son Voyage au Caucase, ont un caractère gréco-oriental. Leur pâte est rouge rosâtre, assez fine, trèsabsorbante, tendre, par conséquent sourde. L’ornementation consiste dans des zones ou rubans blancs, ou en raies transversales; mais ici elle est disposée avec régularité et assez dégoût.

Je donne la figure de plusieurs vases de cette sorte de Poteries,

MATTES, GERMAINES. 4(J5

PI. lvii ,Jig. 2, 3, 4, 5 et 6, elles sont tirées de l’ouvragé de M. Dubois de Montperreux, on y voit les ornementations en blanc, dont je viens de parler.

On fait en Crimée, à Xara-san-Basar, une autre sorte de Poterie d’une pâte beaucoup plus fine, d’un ton jaunâtre pâle, tirant sur le rosâtre. Cette pâte est assez dure, sonore ; les pièces sont minces, bien tournées, et l’ornementation se compose de lignes, de rectangles, de touches rouges, brunes et blanches (*).

L’ordre historique, 1 ordre géographique même devrait me faire continuer l’histoire des Poteries grecques, en passant des ’ Poteries mattes qu on a faites dans la Grèce et ses colonies , aux Poteries couvertes de cette glaçure noire si brillante, faites dans les mêmes lieux que les Poteries mattes, souvent à la même époque, et peut-être par le même ouvrier; mais l’ordre technique souvent d accord, comme je l’ai fait remarquer plusieurs fois, avec l’ordre chronologique, me force de poursuivre sur toute la terre la fabrication des Poteries mattes , de cette fabrication si simple , que presque toutes les Poteries antiques et anciennes lui appartiennent, et que partout elle a précédé, et souvent de beaucoup , les Poteries à glaçure quelle qu’elle fût.

Par conséquent , au lieu de passer des Poteries mattes grecques aux Poteries lustrées du même peuple, je continuerai l’histoire des Poteries en allant de l’Orient à l’Occident, puisque j’ai commencé par la source ou au moins le centre de la fabrication céramique, qui se trouve vers l’orient de l’Europe.

Poteries germaines.

On trouve dans des tumulus ou buttes artificielles de terre, très-nombreuses dans plusieurs parties de l’Europe septentrionale et principalement de l’Allemagne, des Poteries peu variées de couleur, mais très-variées de formes, quoique ces formes soient cependant limitées par un système commun original, quelques-

C Mus. cérami, M, PI. xii, fig. 6 cl 7.

POTERIES TENDRES

unes se rapprochant des formes simples et pures de l’ancienne Grèce , d’autres un peu du style oriental , mais ayant néanmoins un caractère propre et bien à elles. Ces Poteries sont caractérisées surtout par des ornements très-simples qui , malgré leur variété , offrent encore une disposition de linéaments et de points comme gravés qu’on ne retrouve dans aucune autre Poterie que dans quelques-unes de celles qui ont été faites dans des pays trèséloignés tels qu’en Étrurie et dans les Gaules (*). Elles paraissent avoir été fabriquées par des peuples qui, ayant ensemble des analogies de position, de mœurs, d’idées, etc., avaient dû imprimer aux grossiers produits de leurs simples arts des caractères généraux partant de leur manière de sentir.

Ce sont ces Poteries que nous nommons germaines, et qu’il est souvent difficile de distinguer des Poteries slaves, celtiques ou gauloises et Scandinaves, lorsqu’on les trouve sans caractère précis d’origine et sur la limite des territoires attribués à ces différents peuples.

Ces Poteries consistent principalement en vases de petite et moyenne dimension , d’une pâte noirâtre , gris cendré , jaunâtre * ou rougeâtre sale, faite, dit M. Klemm, avec les argiles des lieux voisins.

La composition de cette Poterie est assez semblable à celle qui a été faite par des peuples, si ce n’est de même origine, au moins de même industrie céramique , tels que les anciens habitants du Jutland, de la Gaule et de la Germanie; en comparant les analyses que j’ai inscrites dans le tableau p. 386 de la composition des

(‘) On conçoit l’analogie de formes des vases germains avec les vases gaulois, mais il parait plus difficile de l’admettre pour les étrusques. Le Musée de Sèvres et celui du Louvre possèdent quelques coupes étrusques, qui, par la forme, mais surtout par les ornements en lignes de points enfoncés , ont avec des coupes j germaines et gauloises une ressemblance telle que sans la certitude qu’on a de , l’origine des pièces étrusques , on les placerait parmi les Poteries noires de la Germanie. Voyez Traité, PI. xx, l’urne étrusque, fig. 4, comparée avec l’urne gauloise {Mus. cêram., M,P1. x, fig 1). Dans la PL xxi du Traité, le pot à l’eau étrusque, fig. 11, avec ses bosselures et ses lignes de points, comparées avec les bosselures et les ornementations analogues des Poteries germaines, Traité, PI. xxvti, fig 13 , 15 et 17, et surtout avec les formes, couleurs, ornements en lignes anguleuses de points enfoncés des vases étrusques {Mus. céram., M, PI. vi , fig. 7, 16 et 17) montrant le même système de décoration de la plupart des j urnes et vases représentés sur les planches xxvi et xxvii du Traité.

MATTES , GERMAINES

Poteries tendres-mattes de divers pays, on jugera les différences et les ressemblances qui se sont présentées dans la composition des n08 3 et 4 du troisième groupe et 2 du quatrième groupe. On trouvera la même ressemblance dans l’analyse moins comparable faite en i83o parM. Buisson.

Je rapproche ici ces quatre analyses pour rendre la comparaison plus facile, je supprime les fractions d’unité.

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