POTERIES TENDRES, FINES
Cette prétendue porcelaine a pour pesanteur spécifique , comme on le voit au tableau des densités, 2,61 3. Elle n’est point fusible , pas même ramollissable au plus grand feu de la porcelaine dure 5 on en a fait principalement des figurines 5 elle doit avoir par sa composition très-peu de plasticité, et être par conséquent très-difficile à façonner en vases et autres pièces rondes et creuses faites sur le tour. Je devrais renvoyer au livre II des décorations des Poteries par couleur vitrifiable, l’étude de son vernis, qui est plutôt une coloration d’ornementation qu’une vraie glaçure ayant pour but de rendre une pâte imperméable ; mais je ne puis séparer le résultat de cette étude de celle de la pâte qu’il recouvre, et je dois indiquer sa composition qualitative, sauf à y revenir en traitant des décorations en couleur vitrifiable.
Ce vernis a été examiné par MM. Buisson , Laurent , Malaguti , Salvétat qui l’ont trouvé composé de silice et de soude , et coloré par du cuivre. Ils se sont assurés qu’il ne contenait pas de plomb, mais ils n’ont pas été également d’accord sur la présence ou l’absence du cobalt. On voit que c’est le cuivre qui est ici le métal colorant en bleu, et en bleu quelquefois si beau qu’on l’a attribué au cobalt. Il y a à ce sujet dissentiment entre plusieurs chimistes, qui, sans admettre que le cobalt soit la matière colorante principale, ont cru y reconnaître sa présence, quoiqu’en faible quantité. Ce n’est pas le lieu d’agiter cette question , qui sera reprise au livre III. Ce vernis, souvent très-épais, est tendre. Comme il doit sa couleur bleue à l’action alcaline de la soude ou de la potasse sur l’oxyde de cuivre , il est susceptible d’être attaqué par l’action de l’air, et de se couvrir d’efflorescences salines.
Les pièces représentées PL xxi, fig. i, et dans l’Atlas du Musée céramique, PI. xi\,fig. 9, 10, 11, 12, 1 3, 20,21, 22, 24, 25 et 26, doivent être rapportées à cette Poterie sableuse et vernissée.
On remarquera que les Égyptiens, après avoir découvert leur glaçure si belle par les couleurs vives qu’on pouvait lui donner, ont bien vu qu’elle ne pouvait pas s’appliquer sur leurs pâtes argileuses, parce que l’emploi du plomb, qui