‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 251 sur 261 · LUSTRÉES. GRECQUES. USAGES ET NOMS · texte numérisé non relu

LUSTRÉES. GRECQUES. USAGES ET NOMS

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pour toute sorte de destination et surtout pour les repas , comme vases à boire , plats pour recevoir différents mets, etc. : tous , ainsi qu’on l’a déjà fait remarquer , n’étaient pas en Poterie , il y en avait un grand nombre en argent , comme le disent expressément les auteurs , et notamment Athénée. On voit dans ce dernier qu’on faisait à C o p t o s des vases en terre cuite aromatisée avec la Myrrhe, le Schenanthe, etc., ce qui ôtait au vin qu’on y versait une partie de ses qualités enivrantes. Il ne peut y avoir de doute que les substances odorantes étaient introduites dans la pâte absorbante de ces vases après leur cuisson. Aucune substance aromatique ne pourrait résister, sans être complètement altérée, même au faible feu de cuisson qu’on donnait à ces Poteries.

Cette circonstance qui prouverait s’il était nécessaire la perméabilité de ces Poteries, s’accorde difficilement néanmoins avec les nombreux usages domestiques auxquels beaucoup de ces vases étaient consacrés \ ainsi :

Les vases appelés O r c a étaient des vases à salaison.

Les Amphores (PL xxiv, pg. 1 4) étaient des vases coniques souvent très-grands , destinés à recevoir les provisions liquides et solides. Dans les uns on mettait le vin, qui continuait à y fermenter. Ils avaient deux anses , étaient généralement trèspointus , enfoncés assez profondément dans le sable des caves. C’était dans ce fond pointu que se rassemblait la lie du vin. On soutirait le liquide , ainsi clarifié par le ropos , avec une pompe ou des coupes. Ces vases , dont l’usage n’est pas douteux et s est continué jusqu’à la chute de l’empire romain , sont assez communs dans les collections d antiquités.

D’autres vases à deux petites anses nommés aussi Amp h o r e s avaient une forme plus sphéroïdale et servaient aux anciens a conserver de l’eau , de 1 huile ou des grain*.

Des vases plus petits propres à contenir des liquides ou même à servir de coupes à boire étaient aussi nommés Diota (PL xxxi, pg. h ; Mus cor., PL xxvm, pg. \h):, P^ce qu’ils étaient munis de deux anses. Ils sont figurés sur une multitude de monuments , de scènes de repas, etc. ; beaucoup de vases d’usage ayant deux anses relevées portaient ce nom.

POTERIES TENDRES, FINES

Les R h y t o n s étaient des vases à boire souvent très-élégants et qu’on n’offrait qu’aux héros. Ils étaient terminés par des têtes d’animaux et quelquefois même par des têtes humaines.

Les Paropsis, Patelia, Patina et Lanx étaient de petits plats propres à recevoir différents mets , et le dernier plus particulièrement des viandes rôties.

Les Urnes avaient pour usage principal de recevoir les cendres des morts. Il y a peu de vases grecs auxquels on puisse attribuer ce nom et cette destination.

Enfin , malgré la perméabilité de leur pâte, on en faisait des pots que les Grecs nommaient M a t u 1 e s , et qui par leur usage sembleraient exiger une parfaite imperméabilité : cependant un passage d’Àthénée , qui rapporte qu’on brisait quelquefois à la fin du repas des m at u 1 e s , malgré l’odeur infecte qu’ils répandaient , ne peut nous laisser de doute sur l’emploi de cette Poterie si imparfaite.

Les vases grecs offrent encore quelques particularités qui ne sont pas étrangères à notre objet principalement technique.

Les Potiers grecs faisaient comme les Potiers américains , comme la plupart des Potiers européens, des pièces qu’on appelle de surprise. Ainsi ils introduisaient dans des vases de la classe des Cylix et des Canthares , nommés Crepundia et Crepitacula,et qui avaient la forme d’une théière ouverte par le pied, de petites pierres qui faisaient entendre un bruit de h o c h e t quand on les agitait (1).

Thériclès, l’un des Potiers grecs les plus célèbres par la beauté et la perfection de ses ouvrages, a donné son nom à plusieurs vases, et même comme nom de genre à plusieurs sortes de vases. On appelait ainsi une espèce de calice qu’il avait fait. Théophraste le montre clairement en disant qu’on faisait des calices Thé ridées avec du bois de térébenthe (*) qu’on ne pouvait distinguer de ceux de terre. Les ca* lices Thériclées avaient, quand ils étaient neufs, un brillant trèsfrappant; il paraît qu’il y en avait aussi d’un beau noir brillant

(*) Catalogue du cabinet Durand , fig. 50.

(*) Le bois de térébenthe, s’il appartenait à l’arbre que nous nommons ainsi , était d’un assez beau rouge.

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