‹ Traité des arts céramiques (volume 2)Chapitre 91 sur 261 · MOLLES · texte numérisé non relu

MOLLES

Les Moules de cette matière s’établissent aisément et n'exigent point que le modèle soit fait exprès; mais ils ont le grave inconvénient d’ètre promptement attaqués par l’eau des pâtes, et de ne pouvoir souffrir de fortes et fréquentes pressions sans s’émousser ou se briser.

On doit donc préférer les Moules en terre cuite pour tous les Moulages qui doivent être fréquemment répétés, et donner des épreuves nettes et économiques.

Ces Moules précieux ont aussi leur inconvénient ; comme ils prennent de la retraite en séchant et en cuisant , il faut pour ce genre de moulage faire un modèle exprès , et dont les dimensions soient calculées sur la retraite du Moule. Ils servent principalement dans les fabriques de faïence à la manière anglaise ; mais comme ils peuvent être employés pour toutes sortes de pâtes, j’indiquerai ici la manière de fabriquer et les Moules en terre et les Moules en plâtre.

A. Moules en plâtre.

On sait que toutes les pièces qui composent un Moule sont réunies dans une espèce de boîte de plâtre, qui est elle-même moulée sur l’extérieur de ces pièces, et qu’on nomme c h a p p e.

Le moulage des pâtes céramiques s’exerçant toujours par pression, il est nécessaire que l’ouverture du Moule soit assez grande pour recevoir la masse de pâte qui doit y être moulée ; aussi cette chappe s’ouvre-t-elle en deux pièces qu’on appelle coquilles, c’est-à-dire en deux parties qui divisent à peu près également la pièce moulée.

Les figures 3, B, et 4, A, B, PI. lv, donnent une idée plus claire de cette disposition que ne pourrait le faire la plus longue description.

L’art de faire des Moules pour les Poteries est susceptible d’un si grand nombre de modifications en raison de la grandeur et des formes plus ou moins compliquées des pièces à mouler, qu’il faudrait pour les décrire d’une manière complète et utile, donner de très-longs développements et beaucoup de figures. Je dois donc me contenter d’indiquer quelques préceptes sur la manière de couper les modèles, de placer les coutures ou réunions des pièces du Moule, la division des deux coquilles, etc.

1° Les pâtes céramiques prenant toujours de la retraite, même en se ressuyant, c’est-à dire en perdant une partie de leur eau ou humidité par l’action absorbante des Moules . on ne doit jamais laisser dans une coquille du Moule des parties saillantes qui, gênant le rapprochement des deux parties latérales, solliciteraient une fente dans la partie la plus mince des parois ; il faut faire autant de coupes qu’il y a de ces parties, et autant de Moules qu’on a fait de coupes.

2° Par le même motif, quoiqu’il faille toujours laisser ce que l’on nomme de la dépouille dans les cavités , cette dépouille peut être

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