MOULES
moins grande dans le moulage des pâtes céramiques, que dans celui des autres matières, parce que ces pâtes se réduisent ou diminuent assez de volume en se raffermissant, pour être plus facilement dégagées de cavités.
3° Il faut éviter d’être dans le cas de faire pénétrer la pâte dans des cavités profondes et étroites, ou sous des saillies, et c’est encore ici le cas de faire des coupes qui séparent les parties trop saillantes du modèle.
4° Enfin , comme l’opération qu’on appelle le réparage ou le ffaca ge par frottement, à l’aide d’un corps dur, des lignes saillantes laissées par les coutures des Moules sur la pièce cuite, est très-difficile et souvent presque impossible à opérer complètement , il faut éviter de placer ces coutures sur des parties trop visibles dont elles altéreraient les formes. Il faut, au contraire, essayer de les confondre avec les faillies naturelles, ou de les cacher dans des parties peu visibles.
B. Moules en terre cuite.
Les Moules en terre cuite paraissent avoir été inventés longtemps avant les Moules en plâtre et plus usités chez les anciens que ces derniers. Pline cite cependant l’emploi du plâtre pour mouler sur nature ; mais je ne sache pas qu’on connaisse un seul fragment antique de Moule en plâtre, quoiqu’on ait trouvé quelques petites figures de cette matière (') , ce qui prouve que les Moules auraient pu se conserver comme ces figurines; car il n’y a pas de fouille ayant produit divers objets d’antiquité en vases et pièces plastiques, qui n’ait fourni des fragments de Moules en terre cuite. On en a recueilli un très-grand nombre dans les fouilles de Pompéi, d’ïïerculanum , dans les environs d’Arezzo, en Toscane , dans des restes de fours de Potiers romains établis dans les Gaules , en Alsace , en Auvergne , en Angleterre, etc.
Les Moules en terre cuite exigent , comme nous l’avons dit, un modèle d’une dimension plus grande que celui de la pièce qu’ils doivent fournir ; on en a indiqué les raisons.
C’est un premier inconvénient en ce qu’il oblige à refaire de nouveaux modèles pour les pièces dont les Moules avaient été faits en plâtre avant qu’on voulût les multiplier plus que le plâtre ne le permet.
La pâte argileuse avec laquelle on fait ces Moules doit être peu grasse, afin qu elle adhère moins au modèle, et que les Moules gauchissent moins en séchant et en cuisant; elle doit néanmoins avoir assez de plasticité pour s’étendre sans se gercer.
Elle peut être ainsi composée suivant la recette donnée par M. de Saint-Amand.
(') Conuedc Clarac, Description du Musée de sculpture, etc., tome i, page 5 h et ailleurs.