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RÉUNION DES PARTIES

tement que les tourneurs appellent broutement, et qu’il peut se munir d’un mandrin élastique qui retient plus exactement les pièces sans les serrer (‘).

Mais c’est bien plus dans la préparation de la pièce à guillocher ou gaudronner que consistent les différences du procédé, que dans la disposition du tour. 11 faut, pour la plupart des Poteries, que cette pièce ait été ébauchée assez épaisse et ait pris assez de force pour résister sans se briser ni se fausser aux secousses qui sont inhérentes à ce genre de façonnage. Comme ici l’outil entame et qu’il n’imprime pas, on peut laisser prendre à la pâte une bien plus grande fermeté que dans l’opération du moletage. J’indiquerai à chaque sorte de Poterie les précautions particulières qu’elles exigent pour que ce genre de façonnage ait tout son succès.

Ahticle Y. — RÉUNION DES TARITES.

Nous avons déjà remarqué que l’ébauchage au tour et même le moulage ne pouvaient donner ou que des parties unies, ou que des portions de vases qui ne présentent aucune partie dégagée et comme indépendante.

Il faut donc, dans toutes ces sortes de Poteries, depuis les plus communes jusqu’aux plus précieuses , faire séparément le corps de la pièce, ses anses, ses becs, les pieds dans beaucoup de cas, les ornements en saillie , et réunir ensuite toutes ces pièces accessoires, qu’on nomme ordinairement de garniture, à la pièce principale par un véritable collage.

Le façonnage des garnitures ne diffère pas de celui des pièces principales soit tournées, soit moulées 5 mais le c o 1 1 a g e de ces garnitures est une opération très-délicate.

§ 1. — Garnissage.

. Le Garnissage consiste dans la préparation des ornements et pièces de garniture et dans leur application. La plupart des garnitures sont moulées -, d’autres sont faites par un procédé qui est aussi une sorte de moulage, mais qui a encore plus de ressemblance au tirage à la fdière des métaux ductiles.

(>) Voyez Brevets d’invention, tomex, page 18, PI. 1, la description et la figure de ce tour.

GARNISSAGE.

Le moulage proprement dit s’applique nécessairement aux parties qui offrant des inégalités de diamètre dans leur longueur, et des ornements soit transversaux , soit longitudinaux, mais interrompus, ne pourraient pas être faites par le second procédé.

Le moulage de ces pièces, anses, becs, pieds, ordinairement déliées, délicates et enrichies d’ornements, demande une grande adresse ; car il faut que la forte pression que doit donner l’ouvrier pour obtenir une empreinte nette soit en même temps égale sur toute l’étendue d’une anse qui a quelquefois plus d’un décimètre de longueur. 11 faut qu’il fasse sortir du moule cette partie si flexible sans la gauchir, car ce gauchissement reparaîtrait par la cuisson et déformerait l’anse et la pièce dont elle fait partie. C’est en saisissant le moment où la pièce de garniture est assez ferme et a pris assez de retraite pour sortir du moule sans effort , qu’il évite ce premier inconvénient.

Si la pièce de garniture doit être isolée, et si par conséquent elle n’a pas de surface d’application, elle est moulée en deux coquilles, et la partie qui reste en saillie sur l’une des deux sert pour la prendre et la relever du moule. Mais si c’est un ornement d’application destiné à une pièce à surface plane, convexe ou concave, comme le moule doit présenter la même courbure que la pièce sur laquelle on doit appliquer cet ornement, et que celui-ci ne doit faire aucune saillie sur le moule, l’ouvrier ne peut le détacher du moule et l’enlever qu’au moyen d’une petite pelotte de pâte qu’il tient dans sa main, qu’il applique sur la pièce encore engagée dans le moule, et qui, en adhérant à cette pâte, lui permet de l’enlever assez facilement.

La plupart des garnitures se moulent pleines 5 mais si ce sont des becs de théières ou de cafetières, ou des anses de tasses de grande dimension dont on veuille diminuer le poids, elles doivent rester creuses. Alors on fait une sorte de croûte qu’on applique avec le doigt et l’éponge dans une des coquilles du moule, ayant soin d’unir le demi-canal qu’on réserve dans chacune d’elles, et qui doit former un canal entier par l’application de ces deux moitiés. Il faut passer dans cette espèce de canal droit ou courbe un petit tampon de linge ou d’étoffe porté à l’extrémité d’une tige pour enlever de son intérieur les bavures du moule, en rendre la

GARNISSAGE.

surface unie , et assurer la jonction parfaite des demi-parties. Les pièces de garnitures ainsi moulées et détachées sont réparées et finies sans délai, et sont placées pour être raffermies et presque séchées sur des supports en plâtre ou en terre cuite, dont la forme est appropriée à celle de la pièce de garniture. On charge quelquefois les extrémités ou bords avec de petites balles de pâte encore humide, pour empêcher ces parties de sécher plus vite que le corps de la pièce, de se relever ou.de gauchir. Enfin, suivant les circonstances , tantôt on entretient cette garniture ainsi réparée et prête à être employée, dans un état d’humidité (c’est le cas le plus ordinaire), tantôt on la laisse sécher entièrement.

Lorsque les garnitures , et notamment les anses d’objets d’usage de table ou de toilette, sont sans ornement en saillie, on peut les faire par coulage ; ils sont par conséquent sans coutures, creux et légers. Il faut avoir soin de laisser ou de pratiquer une petite ouverture dans une place peu visible , pour permettre à l’air dilaté par la cuisson , de sortir sans difficulté.

L’autre procédé de préparation des garnitures , qu’on peut appeler procédé de tirage, ne peut s’appliquer qu’à des parties pleines, d’une grosseur qui ne doit pas dépasser un centimètre dans son diamètre, et qui puisse être la même aux deux extrémités , et qu’à celles dont les ornements ne peuvent consister qu’en canaux ou côtes de céleri.

Il faut ensuite que la pâte ait assez de plasticité et de ténacité pour résister sans se rompre , se gercer ou s’allonger, à l’action de pression et de traction qu’elle doit éprouver.

On obtient ces cylindres destinés aux garnitures , à l’aide d’une machine qu’on appelle généralement p r e s s e à colombin-, j’en dirai plus bas la raison. On garnit l’ouverture ou trou inférieur de cette presse de l’espèce de filière ou calibre dont la coupe doit être celle de la baguette de pâte qu’on veut avoir pour être employée en garniture. On met dans la boîte cylindrique la masse de pâte destinée à donner les rubans ou baguettes , et faisant descendre le diaphragme ou piston , au moyen de la vis de pression qui le surmonte, on force par compression la pâte à sortir par l’ouverture pratiquée dans le fond de la boîte , garni du calibre qu’on vient de mentionner, et qui donne à la baguette de pâte

APPLICAGE.

la grosseur ; la forme, les plans et cannelures qu’on veut avoir.

Pour éviter que le poids de cette baguette ne fasse éprouver à ses diverses parties une extension différente , et toutes les défectuosités qui en résulteraient, on la reçoit sur un plan incliné , et on se hâte de la couper à la longueur demandée.

C’est avec ces baguettes de pâte flexibles, qu’on forme, en leur donnant la courbure convenable , les anses d’un grand nombre de vases d’usage , pots à l’eau , théières , cafetières, tasses , etc.

Quand on veut leur donner, au point d’attache, une face plane et ornée, on comprime avec le pouce les extrémités de ce colombin sur un moule de plâtre en forme de cachet , qui présente en creux la palmette , la rosace ou tout autre ornement simple qu’on veut y placer ; il s’y moule en effet et produit à chaque extrémité de l’anse, l’empreinte en relief de ce cachet.

Ce procédé peut très-bien s’appliquer aux faïences fines , et aux grès-cérames. On donne ensuite à l’anse la courbure convenable, et on la colle.

§ 2. — Applicage.

Lorsque les garnitures sont réparées , et que les pièces sur lesquelles elles doivent être placées ou appliquées sont également terminées, il s'agit de les y attacher d’une manière propre et solide.

La première condition est que les deux pièces soient à très-peu près dans le même état de dessiccation .ou également humides, ou entièrement sèches l’une et l'autre ; la seconde , qu’elles soient faites de pâtes qui aient la même retraite ; la troisième, qu’il n’est pas toujours possible de remplir, c’est qu’elles aient été faites toutes deux par le même procédé , c’est-à-dire l’une et l’autre moulées. Ce cas est rare -, néanmoins le moulage à la housse dont j’ai parlé art. 11 . satisfait beaucoup plus souvent à cette condition ; ou bien enfin , il faut qu’elles aient été coulées l’une et l’autre.

Il s'agil d’abord d’ajuster les deux pièces l’une sur l’autre. L’ouvrier trace sur la pièce principale la place des deux attaches de la garniture. Le moule indique souvent l’inclinaison et la courbure du point d’attache • il les précise en présentant la garniture sur la pièce à plusieurs reprises, et l’y ajustant au moyen de la lame ; enfin, il c h i q u è te , c’està-dire qu'il grave des raies croisées sur les surfaces d’application , afin de rendre ces surfaces rugueuses, et prenant avec un petit pinceau ou une

APPLICAGE.

petite palette de cette pâte délayée en consistance de bouillie épaisse qu’on nomme barbotine, il en met une couche mince sur la surface d’application et colle promptement la garniture, anse, bec ou ornements saillants d’application.

Il doit avoir soin de ne mettre que le moins possible de barboline, ce dont il est le maître lorsque les deux surfaces d’application sont exactement sur le même plan , car une épaisseur trop forte de barboline introduit entre ces deux pièces une partie de pâte d’une densité très-différente qui prend par la cuisson beaucoup plus de retraite, d’où résultent des gerçures désagréables , de vraies défectuosités. S’il n'en met pas assez ou que la barboline soit trop sèche, le collage ne tient pas. 11 doit enlever, sans pression et sans vouloir la faire rentrer dans la fissure de réunion, la barbotine qui excède.

Lorsqu’on attache une garniture moulée sur une pièce moulée, si on a eu égard aux précautions mentionnées plus haut, il n’y en a plus d'autre à prendre que de ne pas presser par le collage le bord de la pièce, car on lui fait éprouver une déformation qui, quoique insensible sur la pièce crue, reparaît au feu.

Mais si c’est une garniture moulée, comme elles le sont toutes, excepté celles qui sont faites à la filière, sur une pièce tournée, il est extrêmement difficile, surtout dans les pâtes délicates, de mettre d’accord la garniture avec la pièce ; celle-ci prenant plus de retraite que la garniture moulée, quelquefois s’en sépare , et plus souvent la déforme et est en même temps déformée par elle. Il faut alors calculer les attaches et les moyens de faire céder la garniture sans déformation. Or ce calcul ou plutôt cette condition est extrêmement difficile à obtenir.

Si l’anse est un peu longue et qu’elle soit attachée, comme elles le sont presque toutes, par les deux extrémités, la pièce en cuisant et se retirant tourne un peu sur elle-même, comme nous l’avons déjà indiqué; elle emporte le bas de l’anse et lui fait quitter la direction perpendiculaire sur le bord ou sur le pied de la pièce, qu’elle devait avoir. Il faut que le garnisseur prévoie et évalue ce mouvement de torsion, et qu’il place son anse hors de la ligne perpendiculaire, afin qu’elle y revienne par la cuisson. (Voyez p. 123 et Addition, T. I, p. 624).

La barbotine suffit pour coller solidement, même avant la cuisson, une garniture humide sur une pièce humide ; mais lorsque les deux pièces sont sèches, comme elles ont une grande avidité pour absorber l’eau, la barbotine serait desséchée avant qu’on ait pu appliquer les deux pièces l’une sur l’autre; il faut, pour éviter cette absorption, enduire d’eau gommée les deux surfaces d’application et gommer également la barbotine afin de lui faire contracter avec les deux pièces une adhérence suffisante

COLLAGE

pour les soutenir jusqu’à ce que la cuisson ait complété cette adhérence.

§ 3. — Collage.

Le Collage ne s’applique pas uniquement aux garnitures ; comme on est obligé de faire certains vases et ustensiles de plusieurs pièces soit à cause de leur forme , soit à cause de leur dimension , il faut coller ces pièces ensemble $ ce sont quelquefois des parties de grands vases-, le Collage exige ici encore plus de soin , d’adresse, d’intelligence et de pratique, pour qu’il soit bon, qu’il ne soit pas trop visible et qu’il n’altère pas les contours du vase -, c’est donc ici , qu’il faut apporter encore plus d’attention pour que les parties de ce tout soient d’une dessiccation égale , pour que les surfaces d’application se correspondent très-exactement, qu’elles soient coupées plutôt obliquement à la surface du vase que perpendiculairement à cette surface 5 enfin, que le Collage puisse s’opérer promptement et cependant avec la précision nécessaire, car une fois les deux parties placées l’une sur l’autre, il faut éviter de les déplacer pour les mettre mieux 5 il faut aussi éviter d’enlever par le tournassage les parties débordantes.

Ces difficultés et ces précautions s’appliquant beaucoup plus spécialement à la porcelaine dure qu’à toute autre Poterie, j’y reviendrai avec les détails nécessaires en traitant de cette belle Poterie.

La figure U représente un collage en biseau BA, au lieu du collage BG , entre deux parties également humides.

La figure 5 fait voir la disposition du collage d’un collet A presque sec sur un corps de vase B encore humide.

LES GLAÇURES.

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