‹ Traité des arts céramiquesChapitre 171 sur 295 · TEXTURE · texte numérisé non relu

TEXTURE

été réduite à 2,44° 5 lorsque enfin elle est parfaitement cuite, cette pesanteur est descendue à 2,242 , et cependant la pâte a pris 10 p. 0/0 de retraite en dimension linéaire!

Je ne chercherai pas à expliquer ce fait (*) : ce n’est pas ici le lieu. Je dois me contenter de dire qu’on doit l’admettre comme certain , d’abord parce que l’expérience a été conduite avec toutes les précautions , toute la précision exigible ; ensuite , parce qu’elle se lie avec la loi de changement de la pesanteur spécifique dans les pâtes céramiques, loi qui établit que dans ces pâtes la pesanteur spécifique est en raison inverse de leur degré de cuisson, ou bien, ce qui revient au même, que la Densité de la poudre de ces pâtes est d’autant moindre que la pâte est plus cuite. (Voyez Additions, t. I, p. 720.)

Le rapport de changement de Densité, duplus au moins, inverse de celui d’augmentation de cuisson , qui va du moins au plus , n’a lieu que lorsque ces pâtes sont entièrement privées d’eau. Jusque-là leur changement est en raison directe de la cuisson. On peut exprimer par des courbes , comme l’a fait M. A. Laurent, ces changements dans la Densité produite par la cuisson.

Le tableau n° vin, B présente trois pâtes céramiques dont la Densité a été mesurée à divers degrés de cuisson dans ce but.

§ 3. — Texture des pâtes céramiques.

J’entends par Texture des pâtes de Poterie cuite la grosseur et l’arrangement presque mécanique des parties, d’où résultent un grand nombre de qualités ou d’imperfections dans les Poteries.

Les parties (je ne dis pas les molécules) peuvent être ou homogènes de nature et de dimension , ou hétérogènes sous ces deux rapports , d’où résulte pour les Poteries une qualité importante. Dans le premier cas, l’aspect de leur cassure ou de leur

C1) On ne peut attribuer ce changement à la perte de l’eau ou de tout autre corps; des expériences très-précises, que j’ai raportées plus haut, prouvent que le dégourdi de porcelaine ne perd rien en cuisant au grand feu.

biscuit à surface uniforme et égale est plus agréable à 1 œil. Mais si en outre le tissu est serré, les Poteries sont plus fragiles, tant par le choc que par les brusques changements de température.

Dans le second cas, l’aspect est rugueux, peu agréable ; mais les Poteries sont plus résistantes au choc et au changement de température.

La Texture homogène peut être ou grossière ou fine , lâche ou serrée, d’où résulte l’aspect terne ou l’aspect luisant et comme demi-vitreux.

La Texture hétérogène visible présente toujours un aspect grossier et terne.

On voit que plusieurs propriétés, ‘telles que la ténacité et son contraire la fragilité, la sonorité, et enfin dans toutes les pâtea à tissu très-lâche, la perméabilité, résultent de cette considération principale. Nous les examinerons particulièrement: mais je dois traiter ici de la Perméabilité, condition qui est plus intimement liée avec la Texture poreuse , ou même seulement lâche.

Excepté dans quelques cas particuliers , tels que celui des Poteries de jardin, des formes à sucre et des hydrocérames ou alcaiazas, le but du Potier est en général de serrer assez le tissu de ses vases, surtout de ceux qui sont destinés à contenir des liquides , pour que les liquides ne puissent pas le traverser. Eh bien ! on verra combien, parmi les vases antiques, il en est peu qui aient cette qualité.

Parmi les vases communs modernes, un grand nombre ont aussi une pâte poreuse et perméable. Mais j’ai dit en parlant des glaçures que ce perfectionnement si longtemps attendu dans 1 ait céramique avait eu pour objet et pour principal résultat de corriger la perméabilité des pâtes faciles à pétrir, des pâtes peu cuites, et par conséquent des pièces qui , par leur bas prix , devaient être les plus répandues.

C’est dans les vases antiques que ce défaut est le plus sensible; la Perméabilité de leurs pâtes, et surtout leur porosité capillaire, est si générale, que j’ai dit ailleurs qu’on ne peut trop concevoir comment les anciens conservaient leurs liquides

Page 1