CUISSON A LA HOUILLE
tés spéciales, peuvent supporter un prix plus élevé que celui des briques ordinaires.
La Cuisson dans les fours fermés se divise en trois époques : le petit feu, le moyen feu et le grand feu. Les deux premiers durent deux jours et deux nuits. Les derniers commencent à l’incandescence et durent sept jours, en tout neuf jours consécutits. C’est la marche la plus généralepour ces fours. Mais il est un grand nombre de circonstances où cette marche est tout à fait modifiée.
Les briques sont presque toujours cuites par des associations d’ouvriers absolument indépendants de ceux qui les font.
11 y a trois manières de cuire les briques, savoir : à la houille, au bois et à la tourbe. Les principes d’après lesquels les fourneaux sont construits sont très-différents et tiennent à la manière de brûler de ces combustibles.
yi . a la houille. — La cuisson des briques à la houille par la méthode flamande est un des actes industriels des plus remarquables. Quand on songe aux difficultés de toutes les sortes qu il faut savoir surmonter d’abord pour former et élever à plus de 3 mètres de hauteur un massif d’environ 90 mètres cubes , composé de 4 à 5oo mille petits prismes de terre friable, qui loin d’être liés par aucun ciment doivent, au contraire, être souvent éloignés les uns des autres et posés sur des lits de matière dure, irrégulière de forme et de grosseur 5 quand on sait qu il faut que ce massif reste, sans s’écrouler, droit et solide malgié les efforts du vent et les dérangements que, d’abord une ddatation très-sensible, puis une assez forte contraction tait éprouver à toutes ses parties -, ensuite quand on voit ces adroits et hardis ouvriers continuer d’élever ce massif en en parcourant la surface, tandis que le feu qui le cuit à sa base, les inonde de chaleur et de fumée, et cela pendant huit ou dix jours de suite 5 quand on se figure la longue série de peines et de travaux, accompagnés d’incertitude du succès et souvent suivis de pertes , on conçoit les détails indispensables dans lesquels je vais entrer pour donner une idée des précautions qu’il faut prendre pour que 5oo mille Briques environ, puissent être cuites suffisamment, a
BRIQUES
peu près également et économiquement en une seule fournée.
L’association d’ouvriers qui se chargent de cuire une fournée de Briques se nomme, dans le département du Nord, où l’on cuit toujours à la houille, une main de briqueteurs et se compose de quinze hommes pour une fournée de 5oo milliers de briques.
Comme la houille ou charbon de terre ne peut brûler qu’à l’aide d’un courant d’air rapide, pour remplir cette condition il faut faire venir dans les fourneaux ordinaires l’air par-dessous le combustible, au travers d’une espèce de grille. Mais la construction d’un pareil four serait très-dispendieuse et embarrassante à cause de son étendue; on dispose donc les briques à cuire de manière à les faire servir elles-mêmes de grille. On les couvre d’une couche de houille, et on place ainsi successivement des couches de houille et des assises de briques qui laissent entre elles des ouvertures et de espaces suffisants ; ce sont autant de foyers de combustion répandus au milieu de la masse de briques.
A l’aide de cette ingénieuse disposition, on les cuit assez également et avec économie.
Le fourneau pour cuire les Briques au charbon de terre se construit donc avec les Briques mêmes qui sont à cuire (*). On commence d’abord par niveler parfaitement le sol sur lequel on doit placer le massif de 3 à 5oo mille Briques, qui est un parallélipipède ou plutôt une pyramide dont le grand côté de la base a trois fois et demie la hauteur et le plus petit seulement trois fois. Les faces de cette pyramide sont très-peu inclinées sur l’axe. Le pied du fourneau ou la base, est la seule partie faite quelquefois avec des briques cuites ; mais cette condition n’est ni nécessaire, ni même souvent remplie. Cette base est formée de sept assises dans lesquelles on pratique des canaux voûtés, longitudinaux et parallèles, où se place le bois qui doit allumer le charbon de terre. Les Briques sont posées les unes de champ, les autres à plat; celles de chaque nouvelle assise croisent à angle droit celles de l’assise inférieure. Lorsque le massif ou four-
(i) Voyez P!, xvi, fig. 1 à 5, et l’explication des planches en tête de l’atlas, avant les planches.