CUISSON A LA HOUILLE
neau est monté à la septième assise, on met le feu au bois placé dans les canaux ou foyers, et on allume le fourneau dès ce moment même, sans attendre qu’il soit terminé.
• L’enfourneur continue d’élever le fourneau en y plaçant de nouvelles assises de briques et de nouvelles couches de charbon, qu’il répand également de trois en trois assises. Il a soin de construire les parois ou les parements du fourneau avec une grande régularité, pour qu’ils ne s’écroulent pas à mesure qu’il les élève; il les revêt extérieurement d’un placage d’argile mêlée avec beaucoup de sable et de paille pour qu’il ne se détache pas et ne se fende pas trop. On commence cette opération lorsqu’on en est à la dixième assise^). La construction d’un massif qui se compose de vingt-huit assises, et renferme environ 200 milliers de briques, dure huit à dix jours.
Les briques des assises inférieures cuisent donc pendant que l’enfourneur place celles des assises supérieures. Cette pratique rend son travail et celui de ses aides tellement fatigant, qu il est obligé de se reposer très-souvent ; mais on doit remarquer qu il est difficile d’employer le combustible avec plus d’économie, puisque la chaleur s’en dégage au milieu même de la masse qui est à cuire. Ici, pour appliquer la terminologie que j’ai adoptée (*), on dira que les foyers et le laboratoire sont confondus.
Ce fourneau étant construit en plein air, est assez difficile à conduire; les coups de vent lui nuisent; on l’abrite, autant qu il est possible, en l’entourant d’une haute muraille de paillassons portés sur des perches, en ouvrant ou fermant, selon le besoin, les canaux ou foyers inférieurs dans lesquels on a placé le combustible, etc.
Les Briques de l’intérieur étant toujours plus cuites que celles des bords et prenant plus de retraite, le fourneau s’affaisse davantage dans son milieu que sur ses bords. L’enfourneur, pour
(i) Les détails de construction d’un tel fourneau, et les précautions à prendre sont connus. 11 serait impossible de les décrire clairement sans de longs développements et de nombreuses figures. O11 trouvera ces développements et ces figures dans l’ouvrage in-8* de 188 pages et k planches, publié sur ce sujet par M. Clere, ingénieur des mines, en 1828, à Paris.
(», Vojcz liv. I, cliap. V, art. Ier, les Folks , pag. 18G, note (1), description générale des fours et terminologie de leurs diverses parties.