MATTES
viens de caractériser, savoir : le premier, renfermant les Poteries grossières, et le second les Poteries fines.
Je décrirai les unes et les autres dans l’ordre géographique des peuples et des lieux, c’est-à-dire que les Poteries grecques seront ensemble, de quelque colonie grecque qu’elles viennent. Les Poteries romaines seront réunies par le même lien en suivant pour chaque peuple l’ordre chronologique.
Ainsi , la première subdivision ou groupe A renferme les grandes pièces dont la pâte est généralement plus grossière et dont la fabrication et la cuisson diffèrent de celles du second groupe B qui renfermera toutes les petites pièces d ornement ou d’usage, tant anciennes que modernes, qui sont faites avec une pâte plus fine et avec plus de délicatesse.
Observations sur les Poteries tendres mattes.
S’il est permis dans un ouvrage du genre de celui-ci, d’aborder une question métaphysique, parce qu’elle y trouve une de ses plus remarquables applications, aussi bien dans la sous-division des Poteries grossières, que dans celle des Poteries fines, de l’ordre des Poteries mattes à pâte tendre, je parlerai du luxe de l’ornementation. Il y a deux soi tes de jouissances : la négative, qui est l’absence de la douleur, telle que celle qui résulte de l’éloignement de la faim, du fioid, de la fatigue, etc. $ la positive, qui est une jouissance ajoutée , mais qui est si peu nécessaire, que si nous ne 1 avions pas connue une fois, nous n’en remarquerions pas l’absence. Le luxe, et suitout celui des ornementations, est une des jouissances positives les plus générales. Je ne parle pas de celui que le Créateur a donné à ses créations en les couvrant d’ornements si variés et si biillants, non pour elles-mêmes, car elles ne peuvent en jouir, mais pour les êtres susceptibles comme l’homme de les apprécier-, mais je parle de la jouissance de luxe que les hommes les moins avancés en civilisation cherchent à se procurer, en ajoutant toujours sur leurs productions les plus grossières, les plus altérables, sur celles même qui doivent être faites aux prix les plus bas pour etre consacrées aux derniers usages, quelques parties inutiles à l’emploi de
POTERIES TENDRES MATTES
cet objet, uniquement dans la pensée de l’orner. Ainsi, il n’y a pas une Poterie sur cinquante, parmi celles qu’on va décrire, et qui appartiennent presque toutes à la classe des Poteries les plus grossières et les plus communes , qui ne présente quelques ornements, barbares si l’on veut, mais ce sont toujours des inutilités uniquement ajoutées pour les jouissances de l’œil.
Tantôt ce sont des lignes blanches plus ou moins senties, comme des bandes de papier, placées dans toutes sortes de sens; tantôt des lignes ou rayures disposées avec une sorte de régularité; tantôt enfin, quand le Potier n’a pas même su tracer les plus simples ornements linéaires, ce sont des taches de couleur, de petites parcelles ou relèvements de pâtes tirées ou placées de diverses manières et répandues sur la surface du vase; enfin ce ne sont quelquefois que quelques piqûres, quelques coupures faites avec le couteau ou le poinson sur les anses ou sur toute autre partie de la pièce.
On voit des exemples de ces diverses dispositions dans les figures de Poterie du catalogue du musée céramique de Sèvres, et je ne puis m’empêcher de citer comme un exemple frappant de ce sentiment de l’ornement, sorte d’instinct de l’espèce humaine, des piqûres régulièrement faites à coups de poinçon sur des anses larges de pots des plus communs, comme pour leur ôter leur nudité.
Ier Groupe ou A. — Poteries à pâte tendre, maltes,
Grossières.