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LUSTRES

Lustre un peu mêlé de pâte. . .

Buisson.

Le même, en déduisant la pâte .

Id. (*)

Le lustre noir romain paraît être, comme le lustre rouge, un silicate alcalin et terreux 5 c’est probablement le même lustre que la glaçure noire grecque, du moins tous les essais comparatifs auxquels ils ont été soumis nous ont conduit aux mêmes résultats.

Toutes les recherches faites dans le but d’arriver à la connaissance de la nature de l’engobe blanc appliqué sur les vases romains dont la pâte est rosâtre, ont fait savoir que cette engobe n’est qu’une terre argileuse très-siliceuse. En enlevant avec précaution la partie externe de l’engobe, afin de l’avoir à peu près pure, on peut en faire l’analyse qui a donné la composition suivante :

Alumine . 29,00

Oxyde de fer . 0,83

p) Acide carbonique 6,68. Fait effervescence (*) Recouverte d’un engobe blanc.

(3) Recouverte d’un vernis noir.

(4) Charbon 0,76.

(*) Soude 20,00.

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Sa glaçure très-mince , due sans aucun doute, non pas à un polissage de la pâte encore humide, mais à une vitrification superficielle, ce que prouvent les écailles qui s’en détachent et les fissures et tressaillures qu’elle fait voir, est d’une nature trèsdifficile à déterminer, et je puis dire qu’elle est encore imparfaitement connue.

Dolomieu avait avancé, il y a longtemps, qu’il n’y avait aucun oxyde métallique dans cette glaçure. MM. Rever, Daudin et de Caumont de Caen , pensent que c’est une terre très-fine appliquée au pinceau sur la pièce crue et rehaussant en se vitrifiant la couleur de la pâte.

Les analyses données à la suite du tableau précédent, font connaître tout ce qui a été fait sur ce sujet, et par conséquent tout ce qu’on en sait jusqu’au moment actuel.

M. Malaguti, après avoir cherché à séparer ce vernis de la pâte avec soin, a analysé le peu qu’il en a pu recueillir ; or, ce qui résulte de ses travaux et de ceux qui sont cités à ce tableau , c’est que ce lustre est dû à un enduit très-mince , d’un silicate à base alcalino-terreuse , coloré par un oxyde de fer. L’altération dont il est susceptible confirme cette composition. Le Musée céramique de Sèvres possède une coupe de cette Poterie rouge dont la surface est devenue matte et terreuse , et dont les ornements ont été en partie effaces par l’altération que le lustre a éprouvée.

On place la fabrication de cette Poterie romaine rouge , lustrée , dans une période de temps , qui s’étend de la fin du ier siècle avant J.-C. à celle du 111e siècle de l’ère chrétienne.

Ce que présente de très-remarquable cette Poterie antique, comme le montrent, au reste , mais d’une manière moins caractérisée et moins frappante , les Poteries grecques, germaines , gauloises, etc., c’est la ressemblance de finesse dans la texture , de densité et surtout de couleur rouge de ces Poteries dans tous les pays. Cette ressemblance qui a frappé tous les observateurs , est une sorte d’énigme difficile à résoudre d’une manière satisfaisante ; car quand on énumère les lieux nombreux éloignés les uns des autres, différents par la nature de leur

sol, où se trouvent des Poteries romaines de cette sorte, on s’explique difficilement comment les Potiers romains pouvaient faire partout des pâtes si semblables entre elles, avec des matériaux nécessairement très-différents*, car on ne peut pas supposer qu’ils apportaient avec eux leur provision de pâte 5 mais on peut présumer que , choisissant des argiles presque sans couleur, et propres à fournir une pâte fine et dense , ils leur donnaient la couleur rouge capucine , par des proportions appropriées d’ocre rouge introduite dans la pâte C).

Quoique ces pâtes denses fussent à peine perméables, elles devenaient tout à fait imperméables par le lustre vitreux qui les recouvrait. Comment s’appliquait ce lustre , était-ce par un enduit au pinceau , on n’en voit aucune trace *, par immersion dans un liquide qui le tenait en suspension? cette opinion paraît la plus vraisemblable.

Façonnage. — Ces Poteries étaient façonnées avec une grande perfection , et à l’aide de la plupart des procédés et moyens qu’on emploie actuellement dans la fabrication la plus parfaite.

L’usage du tour est constant dans toutes les pièces rondes. Les contours, baguettes, filets, saillants ou creux, sont très-régulièrement faits-, les bords , les pieds, le dessous des pièces et celui des pieds sont souvent ornés de baguettes ou de moulures faites sur le tour.

Les ornements en saillie, extrêmement multipliés sur toutes les pièces , s’exécutaient par trois moyens différents.

Les uns, tels que ceux qui sont représentés sur les figures 5, 10, 1 3 , 1 5 et 17 de la PL xxx, étaient faits au moyen de moules. Ils avaient la saillie et la dépouille convenables pour être facilement et nettement moulés. Les moules dont le Musée de Sèvres possède un grand nombre d’échantillons, étaient en pâte rouge , semblable à la pâte des pièces 5 mais en général , moins dense et plus absorbante.

Ces moules étaient d’une seule pièce , ils n’avaient donc pas

(*) C’est l’opinion de MM. Revers et Jollois.

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besoin de chappe ; plusieurs moules indépendants , tantôt représentant le même sujet, tantôt des sujets ou ornements différents, étaient posés à la suite les uns des autres pour compléter la décoration de la circonférence d’une coupe ou d’un vase.

On a trouvé beaucoup de ces moules dans les emplacements des anciennes fabriques. M. Grivaud a donné le premier la figure de deux d’entre eux trouvés en 1801 , dans les fouilles faites au Luxembourg ; je donne celle d’un moule romain des environs de Lezoux, PI. xxx, fig. 1 , et d’un autre que j’ai rapporté d’Arezzo , fig. 8, et qui fait partie du Musée de Sèvres.

On a trouvé aussi avec ces débris et surtout dans les lieux où il y avait eu des fours , les poinçons , ébauchoirs , styles et autres petits instruments en cuivre ou en ivoire , dont se servaient les Potiers romains pour finir leurs ouvrages.

Le second moyen consistait dans l’emploi de roulettes portant les ornements qui devaient former des zones circulaires sur la circonférence des vases ou des coupes. Ces molettes ou roulettes étaient ou en terre cuite , PL xxx, fig. 3 (et Mus. cér., PL ix,fig. 8), ou en métal.

Des ornements isolés formant rosace, des figures d’animaux destinées à être placées au milieu des ornements ou des sujets de l’extérieur des vases, étaient faits avec des espèces de cachets, estampilles ou empreintes en terre cuite , portant une espèce de queue qui servait de manche. Ces estampilles avaient souvent la courbure de la pièce sur laquelle elles devaient s’appliquer. (PL xxx, fig. 2 , A, B , et 4 A, B).

Les noms que les ouvriers Potiers plaçaient si constamment tantôt sous le pied d’un vase , tantôt au milieu du fond saillant d’une coupe , étaient gravés sur des espèces d’estampilles en terre cuite ou en métal. M. Grivaut en a fait figurer plus de cent. J’en donne comme exemple un seul en terre cuite, fig. 8, A, B, et un en métal , Mus. cér., PL \*ifig. 1 3.

Ces inscriptions indiquent tantôt le nom du Potier au nominatif, suivi ou précédé alors de la lettre F (exemple: Montanus F), ou au génitif, accompagné de la lettre M, voulant

dire manu ou magnarii , de la main ou du magasin d’un tel (4) (Exemple : Crispini M.). • -

Avec l’0 ou l’OF, elle veut dire oflicina , fabrique d’un tel. — Quelquefois elle donne le nom du lieu où était située la fabrique, Vapuso , Cabillo.

On voit aussi sur quelques-uns de ces vases des marques gravées avec une pointe après la cuisson.

On a remarqué que sur les Poteries romaines trouvées en France, quoique le plus grand nombre des noms fussent latins, il en était néanmoins quelques-uns de Gaulois , tels que Divix , Vexivix , Bitdrix , etc. ( de Caumont ).

Le troisième procédé d’application d’ornements en relief est des plus remarquables et tout à fait propre aux Poteries romaines. Je ne sache pas qu’on ait vu ailleurs que sur ces Poteries l’application complète de ce procédé.

Il consiste à placer et à étendre sur les pièces avec un pinceau, une pipette ou une spatule en forme de cuiller,, la pâte dont on les a chargées à l’état de cette liquidité visqueuse qu’on nomme barbotine, et qui ressemble à de la boue \ de figurer avec cette bouillie épaisse les contours, de modeler les épaisseurs diverses qu’on doit donner à cette application , soit qu’on veuille représenter des tiges, des feuilles de lierre ou d’olivier, soit même des animaux à membres déliés, comme des cerfs, des chiens, etc. Les formes arrondies, inégales, souvent mal contournées, de certains ornements et de certaines figures ne peuvent pas laisser de doute sur l’emploi de ce procédé (*).

J’ai reçu de M. Schweigheuser un petit fragment de Poterie sur lequel, contre les usages ordinaires, on a modelé, avec une pâte blanche, une portion de rameau à fleur. On voit ici clairement par les différences de ton qui résultent des différences d’épaisseur, la manière dont ce fleuron a été modelé sur la pièce rouge avec une bouillie de pâte blanche.

O) Golberi et Schweigheuser, Mim. de la Société des Antiq. de France , t. VII, PI. lxxiii. — De Cauniont, Antiquités gauloises ou gallo-romaines, Cours d’ Antiq. Monum., Caen, 1831, t. II, p. 185 et suivantes.

P) Musée céram., PI. ix, fig. 17. Cette planche est entièrement composée de Poteries romaines des diverses sortes.

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M. le chevalier de Saint-Thomas, à qui on doit peut-être la première idée et la première explication de ce genre de modelage (*), a trouvé à Lezoux une des pipettes mentionnées plus haut , dans laquelle on mettait la barbotine qu’on faisait écouler sur les pièces en suivant les contours qui devaient donner la forme de l’objet qu’on voulait y représenter. L’ouverture inférieure de cette pipette avait des formes différentes, appropriées probablement à la largeur de l’ornement qu’on voulait dessiner en relief.

On vient d’imiter ce procédé d’ornementation en relief avec la pâte de porcelaine. Les Chinois en ont beaucoup approché dans leurs ornements en relief.

Les vases fig. i, a et 4, PL xxix, ont été très-certainement faits par ce procédé (2).

Cuisson — Je parle toujours des Poteries rouges à relief.

On a découvert un assez grand nombre d’anciens fours romains en Allemagne sur les bords du Rhin, surtout près de Rheinzabern ; en Angleterre; en France, en Auvergne, au Châtelet, etc.

En Angleterre, ces fours étaient, d’après ce qu’on a pu y reconnaître, très-compliqués, ainsi que l’indiquent suffisamment les figures de la PL iv; ils étaient encombrés de sable et de terre, à moitié démolis ou détruits; il a donc été difficile de se rendre un compte exact de la position relative des foyers et de leurs bouches, des conduits de la chaleur, de la place et de la forme du ou des laboratoires , de la manière dont agissait la chaleur sur les Poteries qui y étaient placées , comment les produits de la combustion s’exhalaient ; par conséquent on ne peut se faire une idée claire de la marche réelle de tels fours , car on ne connaît clairement un four que quand on peut voir les rapports d’action de toutes ses parties.

Je donne trois exemples de fours romains. Le premier, PL iv, fig- 4 ? a été découvert dans l’emplacement d’une Poterie romaine à Norman ton-Field-Castor, dans le comté de Norwich.

(') M. de Caumont l’a indiqué dans son Cours d' Antiq. Monum ., publié en 1831, p. 200.

(*) Voyez aussi les figures 3, A, 5, 10, 15, 16, 17, 18, 20 et 21 de la PI. îx de 1 Atlas du Catalogue du Musée céramique de Sèvres.

Il a été figuré par M. E.-F. Artis, qui a donné au Musée de Sèvres la lithographie dont est tirée la figure citée. Mais n’ayant pu voir M. Artis, je n’ai pu connaître d’autres détails sur la structure de ce four que ceux qui sont inscrits sur la planche même; je n’ai pas eu connaissance des vases trouvés dans ce four.

Il est enfoncé dans l’ancien sol d’environ i mètre, et recouvert d’une épaisseur à peu près égale de terre transportée.

Il se compose d’un foyer en canal voûté, dont la bouche (c) est à quelque distance du corps du foyer. Celui-ci se prolongeait probablement par les deux voûtes sous le sol plat du laboratoire (D), et la flamme du combustible, ou au moins la chaleur dégagée, pénétrait dans le laboratoire où les pièces étaient placées , par les ouvertures (o) régulièrement disposées en deux cercles. Une espèce de pilier G, très-solide, soutenait le plancher du laboratoire par son milieu. La paroi appuyée contre le sol n’avait pas besoin d’une grande épaisseur, et si la figure 4 représente le laboratoire dans son entier, on voit qu’il n’avait guère que 8 décimètres de hauteur sur 12 à 1 3 de diamètre. C'est un très-petit four que M. Artis compare à nos moufles à cuire les couleurs sur la porcelaine.

Il est probable qu’un couvercle en plaques de terre couvrait la partie supérieure et entièrement ouverte de ce four, et que les produits de la combustion se dégageaient à travers les interstices de ces sortes de tuiles.

On va voir que ce four, très-différent et surtout beaucoup plus simple que ceux de l’Alsace, était cependant établi sur les mêmes principes. Servait-il à cuire la même Poterie?

Un assez grand nombre de fours romains propres à cuire la Poterie ont été découverts sur les bords du Rhin, dans les environs ou à peu de distance de Strasbourg.

On en cite dans la ville même de Strasbourg, etàRheinzabern, village situé à quatre lieues de Lauterbourg, sur la rive gauche du Rhin. On en a reconnu plus de quinze dans un espace peu étendu.

Un de ces fours très-bien conservé se voit à Heiligenberg, village près Milz, dans la vallée de la Rruch , non loin de Strasbourg, mais à vingt lieues de Rheinzabern , et un autre à Itten-Weiler, à quatre lieues au sud de Heiligenberg.

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C’est d’un des fours de Heiligenberg que je donne la figure PI. iv, fig. i, 2 et 3, et la description d’après M. Schweigheuser.

Il est romain et était appliqué à la cuisson de la Poterie rouge, ce qui est évidemment établi par les débris de cette Poterie qu’on a trouvés à l’entour.

Le foyer est un canal long, voûté en ogive, dont la bouche est à environ 2 mètres 1/2 de l’espace où se rassemblaient la flamme et la chaleur au-dessous du laboratoire. — Des tuyaux en terre cuite nombreux, et de deux grosseurs, partaient de la partie supérieure ou plancher de cette chambre et allaient distribuer la chaleur ; les uns plus petits (D) étaient à la circonférence, et, ce qui parait bien singulier, dans l’épaisseur du mur d’entourage du laboratoire ; les autres , plus gros , au nombre de douze ou quinze , allaient s’ouvrir dans le plancher du laboratoire pour répandre la flamme et la chaleur à l’entour des pièces qui y étaient placées , du moins c’est ce que semblent indiquer les figures et la description qui m’ont été communiquées par M. Schweigheuser. Ces canaux ou tuyaux devaient éprouver une forte chaleur, car ils sont quelquefois devenus durs, à tissu serré comme du grès et même boursouflés et presque fondus, comme le montre une des pièces du Musée céramique de Sèvres (*), PI. xxx,/%. 19.

On ne peut voir par les coupes de quelle manière sortaient les produits de la combustion. Il est probable que la partie supérieure du four a été détruite et que les terres de déblais en ont pris la place.

Des massifs de maçonnerie puissants séparent et garnissent l’espace entre la bouche du foyer et les parois du laboratoire. Le sol de celui-ci est formé dedalles ou grands carreaux en terrecuite.

Les canaux qui conduisent dans le laboratoire la flamme et la chaleur, et à l’extérieur les produits de la combustion, peuvent être bouchés plus ou moins complètement par des tampons cylindriques en terre cuite qu’on a trouvés dans ce four, les uns épars, les autres en place, et dont un est représenté figure 18.

Ces fours, au nombre de plus de quinze, trouvés à Rheinzabern,

P) Elle vient de M. Schweigheuser. Je ne puis citer à chaque fait le nom de ce savant et complaisant archéologue , qui a enrichi le Musée de Sèvres d’un grand nombre d’objets de Poterie romaine, germaine et gauloise, très-intéressants.

étaient les uns ronds et les autres carrés, mais construits sur le même système, c’est-à-dire que la flamme et la chaleur du foyer dont la bouche était placée à quelque distance du laboratoire, se rendaient par un canal en voûte ogivale d’environ i mètre et demi de long, tantôt droit, tantôt coudé, sur 80 centimètres de largeur et de hauteur, dans l’espace au-dessous du laboratoire, et s’y distribuaient par des canaux et des ouvertures disposées en échiquier en nombre qui varie suivant le four, de 16 à près de 60 , si les plans qu’on m’a communiqués sont exacts.

Ces fours étaient enfoncés d’environ 70 centimètres au-dessous de l’ancien sol, et de plus d’un mètre au-dessous du sol de transport moderne, comme on l’a fait remarquer pour le four de Normanton-Field; le plancher du laboratoire était à près d’un mètre en contre-bas du bord supérieur de ses parois; une espèce de toit en tuiles le recouvrait.

La maçonnerie était faite avec de grandes masses d’argile de 70 centimètres de long sur 4o de largeur et d’épaisseur. Dans tout le passage du feu, les parois de cette maçonnerie étaient vitrifiées.

Les cintres qui portent le plancher du laboratoire étaient, dans quelques fours, en briques revêtues d’un enduit argileux.

Le combustible consistait en bois de sapin, ainsi que le font connaître les charbons trouvés dans les foyers.

Il paraît que les pièces mises dans le four étaient portées sur des supports, du moins on regarde comme tels les pièces cuites en cylindre aplati , qu’on a trouvées en grand nombre dans les fours et soutenues par des espèces d’appuis ou accots d’une forme très-particulière donnée par les doigts de l’enfourneur à des galettes de pâte pliées en deux. On en a trouvé des quantités considérables dans les fours des bords du Rhin , ayant tous la même forme générale dont les figures 7, A, B, C, peuvent donner une idée. (PI. xxx).

Une troisième sorte de four a été découverte en Angleterre, en 1822, à Castor près Norwich, par M. Ch. Layton il est

(i) Archeologia , etc. , ou Mém. de la Soc. des Antiq. de Londres , vol. XXII, p. Ü13, PI. xxxvi.

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entièrement différent des précédents et d’une construction si singulière, si obscure, que si on n’eût trouvé dedans les Poteries en train de cuisson et des restes de combustible, on douterait que ce fut un four -, j’en donne la figure PL xxv, fig. 20. A, est la moitié du plan du four tel qu’il s’offrit dans son entier lorsqu’on le découvrit enfoui sous une masse de terre assez épaisse , mêlée d’un grand nombre de débris de Poteries. Il avait 2 mètres environ de longueur sur 1 mètre i5 centimètres de largeur-, son enveloppe ou mur (a) était formé avec une pâte d’argile bleue , tenace, sous une épaisseur de i5 centimètres; la surface intérieure (b) de ce mur était devenue rouge par l’action du feu.

Dans l’intérieur de la niasse dont on voyait la coupe horizontale, on remarquait des espèces de larges fentes linéaires (c) ou des veines courtes et larges (d) formées par un combustible noir qui paraissait être de la tourbe carbonisée ; cette masse était en outre séparée par des espèces de cloisons (e) interrompues, d’argile bleuâtre dont les intervalles étaient remplis de pièces de Poterie entières ou en fragments ( g ).

La coupe, fig. B , fait voir ces mêmes parties , c’est-à-dire la cloison d’argile(e); les veines de combustible(dr), et les Poteries entières et en fragments (g-); mais elle montre en outre ce qu’on peut regarder comme les foyers en F. Ces foyers en voûte ogivale étaient remplis dans leur partie inférieure d’une terre rougeâtre comme brûlée, et dans leur partie supérieure, de tourbe.

Enfin , ce four reposait sur une couche naturelle et friable de sable jaune S.

La Poterie renfermée dans ce four montrait différents degrés de cuisson par sa solidité et sa couleur ; les deux urnes renversées (Ji) étaient remplies de sable blanc. On trouvait dans les environs beaucoup d’urnes romaines entières ou en fragments.

L’auteur 11e s’explique pas clairement sur la nature de cette Poterie, mais il me paraît par son silence même , par le nom d’urnes qu’il donne aux Poteries, que ce four était destiné à donner aux vases à pâte grisâtre ou blanchâtre, principalement funéraires et nommés urnes, le faible degré de cuisson qu’on leur connaît , et que c’était un four à urnes et non un four à Poterie

romaine rouge que les historiens et antiquaires anglais appellent Samienne.

La petitesse en général de ces fours antiques , le nombre assez considérable qu’on en trouve souvent rassemblés dans le même lieu, l’absence de tout bâtiment d’habitation, la présence des pièces de Poteries en train de cuisson qui sont restées dans plusieurs d’entre eux, celle de la grande quantité de débris qui les entoure , semblent indiquer que ces fours , élevés à peu de frais , étaient abandonnés par les troupes ou les familles de Potiers qui étaient venues s’établir momentanément dans ce lieu, et que la cuisson encore imparfaite produisait beaucoup de pièces défectueuses et cassées.

Décoration. — En parlant du façonnage , j’ai été conduit à parler aussi du mode de décoration en relief, qui est le principal et presque l’unique dans les Poteries romaines rouges, et il ne reste à traiter que du système ou style général des formes et des décorations , non pas sous le point de vue de l’art , mais comme moyen de distinguer les Poteries de ce temps et de ce peuple.

Il serait très-difficile de donner une idée claire par des descriptions ou des explications, quelque longues qu’elles fussent, du style qui leur est propre, quoique ce style soit parfaitement caractérisé; les figures que j’ai réunies dans ce but, PI. xxix et xxx, me paraissent suffisantes en y ajoutant celles qui font partie des planches vin et ix de l’Atlas du Musée céramique de Sèvres.

On fera remarquer que les formes sont généralement solides, peu légères, que les pièces hémisphériques, coniques, cylindroïdes sont les dominantes , et qu’elles sont ce qu’on appelle peu élégantes.

Que les ornements habituels sont : parmi les quadrupèdes , les lions, les chèvres, les lièvres et les lapins, les biches PI. xxix, tfg. i , 2, et PI. xxx, fig. i et io, et, parmi les oiseaux, les colombes, les aigles, les corbeaux.

On verra que les carreaux et godrons des figures i , io, i3 et 17, les perles, fig. 8, les pois et rubans des fig. 5 et 8 , se répètent très-souvent. Que les feuilles de lierre , de vigne , de

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convolvulus , fig. io, i3et 1 5, sont les végétaux ordinaires. Que les rinceaux avec des oiseaux de la figure 1 5 , sont très-souvent répétés.

On conçoit ces répétitions*, elles avaient pour but de faire servir un grand nombre de fois les mêmes moules ou poinçons que j’ai décrits plus haut.

Usage. — • On ne peut douter que ces Poteries ne servissent dans les usages domestiques , soit comme vases culinaires ou de table, soit même comme vases d’ornement.

Cependant l’absence de vases élevés et à rebord ou à collet rétrécis, paraît indiquer qu’ils n’étaient pas employés comme les vases grecs campaniens, ni comme les vases modernes, à orner les appartements, mais que ces vases étant admis dans les repas, on les avait plus ou moins couverts d’ornements comme on le fait sur toutes les pièces du service de table. Leur solidité et leur imperméabilité les rendaient propres à ce même service.

Quelques-unes telles que des terrines (‘), ont dû servir, soit dans la cuisine , soit dans la pharmacie , comme mortiers ou vases à broyer des matières friables, ainsi que l’indique l’aspérité régulière de la terrine se terminant nettement à une certaine distance du bord.

Aucune de ces Poteries ne peut avoir été employée comme urne cinéraire , ni avoir été considérée comme vase, de funérailles, car on n’en trouve pas dans les tombeaux, ni avec des cendres et des os comme c’est le cas des véritables urnes cinéraires, ni placées comme hommages ou sacrifices auprès des morts auxquels ils avaient appartenu , ou avaient été consacrés.

2e Sorte. - Poteries romaines à pâte rouge ou grise, lustre noir.

— Cette seconde variété de Poterie que l’on attribue à la fabrication romaine, quoique moins bien caractérisée que la première, ne laisse cependant aucun doute sur son origine. C’est en général le même système d’ornements , de figures , de mode de façonnage et d’application 5 les formes sont néanmoins assez diffé-

(‘) Mus. Céram., PI. ix, fig. 20 et 21.

rentes 5 on n’y retrouve presque plus les coupes, terrines et plateaux si communs dans la première sorte, ils n’en sont pas cependant entièrement exclus, le fragment qui est couvert d’un beau lustre noir a bien le style de forme des Poteries rouges ; mais on trouve dans cette série beaucoup de ces vases fermés auxquels on donne le nom d’urnes (2), tandis qu’on en connaît à peine quelques-uns dans la série des Poteries rouges. Voyez PI. xx lx , fig. i, 2, 3 de cet ouvrage.

Cette sorte de Poterie diffère aussi par la pâte qui, encore rouge , est d’un ton moins pur, est aussi quelquefois grise et même noirâtre, généralement moins fine et moins dure que celle de la première sorte. Mais elle en diffère essentiellement par la giaçure qui, aussi mince en général que celle des Poteries rouges, est d’un noir quelquefois assez pur et plus souvent brunâtre (2) 5 on doit néanmoins distinguer deux légères différences dans ces glaçures: l’une, quoique mince, indique une certaine épaisseur, elle est brillante mais sans reflet métallique (les fig. citées) 5 l’autre, qui semble n’être qu’un enduit métallique déposé par une vapeur, a le lustre noir métalloïde du graphite (fig- i4, PI. ix M.C.).

Les ornements qui représentent des figures d’animaux, de fruits ou de végétaux, la plupart semblables à ceux de la première série, sont en relief-, d’autres qui ne sont que des linéaments semblent avoir été faits par une mollette ou roulette (figures îo et 17, PL xxix).

Cette variété ne se trouve guère que dans les contrées de la nve droite du Rhin, dans les environs deRheinzabern, Bonn, etc.; elle parait appartenir en grande partie aux urnes cinéraires; la fig- 3, PL xxix, a été trouvée dans un tombeau romain à 2 mètres de profondeur, à 1 kilomètre environ de Bonn. Le fragment fig- 1, qui indique une urne de plus de 4 décimètres de hauteur sur au moins autant de diamètre, est remarquable par ses ornements en relief faits à la barbotine, on y voit exactement les mêmes feuilles hastées que sur les figures 20 et 21 de la planche ix du Catalogue du musée de Sèvres appar- (‘) Atlas du Musée Céramique de Sèvres , M, PI. ix, fig. 18.

(2; Atlas du Musée Céramique de Sèvres , M, Pi. ix, /ig. 2, 8, 11, 12 et IU-

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