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POTERIES TENDRES

tenant à la pâte • à glaçure rouge -, il vient de Rheinzabern (*).

3e Sorte. — Il est une autre variété de Poterie romaine qui n’est pas seulement noire à sa surface et par sa glaçure , mais dont la pâte est , ou entièrement gris noirâtre , et souvent même d’un beau noir, ou gris rougeâtre dans son intérieur, avec un engobe ou enduit épais de près d’un quart de millimètre sur toute sa surface, et toujours sans glaçure, quelque luisante qu’elle paraisse. Cette Poterie , qui ressemble à la Poterie noire des Celtes- ou Gaulois , s’en distingue dans un grand nombre de cas par la finesse de sa pâte , la ténuité de ses pièces et la perfection de son façonnage sur le tour, et enfin par ses formes. Je donne comme exemple de cette Poterie romaine les pièces figurées dans l’Atlas du Musée Céramique , Pl. Vlli,j%. 2 et 16, et Pl. îx, fig. 7 et 19, qui sont des pièces à pâte gris noirâtre.

Le Musée Céramique de Sèvres possède les débris d’un vase ou coupe venant de Souaire , près Bourges , à pâte brun rougeâtre assez dure, mêlée d’un grand nombre de petites paillettes de mica-, sa surface est d’un beau noir, sablé de paillettes de mica. L’égalité et la ténuité de son épaisseur, ses arêtes vives , ses filets nets et sa surface parfaitement unie et même luisante, sont l’effet d’un tournage des plus parfaits. Sa couleur noire est due à l’engobe mentionné plus haut, et le brillant au poli que l’estèque du tourneur lui a donné j le dedans de la coupe , qui n’a pas reçu le poli sur toute sa surface , est mat avec plusieurs cercles brillants dus à un poli partiel.

Un collet de vase, trouvé dans la fouille des puits d’exploitation des Romains, à la butte Sainte-Geneviève à Paris (2) , montre absolument les mêmes dispositions.

La coupe M, Pl. vin , fig. 16, du Musée de Sèvres, de forme analogue à celle qui précède, est entièrement en pâte noire plus grossière, un peu micacée, sans lustre ni poli.

(') Voir à l’explication des figures la couleur, l’origine , etc. , des Poteries romaines représentées sur les Pl. xxix et xxx.

(2) Nous tenons ces fragments et ces renseignements de M. Le Cliatelier, ingénieur des mines.

4e Sorte. — Ces Poteries qu’on regarde comme de fabrication i omaine , ne laissent dans plusieurs cas aucun doute sur leur origine , mais dans beaucoup de circonstances il devient trèsdifficile de les distinguer de certaines Poteries germaines , de celles qu’on appelle gallo-romaine, et même de celles auxquelles j’applique spécialement le nom de gauloises.

Ce sont néanmoins de véritables Poteries à pâte tendre et

sans glaçure qui présentent encore deux sortes de pâtes un peu différentes. y

Les unes sont à pâte grossière blanc grisâtre ou jaunâtre, tirant plus ou moins sur le rougeâtre ; ce sont en partie des pièces volumineuses, épaisses, sans aucun ornement; les jarres, amphores et cuviers romains appartiennent à ce premier groupe. Le monte Testaceo à Rome, amas immense de débris de Poteries, présente principalement des fragments de ces amphores.

Les autres, à pâte moins grossière, parce quelle a servi à faire des pièces plus petites, plus minces et plus légères, sont quelquefois ornées de zones, de lignes, de taches, de feuilles plutôt indiquées que faites en rouge ocreux sale appliqué et cuit au même feu que la pâte. (Mus. Cêram ., PI. vin ,fig. 5, io et 14.)

Les formes générales des amphores sont celles qui sont figurées, Atlas du Musée Céramique (PI. W,fig. 2, 5, 8), et dans ce Traité, PI. xxix,y7g. 14 et 21.

Une circonstance que les figures ne peuvent pas faire voir, c est que ces Poteries à pâte quelquefois rosâtre et jaunâtre, sont tendres, d’un blanc mat et pur par un véritable engobe de terre blanche, à la manière des vases athéniens, mais plus dur et trèsegalement étendu, qualité à laquelle se prête le tournage net et parfait de ces jolies Poteries, la fig. ,7 a reçu cet engobe,

le petit vase, figure 20, est d’une pâte blanche par elle-même et micacée.

Usage des Poteries romaines de la seconde et troisième sorte. — Les

urnes et autres Poteries romaines, gallo-romaines et gauloises ont eu plusieurs usages dont le plus remarquable et peut-être le plus ordinaire est d avoir servi comme urnes cinéraires et

0TERIES TENDRES,

vases funéraires, à la manière de la plupart des Poteries antiques.

Des quatre sortes de Poteries romaines que je viens de décrire il paraît que la seconde et surtout la troisième ont eu plus particulièrement cette destination 5 je ne connais pas d’exemple qui nous apprenne que la première sorte (la Poterie rouge) ait servi à cet usage.

Tant que l’usage de brûler les corps dura chez les Romains et dans les Gaules , c’est-à-dire environ pendant les deux premiers siècles de l’ère chrétienne, les cendres étaient recueillies avec les restes d’ossements et placées dans des urnes assez grandes, à ouverture large, en pâte noire ou grise , à ornements simples , caractère de la troisième sorte, et variées de forme, de grandeur et d’ornementation suivant la position de la personne dont elles renfermaient les cendres 5 près de ces urnes on plaçait différents instruments et surtout un assez grand nombre de petits vases dont l’usage n’est pas assez bien déterminé pour être indiqué sans une discussion étrangère à cet ouvrage.

Ces urnes étaient souvent renfermées dans des cercueils ou enveloppes de différentes formes et nature 5 une des plus remarquables et qui rentre dans mon sujet, est celle qui a été découverte par le rév.

John Carters, décrite dans une lettre adressée à M.Pownall et figurée dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de

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