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ROMAINES. LIEUX, FRANCE

Les Grecs moulaient aussi plusieurs de leurs pièces, ne fùt-ce que les rhytons, et cependant je n’ai pas connaissance qu’on ait trouvé nulle part aucun moule de Poteries grecques , ni même étrusques, où cependant les pièces en relief, les pièces ovales , si rares chez les Grecs, sont ici si nombreuses. Les Poteries romaines se trouvent principalement dans les lieux de fabrication, par conséquent avec les ustensiles de fabrication, les moules, etc. ; tandis que les étrusques, grecques, etc., ne se trouvent que dans les lieux de conservation.

Je crois devoir chercher à donner une idée de l’abondance de ces Poteries, de leur position particulière, suivant leurs variétés, en indiquant les principaux lieux où on a trouvé des Poteries romaines et même gallo-romaines, et notant les circonstances de leur présence dans ces lieux.

France. — Un des lieux les plus célèbres par son étendue et la quantité d’antiquités romaines qu’on y a comme exploitées en 1772, sont les ruines d’une ancienne ville romaine, sur la petite montagne du G h â t e 1 e t, entre St-Dizier et Joinville, en Champagne. Elles ont été le sujet d’une dissertation de M. Grignon (*).

On a déblayé en deux mois environ 2,5oo mètres carrés de terrain. On a misa découvert onze rues et quatre-vingt-dix maisons, et, ce qui nous intéresse tout particulièrement, deux fours à Potiers dont la base était carrée, de 2 à 3 mètres de côté, avec une arcade, sur un des côtés, d’environ 5 décimètres de largeur sur 65 centimètres de hauteur. C’était la bouche du foyer qui avait 1 mètre 65 centimètres en carré.

On y a trouvé des vases culinaires en terre rouge : les uns sans glaçure, les autres recouverts d’un lustre rouge très-éclatant et très-luisant, avec des ornements en relief riches et élégants, représentant divers sujets, notamment des chasses. Tous ces vases portent le nom imprimé en creux du Potier qui les a faits, dont l’auteur cite un grand nombre.

(*) Sous le titre de Bulletin des fouilles faites par ordre du Roi , etc. Paris, in-S°, 1774 ; par M. Grignon, correspondant des Académies royales des Inscriptions et Belles-Lettres et des Sciences. — Plusieurs de ces Poteries ont été figurées sous la direction de M. de Tersan , dans l’ouvrage de M. Grivaud de la Vincelle, intitulé ; Arts et Métiers des anciens.

POTERIES TENDRES , FINES

Ce sont bien là tous les caractères de la Poterie romaine de la première série. D’ailleurs j’ai vu un grand nombre d’échantillons de cette Poterie rouge qui ne peuvent me laisser aucun doute sur leur nature. Ils font partie du Musée Céramique de Sèvres, et viennent du cabinet de M. l’abbé de Tersan, qui a fait la découverte de cette ville romaine.

Mais outre ces Poteries qui me semblent fort bien caractérisées, Grignon dit qu’on a trouvé aussi dans ces fouilles une espèce de Poterie de terre d’un blanc lavé de jaune avec un vernis de plomb. C’étaient deux fragments d’assiette et d’une espèce d’aiguière. Puis une autre Poterie d’une terre grise, rougeâtre, trèsdure, ressemblant à du grès, et ayant donné des vases très-épais et d’une grande dimension analogues aux jarres ou amphores.

D’autres pièces, de la forme de nos plats et de nos assiettes, qui étaient recouvertes d’un vernis brun ou noir, et enfin des vaisseaux très-matériels en terre noire.

Quant à ces descriptions et à celle des fours et des autres Poteries, je suis obligé de me renfermer strictement dans les expressions de l’auteur qui n’ayant sur ces matières aucune des connaissances et des idées que nous avons acquises depuis cette époque, n’a pu penser à chercher si ce qu’il nomme vernis de plomb, vernis brun, vernis noir, etc., étaient bien ces glaçures si diverses et par leur nature et par l’époque où on les a employées pour la première fois, auxquelles nous appliquons à présent ces noms bien définis.

Il s’agit maintenant de savoir à quelle époque cette ville a été détruite, si après les anciens Potiers romains il n’est pas venu s’établir sur ses ruines, et même à diverses reprises, des Potiers du Xe et du xne siècle sachant faire la Poterie vernissée, ou même si ces fragments de Poterie n’ont pas été amenés au milieu de ces ruines par des événements postérieurs à la destruction de l’ancienne ville romaine. J’ai donc cité le Châtelet, non comme une preuve de l’existence de la Poterie vernissée à l’époque romaine, non comme un objet de discussion archéologique, mais uniquement comme une immense et fort remarquable réunion de Poteries, principalement romaines, de la première sorte de variété. Ce que je dois rappeler, c’est que la grande fabrication

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