N° IG
Londres (1), je la reproduis ici.
C’est, comme on le voit, une urne d’une assez bonne forme, enfermée dans une sphère creuse de Poterie grossière ayant une ouverture propre à laisser passer cette urne.
Pendant quelque temps la combustion des corps et l’ensevelissement marchèrent simultanément suivant les opinions et
(') Monument Sépulcral , découvert à Lincoln; par M. Pownall, Mém de la Soc. des ylntiquuires de Londres , vol. XII , p-, 108 , PI. XIV , fig. 7 et 8
usages des populations. M. Jouannet a reconnu des exemples de cette simultanéité à Terre Nègre, près Bordeaux, lieu si riche en antiquités de toutes sortes et notamment en Poterie; ce savant évalue à 20,000 le nombre des urnes et des petits vases qu’on y a trouvés.
Vers le commencement du troisième siècle, l’usage de brûler les corps cessa entièrement dans la Gaule, mais point celui de placer dans les sépultures des vases funéraires. On a trouvé dans beaucoup de tombeaux romains ou d’indigènes postérieurs à uette époque, de petites urnes et vases accompagnant les corps dans ces tombes, mais qui ne renfermaient ni cendres, ni ossements, seulement quelquefois un peu de charbon.
Les petites urnes que j’ai données comme exemple, PI. ix, fig. 12, ig et 23 de l’Atlas du Musée Céramique , et PI. xxix , ûg. ii, 19 et 20 de ce traité, se ressemblent tellement qu’on peut dire que ces six figures les représentent toutes, quelque multipliées qu’elles soient.
On les attribue, et il me semble avec grande raison, à la fabrication gallo-romaine, car elles participent des deux fabrications en couleur, forme et façonnage; comme il est facile de le voir en comparant cette troisième série de Poterie romaine avec les Poteries gauloises.
Les chrétiens, sans adopter entièrementles usages des Romains et des Gaulois, ont placé pendant longtemps et jusque vers le xive siècle de petites urnes dans leur sépulture à côté des squelettes et dans des positions constantes que les antiquaires ont reconnues et même cherché à expliquer. Ces pots ou urnes en Poterie matte dans les temps où le vernis plombifère n’était pas connu, ces Poteries, quelquefois vernissées depuis cette époque, étaient assez souvent au nombre de deux, l’une à la tête du squelette , qui avait renfermé de l’eau bénite, l’autre à ses pieds ayant contenu de l’encens avec des charbons allumés; ces observations expliquent pourquoi on a trouvé de ces urnes dans les tombes placées sous le sol des églises chrétiennes et dans des cimetières chrétiens, elles expliquent l’origine des cendres et des charbons que quelques-unes renferment ; enfin, elles nous apprennent que ces Poteries faites à l’instar des antiques Poteries gau-
POTERIES TENDRES, FINES
loises et romaines sont cependant loin d’avoir l’antiquité des Poteries trouvées dans de véritables et anciens tombeaux gaulois ou romains dont l’époque ancienne est déterminée par les armes, les ustensiles et les médailles qu’on y trouve.
Je reviendrai sur ce sujet, en traitant des Poteries que je regarde comme gauloises ou plutôt comme plus gauloises que romaines.
Pays et lieux où se sont trouvées des Poteries romaines. — GeS
Poteries, beaucoup plus répandues que les Poteries grecques, se sont par conséquent trouvées dans un grand nombre de lieux différents, mais plus ou moins nombreuses et plus ou moins abondamment, suivant les usages auxquels elles étaient destinées. Et ici la règle, l’espèce de loi de conservation que j’ai assignée aux Poteries antiques, ne se dément pas.
Les Poteries à pâte à lustre rouge étaient bien certainement des objets de service domestique. Elles n’avaient donc pas l’usage religieux auquel on doit la conservation d’un si grand nombre de Poteries grecques, gauloises, germaines, etc., et devraient être rares, et cependant on en trouve assez fréquemment dans une grande partie de l’Europe. 11 y a deux considérations à faire pour expliquer cette sorte d’exception.
D’abord ce n’est que très-rarement qu’on les trouve dans l’intérieur des bâtiments ruinés, c’est presque toujours dans les lieux où l’on avait établi des fabriques de ces Poteries, et souvent tout près des fours dépendant de ces fabriques. Or, comme on l’a déjà remarqué, ces fabriques et ces fours étaient presque innombrables dans le vaste empire romain.
Ensuite on remarquera qu’on trouve peu de pièces intactes; la plupart quoique d’un petit volume, d’une assez grande solidité, d’une assez forte épaisseur, ont été brisées. 11 n’y avait presque point de vases d’ornements, plus exposés que les autres pièces à la destruction.
Ce qu’on trouve assez communément, ce sont des moules et même des moules assez bien conservés. J’ai cité ceux que j’ai fait graver sur nos planches (*).
(’) Musée Céramique , M, PI. ix, fig. 1. Traité , PI. xxx , fig. 1 et 8.