ROMAINES. ALLEMAGNE
romains. La rouge, lustrée, dure , qu’il appelle, à la manière des Allemands, terre sigillée. Une autre, à pâte brun rougeâtre, moins fine que la précédente, à lustre brun-rouge foncé, c est notre seconde variété ; enfin la troisième sorte , à pâte grossière , blanc sale, matte, couleur extérieure rouge-briqueté, tendre et très-altérable, c’est ma quatrième variété très-
commune aux environs de Bonn, et dont j’ai donné des exemples (*).
Les terres dont ces Poteries sont faites se trouvent, dit le docteur Émile, dans le pays même, c’est-à-dire aux environs de Saarbruck, de Weisenau, de Kastel. On a reconnu dans ces beux d’anciens ateliers de ces Poteries.
Ratisbonne. — Je ne citerai plus qu’un exemple de cette fabrication romaine trouvé en Allemagne 5 c’est le vase de la forme singulière figurée sur cette page, n° 17, qui a été trouvé dans la ville de Ratisbonne avec deux autres semblables , mais plus grands. Celui-ci a 20 centimètres de diamètre sur 24 de hauteur. Je l’ai vu dans le cabinet historique de Ratisbonne où il est placé comme vase romain. Sa pâte est rougeâtre, très-cuite; il est sonore, et a été fait avec soin sur le tour.
Espagne. — En recherchant dans ce royaume des antiquités céramiques, on n’en trouve de remarquables, et encore en bien petit nombre en comparaison de la quantité qu’on en fabriquait du temps des anciens Romains , que dans deux localités : aux environs de Murviedro (l’ancienne Sagonte) et de Tarragorte.
Les Poteries de Sagonte nous ont été signalées par Pline (2), qui semble les placer au troisième rang des meilleures Poteries de fabrication romaine; puis rappelées par tous les historiens, qui ont porté le nombre des Potiers de cette ville et de ses environs jusqu’à douze cents; mais aucun n’en a donné une
(‘) Musée céramique , M, PI. vin, fig. 10. (*) Livre XXXV, chap. XII , ad finem.
POTERIES TENDRES FINES
description suffisante pour qu’on puisse en tirer des caractères précis. M. Alexandre de Laborde a inséré, dans son Voyage, quelques notes à ce sujet, mais entièrement sous le rapport historique... Comme je n’ai vu qu’un très-petit nombre d’échantillons des Poteries sagontines, j’extrairai, avant d’arriver à la détermination de ces échantillons, de l’ouvrage de M. de Laborde quelques passages (*).
« Les vases de terre fabriqués à Sagonte par les Potiers )) romains étaient encore plus célèbres que ceux de Tarragone, » Cette fabrication remontaitaux siècles les plus reculés. Plusieurs » de ces vases sont marqués d’inscriptions celtibériennes et de » bas-reliefs semblables cà ceux des médailles inconnues. La plu- » part ont conservé le nom des familles romaines de » Sagonte. »
Les Romains y fabriquèrent plusieurs des sortes de Poteries que j’ai distinguées plus haut, mais surtout la mieux caractérisée, celle dont l’origine romaine est partout signalée par la ressemblance complète (ce qui est toujours pour moi un sujet d’étonnement) de la pâte, de la glaçure et des décorations en relief.
M. de Laborde admire le vernis brillant, mais il en exagère et l’éclat et l’épaisseur , comme toutes les personnes qui n’ont point étudié ces matières.
Je n’ai pu acquérir une juste idée de ces Poteries que du moment où M. Th. Pichon, consul de France à Barcelone, en a pu recueillir quelques débris dans les environs de Murviedro, sur le sol même de l’ancienne Sagonte, mais ils étaient bien suffisants pour établir leur identité si complète avec les autres Poteries romaines rouges que je viens d’énumérer, que si je ne le tenais d’une personne que je connais aussi bien que M. Pichon, je pourrais douter que ces échantillons ne vinssent, ou de France, ou d’Angleterre.
Ils sont de deux sortes : les uns appartiennent à la Poterie rouge décrite p. 4^2 , et figurée PI. xxx; un seul présente des ornements en relief : ce sont des portions de rosace et de
(*) V oyage pittoresque en Espagne , in-fol., 1806, t. Ier, p. 89.