ROMAINES. ALLEMAGNE
Allemagne. — C’est ici que se présente la plus grande difficulté pour distinguer les Poteries et urnes germaines des Poteries et urnes de fabrication romaine.
Il n’y a presque plus de fabrique authentique de fours, de grands dépôts de cette Poterie rouge si caractéristique des fabrications romaines, il faut pour arriver à cette détermination le secours de la céramique, de l’art et de l’archéologie.
La céramique nous en donne peu , les urnes germaines s’approchant beaucoup par la nature et la couleur de leur pâte de quelques urnes romaines ; l’art en donne davantage, car, quand d y a des ornements sur les urnes ou sur les vases, ils présentent un système et un style très-différents suivant les origines des Poteries-, dans les Germains, comme on le verra plus bas, ce sont toujours des linéaments ou quelques saillies sans aucune coloration.
Dans les Romains ce sont bien quelquefois aussi des linéaments, mais plus ordinairement ce sont des zones, des touches, des feuillages rougeâtres, comme je l’ai déjà dit plus haut.
Cependant, à l’aide de ces caractères céramiques, à l’aide des associations d’instruments, d’armes , de médailles , moyens que ces objets fournissent aux archéologues et aux historiens pour établir les siècles et les peuples, on arrive à reconnaître, sinon sûrement, du moins avec beaucoup de probabilité, à quel temps et à quel peuple peuvent appartenir les Poteries , toujours en fragments, qu’on trouve éparses dans la croûte superficielle de la terre.
C’est surtout dans les provinces Rhénanes de la France et de l’Allemagne que se rencontre, comme je l’ai déjà annoncé, le plus de débris de Poteries romaines des quatre séries de variétés; j’ai déjà cité ces lieux, Rheinzabern près Strasbourg, lleilengenberg, etc. , pour les restes de fours romains qu’on y a découverts et par conséquent pour les Poteries romaines qui les accompagnaient.
M. Schweigheuser , que j’ai été dans l’heureuse et honorable position de citer souvent, a décrit ou plutôt figuré (car je ne sache pas que le texte ait encore paru) en quatorze planches in-4°
POTERIES TENDRES FINES
qu’il m’a envoyées en 1 8 3 3 , un grand nombre de parties de vajes de la Poterie romaine de la première série, qui présentaient la réunion de. presque tous les genres d’ornements qui caractérisent cette première série. Quoique je ne croie pas que cette collection de planches ait été mise dans le commerce, je n’en figure aucune partie, car ce serait répéter les ornements, attributs, figures d’hommes, d’animaux et de végétaux, dont les planches du Musée céramique et celles de ce traité donnent une idée suffisante pour caractériser cette série.
Cobientz. — Les environs de Coblentz ont fourni depuis peu un assez grand nombre de Poteries à pâte tendre et sans glaçure ; mais la position de cette ville, lieu de passage si général, réunion d’ouvriers de pays si différents, a dû produire un mélange difficile à débrouiller des produits céramiques de fabrication et de fabricants très-différents. On a nié (le docteur Klein) qu’il y eût rien de romain dans cette ville, mais des Poteries présentant les caractères qu’on peut attribuer aux quatre séries de Poteries romaines fournissent à M. Àug. Wilhelm de Kloster Roslebcn , avec d’autres objets qu’il regarde également comme romains, des preuves pour établir le séjour des ouvriers de cette nation dans cette ville. Ce sont plusieurs formes de plats ou d’écuelles, de bouteilles, en pâte fine, grisâtre, jaunâtre et rougeâtre, bien cuits et décorés quelquefois de ces caissons qui sont un des ornements caractéristiques de la Poterie romaine de la première série (‘). Des urnes à pâte brun-rouge, avec un lustre noirâtre, de la seconde série , renfermant des os à moitié calcinés ; enfin des pots en pâte blanc-jaunâtre sale, assez perméable, avec des zones de couleur rouge brique mat , semblables à celui qui est figuré Musée céramique , M , PI. vin , fig. i , qui vient de Rhindorff.
Dans les provinces de la Messe-Rhénane, M. le docteur Jos. Émile, en décrivant, dans une dissertation qui a paru à Mayence en i825,les Poteries romaines de cette province, distingue trèsbien trois qualités de Poteries provenant toutes trois de Potiers
(’) Aug. Wilhelm , de Kloster Rosleberi , dans Kruse Deutsche allertliumer, t. III, 3e partie, 1829, p. 11, PI. i, fig. à L.