‹ Traité des arts céramiquesChapitre 239 sur 295 · GRECQUES, MATTES, ANTIQUES · texte numérisé non relu

GRECQUES, MATTES, ANTIQUES

et même culinaires , telles sont les pièces dont le trait est ci-

contre, tel est le petit poêlon à queue qui est figuré p. 28 7, n° 6 • cependant quelque durs , quelque sonores qu’ils paraissent, tous ceux que j’ai essayés, notamment les vases des figures cicontre, n05 19 à 25, qui m’avaient paru les plus denses, les plus imperméables , se sont laissé pénétrer par l’eau jusqu’à leur surface extérieure en douze à dixhuit heures.

Le second Groupe renferme des Poteries d’un tout autre système de forme et de fabrication. (Voyez Mus. céram.,M, PL xiii, fg. 1, 3, 6, 7 et 12, et ci-dessous nos 26, 27 et 28.)

Elles ont été faites dans file de Milo *, leur pâte est grisâtre , tirant sur le jaunâtre, fine, dure, assez sonore, imperméable-, leurs formes se distinguent, de toutes les autres Poteries grecques antiques par leur étrangeté. Les ornements bruns , quelquefois un

POTERIES TENDRES FINES

peu rougeâtres , s’éloignent considérablement du style d’ornementation des Poteries italo-grecques, de celles de toutes les îles de l’archipel grec , et même de celles des colonies grecques d’Afrique et d’Asie; les figures citées en donnent la preuve. Les trois que j’ai essayées dans ce groupe, nus 26, 27 et 28, ont tenu l’eau, sans en être pénétrées, pendant trente-six heures.

Le troisième Groupe de Poteries grecques à surface matte ne renferme pour ainsi dire qu’une seule sorte de pièces , à pâte, forme, et ornementation toute particulière, si riches, si parfaites, si bien conservées, que s’il n’était pas arrivé plusieurs exemples de ces pièces de différents lieux, placées dans différents cabinets d’antiquités, je douterais de leur origine antique.

Le musée céramique de Sèvres en possède six dont deux sont figurées M. C. PL xm, fig. 8 et 9 ; j’en représente une PL lvii, fig. 1 5 de ce traité. Leur pâte est fine, brunâtre ou rouge, d’une assez grande dureté, néanmoins rayable au couteau, imperméable.

Les pièces , dont la forme dominante est celle des figures citées, ont un façonnage très-délicat : elles sont minces et couvertes d’ornements en relief obtenus par un moulage fait d’après des modèles très-finis. 11 11’y a aucune peinture, mais quelquefois un lustre noirâtre extérieur.

Des six pièces du Musée céramique, deux, l’une M, PL xm , fg. 9, et l’autre, PL lvii, fig. i5, du Traité, ont été trouvées en 1S28 , par M. Garneray, dans des tombeaux de l’île de Milo- Elles sont à pâte noire un peu grisâtre. La troisième, M. cér., fig. 8 , vient aussi de Milo. Elle est à pâte rougeâtre avec un lustre noirâtre d’un éclat de graphite, mais peu brillant. M. Gaspari, consul de France à la Canée, en 1828, de qui nous la tenons, dit que ces petites urnes se trouvent dans l’intérieur des tombeaux grecs, des grottes et cavernes de Milo. Les deux dernières, c’est-à-dire 4 et 5, viennent du cabinet Durand, où elles étaient inscrites sous les nos 1472 ei 1478, et comme trouvées en Grèce. Leur pâte est rouge. Les formes sont pures, les ornements du même style que ceux des précédentes , quoique les détails en soient différents; le n° 1 47^ , très-bien façonné sur le tour dans toutes ses parties nues, est enduit extérieurement d’un assez beau lustre noir.

Page 1