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GRECQUES, MATTES, ANTIQUES

La sixième pièce, beaucoup plus grande que les autres, d’une

tout autre forme (voir ci-contre nos 29 et 3o) , est en pâte rouge , fine, dure, sonore; elle est trèsmince et son culot est couvert des ornements figurés n° 3o. Elle vient aussi du cabinet Durand, et y portait le n° 1 136. Sa parfaite conservation , sa couleur vive et

non altérée, sapropreté pourraient faire croire qu’elle est une de ces pièces que Ton fabrique dans tous les lieux célèbres par leur antiquité , pour tromper les amateurs empressés et crédules.

Quoi qu’il en soit, les trois premières pièces ne peuvent me laisser douter que ces urnes ne • soient de fabrication antique.

Mais je ne puis admettre qu’elles soient de fabrication grecque, quoique trouvées dans des pays et tombeaux grecs. Pas plus que les Poteries romaines trouvées en France, en Allemagne , en Angleterre ne sont nécessairement de fabrique allemande, française ou anglaise.

En examinant la pâte rouge ou noire, fine, dure, bien façonnée sur le tour, bien moulée; en étudiant les ornements qui, malgré qu ils soient en relief, ne sont pas étrusques, qui, par cela même qu ils sont en relief, ne sont pas grecs, on voit par tous leurs détails de feuilles recourbées, de feuilles en lances, de rosaces saillantes, de guirlandes, de frises, composées tantôt de postes, tantôt de grecques, tantôt de culots, on voit par la forme de la lyre répétée sur deux de ces pièces , par la réunion de tous ces ornements beaucoup plus dans le système des Poteries romaines de la première série que dans aucun autre système , soit étrusque, soit greccampanien, de l’Archipel ou des colonies, on voit, dis-je, que ces Poteries ne sont pas de fabrication grecque. Je les regarde donc comme appartenant à la fabrication romaine, et faites

POTERIES TENDRES FINES

en Grèce par des Potiers romains avec leurs moules, leurs estampilles et leur pâte, soit rouge, soit noirâtre. Je ne réponds pas de l’authenticité originale du vase n° i4'36.

Enfin les anciennes Poteries de fabrication romaine trouvées dans des tombeaux grecs, si bien faites, si solides, quelquefois d’un rouge si vif, quelquefois un peu lustrées surtout en noir, n’auront-elles pas été également faites à Samos , et ne serait-ce pas là l’origine du nom de Poterie-samienne, que les antiquaires anglais et de quelques pays donnent aux Poteries romaines rouges de ma première série?

Cette Poterie greco-romaine fait le passage très-naturel des Poteries grecques mattes aux Poteries romaines moitié mattes, moitié lustrées , et nous conduiront même , mais par ce seul rapport, aux Poteries grecques à lustre rouge avec fond ou peinture en lustre noir.

Poteries mattes modernes.- — Je passe maintenant aux Poteries qu’on fait dans les temps modernes, c’est-à-dire depuis deux ou trois siècles, et encore actuellement dans presque tous les mêmes lieux où se fabriquaient autrefois les Poteries presque mattes antiques dont je viens de parler, et les Poteries lustrées dont je parlerai à leur ordre.

Dans les mêmes lieux où on fabriquait il y a bien des siècles des vases à pâte tendre, mais si fine, à lustre rouge et noir si brillant, à formes généralement si pures et si bien tournées, on fait maintenant beaucoup de Poteries à pâte assez grossière, de couleur généralement rougeâtre, quelquefois rosâtre, quelquefois grisâtre, sans aucune glaçure. Les formes, sans être aussi pures, le façonnage, sans être aussi soigné, tiennent encore un peu de celles des Poteries antiques de ces mêmes contrées.

Je parlerai d’abord des Poteries de plusieurs îles de l’Archipel, dont les noms rappellent ceux qui sont si souvent cités lorsqu’on parle des Poteries de l’ancienne Grèce.

sîphanto. — C’est une terre rougeâtre, brune 5 la pâte est à texture grossière, mais égale de grain 5 elle est sableuse, remarquablement micacée, bien cuite, très-sonore, ce qu’elle doit en grande partie au sable qu’elle renferme; les formes sont simples,

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