MATTES. ÉGYPTE
pièces à parois épaisses qui présentent cette disposition 5 le milieu est grisâtre, presque noir et les parties voisines des surfaces sont rouges ou au moins rougeâtres , se fondant dans le gris du centre à mesure qu’elles s’en approchent. On voit dans cette disposition l’influence évidente de l’action du feu.
Ces Poteries sont décorées extérieurement dans un style tout particulier dont les fig. 1 4 1 1 5 1 1 0 , 1 7 1 1 8 et 1 9 de la PI. M xiv du Musée céramique peuvent donner une idée. On voit que ce sont principalement des lignes noires croisées, des espèces de bandelettes avec figures d’oiseaux voisins des grues ou des hérons , mêlées de lignes et de linéaments rouges.
Ce ne sont pas des couleurs vitrifiées, ni même vitrifiables, mais des couleurs terreuses minérales qui ont adhéré fortement à la pâte par l’action du feu employé à la faible cuisson de
cette poterie.
Plongées dans l’acide nitrique, les pièces fig. 14 et 19 qui sont épaisses et qui renferment des grains blanchâtres, font une effervescence partielle et momentanée qui est due a la nature calcaire de ces grains. Le morceau qui est représenté ci-contre , n° 4 1 , en A. sur la face ornée de linéaments noirs , et en coupe B sur la tranche , fait voir la couleur noirâtre de son intérieur et les deux croûtes rouges qui l’accompagnent.
Ces couleurs ne s’en vont pas à l’eau, quelque frottement qu’on leur fasse éprouver avec un linge. Elles sont inattaquables par une chaleur rouge cerise et par l’acide nitrique étendu d eau dans lequel on les a tenues une demi-heure. Elles ont donc un ensemble de caractères et une solidité très-remarquables 5 les pâtes sont cependant dénaturé différente : les unes ne font aucune effervescence dans l’acide nitrique ; telle est celle de la fig. 18 , d’autres en font une seulement partielle due aux grains de calcaire disséminés : ce sont les fragments figurés nos 14 et 19,
POTERIES TENDRES, FINES
et cités plus haut. Les pièces fig. 1 5 et 1 8 n’ont éprouvé au grand feu d’autre altération que de prendre une couleur d’un brun rouge très-foncé et de devenir un peu luisantes à leur surface. Les autres, /%. 1 4 > l7 et >9 ont fondu en un verre très-liquide , par conséquent très-étendu , opaque , brun rougeâtre foncé. Mais la pâte de la pièce fig. 19 qui renferme visiblement de la chaux, a donné un verre opaque, vert foncé, sale,entièrementcristallisé, c’est-à-dire composé de cristaux en aiguilles quelquefois séparées et comme isolées dans des cavités. C’est un caractère assez général des pâtes de Poteries qui renferment de la chaux.
Ces Poteries égyptiennes, moins anciennes que les autres, appartenant tout à fait aux Poteries mattes, sont assez rares. Les échantillons que j’ai cités viennent de M. Lenormantqui les a rapportés d’Égypte.
Le vase figuré PL xiv, fig. a3, de l’atlas du Musée céramique, appartient aux Poteries de cette sorte , et probablement de l’époque indiquée.
DcuXlCHie sorte. - tes Poteries que j’appelle lustrées
ont un poli souvent peu éclatant, mais quelquefois assez égal. On ne sait à quel procédé l’attribuer, si c’est à une glaçure vitreuse extrêmement mince ou à un poli mécanique; ces Poteries se confondent entre elles encore plus en Égypte que partout ailleurs , lorsqu’il s’agit de Poteries à pâte rouge qu’on a laissée matte, car les Poteries grises sont toujours mattes; les Poteries à pâte jaune, comme le canope représenté, PI. xxi ,Jig. 5, doivent certainement leur brillant au polissage ; mais les Poteries à pâte d’un assez beau rouge, comme celles qui sont représentées même planche, fig. a, 3, \ et 10, semblent devoir leur poli à une mince glaçure alcalino-terreuse. Leur pâte est généralement plus fine, quelquefois presque dure comme du grès; elles sont plus cuites et mieux façonnées que celle de la première sorte. Je n’ai donc à ajouter à ce que je viens de dire au sujet de cette sorte de Poterie égyptienne , que de faire observer que quelques bouteilles à anse, semblables à celle qui est représentée fig 4 7 quelquefois d’une pâte d’un jaune si pâle qu’elle paraît blanche, sont recouvertes d’un engobe argjleux blanc, qui a acquis par le polissage, avant la cuisson, un luisant assez vif.