‹ Traité des arts céramiquesChapitre 262 sur 295 · MATTES. LES VASES D’HORTICULTURE · texte numérisé non relu

MATTES. LES VASES D’HORTICULTURE

La pâte des Poteries d’horticulture les plus ordinaires appliquées à l’usage de tous les jardiniers , est, suivant les localités , ou une argile figuline , ou même un argile plastique brune , telle que celle qu’on emploie à Paris et qui est tirée dans les plaines d’Ivry. On la dégraisse avec du sable siliceux extrait de même au sud de Paris-, on l’y ajoute dans des proportions qui diffèrent suivant que l’argile est plus ou moins grasse ou plastique. La pâte de la Poterie de Paris se compose ordinairement de deux tiers d’argile et d’un tiers de sable.

Le façonnage n’a rien de particulier. Comme je ne parle que des Poteries ordinaires et simples , toutes les pièces sont rondes et faites au tour ; quand il y en a de carrées , on les moule rapidement et grossièrement.

On les cuit à nu. Le four du Potier qui sert à cette cuisson et à d’autres semblables, c’est-à-dire à celles qui n’exigent point d’encastage, est représenté PL xxiii,/%. i. Cette figure a été faite sur celui de M. Follet , un des plus habiles et des plus ingénieux Potiers en objets d’horticulture

On les pose l’un sur l’autre en prenant les précautions nécessaires pour qu’ils ne s’écrasent pas. On fait avec des briques à cuire , un plancher factice qui couvre le sol du four , et c’est sur ce plancher que se placent les Vases de jardinage , les plus grossiers en bas, les plus délicats en haut, vers la voûte et vers l’extrémité du laboratoire.

La condition d’emploi des Vases d’horticulture est fondée sur la porosité et la perméabilité de la pâte. Leurs qualités sont fondées sur le convenable mélange de sable et surtout sur le degré de cuisson. Il faut qu’ils soient bien cuits. Quand cette condition n’est point remplie, cette Poterie, perpétuellement abreuvée d’eau, se désagrégé, et les vases, perdant leur solidité , ont très-peu de durée. C’es-tau son qu’on reconnaît leur qualité, et c’est à la couleur blanc jaunâtre qu’on la présume à Paris; car il y en a ailleurs d’un assez beau rouge qui sont fort estimés.

On peut admettre une différence de durée de deux à vingt ans entre ces pots , suivant leurs qualités. On en connaît au Jardin du Roi à Paris, qui durent depuis 1824 , exposés en plein air dans l’école de botanique : ils sont assez épais.

POTERIES TENDRES, GROSSIÈRES

On fait de ces Poteries communes presque partout ; mais en général les plus estimées sont celles d’Angleterre et de Belgique, dont la pâte est rouge , fine et serrée.

Il nous en est venu au Musée de Sèvres de divers départements. Celles de Braisne sont jaune pâle et dures 5 celles de M. Desoteux, à Samer, dans le Pas-de-Calais, sont jaune rosâtre et ont presque la dureté du grès. Il en est de même de celles de Desvres qui sont grossièrement faites , mais qui approchent aussi de la dureté du grès -, les pots de Bournon , dans le Puy-de-Dôme , sont rosâtres et micacés, ce qui indiquerait l’emploi del’arkose d’Auvergne dans la composition de leur pâte.

Enfin le Musée céramique en a reçu de Baltimore qui sont en pâte fine et rougeâtre , ayant aussi presque la dureté du grès.

J’ai vu des Vases de la Chine destinés à conserver ou a transporter des plantes -, mais comme si dans ce pays on ne savait faire que du grès et de la porcelaine , et aucune de ces Poteries que nous appelons communes , des deux seuls vases que j’ai vus , l’un est en porcelaine grossière craquelée , et l’autre en grès avec une couverte terreuse.

O11 fait aussi des Vases destinés à conserver les plantes dans la terre où elles croissent et propres à être placés dans les appartements. M. Follet, que j’ai déjà cité, a donné à cette branche de l’art céramique une sorte de luxe et une grande extension. Les pièces qui composent ses Poteries fines sont d’une pâte tantôt rouge, tantôt presque blanche. Leurs formes extrêmement variées sont souvent pures et assez élégantes ; elles sont même quelquefoisriches par les ornements en relief qu’il y a introduits. Cette application des formes agréables a permis l’introduction des plantes vivantes et continuant de croître dans les appartements , sans être obligé ni de les mettre dans des vases de Porcelaine ou de faïence revêtus d’émail , enduit imperméable qu’on regarde comme nuisible à la végétation , ni de cacher les sales et vilains pots ordinaires au moyen d’enveloppes nommées cache-pots, qui donnent au vase un volume et une lourdeur d’aspect hors de proportion avec les végétaux généralement assez petits qu’ils doivent contenir.

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