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MATTES. LES FORMES A SUCRE

3e Sorte. - Les ustensiles dits FORMES A SUCRE.

Une troisième sorte d’ustensiles de terre cuite qu’on laisse ordinairement sans aucune glaçure sont ceux qu’on nomme Formes à sucre.

Ce sont des cônes creux dans lesquels se moulent les cônes solides qu’on appelle pains de sucre.

La composition de la pâte est à peu près la même que celle de toutes les Poteries communes ; sa base est une argile fîguline et plastique.

La préparation de l’argile par coupage , pétrissage , etc. , ne diffère pas des autres préparations-, l’argile n’est pas lavée mais coupée à la doloire pour être plus facilement débarrassée des corps étrangers visibles.

Lorsqu’elle est suffisamment épluchée, on la détrempe et on y ajoute la quantité de sable qu’elle demande, suivant sa qualité, pour être convenablement dégraissée. La masse ou pâte ainsi composée , est pétrie aux pieds , c’est-à-dire marchée jusqu’à ce que le mélange d’argile et de sable soit bien complet ; elle est alors en état d’être façonnée.

C'est sur le tour qu’on lui donne , par cette sorte de combinaison du moulage et du tournage qu’on désigne sous le nom de moulage à la housse, la forme conique qu’elle doit prendre.

Le tourneur chargé de ce façonnage corroie encore la pâte et en fait une balle de la grosseur nécessaire pour la forme qu’il se propose d’exécuter, il la porte sur le tour, où il fait 1 ébauche de la pièce. Jusqu’à présent c’est la marche ordinaire de cette première partie du façonnage; mais le reste est plus particulier à la pièce qu’il veut obtenir. Il porte son ébauche sur un autre tour où est fixé un moule ou mandrin en métal ou en bois cerclé de métal. L’ouvrier fait descendre sur ce moule un cercle en bois ou en métal sur lequel doit reposer la forme , afin d obtenir la dimension demandée. Il graisse le moule , prend son ébauche et en coiffe ce moule, puis appuyant en tournant sur la housse, il fait monter la tête ou sommet du cône et descendre jusqu’au cercle de fer, ce qui en fera la base. Mais

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pour enlever de dessus le moule les Formes ainsi obtenues , il faut percer le sommet du cône. Sans cette précaution la pression de l’air les y ferait tellement adhérer qu’il ne pourrait les enlever que par morceaux. Quand la pièce a pris une certaine consistance , on ôte le cercle de la base et on en arrondit le bord.

Les Formes sont ensuite polies en dedans le plus complètement possible afin de faciliter la sortie du pain de sucre qui s’y sera moulé en cristallisant.

On les laisse sécher et on les cuit. Les Formes faites à Orléans avec l’argile plastique supérieure à la craie , acquièrent par la cuisson , quoiqu’elle n’ait pas lieu à une haute température, une dureté presque égale à celle du grès-cérame , qualité que l’on y recherche afin qu’elles puissent mieux résister aux chocs répétés qui accompagnent toujours l’opération de la cristallisation du sucre.

Cette description de la fabrication et du façonnage des Formes à sucre , est relative à celle d’Orléans , où l’on fabrique nonseulement pour les sucreries de la ville, mais pour être souvent transportés assez loin, un grand nombre de ces ustensiles. C’est à M. Gaspard Gilbert , chef d’une des fabriques les plus accréditées de cette ville , que je la dois.

Suivant les lieux où on les fabrique , elles ont une couleur et une dureté assez différentes. Celles de M. Gilbert, d’Orléans, sont rougeâtres, très -dures et très - sonores. La dimension des échantillons que le Musée céramique possède est de 55 centimètres de hauteur. Celles qu’on fait à Marseille, dans la fabrique de M. Martin , sont jaunâtres, assez dures aussi, et d’une grande dimension, Le cône a 78 centimètres de hauteur sur 45 de diamètre à la base.

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