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LUSTRES

Lustre noir d’un vase campanien qui écaillait. . .

Lustre noir, qui écaillait, d’un vase bien glacé.

Les analyses des pâtes ont été faites sur des échantillons soigneusement dépouillés de leur lustre. Les deux premières analyses et la dernière sont de M. Buisson, les autres sont de M. Salvétat.

Ce tableau nous fournit les moyens de comparer les compositions de la pâte des Poteries campaniennes avec celles des Poteries étrusques noires dont nous avons donné l’analyse à l’article de ces Poteries (p. 4 1 4) et d’en tirer d’assez bons caractères que les archéologues pourraient peut-être employer pour distinguer ces deux Poteries quelquefois si semblables extérieurement , et cependant si différentes essentiellement.

(’) Les analyses ont été faites sur des poudres chauffées au rouge. (*) La pâte de ce vase était rouge avec lustre noir très-épais.

(3) Plus 17,10 d’alcali.

{*) Avec traces de cuivre; les autres éléments n’ont pas été dosés.

Ainsi , la pâte des Poteries campaniennes contient moins de silice, plus d’alumine, plus de chaux, plus d’oxyde de fer, moins de magnésie, que celle des Poteries étrusques. La première a été cuite à une assez haute température 5 l’autre est crue ou cuite à une très-douce chaleur ; elle est colorée par une matière charbonneuse qui se détruit à une température rouge sombre. Alors elle devient rouge comme la pâte des Poteries campaniennes. L’analyse fait voir qu’elles ne sont pas faites avec la même argile. Le lustre des Poteries campaniennes doit sa couleur rouge au fer; quelques-unes à lustre noir contiennent du manganèse qui n’y est pas accidentel. La fusibilité de ce lustre est due à la présence d’un silicate alcalin.

Traitée par les acides , aucune de ces Poteries ne fait effervescence. La chaux n’y est pas à l’état de carbonate: elle a peut-être été introduite à l’état de silicate dans les Poteries étrusques qui en renferment au plus 3,95 pour 100, tandis qu’elle a probablement été introduite avec les marnes dans les Poteries campaniennes. Peut-être est-ce à l’état de chaux hydraulique.

Sous l’influence des acides bouillants les vases étrusques et campaniens abandonnent de l’alumine et de l’oxyde de fer. L’acide sulfurique les attaque promptement ; l’acide nitrique mêlé à l’acide hydrochlorique leur enlève une forte proportion d’alumine et d’oxyde de fer, surtout aux vases étrusques à pâte noire qui résistent moins bien à ces dissolvants.

La pâte des vases étrusques passée au dégourdi , perd sa couleur noire due à une matière charbonneuse et acquiert plus de dureté , en même temps qu’elle prend un peu de retraite. Au grand feu, elle fond en masse opaque, boursouflée, brun rouge.

La pâte des vases campaniens passée au grand feu fond complètement et se liquéfie en émail brun jaunâtre à surface brun foncé, non métalloïde.

M. Salvétat, sur le désir que je lui ai manifesté de connaître enfin par des analyses raisonnées et plus persévérantes, la nature des glaçures des Poteries grecques, et sur les questions que je lui ai posées avec quelques développements, est arrivé par des expériences dont j'ai consignéles résultats dans le tableau précédent, à donner la théorie de ces glaçures

POTERIES TENSRES , FINES,

et à la prouver par la synthèse. J’ai pensé que ces expériences, ces résultats et cette théorie pourraient intéresser les archéologues et les chimistes en faisant connaître aux premiers la nature des glaçures des vases grecs, et aux seconds, des verres silico-ferrugineux et manganésiens dont on s’est généralement peu occupé.

Lorsqu’on soumet des fragments de vases grecs avec leur lustre jaune ou noir à l’action de la potasse caustique et fondue , la décomposition du vernis est prompte ; si on reprend par l’eau , et qu’on sature l’excès de potasse par de l’acide nitrique, la liqueur soumise aux réactions convenables décèle les principes colorants du lustre noir, consistant en oxyde de fer et en oxyde de manganèse ; ce sont les éléments indispensables.

La composition de ce lustre , telle qu’elle se présente à l’analyse , offre beaucoup d’analogie avec celle des verres; ses autres propriétés remarquables ajoutent encore à cette ressemblance.

Soumis, comme nous l’avait déjà appris M. le duc de Luynes , dans une note qu’il voulut bien me remettre en 18't3 , à l’action des acides même les plus énergiques, tels que l'acide sulfurique bouillant , l’eau régale également bouillante , il ne subit aucune altération ; les alcalis à l’état de concentration ordinaire ne l’attaquent pas non plus ; mais, comme on vient de le dire, la potasse caustique en fusion, sous l’in— lluence d’une haute température, le dissout complètement et met à nu la terre rouge sur laquelle il est appliqué.

Le verre soumis aux mêmes essais donne les mêmes résultats.

Lorsqu’on fait chauffer un fragment de cette Poterie recouverte de son lustre noir, et qu’on projette dessus un petit fragment de potasse solide, la potasse fond, dissout une partie du lustre, tandis que l’autre se détache en éclats qu’il est facile de garantir de l’action postérieure de l’alcali en jetant le tout dans l’eau froide. Les éclats se retrouvent au fond du vase.

Ces éclats sont minces, d’une assez grande densité, attirables à l’aimant ainsi que nous l’avait annoncé M. le duc de Luynes; vus au microscope , ils sont moitié vitreux , moitié opaques et , comme le lustre essayé sur les tessons , difficilement fusibles au chalumeau dans le borax; cependant, à la longue ils finissent par disparaître. L’expérience répétée à différentes reprises sur des fragments différents , a donné des éclats d’une fusibilité très-variée , quand on les soumettait seuls à l’intensité de chaleur donnée par le chalumeau ; la plupart ont paru à peu près infusibles.

Le caractère de l’infusibilité de ce vernis ferait rejeter au premier abord la composition que M. Salvétat lui assigne. Mais, dit il, lorsqu’on prend en considération les modifications qu’ont pu subir ces lustres depuis qu’ils sont sortis des mains du Potier, si l’on pense qu’ils sont restés pendant des siècles abandonnés dans des lieux humides , où se trouvaient réunies toutes les conditions les plus avantageuses pour opérer une altération analogue à la dévitrilication , on trouve déjà une première cause à cette infusibilité ; si enfin l’on ajoute que la composition

du vernis a dû nécessairement être modifiée par son contact avec la terre siliceuse sur laquelle il est appliqué, surtout à la température de sa fusion , on comprendra qu’il ait perdu beaucoup de sa fusibilité en devenant moins alcalin, et par conséquent moins altérable. La glaçure au selmarin offre le même mode de décomposition.

La glaçure noire exposée à la température du dégourdi des fours à porcelaine pendant toute la durée de la cuisson , devient parfaitement rouge , la couleur de l’oxyde de manganèse disparaît. L’état d’oxydation du manganèse change probablement. L’oxygène paraît en effet jouer un rôle important dans ce changement de coloration; la couleur noire persiste quand on met le tesson dans un creuset rempli de charbon : elle disparaît toujours quand on remplace le charbon par du peroxyde de manganèse ou du chlorate de potasse et qu’on lute le couvercle du creuset.

Cette influence destructive de l’oxygène semble indiquer la nécessité pour la réussite des pièces noires, d’une atmosphère réductive dans le four où se cuisaient ces Poteries. Cette condition explique d'une manière assez satisfaisante ces tons si différents, ces nuances si variées qu’on rencontre dans le vernis noir souvent sur une même pièce (*).

Les vases dont le lustre est complètement rouge, et qui parleur forme, leurs ornements, leur mode de façonnage se rapportent évidemment à la fabrication italo-grecque ne sont pas cependant toujours des vases complètement manqués. Les Grecs connaissaient bien les deux lustres, le rouge et le noir; on en trouve une preuve dans certaines coupes qui présentent à l’intérieur des zones concentriques alternant en rouge et en noir.

Comme ornements sur les fonds noirs, on trouve des retouches en blanc et en rouge de différentes nuances. Ces retouches sont faites trèssimplement, les blanches avec une argile blanche , les rouges avec des ocres appliquées sans fondant sur le vernis qui, par sa fusion, les a fait adhérer, comme il est facile de s’en convaincre en grattant ces retouches; les places qu’elles occupaient sur le vase sont noires, mais elles ne brillent pas ; deux de ces terres blanches empruntées à des vases différents ont donné des compositions différentes.

Silice .

Alumine . .

Chaux .

Fer oxvdé . .

Les retouches en rouge n'ont pas été soumises à l’analyse quantitative; l’analyse qualitative n’y décelant que fort peu de silice.

(>) On cite et j’ai vu des vases grecs à fond noir qui sont nuancés de verdâtre, de jaune sale et de rouge comme ce qu’on appelle de l’écaille.

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A côté de ces retouches en saillies et mattes, sur le lustre noir, on en trouve quelquefois d’autres glacéesde couleurs rouges variées, appliquées seulement sur les figures réservées en rouge dans le fond noir ; elles sont de même nature que le vernis rouge lui-même, la nuance seule de l’oxyde de fer est différente (»).

Tels sont les résultats que l’analyse et l’observation ont fournis sur les lustres des vases grecs , et que M. Salvétat a pu confirmer par synthèse.

Pour obtenir un fondant convenable , on prend :

Carbonate de soude fondu . 48 parties.

Sable d’Étampes tamisé . 53 »

Craie lavée . . 5 »

On fond à une chaleur très-intense dans un bon fourneau à vent.

Cette matière pulvérisée , appliquée mince sur la pâte des vases grecs, se glace très-bien.

Pour avoir un vernis plus fusible pouvant glacer après l’addition d’un mélange intime de parties égales d’oxyde de manganèse et d’oxyde de fer , on prend :

Carbonate de soude fondu . 48 parties.

Sable d’Étampes tamisé . 40 »

Craie . 12 »

On fond comme précédemment ; et on obtient une masse qui, broyée avec des quantités variables du mélange d’oxyde de fer et de manganèse , a donné des noirs de tons variés, et bien glacés. La température de la cuisson de ce lustre est à peu près celle de la fusion de l'or fin.

Les vernis ainsi composés sont éminemment alcalins ; cependant quand ils sont appliqués, ils résistent comme les vernis anciens aux mêmes influences; il est probable que l’excès d’alcali pénètre un peu dans la pâte elle-même. La chaux qui se trouve dans les deux lustres . facilite sans doute cette cémentation.

La glaçure noire écaille quelquefois. J’en ai vu des exemples sur deux beaux vases de Cumes de la collection Durand.

Façonnage. — Le façonnage de ces Poteries est souvent et en tout très-parfait et très-soigné 5 toutes les pièces que j’ai vues et qui peuvent être rapportées aux Poteries campaniennes, et on sait qu’elles sont en nombre immense, ont été tournées et tournées avec un soin , une délicatesse et une recherche admirables , au point que le dessous des pieds de certains vases présente des

(*) Le Musée céramique possède un fond de coupe ayant une tète au centre, dont les yeux sont d’un rouge brun glacé.

moulures très-peu saillantes , tournées avec une grande pureté. On sait que pour tourner les pieds en dessous d’une pièce quelconque il faut la renverser et maintenir sa partie supérieure dans un mandrin , opération assez difficile sur des pièces de Poteries crues , aussi minces , aussi délicates , par conséquent aussi fragiles qu’étaient les vases campaniens avant d’être cuits.

Des instruments semblables à nos molettes et à nos cachets ont souvent été employés pour former des ornements comme gravés sur différentes parties de ces vases. La ressemblance de ces ornements et la manière dont ils sont comme estampés sur la pièce, ne laissent aucun doute sur ce mode de fabrication , que Caylus avait déjà supposé.

Des côtes arrondies et des godrons délicats , mais prononcés a\ec fermeté, ornent le corps de beaucoup de pièces, leur irrégularité prouve qu’ils ont été faits à l’outil et non au tour sur la pièce encore fraîche 5 leur obliquité sur le pied de la pièce , due à la retraite en spirale qu’elle a prise en cuisant, prouve qu’ils n’ont pas été faits dans un moule.

Les garnitures , anses , becs, sont en général simples. Les anses présentent souvent des méplats tellement sentis et réguliers qu’ils sembleraient avoir été faits à la filière , mais cela n’est pas probable ; il est plus vraisemblable que la partie un peu bombée de l’anse, qui fait ordinairement sa partie supérieure, était donnée par une sorte de rigole creusée dans une pâte à mouler, et que c était dans cette sorte de rigole que le Potier moulait un long et plat colombin ; il l’enlevait de cette rigole avec le fd de laiton , le coupait en morceaux d’une longueur appropriée a celle de 1 anse , puis courbée ensuite elle était attachée a la pièce par ses deux extrémités, comme est l’anse de la pièce figurée PL xxxni , fig . 3, et Musée céramique, PL xxv, fig. i4; des côtes peu saillantes, parallèles aux bords ou en torsade, allégissent les anses sans leur ôter la solidité qui leur est nécessaire. Les collages sont proprement et solidement faits. On conçoit qu’on trouve et surtout qu’on transporte encore plus de fragments de vases brisés que de vases entiers, les anses et les becs saillants sont les parties les plus altérables-, or, on remarquera qu’on voit plus de becs et d’anses cassés que décollés , ce qui indique un

Oo8 POTERIES TENDRES, FINES,

collage solide de ces garnitures sur le corps des pièces. 11 n’en est pas tout à fait de même des pieds qui sont assez souvent séparés du corps des vases, et qui laissent voir sur le plan du collage le chiquetage qui avait servi à recevoir la barbotine.

La plupart de ces vases ont été ébauchés d’une seule pièce , mais quand ce mode de façonnage n’était pas praticable, soit en raison de Informe de la pièce, soit en raison de sa grandeur, le collage des pièces est en général si exact et si parfait, qu’il est trèsdifficile d’en découvrir les traces, et par conséquent de déterminer avec certitude le mode de façonnage.

Quelques vases sont sans fond et ouverts de part en part , ce qui prouve qu’ils n’étaient considérés que comme de simples ornements. Il y a des vases qui semblent destinés plus que les autres à être ainsi percés, tels sont ceux qu’on a figurés Mus. céram., PI. xxvii , fig. 3.

La forme ronde est tout à fait dominante; les formes ovales , contournées, ou à plusieurs pans, sont au contraire très-rares; elles ne se présentent que sur des espèces de vases en forme d’outre (Mus. céram., PI. xxv,fig. 8), sur des canards, des osselets, sur quelques vases imitant des nacelles et nommés Scaph a. Ces pièces et les figures des rhytons sont moulées en deux coquilles.

Quelques pièces godronnées ou à côtes fines, ayant à peu près la forme de nos théières et de nos pots à crème , ont des couvercles qui sont ajustés par le procédé que nous appelons à baïonnette, de manière à ne pas tomber lorsqu’on verse la liqueur. (PI. xxxm ,fig. 6, A, B et C.)

Les anses sont attachées comme on les place encore actuellement ; mais on voit par l’attention qu’ont mise les Anciens à représenter cette opération sur des pierres gravées (*) quelle importance ils y attachaient.

Caylus émet sur le mode de façonnage de ces vases quelques opinions que nous pouvons regarder comme très-admissibles.

Les terres , probablement de deux sortes , les blanches et les

(*) frases antiques par Dubois de Maisonneuve, 1808, t. I, frontispice tiré ù’une cornaline, gravée en entaille.

On voit un Potier assis attachant une anse à un vase nommé D i o t a , devant lui est le petit four ou moufle pour cuire ce vase.

noires, et très-certainement marneuses (voyez les analyses, p. 55o), devaient êtrechoisies et lavéesavec soin. Les vases étant façonnés et tout à fait terminés , on devait leur donner une première et légère cuisson , après laquelle on mettait la fine glaçure qu’on y voit tantôt rouge pâle et tantôt noire. On faisait les figures et les ornements rouges en enlevant la couleur noire par grattage pour faire reparaître le fond rouge ; puis probablement on mettait les fonds ou rehauts rouges et blancs, qui, à base argileuse, restaient mats et étaient peu adhérents. Caylus croit qu’ils n’étaient pas cuits; mais leur adhérence, quoique faible, ne pourrait résulter, dans l’état où ces rehauts se sont conservés, que de l’action du feu. D’ailleurs la place matte qu’ils laissent sur le vase confirme cette action.

Il y a parmi les Poteries grecques , campaniennes , des pièces qui par leur forme et leur destination, présentent à l’ouvrier moderne le plus habile , des espèces de problèmes de fabrication qu'il est curieux de résoudre, non par des explications, mais par la pratique. Je l’ai donc mise en usage pour certaines pièces qui m’ont paru d’une construction plus difficile à saisir que les autres. M. Régnier, chef de cette partie à la manufacture de Sèvres , a fabriqué sous mes yeux, avec une pâte plus plastique que la pâte de porcelaine ordinaire, plusieurs de ces pièces et je vais en faire connaître les procédés.

Ce ne sont pas les plus grandes pièces qui exigent pour leur façonnage le génie industriel du Potier, et qui lui font chercher et trouver les meilleurs moyens d’exécution ; ce sont, au contraire, des pièces d’une petite dimension. Telles sont celles que j’ai choisies et dont je vais faire connaître la construction par une brève description aidée de figures.

1° Une sorte de petite Bouteille en forme de couronne , représentée PI. xxxi, fig. 10, dont les détails de construction sont donnés ci-contre et de l’autre part, n° 51.

Le tourneur, après avoir posé sa balle sur le rondeau de la tète du tour, l’aplatit, la creuse à son centre sans la percer, et relève le bord de cette sorte de galet en un assez fort bourrelet (a), n°51, A. 11 prend ensuite aux dépens du bord intérieur de ce bourrelet assez de pâte pour élever un canal (b), qu’il ouvre avec l’estèque jusqu’à gagner le rondeau de plâtre, pour faire la grande ouverture (ô) de la couronne. Il courbe suffisammenten dehors, comme le montre la fi-

gure (B), le bord du canal. Il reprend la pâte (a) qui reste du bourrelet , et, en l’amincissant, il élève le bord extérieur (ac), fig. C, du canal circulaire de la bouteille jusqu’à lui donner assez d'étendue pour que ce bord, coupé en biseau (c) , vienne en se rabattant s’appliquer exactement , sans faire de bavure (ce que prouve la coupe transversale de la bouteille ) , sur le bord également coupé en biseau inverse du côté intérieur du canal, fig. D, côté qui , replié aussi, a donné la grande ouverture interne (O, fig. 10 , B , PI. xxxi), de cette couronne. Le plus difficile est fait. L’estèque donnant le contour à l’extérieur comme à l’intérieur, la pièce est finie. On a fait tout le travail , on a donné à la pièce toute la pureté de ses contours , sans tournassage , mais avec trois estèques, un pour l’exterieur et deux pour l’intérieur, le premier pour la concavité du côté

N° rol.

du centre (b) de la couronne, le second pour la courbe concave delà partie extérieure (a) de la couronne. Les garnitures se mettent comme à l’ordinaire. Il ne s'agit plus que du godronnage dont je parlerai plus bas.

2° Cette pièce est une Hydrie utriforme assez commune , souvent trèsvolumineuse chez les Grecs, n° 52. Une des plus petites est représentée PI. xxv, fig. 8, du Musée céramique. Elle semble ovale et cependant elle ne l’est pas. Elle a été tournée et non moulée. Voici comment on peut la faire et il est probable que le Potier grec n'a pas suivi une autre méthode.

Il ébauche et met à épaisseur une espèce de gobelet cylindrique B à bords plus ou moins élevés suivant la hauteur qu il veut donner à ce vase utriforme. Lorsqu'il a atteint cette hauteur et pendant que la pièce est encore molle, il rapproche les deux bords (aa), qui s’allongent dans un sens en passant de la ligne courbe à la ligne droite. Il les colle l’un contre l’autre, et les déprime dans leur milieu (a) de manière à produire la courbure concave {bac).

U pince, ferme et forme en pointe les commissures {b) et (c), mais il

ferme la commissure {b) et allonge et ouvre la commissure (c) pour y placer le goulot. On voit qu’on obtient cette forme par le tour et sans moulage.

Je ne parle pas du pied ni de l’anse. Cependant c’est pour cette anse <iue M. Régnier a employé le procédé du canal creusé dans une plaque de plâtre faisant les fonctions de moule. 1

3° C’est une de ces écuelles ou coupes à boire quon nomme cothon et

qui servaientaux soldats pour boire sans trop de dégoûtl’eau troublequ'ils

rencontraient dans leurs marches. Le rebord rentrant dans la coupc, PI. xxxiii, fig.i. A, B, C, ou se recourbant même en dedans comme

dans la fig. 11 , A , B , C , PI. h , empêchait la vase de suivre l’eau dans la bouche.

Cette pièce (voir n°50, p. 549) dev.it s’ébaucher comme une jatte mais en donnant à ses bords (a) une élévation propre à fournir l'étoffe nécessaire pour être repliés et même recourbés sur eux-mêmes en un demi-canal, d’abord en (6), puis en (c) , n° 50, et comme on le voit dans la coupe de la fig. Il, PI. n.

4° La petite pièce représentée PL xxxm, fig. 6, et n° 49, p. 549, est un de ces petits ustensiles semblable à nos théières, et qui , comme celle de la fig. 6, PI. xxxi, etceile de la fig. Il, PI. xxv, déballas du M. cér. devait servir à faire des infusions. Elle présente dans son façonnage deux particularités : il faut d’abord ébaucher le corps (B) sens dessus dessous et lui donner la forme à l’aide de deux estèqucs, l’un (C) pour l’extérieur’ et l’autre (D) pour l’intérieur. Le fond (A) s'ébauche , se finit à part et sé colle immédiatement lorsque la pièce est encore flexible et très-impressionnable. On faisait les côtés ou godrons non pas dans un moule, non pas avec un tour à guillocher , que les anciens ne connaissaient pas, mais avec des estampilles en terre cuite ou en bois , simples , c’est-à-dire ne portant le canal que d’un seul godron, et qu’on appliquait successivement 1 un a côté de l’autre. Ce qui le prouve, c’est l’irrégularité de pose de ces estampilles etl indication en dedans des mêmes godrons , montrant l’effet de la pression exercée avec l’estampille. C’est probablement là le principe de tous les godrons et grosses côtes dont beaucoup de vases grecs sont enrichis, dont quelques-uns sont représentés PI. n, fig. 7 • pj xxxi, fig. 10, et dont le façonnage sur le tour vient d etre décrit ( voir Mus. cér., PI. xxiv, fig. 3,4, 5, 8, 10; PI. xxv, fig. i , 2,3,9, 13 , 13, 16, etc.). Un couvercle à baïonnettes figuré en C, fig. 6, PI. xxxm’ complète la ressemblance de ce petit vase avec nos théières.

Cuisson. — J’ai déjà fait remarquer que ces Poteries avaient été cuites à basse température, et qu’elles n’étaient pas susceptibles par leur nature d en recevoir une beaucoup plus élevée.

Je ne sache pas qu on ait aucune notion exacte sur la forme des fours où on les faisait cuire. Quelques pierres gravées représentent bien un vase que le Potier va placer dans un petit four-

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neau -, mais ce fourneau ressemble plutôt à une moufle ou fourneau d’émailleur qu’à aucun four à Poteries.

Il paraît que, dans quelques cas, des vases grecs ont éprouvé cependant une plus forte température , on les appelle vases brûlés; de rouges qu’ils étaient ils sont devenus brun jaunâtre et gris cendré, les ornements noirs ont été presque effacés. On attribue cet état à deux causes : on suppose que ces vases ont été exposés à quelque incendie , ce qui est peu probable, car comment les retrouverait-on dans des tombeaux? Il est plus présumable, comme le pensent plusieurs antiquaires, qu’ils ont été exposés sur le bûcher où l’on brûlait le corps de celui qui les possédait ; d’autres , sans avoir été soumis à cette violente action d’un feu d’incendie, ont reçu dans le four et après les peintures, un feu trop fort et inégal. Lestons ont été altérés, modifiés par cette trop haute température; quelques parties rouges, probablement pénétrées de fumée, sont devenues noirâtres , quelques fonds en couleur noire ont disparu en tout ou en partie. On voit au Musée royal une coupe qui est noire d’un côté et rougeâtre de l’autre. Il y a dans toutes les collections une multitude d’exemples de ces changements de couleurs par le feu, que nous avons tâché d’expliquer plus haut, p. 553. Je cite plus bas et à l’article des colorations deux exemples de ce genre d’altération.

Quelques vases présentent des déformations, des dépressions, des enfoncements même, qui indiquent qu’ils ont été comprimés à l’état de mollesse. C’était très-probablement quand ils étaient encore crus, car leur pâte n’est pas susceptible de se ramollir comme la porcelaine, par une haute température, sans bouillonner ou se fendre.

La pâte des Poteries grecques , de quelque pays qu’elles soient , est toujours ou jaune très-pâle, tirant sur le grisâtre, c’est la couleur la plus ordinaire des vases de la Grèce proprement dite et des colonies grecques hors l’Italie (*); ou rougeâtre briqueté pâle et sale. C’est généralement le ton des Poteries campaniennes.

(*) C’est la couleur de la coupe si intëressantedilc d’Arcésilas, PI. xxxm, fig. 2.

Couleur» et colorations. — Les vases grecs et surtout les cam~ paniens présentent trois couleurs de fond glacées , le rouge pâle brique té, le noir pur et le brun.

Le rougeâtre bri quêté sale, mais harmonieux, est ordinairement la couleur de la pâte , tantôt avivée par un simple polissage donné par le tourneur sur la pièce crue et finie; tantôt par un vernis très-mince, probablement sans couleur , mais exaltant la couleur de la pâte , ou même par un lustre coloré en rouge comme celui des Romains (*). Le Musée de Sèvres possède une coupe simple ou écuelle sans anse venant de la collection Durand, dont l’intérieur

offre ce beau lustre rouge un peu laqueux; l’extérieur est noir.

Sur ce vernis ou sur la pâte immédiatement , est placée la couleur noire, tantôt en linéaments, tantôt en ornements larges, et tantôt en fond.

Ce fond étendu sur tout l’extérieur du vase , quelquefois dans tout l’intérieur (PI. xxxi ,fig. 3), fait croire que ces vases campaniens sont en pâte noire, et tend à les faire confondre avec les vases étrusques ; mais en les cassant ou en grattant le noir on fait paraître la couleur rougeâtre de la pâte.

Ce noir est très-brillant et n’a pas de crudité; il passe quelquefois au bronze ou lustre métalloïde comme s’il était fait de graphite (2) , et probablement par cette sorte d’altération que les peintres sur Porcelaine appellent empoisonnement, et qu ils attribuent à un feu chargé de fumée, qu’ils nomment impur; le Musée de Sèvres possède un petit vase forme de théière (PI. xxxm , 6) qui présente cette cou¬

leur.

C est le second fond de couleur des vases grecs , il se modifie encore en brun marron lorsque étant très-mince il laisse paraître en totalité ou par parties des nuances rougeâtres

( ) M. le chanoine A. de Jorio, qui a publié un opuscule sur la méthode de peindre les vases antiques (Naples, 1813) , aémis cette même opinion au sujet du lustre jaune rougeâtre.

(-) On voit, tant au Musée qu’à la Bibliothèque royale, plusieurs vases présentant cet enduit ou lustre métalloïde noir.

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dues au fond rouge qui est au-dessous de lui , ou en vert olivâtre très-glacé lorsqu’ayant eu trop de feu , ce noir a été ou détruit ou modifié , soit dans cette couleur, soit en brun , soit même en rouge, comme on le voit sur plusieurs pièces du Musée céramique de Sèvres, et notamment sur une Hydrie,n°74, extrêmement altérée à la cuisson, qui présente toutes ces nuances.

Ayant considéré ces couleurs comme des glaçures ou lustres , j’en ai déjà parlé plus haut et j’en ai fait connaître la composition d’après les travaux des chimistes que j’ai cités à la page 552.

Je considère maintenant les couleurs peu nombreuses, toujours mattes, dont les Grecs se sont servis comme moyen de varier les couleurs des ornements , figures , vêtements , placés sur leurs vases , et qu’ils ont rarement employées comme fond et jamais comme glaçure.

Ces couleurs ont été appliquées , tantôt pour donner aux ornements , draperies et ajustements des tons très-différents de celui du fond et des figures, tantôt seulement en rehauts. Ces couleurs minérales et inattaquables par le feu sont peu nombreuses, ce sont encore le noir précédent, par conséquent glacé, mais ici employé pour peindre sur les fonds rouges des ornements et des figures (PI. xxxi, fig. 9, PI. xxxii,

fs- 4) (O-

Le rouge pâle en ornements ou figures résultant des réserves sur le fond noir, mais nullement d’une nouvelle couleur appliquée.

Je dis d’une réserve ou rechampis, et non d’un grattage sur le fond noir comme nous le ferions , et peut-être aussi comme on l’a fait. Je pourrais donner beaucoup d’exemples et de preuves de ce procédé, qui est au reste généralement admis comme celui qui a été employé par les Grecs; mais je me borne à en citer un des plus authentiques que le Musée céramique de Sèvres possède : c’est un fragment de coupe sur lequel le peintre semble avoir essayé l’exécution de son sujet, en commençant le rechampissage en noir de deux figures tracées sur le fond rougeâtre de

(9 Et Musée cèram ., PI. xxvi, fig. 4 et 13, et PI. xxvii, fig. 10.

lustrées, grecques, colorations 1r coupe (voir cicontre len°53)(').

D’ailleurs , en regardant à contre-jour les contours des figures rouges sur fond noir de certains vases grecs, on voit distincte-

«r zz rrprr qui a smi à — » ~

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couleur empl"^^^^ ’ P'' XXX"1’ fi9' a* °" voit

Pi"u^ir,^rrr’avec du peroxyde de fer

n U Musée île Sèvres doit ceue pièce tustrocUv. » M. Dubois.

POTERIES TENDRES, FINES

noir par la fusion de ce dernier. Les exemples en sont nombreux (*).

Le j a u n e est une couleur assez remarquable -, il est toujours glacé , tantôt employé mince , pour tracer des filets ou des contours ; tantôt employé épais , il est alors en retouche comme pour faire tourner certaines parties peintes en blanc, telles que des feuilles de lierre sur certaines hydries, ou parfois des perles, des pois, de petits culots, etc. Il a un ton de jaune pur tout à fait semblable à celui qu’on appelle jaune de Naples et qui est composé , ainsi qu’on le sait , d’antimoine et de plomb -, mais il est rare, toujours en petites parties peu épaisses; je n’en connais pas encore d’analyse ; il a l’air d’avoir reçu le corps qu’il présente de son mélange avec le blanc (2).

Le b 1 e u inséré quelquefois dans les ornements même sur des fleurs (Dubois de Maisonneuve, t. I, PI. xxii). Je n’ai point eu occasion de voir cette couleur sur aucun vase. Je ne puis donc assurer que ce soit une couleur vitrifiable ni dire de quelle nature elle est.

Le blanc opaque et mat.

C’est la couleur la plus commune en rehaut et linéaments ; elle est évidemment due à un engobe argileux. Elle est toujours matte et opaque, mais elle devient transparente par imbibition.

Cette couleur est employée tantôt à faire des ornements blancs qui sont toujours en saillie et qui ont cependant beaucoup de fixité , tantôt en fond général. Elle paraît alors moins solide; elle est extrêmement absorbante.

Les fonds ou lustres jaunes et noirs sur lesquels elle est appliquée, la fixent sur les pièces.

Le vase ci-contre , n° 54 , a cela de remarquable , que les ornements qu’on y voit sont tous en saillie ou relief, et faits avec cette couleur terreuse blanc sale. Il appartient au Musée de Sèvres, mais j’ignore où on l’a trouvé.

(l) Dubois de Maisonneuve, t. I, PI. xiv, xxxvm et lxyi; t. II, PI. xvii, xix, uxi, lxxv , etc.

(*) Dubois de Maisonneuve, t. II, PI. xxx et xxxvm.

C’est sur ce fond blanc que les anciens ont quelquefois placé des peintures de diverses couleurs, rouge vif, vert, bleu et jaune, tantôt en linéaments , plus souvent en teintes plates • mais ces couleurs, à l’exception du jaune, ne sont point de la nature des couleurs vitnfiables ; elles n’ont qu’une très-faible adhérence avec le fond; elles n’appartiennent donc pas à l’art dont nous traitons, et je n’en parle ici que pour faire apprécier ce qu’on doit entendre par ces vases grecs ornés de sujets et d’ornements richement colorés, et qui sont mentionnés comme des objets aussi précieux que rares. Néanmoins on remarque que les contours des figures et des grandes parties qui composent ces especes de tableaux, ont été tracés avec une couleur ou noire ou jaunâtre vitrifiable.

Je ne donnerai que deux exemples de l’emploi de la couleur blanche comme fond.

D abord , sur ces petits vases cylindroïdes qu’on nomme L e c y t h u s , / et qui viennent principalement d’Athènes. Le blanc entoure la partie cylindrique du corps du vase. PI. n fig. i3. 1

Ensuite sur la belle coupe dite d’Arcésilas (PI. xxxm, fig. 2), dont j ai déjà parlé et sur laquelle je reviendrai encore. Elle offre la réunion de presque tous les procédés décrits plus haut.

La pâte, très-fine, est d’un rouge pâle qu’on ne voit que sous le pied. Cette couleur est partout cachée par un fond noir qui n’est visible comme fond que sur les anses et sur le pied. Ce fond a été recouvert généralement d’un engobe blanc jaunâtre que le feu a fait adhérer assez solidement au fond noir. Pour faire les figures et ornements noirs qu’on y voit, on a gratté cet engobe avant sa cuisson et on a fait reparaître le fond noir sur lequel on a placé les teintes rouge violâtre déjà citées et les linéaments blancs qui dessinent les détails des parties noires et iouges. Ainsi cette pièce a eu deux ou trois feux : un premier pour cuire la pâte et le fond noir, s’ils ont cuit ensemble; puis on a posé l’engobe blanc, et après le grattage des parties de l’engobe qui devaient produire des figures et ornements noirs , on a posé le louge et les filets blancs, alors on a donné un second feu pour faire adhérer l’engobc, le rouge et les filets blancs. Si.

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comme cela me paraît probable , le lustre a été placé sur la pâte cuite , cette belle pièce aurait eu trois feux.

Quelques-uns de ces vases ont offert , mais bien rarement , des ornements en or ; ce sont en général de petites perles ou de petits épis d’or placés sur d’autres ornements ou sur des figures , et qui paraissent avoir eu pour dessous ou pied, en terme de doreur, un de ces engobes rougeâtres qui forment une légère saillie. La feuille d’or a été appliquée sur cette saillie, qui semble avoir fait l’office du fondant de bismuth , avec lequel on fixe l’or sur les couvertes non ramollissables (J).

J’ai dit plus haut , en parlant des couleurs de fond et d’ornementation , que les figures et ornements en rouge glacé sur fond noir étaient faits par réserve. Les peintres de ce temps n’ont employé soit pour les fonds , soit pour les ornements , ni les procédés des pâtes , ni celui du grattage , ni celui des types ou réserves découpées. Il paraîtrait cependant que quand ils voulaient répéter le même sujet, ils suivaient le même dessin. Nous possédons au Musée céramique de Sèvres deux portions de vases données par M. le duc de Luynes , qui représentent exactement le même sujet composé et dessiné de la même manière , mais pas assez précisément cependant pour qu’on puisse attribuer cette répétition à un poncif.

Il résulte de cette exclusion de tout moyen mécanique qu’il y a plus d’incorrection dans ces dessins , mais aussi plus de sentiment. Celui de l’ouvrier-artiste qui dessinait et touchait si rapidement ces figures s’y présente dans toute sa force et dans toute sa naïveté , ce qui fait en partie le mérite ou au moins l’intérêt de ce genre de peinture. Les Grecs y attachaient un grand prix , puisqu’ils nous ont transmis le nom de l’artiste qui l’avait pratiqué le premier. C’est à Telephanus de Sicyonne , vivant dans le vie siècle avant l’ère chrétienne, qu’on en attribue l’invention.

Usages et annotations. — Les anciens , comme je l’ai dit ailleurs, avaient une multitude de vases et d’ustensiles en Poteries

(‘) On voyait plusieurs exemples de ces pièces remarquables dans la collection de Durand et dans celle du duc de Blacas. Le Musée céramique de Sèvres en possède un venant de la collection Durand, figuré PI. xxvi, fig. 12, du Catalogue raisonné de ce Musée.

lustrées, grecques, usages et noms. g67

pour toute sorte de destination et surtout pour les rems

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près leur cuisson. Aucune substance aromatique ne pourrait résister, sans être complètement altérée, même au faible feu de cuisson qu’on donnait à ces Poteries.

méflhïn TT"06 ^ Prouverait s’il était nécessaire la perméabilité de ces Poteries , s’accorde difficilement néanmoins avec

les nombreux usages domestiques auxquels beaucoup de ces vases étaient consacrés 5 ainsi :

Les vases appelés O r c a étaient des vases à salaison.

Les Amphores (PL xxix, fig. .«étaient des vases coniques souvent très-grands , destinés à recevoir les provins T

H fermenterais T M UnS °n “ Ie Vin - 9ui continuait pointus enf il • aVaien eux anses, étaient généralement très-

C tait dans CPT5 T p,'°f°ndémenl d“s •« sable des caves.

L était dans ce fond pointu que se rassemblait la lie du vin On

sou irait le liquide, ainsi clarifié par le repos, avee une p"mp" ou des coupes. Ces vases , dont l'usage n’est pas douteux et s’est 011 mue jusqu a la chute de l’empire romain, sont assez communs dans les collections d'antiquités.

D autres vases à deux petites anses nommés aussi Amphores avaient une orme plus sphéroïdale et servaient aux anciens à conserver de l’eau , de l'huile ou des grains.

. PeS ldus Pedts propres à contenir des liquides ou même a sert 11 ce coupe» à boire étaient aussi nommés Diota ( . XXXI, fig 4 ; Mus cér., 1>I. xxvm, fig. ,4), parce qu’ils aien munis c e eux anses. Ils sont figurés sur une multitude de monuments , de scènes de repas, etc. ; beaucoup de vases d’usage ayant deux anses relevées portaient ce nom.

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Les R h y t o n s étaient des vases à boire souvent très-élégants et qu’on n’offrait qu’aux héros. Ils étaient terminés par des têtes d’animaux et quelquefois même par des têtes humaines.

Les Paropsis, Patella, Patina et Lanx étaient de petits plats propres à recevoir différents mets , et le dernier plus particulièrement des viandes rôties.

Les Urnes avaient pour usage principal de recevoir les cendres des morts. 11 y a peu de vases grecs auxquels on puisse attribuer ce nom et cette destination.

Enfin, malgré la perméabilité de leur pâte, on en faisait des pots que les Grecs nommaient M a t u 1 e s , et qui par leur usage sembleraient exiger une parfaite imperméabilité : cependant un passage d’ Athénée , qui rapporte qu’on brisait quelquefois à la fin du repas des m atu I e s , malgré l’odeur infecte qu’ils répandaient , ne peut nous laisser de doute sur l’emploi de cette Poterie si imparfaite.

Les vases grecs offrent encore quelques particularités qui ne sont pas étrangères à notre objet principalement technique.

Les Potiers grecs faisaient comme les Potiers américains , comme la plupart des Potiers européens, des pièces qu’on appelle de surprise. Ainsi ils introduisaient dans des vases de la classe des Cylix et des Canthares , nommés Crepundia et G r e p i t a c u 1 a , et qui avaient la forme d’une théière ouverte par le pied, de petites pierres qui faisaient entendre un bruit de h o c h e t quand on les agitait (*).

Thériclès, l’un des Potiers grecs les plus célèbres par la beauté et la perfection de ses ouvrages, a donné son nom à plusieurs vases, et même comme nom de genre à plusieurs sortes de vases. On appelait ainsi une espèce de calice qu’il avait fait. Théophraste le montre clairement en disant qu’on faisait des calices Thé ridées avec du bois de térébenthe (2) qu’on ne pouvait distinguer de ceux de terre. Les calices Thériclées avaient, quand ils étaient neufs, un brillant trèsfrappant; il paraît qu’il y en avait aussi d’un beau noir brillant

C) Catalogue du cabinet Durand , fig. 50.

(2) Le bois de térébenthe, s’il appartenait à l’arbre que nous nommons ainsi , était d’un assez beau rouge.

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