LUSTRÉES, GRECQUES, NOMS ET USAGES
quand ils avaient été rincés (Eobole dans Athénée). Il y avait encore un cratère qu’on nommait Thériclé.
En général les vases Thériclées étaient grands et pouvaient contenir jusqu’à sept cotyles (environ un litre trois quarts, près de deux pintes). Les vases Théricléens en terre cuite passaient pour être lourds. Les Rhodiens, habiles Potiers", en firent de remarquablement légers, qu’ils nommèrent Hedypolides
(Athénée.)
Le Cantharus était également un vase à boire , d’abord d’une grande dimension, puis successivement réduit.
Le Cratère (Kerater) vient encore , dit-on , dumotkeras, corne. Les rois de Péonie en faisaient faire avec des cornes de bœuf de Péonie, qui étaient de grande dimension, et qu’on ornait de moulures en or ou en argent. On les appelle rhy tes.
Le Kottabe était un vase de terre en forme de coupe qui , placé au milieu de la table , servait à recevoir le 1 a t a x ou le vin qui restait dans la coupe et que le buveur devait lancer avec adresse dans le kottabe.
Le C a 1 i x ou C y 1 i x (K y 1 i x) était un vase ou plutôt une coupe ronde, profonde, essentiellement faite sur le tour , ayant deux anses. On en faisait beaucoup à Naucrates, recouverts d’une couleur qui les faisait prendre pour de l’argent.
Le C o t y 1 e était un vase destiné à contenir des liquides , et aussi une mesure de capacité à peu près ellipsoïde en hauteur , c’est-à-dire plus qu’hémisphérique. Il était ou sans anse ou
n'en avait qu’une, tandis que le Calyx en avait toujours deux. (Athénée.)
Les vases nommés K o t h o n avaient deux buts , le premier , de séparer de l’eau puisée en voyageant, les impuretés qui pouvaient la souiller ; et le second d’empêcher, par leur couleur terreuse , les soldats de voir celle de l’eau vaseuse qu’ils étaient quelquefois obligés de boire.
Antiquité , destination et position des vases fjrecs.
Je ne chercherai pas à remonter à la haute antiquité que d'Hancarville veut donner aux vases grecs, en les attribuant aux Pélages , peuples de la race des Titans , venant de la Bactriane ou
POTERIES TENDRES, FINES
de la haute Asie. Si on pouvait avoir confiance dans le récit d’un événement de la vie d’Homère , qu’on attribue à Hérodote , et que je rapporterai plus bas , les vases grecs des habiles Potiers de Samos étaient déjà célèbres du temps d’Homère , c’est-à-dire au ixe ou même au Xe siècle avant l’ère chrétienne.
Mais sans remonter si haut, admettons avec les antiquaires qui ont étudié spécialement cette matière, d’Hancarville , M. le duc de Luynes et M. Lenormant, qui font autorité pour moi, que ces vases sont de la plus haute antiquité , et qu’on peut faire remonter jusqu’au vie siècle avant J.-C certains vases grecs dont la date est pour ainsi dire inscrite par leur style et par les sujets qu’ils représentent.
Mais on n’admet pas que ces Poteries soient toutes de la même période. On croit pouvoir séparer les vrais vases grecs en trois époques.
Les vases de la première époque, ou les plus anciens sont ceux dont les ornements et les figures sont en noir et en blanc sur un fond rouge pâle : ils ont une roideur de contour et de pose qui contribue à caractériser cette ancienne époque, qu’on fixe à 6 et 700 ans avant l’ère chrétienne. On donne comme exemple de cette première période le vase dit de la Chasse au Sanglier. (d'Hancarville, 1. 1, pi. i-iv.) Il est de Capoue, et les trois couleurs sont le rougeâtre, le noir et le blanc. Je puis ajouter à cet exemple authentique , les vases figurés dans ce Traité, PI. xxxi , fig. 9, PI. xxxii, fig. 4, et la coupe d’Arcésilas, PI. xxxiii,^/^. a, et dans le Mus. céram., PI. xxvn ,fig. 10. D’Hancarville rapporte le vase de la Chasse au vne siècle avant J.-C., et M. Lenormant la coupe d’Arcésilas au vie siècle. Les vases de la seconde époque sont à fond noir avec des figures réservées ou plutôt rechampies sur le fond jaune , et peintes et rehaussées de quelques couleurs, qui consistent en teintes violâtres et rouge brique. Enfin les vases de la troisième époque sont de deux couleurs seulement, dont le fond est noir. Ils sont d’une grande légèreté ; les peintures ont plus de perfection. Il ne faut pas s’attendre à trouver ces époques très-tranchées, elles passent au contraire d’une manière trop transitoire des unes dans les autres.
Tous ces vases, d’origine grecque , ne se trouvent ni en Toscane, ni à Stabia, ni à Pompeïa , ni à Herculanum , mais princi-