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On a cherché depuis longtemps à faire les assiettes de porcelaine au moyen de machines. Le travail des pâtes de Sèvres plus argileuses que celles du commerce s’effectue avec une très-
NOTES ET ADDITIONS
grande régularité par la méthode décriteparM. Brongniart(l), mais elle n’est pas généralement employée dans l’industrie privée. Cependant, on en a fait application dans les fabriques de MM. Gibus et Redon, plus récemment dans la manufacture Haviland et Cle, toutes deux à Limoges (Haute-Vienne).
Pour bien faire comprendre le jeu des machines, il m'a paru convenable de répéter ici comment on fait l’assiette dans le commerce; elle est formée par trois opérations :
1° L’ébauchage ; 2° le moulage ; 3° le tournassage.
1° Ebauchage. — Par l’ébauchage, on donne à la masse de pâle la forme approximative que l’on veut obtenir. L’ouvrier prend donc une balle de pâte proportionnelle à la dimension que doit avoir la pièce. Sur un rouleau de bois centré préalablement sur la girelle de son tour, il dépose cette balle; avec les mains constamment mouillées, il lui imprime par une forte pression des mouvements de montée, de descente; il l’aplatit de nouveau, en lui donnant approximativement et à simple vue la forme que la pièce doit avoir.
La housse ainsi obtenue est placée avec son rondeau sur une planche où elle doit ressuer, c’est-à-dire acquérir un peu de consistance.
2° Moulage. — La housse suffisamment ressuée est détachée du rondeau à l’aide d’un fil de laiton et appliquée sur un moule dont le profil extérieur correspond exactement à celui que l’assiette en pâle doit avoir à son intérieur. L’ouvrier opère ensuite le moulage; à cet effet, il prend une éponge suffisamment mouillée, fait pression sur la pâte pour l’imprimer sur le moule, comprime la pièce du centre à la circonférence en laissant à l’endroit du pie.d la pâte nécessaire pour le former ; à l’aide d’un couteau, il détache l’excédant de pâte et soulève l’extrême bord pour faciliter le retrait.
Le moule est alors déposé sur une planche où l’assiette moulée doit acquérir le degré de sécheresse voulue pour le démoulage.
3° Tournassage. — L’assiettese démoule sur un rondeau en plâ-
(1) Traité des arts céramiques, t. II, p. 284.
tre où elle acquiert une sécheresse complète. Livrée au tournassage, elle possède environ le double de l’épaisseur qu’elle doit avoir. L’opération du tournassage a donc pour but de la ramener à ses véritables dimensions.
A cet effet, à l’aide du tournassin, l’ouvrier découpe la pâte en partant du centre pour arriver à la circonférence ; au toucher, il détermine les épaisseurs; avec un compas ou un guide, il trace le diamètre du pied, le découpe et arrondit l’extrême bord. L’assiette est faite.
La fabrication de l’assiette présente de telles difficultés, que deux mains avec les mêmes moules et la même pâte peuvent faire des produits sensiblement différents, comme formes et dimensions après la sortie du four, et le même ouvrier produit souvent des assiettes variables. Nous citerons un cas bien commun chez les tourneurs d’assiettes : tel ouvrier extrêmement habile pour une forme et une grandeur donnée perd son coup de main sans pouvoir se l’expliquer; il ne peut pendant un certain temps que faire des pièces secondaires; on juge d’après cela quelle difficulté présente le façonnage à la main ; il est bon d’y insister.
Si pendant l’ébauche, l’ouvrier ne travaille pas la pâte convo» nablement, si ses doigts exercent séparément des pressions inégales sur les diverses parties de l’assiette, le vissage est assuré.
Le moulage est assurément la partie la plus délicate dans le façonnage de l’assiette. Ainsi les pressions exercées sur le fond ou sur l’aile de l’assiette doivent être dans un rapport déterminé qui gît dans la sensibilité de la main de l’ouvrier. De plus, au raccordement du marly avec le fond, suivant que le moulage s’opère avec arrêt ou trop de fuyant, l’assiette à la sortie du four est coquillée ou renversée.
L’ouvrier mouleur a donc à redouter les défauts suivants. En déterminer les causes, c’est en partie s’y opposer.
1° Le gauche qui provient de pressions irrégulières, généralement du fait de l’ébauche : en pratique, cependant, on la peut attribuer à des rondeaux mal dressés, à des températures élevées trop rapidement, à trop de fusibilité dans la pâte, etc.
NOTES ET ADDITIONS
2° Le vissage qui résulte de l’empreinte des doigts qui tracent la spirale.
3° Le coquillage qui est la conséquence du moulage fait avec retenue au passage de l’aile. A la sortie du four, le marly est replié en dedans.
4° La tombée est la conséquence du moulage fait avec trop de fuyant; les bords de l’assiette sont renversés.
En ce qui concerne le tournassage, on en conçoit l’aléatoire quand on songe que le toucher et le coup d’œil déterminent seuls les dimensions finales de l’assiette.
Le travail à la main présente donc dans toutes ces opérations des difficultés sérieuses. La moindre négligence, le moindre oubli entraînent des défectuosités dans le produit. Aussi M. Faure a-t-il eu raison de chercher à fabriquer les assiettes par des procédés mécaniques. Voyons comment on procède :
Le travail mécanique comporte trois machines spéciales : 1° une machine à faire les croûtes; 2° un appareil à centrer; 3° une machine à mouler et à calibrer.
De la machine à faire les croûtes.
Elle se compose d’un bâti en fonte portant sur sa face le mouvement d’un tour, et sur le côté celui d’un chariot qui doit faire agir l'outil qui travaille.
La commande du tour au chariot se fait à l’aide d’une came solidaire du mouvement d'une roue et d’une vis sans fin. Le tour est mû par un moteur quelconque. Les commandes combinées ou séparées s’effectuent à l’aide de pédales.
Marche de la machine. — Pour faire une croûte, l’ouvrier prend une halle de pâle proportionnelle aux dimensions que doit avoir l’assiette ; il la met sur une basane placée préalablement sur la tête du tour de la machine.
En appuyant sur une première pédale, il met le tour en mouvement ; avec le même pied et en agissant sur la seconde pédale, il fait marcher le chariot qui agit verticalement.
L’outil qui est une lame très-épaisse taillée suivant une portion de surface hélicoïdale commence sa descente avec vitesse accélérée, s’arrête quelques secondes pour permettre à l’oiivrier de centrer la halle avec la paume de la main, continue sa mar-
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che avec une vitesse décroissante calculée en raison du besoin d étirement de la pâle.
Afin de course, l'outil a réduit la pâte en galette qui a été découpée à ses dimensions par un couteau cliasse-pâte.
La galette obtenue a une section exactement proportionnelle aux dimensions respectives que doit avoir l’assiette ; pour obtenir ce résultat, la tête du tour où se dépose la basane doit
être creusée et profilée suivant les épaisseurs variables de l’assiette.
La croûte étant préparée, l’outil remonte automatiquement pour redescendre, faire une seconde croûte et ainsi de suite; pendant la montée du chariot, on enlève la basane qui porte la croûte pour la remplacer par une autre.
De l'appareil à centrer .
, L’apparei1 à centrer a simplement pour but de permettre à 1 ouvrier de placer la croûte sur le moule de telle sorte que les deux parties concentriques se correspondent absolument.
L’appareil employé est un bâti en fonte extrêmement rigide; il maintient quatre douilles se correspondant exactement.
Deux douilles placées à la partie inférieure reçoivent un tour avec mouvement de débrayage ; les deux supérieures reçoivent une tringle portant un plateau équilibré par un contre-poids.
Le plateau étant de même dimension que la basane, l’ouvrier y applique cette dernière, appuie sur le plateau, l’abaisse à fond de course, jusqu’à ce que la pâte qui adhère à la basane rencontre le moule placé préalablement sur la tête du tour.
Dès que la rencontre a lieu, l’ouvrier abandonne le plateau qui remonte par son contre-poids et, appuyant sur la pédale, il met le tour en mouvement. Avec un couteau de bois, il détache la basane de la croûte et à l’aide d’une éponge convenablement mouillée, il fait adhérer la pâle contre le moule pour éviter les effets de la force centrifuge. La croûte est ainsi centrée.
De la machine a mouler et à calibrer .
Cette machine est construite de deux manières, la première que je vais décrire présente à première vue un maniement plus abordable; d ailleurs, elle se prête mieux à la description.
La deuxième est 1 application des mêmes principes par des
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mouvements entièrement automatiques ; ils assurent une fabrication parfaite et une production déterminée, tout en exigeant de l’ouvrier une moins grande part de travail.
La première est de toute nécessité, quand il s’agit de changer souvent de formes et de dimensions; la deuxième est indispensable pour le cas d’une grande production et de la perfection absolue du façonnage.
La machine à mouler et à calibrer se compose d’un bâti vertical portant à sa partie inférieure le mouvement d’un tour, à la partie centrale l’agencement d’un calibre et à la partie supérieure le mécanisme nécessaire pour faire manœuvrer l’outil mouleur.
Marche de la machine. — La croûte centrée, l’ouvrier place le moule sur la tête du tour, en soulevant le pied, il fait descendre un outil qui rencontre la pâte au centre de la pièce et détermine son épaisseur; il agit alors sur une manivelle; l’outil étant solidaire d’un composteur qui n’est autre que le profil de l’assiette et étant soumis à un mouvement horizontal, on comprend qu’il travaille la pièce suivant le profil qu’on désire avoir.
Or comment profile-t-il ? Ici l’outil mérite toute une description, car le succès dépend de lui.
Nous avons dit en parlant du travail à la main que le moulage présentait d’énormes difficultés, et j’en ai donné les raisons.
L’outil doit donc exercer sur ce fond et sur l’aile des pressions dans un rapport déterminé et travailler la pâte sans faire arrêt ni donner trop de fuyant.
En ce qui concerne ces pressions, ces dernières sont dépendantes de la section de la croûte ; la première machine doit donc être convenablement réglée.
En ce qui concerne l’ordre du moulage, l’outil présentant en tous sens ses faces hélicoïdales et se trouvant placé suivant un angle déterminé, il découpe la pâte en la comprimant et répond absolument aux besoins du travail.
L’outil profilant la pièce travaille et lamine le fond, forme le pied et imprime le marly.
Ainsi obtenue, l’assiette est moulée et réduite à ses véritables dimensions.
NOTES ET ADDITIONS. 733
Calibrage. — L’outil ne laissant pas à son passage une surface urne, on a recours au calibre qui donne un poli parfait et
T” °rme,.les ««libre n’a donc d’autre but qu’un
simple polissage sans pression apparente.
Cette action terminée, un outil ad hoc découpe la pâte à sa dimension voulue et renvoie dans un récipient l’excédant qui passe aux tournassures. Comme dans le travail manuel, le tourneur relève légèrement l’extrême bord pour faciliter la retraite et enleve le moule pour le placer sur une planche où l'assiette se dessèche avant le démoulage.
Des variantes dans le travail à la machine.
J! U Pr.e,m'ère °Pérati0n’ Ce"e qui a Pour bot >e façonnage
rlu il TT Sr- fa‘l éV'demœenl d'une man'ére constante ; outd étant entièrement automatique agit toujours dans les
mêmes conditions, et les croûtes obtenues soit absolument identiques. Donc, travail parfait.
2° La seconde opération s’exécute également dans d’excelentes conditions; l’axe du plateau guide étant le même que ce ui du tour, il en résulte que le centrage est parfaitement
habi|ee'lér'qUe;iCefUe0PénUi0n demande “Pendant une certaine Ule é pour le fonctionnement rapide et surtout pour le léger
coup d éponge qui doit faire adhérer la pâte au moule.
ans le cas où l’ouvrier agirait avec trop de pression, les défauts attribués â la main dans le travail ordinaire serait à raindi e. Pour le fonctionnement de cette machine, on emploie des enfants qui en quelques jours acquièrent l’habileté ét le coup de ma,» désirable, Donc, avec un peu de soins, cette opération piésente une garantie presque absolue.
30 Dans la troisième période, si l'on considère que les croûtes sont absolument semblables, on conçoit que les effets de l’outil soient constants. L’action du calibre n’ayant d’autre but que de polir sans exercer de pression sur la pâte, il en résulte que cette troisième opération est exécutée dans des conditions parfaites.
Cette conclusion n’appartient bien réellement qu’à la machine automatique dont j’ai parlé plus haut; quant à celles que j ai décrites si l’ouvrier sait bien conduire la marche de son ou 11 1 , ses résultats sont complètement satisfaisants, mais quand
NOTES ET ADDITIONS
elle est confiée, comme cela s’est présenté quelquefois, à des mains inhabiles, la marche de l’outil mouleur n’est pas en rapport exact avec la vitesse du tour : de là, étirement variable de la pâte, excédant à enlever au calibre, c’est-à-dire réussite variable.
Çes considérations devaient être présentées ici pour expliquer les irrégularités qu’ont remarquées dans le début, et qui peuvent se produire encore, les industriels qui ont placé ces machines entre des mains non encore exercées, irrégularités d’ailleurs qui sont impossibles avec les machines complètement automatiques.
Ainsi à l’exception du centrage qui demande une certaine habitude, le travail mécanique présente des garanties complètes, et le grand avantage qu’il offre aux industriels résulte de ce qu’il leur permet de former des hommes en quelques jours et de compter sur le mérite d’une bonne fabrication.
Je ferai remarquer, pour terminer cette description, que les machines de M. Faure reproduisent mécaniquement toutes les opérations du calibrage tel qu’il s’exécute à Sèvres pour le façonnage des belles assiettes dites calibrées qui se fabriquent actuellement avec une si remarquable régu.arité.
Rendement industriel.
Dans le travail à la main, la production peut être évaluée sans trop d’erreurs à 100 assiettes par jour et par tourneur.
Dans le travail à la machine un ouvrier et deux aides, généralement des enfants, produisent 450 assiettes. Dans certaines manufacturés, notamment chez MM. Hache et Pépin Lehalleur à Yierzon, le chiffre s’est élevé à 600. Le coût à la main est de 5 francs le cent; à la machine, le coût direct est de 2 fr. 40, soit une différence de 52 0/0, qui servent amplement à payer les frais de bords à arrondir, de battage de pâte, de force motrice et d’amortissement de la mise d’achat.
M. Faure ne croit pas à une économie bien sensible dans le coût de la fabrication ; c’est avant tout la supériorité d’une fabrication courante qui constitue l’avantage du procédé en même temps qu’une production plus rapide avec des mains moins exercées.
Quand on songe qu'une assiette sans défauts, bonne dans sa orme, représente en fabrique une valeur minima de 80 à 60 centimes, que le moindre défaut la déprécie de 50 à 60 p. 100 que, mal fabriquée, sa valeur devient presque nulle, on voit que la véritable économie, l'immense avantage des moyens mécaniques résident surtout dans l’amélioration du produit. Il es naturel, en conséquence, de recommander ces organes ipécaniques aux fabricants de porcelaine, et quant à présent les plus fortes usines les ont adoptées.
., ?!“ reSt^ Une réserve à n’ai visé dans lout ce que
] a. dit que la fabrication de la porcelaine dure. Les assiettes de atence [ine offrent une telle rapidité de travail, une telle acilité d execution qu’il n’y aurait pas pour les faïenciers le même intérêt à substituer le travail mécanique au travail tel qu il s exécute aujourd’hui dans les centres manufacturiers qui s occupent de la faïence fine, cailloutage ou porcelaine opaque
De quelques produits céramiques nouveaux.
(Tome I, page 301.)
Toutes les classifications appliquées à des produits industriels offrent, en raison de la variété des objets qu’elles embrassent de sérieuses difficultés. Les progrès très-considérables que la céramique a réalisés dans ces derniers temps forcent déjà pour les présenter d'une manière rationnelle, à disposer des appendices aux diverses classes établies dans le tome I, page 301. Depui dix ans, plusieurs productions très-remarquables qui à plu sieurs titres, doivent être rangées parmi les produitscéramioueT ont pris dans notre industrie un rang honorable. Elles ne sauraient rentrer par i’ensemble de leurs caractères tirés soit de 1 nature de leur pâte, soit de celle de leur glaçure, dans les ordre! établis; j’ai cru devoir les placer dans les classes dont elles se rapprochent davantage, en formant des annexes ou des appendi-
K OTES ET ADDITIONS.
ces. Ces productions sont :
1° Le parian ou paros;
2° La deuxième production, dont je m’occuperai dans cette dernière note, est représentée par de la porcelaine dure, analogue à la porcelaine de Chine, recouverte, non plus de cette brillante, solide et saine glaçurefeldspathique, mais d’un vernis plombifère. C’est donc une poterie blâmable sous le point de vue de l’usage domestique, mais digne d’encouragement au contraire dans les conditions pour lesquelles elle est proposée.
3° Les émaux ombrants.
4° Les émaux cloisonnés sur porcelaines dures et tendres, les faïences et les terres vernissées.
3° Les faïences artistiques ou poterie d’art désigné sous différentes dénominations.
6° Les boutons en pâte feldspathique de M. Bapterosses, qui tiennent à la fois de la porcelaine tendre, pour une espèce, par l’addition de phosphate de chaux des os, et de la porcelaine dure, pour la deuxième espèce, par la nature feldspathique de la pâte. Ces objets se placent d’ailleurs entre les produits céramiques et les produits vitriques, avec lesquels ils offrent plus d'un point d’analogie.
Ces exemples démontrent ce qu’on peut attendre encore de variété soit dans les pâtes, soit dans les glaçures des poteries. Qu’on vienne à remplacer dans les glaçures l’acide borique ou par les phosphates ou par les fluates ; qu’on introduise dans les porcelaines tendres, comme fritte, des verres boraciques ou plombeux, ce que je crois possible, il est évident qu’on aura des espèces nouvelles qui conserveront toujours leur caractère principal, mais qui ne formeront que des subdivisions dans les ordres dont la classification repose sur des différences plus tranchées.
§ 1. — Du Parian ou Paros.
Le Parian, ou porcelaine imitant le paros, est d’origine anglaise. Il paraît avoir été fait pour la première fois par M. Copeland, vers 1848. On en a tiré, dès le principe, un parti trèsavantageux pour les objets de sculpture, et l’Exposition de
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Londres a permis de reconnaître que plusieurs fabricants anglais le font avec succès.
L’idée d’une pâte céramique imitant le marbre est assez ancienne ; ,1 existe parmi les produits de M. Kuhn, de Meïssen des médai Ions d’une composition particulière se rapprochant assez du but: on trouve de même, parmi les figurines fabriquées à Nymphembourg, de petites statuettes présentant avec le marbre statuaire assez d’analogie. Mais ces productions tiennent par leur composition de la porcelaine dure. P
Le parian présente des avantages réels sur le biscuit de ce te porcelaine. La teinte est plus jaunâtre, moins froide, plus analogue a celle du marbre des antiques ; elle est aussi plusV sible et prend par l’action du feu, sans le secours d’aucun vernis, un glace bien plus flatteur que celui des biscuits de porceame; ces qualités rendent cette pâte propre surtout à la leproduction des bustes, statuettes et autres objets d’art La composition de cette pâte me paraît assez variable. J'ai trouvé dans quelques échantillons du phosphate de chaux, dans d autres de la baryte, dans d’autres enfin seulementdu kaolin et du feldspath Dans tous les cas, la pâte doit être peu plastique ■ car dans les divers échantillons que j’ai pu soumettre à l’analyse’ la proportion des alcalis se maintenait vers 12 p. lû0 ce qui dénote une forte proportion de feldspath ou d'une fritte alca hne; la silice s’élevait jusqu’à 61 p. 100.
La coloration s’obtient sans addition de matière colorante • elle me paraît due simplement à la quantité de l’oxyde de fei accidentellement et naturellement contenu dans les éléments qui composent la pâte. Elle tient aussi, soit à la température qui n est pas assez forte pour réduire tout le fer à l’état de silicate de protoxyde, soit à la séparation du peroxyde de fer pen dant le refroidissement. Dans tous les cas, les fours à faïence
fine paraissent satisfaire à toutes les conditions convenables au développement de cette teinte.
Le brillant des objets fabriqués est la conséquence de l’introduction dans la pâle d'une forte proportion de feldspath Cette pâte est peu plastique, elle se rapproche, par sa nature de la porcelaine tendre anglaise; elle prend 30 p. 100 de re-
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traite ; elle ne se façonne avec facilité que par le procédé du coulage, mais elle peut être moulée : le façonnage au moyen du tour ne lui serait appliqué qu’avec les plus grandes difficultés. Elle ne reçoit qu’une cuisson dans les fours à porcelaine tendre anglaise ; elle cuit alors en biscuit, mais elle peut aussi recevoir une glaçure plombifère dure et brillante, et s’appliquer de la sorte aux articles de consommation ménagère.
L’Exposition de Londres, en mettant sous les yeux des producteurs français les produits remarquables de la fabrication si variée de M. Minton, a stimulé le zèle de plusieurs de nos manufacturiers. La fabrique de Greil, entre autres, a cherché la composition de ces pâtes et vers la fin même de 1851, on trouvait dans le commerce des objets en parian de fabrication française.
Depuis, les manufacturiers anglais on produit sous le nom d’ivoire une poterie analogue, mais très-remarquable, d’un blanc jaunâtre, laiteux en augmentant la dose de feldspath. La glaçure est faite avec le feldspath additionné de craie.
§ 2. De la porcelaine à glaçure plombifère.
L’étude du musée céramique de Sèvres permet de constater et de suivre, pour ainsi dire, toutes les tentatives faites à diverses époques pour recouvrir la porcelaine dure à pâte feldspathique etkaolinique d’un enduit plombifère tendre, susceptible de communiquer à cette poterie les qualités les plus précieuses de la porcelaine tendre, c’est-à-dire un aspect uniformément brillant et plus décoratif. Les peintures appliquées directement sur biscuit étaient dirigées vers ce but. L’application immédiate de certaines couleurs de fond étaient encore dans les mêmes données. On avait, d’ailleurs, pour exemple et pour modèle un grand nombre de vases venant de la Chine, évidemment en grès ou porcelaine quant à la nature de la pâte, mais se rapprochant de la faïence fine ou de la porcelaine tendre sous le rapport de la glaçure. Ces divers produits n’ont pas pris le caractère d’une fabrication réelle.
M. Lesme, de Limoges, acceptant dans toute son originalité l’idée de Bernard Palissy, suivant l’exemple de son illustre de-
NOTES ET ADDITIONS
vancier, a pensé trouver dans l’art de l’émailleur les moyens de représenter la variété du coloris des modèles dont il prend les formes dans la nature et autant qu’il le peut sur la nature ellemême. G est, après bien des tentatives et bien des essais infrucueux qu il a pu composer son vernis et déterminer la température à laquelle il convient de le cuire.
Le vernis dont M. Lesme fait usage pour ses rustiques à l'imitation de ceux de Bernard Paüssy, poteries pour lesquelles il a pris un brevet à la date du 3 février 1853, est un borosilicate de plomb et de soude dans lequel l'oxyde de plomb entre pour une très-forte proportion. Ce cristal devient la base des émaux colorés dont il enduit le biscuit pour lui donner le brillant et le glace que les porcelaines ordinaires tiennent de leur couverte • il le mélange à cet effet pour le colorer, par une fusion préalable, avec des oxydes variés dont le nombre est très-réduit et nui sont à peu près ceux que le chimiste emploie pour faire les cristaux colorés dans la masse. Le vert est fourni par l’oxyde de cuivre; I oxyde de manganèse seul donne du violet; en mélange avec de 1 oxyde de fer, il colore en brun; l'oxyde de cobalt est la base du bleu; l'antimoine à l’état d'antimoniate de potasse communique au vert par l’oxyde de cuivre une nuance jaunâtre e une opacité souvent nécessaire ; enfin les noirs et les vigueurs sont obtenus au moyen de l’oxyde de manganèse sans mélange antôt placé directement sur le biscuit pour être recouvert par les émaux, soit brun, soit vert, soit bleu, tantôt mis en mélange avec ces mêmes émaux suivant le ton qu'on désire obtenir. Ce mélange est fait sans le secours de balance, à simple vue sur la palette avec une assurance que j’ai pu constater par moimême et qui annonce une bien grande dextérité.
Les é“aux sont broyis à reau> puis appliqués à l’essence de térébenthine maigre, sous une forte épaisseur; il faut cepen
dant éviter de mettre une couche trop épaisse qui noierait et détruirait les détails de la sculpture. Les couleurs sont couchées à plat; elles offrent cependant des ombres et des clairs • les ombres étant données par l’épaisseur de la couche qui se' réunit dans les parties déclives; elles agissent dès lors à la ma mère des émaux ombrants, dont il sera question plus loin.
NOTES ET ADDITIONS
On cuit les pièces décorées, quand elles ont été séchées, dans les moufles communément employés pour cuire la porcelaine peinte, sans autre précaution que celle de bien isoler les pièces les unes des autres et de les faire porter par le plus petit nombre de points possible, sur des espèces de pernettes qui marquent toujours leur place. On établit divers étages de planchers au moyen de barres de fer coupées de longueurs convenables. Le feu nécessaire pour cuire ces émaux est à peu près celui des peintures en premier feu d’ébauche. Évaluée en degrés centigrades, la température correspondante est comprise entre 850 et 900 degrés.
M. Lesme a parfaitement compris que les produits de sa fabrication ne pourraient être d’un emploi convenable aux usages journaliers : il la réserve pour des pièces d’étagères, de dressoirs, etc., c’est-à-dire pour des objets plutôt de décoration et d’art que pour des vases propres à la consommation ménagère. Dans cette dernière destination, ils ne sauraient être que trèsinférieurs à la couverte résistante et dure de la porcelaine commune.
J’ai fait, de mon côté, quelques tentatives pour recouvrir les biscuits de porcelaine dure d’une glaçure très-brillante assez mince toutefois pour ne pas boucher et empâter tous les détails de la sculpture. On obtient un résultat très-satisfaisant en étendant au putois sur le biscuit que l’on veut vernir une couche mince du fondant qui suit :
Borax fondu . . 50
Minium . 200
Sable siliceux . 100
Ce fondant peut être coloré de diverses manières, en voici quelques exemples (1) :
Ivoire.
Bleu.
Fondant .
Sahle .
Antimoniate de potasse . . . .
Minium .
Oxyde de fer hydraté .
Fleurs de zinc .
Borax fondu. . .
Oxyde de cobalt .
(1) Dans tous ces exemples,
on peut remplacer le borax fondu par du bo-
rate de chaux natif.
Jaune.
NOTES ET ADDITIONS
Sable .
Minium .
Borax fondu .
Chromate de potasse .
Violet.
Sable .
Minium .
Borax fondu .
Carbonate de manganèse. .
Gris.
Sable .
Minium .
Borax fondu .
Oxyde de cobalt .
Oxyde de cuivre .
Oxyde de manganèse .
Oxyde de fer rouge .
Vert.
Sable. . . .
Minium .
Borax fondu . .
Oxyde de cuivre...
Brun-jaune.
Sable .
Minium .
Borax fondu .
Oxyde, de fer rouge. . .
Noir.
Sable .
Minium .
Borax fondu.. . .
Oxyde de cobalt .
Oxyde de cuivre.. . .
Oxyde de manganèse. . . .
Oxyde de fer rouge.. .
On fond et on coule ces divers mélanges: on les pile et on les
Itz rp“iaire sur le biscuil de porcdaine; ™
Ces émaux doivent être mis à un seul feu sous une faible
foPnt ,17; H°US Une épaisseur exagérée, ils se fendillent et font effet du craquelé des Chinois. On ne peut les retoucher
dans",/? '7ant larelouche *>’eaui l'essence qui pénètre
du cT h ”e peut s> brûler complètement et abandonne du charbon qu, macule la surface du vernis. Lorsqu'on annli
redeecChauffeer ineC°'0reflSUr 16 biSCUit’ " 6St in<4ensabie encorede chauffer le moufle avec lenteur pour donner à tout le
cette préca°uuônnÎedev h6886"06’ 16 ^ de ' San
cette précaution le vernis, surtout dans les épaisseurs «t connue ^ C°l0ratl°n r°Se dont la cau«e m’est encore in¬
g a. Des émaux ombrants.
L'émail ombrant n'est qu'une modification de l'invention
“7“ hth'fanie, due à M. de Bourgoing, et mentionnée surtout avec les travaux de la manufacture de porcelaine de Munich. M. du Tremblay, propriétaire de la fabrique de Rubelles, près Melun (Seine-et-Marne), en a tiré le parti le plus avantageux en créant une fabrication nouvelle qui peut un jour prendre une grande extension.
NOTES ET ADDITIONS
L’effet produit par l’émail ombrant est complètement indépendant de la nature de la base qui reçoit l’émail; il est indépendant encore de la composition de l’émail lui-même; une seule condition théoriquement est à remplir, c’est que l’émail qui s’étend sur la base à reliefs plus ou moins sentis soit légèrement coloré dans sa masse. Cette considération m’a décidé naturellement à ne rattacher l’émail ombrant à aucune fabrication particulière, mais à en traiter au contraire d’une manière toute générale. D’ailleurs, si l’idée des effets que ce mode de décoration peut présenter a été, dans ces derniers temps, appliquée d’une façon spéciale à la faïence, il n’en est pas moins vrai que d’autres fabrications en ont offert des exemples, et pour n’en citer qu’une, je rappellerai que plusieurs pièces de porcelaine de la Chine recouvertes d’un fond céladon offrent des dessins très-variés obtenus simplement par le remplissage des cavités, faites avec intention, par la couleur légèrement .colorée.
M. Trélat, ancien élève de l’École centrale des Arts et Manufactures, directeur, en 1843, de la fabrique de Rubelles, a fait connaître, dans une note insérée dans le bulletin de la Société d’encouragement, 42e année, p. 469, les principales difficultés que présente l’application de l’émail ombrant il la faïence ordinaire. La principale est la tressaillure qui résulte de la grande épaisseur du vernis accumulé dans les cavités. Les autres déectuosités que peut présenter l’émail ombrant, quelle que soit la matière de la pâte, quelle que soit la nature de la glaçure (vernis ou couverte), sont : les gouttes de gondollement , la capillarité, le manque d'horizontalité pendant la cuisson et la réduction, au four, des oxydes colorants .
Les gouttes de gondollement qui altèrent la pureté des dessins en déplaçant les lumières et les ombres résultent d’un gauchissement de X excipient pendant la dessiccation. On les évite par une exposition convenablement ménagée dans des séchoirs bien disposés.
Lorsque les reliefs du biscuit déterminent entre eux des creux qui ne sont pas trop larges, le niveau d’émail s’établit trèsdifücilement pendant la cuisson à cause de la capillarité qui
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tend à faire remonter le corps en fusion aux parties les plus elevées du dessin. Les remèdes à ces défauts doivent être apportés dans les modèles plutôt que dans les moyens de fabrication. .
On évite, avec de l’adresse et du soin, le désordre que produirait le manque d’horizontalité dans le four.
Enfin la réduction des oxydes colorants n’a lieu que dans des circonstances exceptionnelles, lorsque le four est établi dans de bonnes conditions. La pureté du feu est l’une des premières nécessités de cette fabrication.
La manufacture de Rubelies a cessé d’exister. Ses produits n en restent que plus appréciés. Il se peut qu’on en établisse ailleurs une nouvelle fabrication (1876).
§ 4. Des émaux cloisonnés.
On connaît les émaux cloisonnés des peuples orientaux qui se sont acquis par ce genre de travail une grande célébrité. On trouve de même dans les productions de ces pays lointains des porcelaines ornées de filigranes noyés dans la glaçure et dont les vides remplis d’émaux opaques de différentes couleurs rappellent, à s’y méprendre, lesvéritables bronzes à émaux cloisonnés. J ai mis sous les yeux du Conseil de la Société d’encouragement, au nom de la manufacture de Sèvres, six spécimens spéciaux de ce dernier genre de poteries; ces échantillons ont ete déposés au musée céramique pour prendre date, et engager ceux des artistes que cette invention pourrait intéresser à perseverer dans cette voie qui peut être abordée facilement et
produire certains bénéfices par la création de diverses pièces de luxe.
Deux des pièces présentées sont en porcelaine lendre à surlace intérieure glacée, à surface extérieure primitivement matte décorée postérieurement au moufle au moyen de filigranes de
cuivre ou de laiton sertissant des émaux, décapés ensuite, puis dorés à la pile.
, Deux aulres l)ièces ^nt en porcelaine dure faite exactement d’après les procédés employés en Chine, conformément par
NOTES ET ADDITIONS
conséquent aux données empyriques trouvées dans les livres chinois, et contrôlées par des analyses exactes; elles sont sans glaçure, mais on a placé sur les surfaces extérieures, comme pour les pièces dont la description précède, des filigranes cloisonnant encore des émaux opaques. On comprend qu’on pourra reproduire par cette méthode toute espèce de dessins et de composition analogue à celles qui nous sont venues et nous viennent encore de Perse, de Chine et du Japon. La manufacture de Sèvres tend à prouver par ces essais, quelque incomplets qu’ils puissent être aujourd’hui, qu’elle ne s’écarte pas de son rôle initiateur et qu’elle conserve, en les développant même, les traditions que M. Brongniart, dans sa longue carrière d'administratehr, avait reconnues comme les seules dignes de consacrer l’utilité de cet établissement.
Les deux petits vases qui complètent cette série, ne sont pas les moins intéressants; ils sont en terre commune; les filigranes sont en cuivre, c’est donc un produit dont on ne trouve d’analogue nulle part, même au Japon ; à ce titre ils présentent un certain caractère de nouveauté que je ferai remarquer.
Quelle que soit la nature du produit qu’on veut émailler en émaux cloisonnés, porcelaine dure, porcelaine tendre, poterie commune, le procédé n’offre pas de difficulté sérieuse. On commence par tracer sur la pièce le trait des décors dont on veut l'enrichir. On prépare ensuite les filigranes qu’on choisit assez souples pour les pouvoir contourner d’après les besoins, suivant les lignes tracées ; ils sont assez flexibles pour être nonseulement contournés, mais encore cambrés selon la surface de la pièce aux points sur lesquels ils doivent être collés.
Les filigranes ne doivent pas être à section circulaire, on les préfère à section rectangulaire, en les plaçant sur le champ le plus étroit, de telle sorte qu’ils présentent un certain relief quand ils sont en place. Pour leur donner une plus grande embase, un plus grand contact avec la pièce, on fend par places une petite partie de l’épaisseur et on recourbe alternativement à droite et à gauche les petites pattes qui se forment ainsi. S’il est nécessaire, les filigranes sont formés d’un seul morceau ; dans d’autres cas, on les divise avec intention pour les amener
NOTES ET ADDITIONS. -j/^
tenir.’’ a,gUS °'‘ °bt“S' Se‘°n la "ature du dessil> <1»’°" veut ob-
Je propose même pour des figures compliquées de découper à emporte-ptêce sur une plaque métal, ique’d'éprfss^^ des dessins les plus variés, représentant par exemple les mailles
ur Je modèle de la p,èce ce cloisonné à jour, de former ainsi plusieurs segments qu’il suffirait de réunir en certains noints
wnnés^MU enfi0,°dnlé’ ^ ^ C°1Ierettes’ soit des fonds cloisonnés, soit enfin des sortes de grecques pour les placer aux
pieds ou aux gorges de ce que l'on appelle des pièces d la main
On éviterait ainsi l’ajustage pénible de tous les filigranes isolés’
ssr- •• ïs
Quoi qu’il en soit, lorsque les filigranes sont ajustés on les colle avec du fondant que le feu doit vitrifier. On r mpMt cha
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kdîèr On dai,t de SC dégager’ Ct d0nneen" parüeTprivées de’ l'acide’ nitrique éïendu ^uis ÎJeZ *“ éma“ h™7'5 aV6C de généralement » la spa J. pou! ZeTZZt
l’émail dd’“ne aUaqUe Parlie“e de
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surface des cloisons. On fait cuire au moufle.
Une partie des filigranes sont oxydés mais à la surface seule ment; 1 émail fond, se réunit dans les cloisons cl les rr sont alors collés à la pièce. ’ *“ flIlgranes
On répète le travail de l'émaillage, une ou plusieurs fois tant que a cloison n est pas suffisamment remplie ; puis on emploie la roue à polir pour dégager le dessin, le faire apparaZ en mettant le métal » nu. On dore à la pile et il p^èce est te ”
NOTES ET ADDITIONS
Ce genre de travail doit donc permettre d’accroître le nombre des méthodes décoratives applicables à la céramique.
Pour les objets d’un très-grand luxe, ou les petites pièces très-précieuses, les fdigranes d’or, d’argent, de platine seront réservés; les fdigranes de laiton ou de cuivre rouge s’adapteront économiquement aux poteries inférieures ou même aux terres vernissées. Ces sortes de produits peuvent prendre place parmi les objets destinés à la bijouterie et à la joaillerie, en se mariant avec avantage aux bijoux ou joyaux émaillés par les procédés ordinaires.
Ils pourront entrer en concurrence avec les émaux cloisonnés proprement dits, obtenus, soit par incrustation ou ciselure, soit par champlevé ou par reproduction galvanoplastique.
Une plus longue étude de ces derniers produits sortirait du cadre que je me suis tracé. Elle est plutôt, en effet, du domaine de l’art de l’émailleur proprement dit.
La Manufacture de Sèvres verrait avec plaisir l’industrie particulière entrer dans cette voie, et c’est dans ce but qu’elle a présenté les essais, qui font l’objet de cette note, au Conseil de la Société d’encouragement, dans sa séance du 9 juillet 1875.
§ 5. Faïences artistiques.
Le goût des arts a progressé d’une manière incontestable depuis plus de vingt ans; l’amour des objets divers représentant non pas seulement à titre de curiosité, mais au point de vue de l’étude sérieuse des procédés techniques usités dans l’antiquité ou pendant l’époque plus obscure du moyen âge, les différentes étapes parcourues par l’humanité sous l’influence de ses divers degrés de civilisation, est du domaine de tous; c’est à ce souffle que se sont inspirés les céramistes modernes qui marqueront de leur nom et définiront l’époque actuelle. Les productions artistiques de Deck, de Collinot, les produits des manufactures de Gien et de Longwy dans un genre plus répandu, trouveront plus tard dans les collections privées une place distinguée.
Faïences de Deck. — M. Théodore Deck en association de son frère a fondé, vers 1858, une fabrique de poteries d’art à
NOTES ET ADDITIONS. 747
1™’ JT8*6 dteS FaVUriteS> daDS la^clIe ils ont créé un genre qui leur est propre.
C’est une sorte de porcelaine tendre obtenue plutôt par engobage quepar façonnage de la niasse totale; cette pâte se prête dmirablement par la nature chimique delà surface recouverte de glaçure à la préparation des colorations générales comme fonds ou dessins .en forme de linéaments si remarquable des émaux alcalins ou alcalins plombeux des poteries arabes ou des taiences persanes, ou hispano-mauresques.
TCimmS de ia fabrication de M. Deek méritent a etre cités. Ce sont :
4* DeS Vases d’ornementation à fonds verts ou bleus de cuivre 'mis ou formant émaux ombrants.
2” Des pièces à niellures brunes, noires et de toute autre nuance dans le genre dit des faïences d’Oiron, connues longte ni ps sous le nom de faïences de Henri II.
3" Des pièces à tressaillures dans le goût chinois ; plusieurs sont remarquables en ce sens que sur certaines parties des zones ou des écussons on voit une tressaillure à larges mailles an 1S que sur d autres partieson trouve un truitage très-serré ce qui prouve que cet habile céramiste sait produire à volonté ce genre de décoration très-apprécié des amateurs.
4» Enlin des panneaux décorés dans différents styles, arabe
*»" P-an, et des piafs, a^
nommés dM époifue^ctuede.0 °"S ^ - Les différentes expositions universelles qui ont eu lieu, tant à Pans qu’à Londres ont fait ressortir les mérites de ces fabricants que 1 Exposition de Vienne ont placé maintenant au premier rang des céramistes.
Faïences de Collinot. M. Coliinot a construit dans la plaine de Boulogne une fabrique artistique de laquelle sont sorties des pièces remarquables à plus d’un titre.
Ses voyages en Asie, ceux de M. Adalbert de Beaumont voyageur instruit, l’ont conduit à l’imitation des faïences orientales et ses panneaux, carreaux, vases de toutes formes et de toutes dimensions méritent ici la citation que j'en fais.
NOTES ET ADDITIONS
J’entrerai dans quelques détails sur un genre tout particulier d’ornementation dont il a fait les premiers spécimens il y a près de dix ans. Ce sont les poteries qu’il a désignées, improprement du reste, sous le nom de cloisonnées.
La poterie ordinairement de pâte blanche ou à peu près est cuite en fort dégourdi. Le façonnage et la cuisson se font par les procédés ordinaires, tournage, moulage : les pièces sont cuites dans un petit four au bois ou à la houille ; on dessine alors avec du cuivre en poudre au pinceau les traits que le dessin doit former ; on cuit de nouveau, l’oxyde de cuivre se forme au contact de l’air par suite de l’oxydation du cuivre métallique et forme un linéament noir qui ne se laissera pas mouiller parles émaux ou couleurs qu’on rapportera, soit à la spatule, soit au pinceau pour remplir les ornements laissés sur la pièce. On se sert pour ce genre de travail d’émaux opaques ou d’émaux transparents; on obtient delà sorte une série de pièces d’un aspect nouveau qui jouissent au plus haut degré d’un caractère décoratif.
Fonds Goddé. On donne ce nom d’après celui de l’inventeur à des pièces émaillées non plus au moyen de surfaces unies plus ou moins en relief, mais à des fonds vermiculés placés soit sur toute la pièce, soit seulement sur certaines parties qui concourent à la décoration de l’objet conjointement avec d’autres ornementations empruntées le plus souvent à l’émaillage proprement dit.
M. Goddé a été conduit à ce procédé par l’observation de quelques accidents qui s’étaient produits sur la porcelaine tendre. Lorsque les fonds turquoises ne sont pas de bonne qualité, il arrive quelquefois des déplacements qui rendent chagrinée ou peau de crapeau la surface de la pièce ; c’est lorsque le turquoise contient par suite d’un dosage non compris des sels solubles dans l’eau, sulfate de soude, chlorure de sodium.
M. Goddé s’est trouvé conduit à faire addition de ces sels aux émaux en général pour reproduire à volonté et souvent avec une très-grande régularité les vermiculures, bouillons qui n’étaient primitivement que le résultat d’accidents.
On peut expliquer ce qui se passe : quand on délaye l’émail en poudre au moyen d’une dissolution minérale concentrée, il
NOTES ET ADDITIONS. 1 7^9
ne larde pas à se produire, par le fait de l’évaporation spontanée une cnstamsation regulràre du sel; elle dérange l’uniformité fond ; il se forme ainsi des ramifications cristallines nui, ne pouvant etre, d’après leur nature, décomposées par le sel même
à 1 état de fus, on, déterminent des irrégularités curieuses sur la surface de la glaçure.
II est inutile d’ajouter que ces irrégularités peuvent être imi-
ées a la main, mais si le travail se manifeste avec plus de symétrie, il est plus coûteux. J
Faïences décoratives de Gien. La fabrique de faïence de Gien ondée parMM. Guérin et Geoffroy, s’estadonnée, depuis 1867 à la confection des faïences artistiques. Son succès a été complet.
La fabrique de Gien a fait concourir ses moyens d’action à I obtention de produits d’art rappelant les anciennes poteries de Rouen de Nevers, de Moustiers. Elle a parfaitement imité beaucoup des terres de pipe renommées des siècles passés. Elle a ait auss, le meilleur choix, pour les adapter à la décoration des faïences modernes, des dessins fournis par les anciennes écoles qui se sont succédé depuis la renaissance en Italie d’abord, en France ensuite, jusqu’aux époques de Louis XV et Louis XVI
11 reste à se demander si la fabrique de Gien n’a pas à se reprocher dans son propre intérêt d’avoir trop produit et surtout d avoir mis dans le commerce des pièces ne présentant pas toutes es qualités d une fabrication irréprochable.
Poteries vernissées de Sèvres. Depuis la dernière guerre les nécessités de son budget ont forcé la Manufacture nationale de ■ Sèvres de cesser la fabrication de la faïence et celle de la poterie vernissée, genres dans lesquels, depuis 1855, elle avait produit des pièces remarquables, grandes vasques, vases de jardins objets d’étagères, plats en terre rouge ou blanche, les premiers recouverts d’une glaçure opaque à l’étain, les seconds en vernis transparent incolore ou coloré.
Parmi tant d’objets remarqués par leur forme ou leur dimension, il est bien difficile de choisir les exemples qu’il conviendrait de citer pour présenter ici l’histoire complète des fabrications tentées à diverses époques par ce célèbre établissement Je me bornerai pour l’instant à définir quelques poteries qui
750 NOTES ET ADDITIONS
ont eu assez de succès et dont certainement la fabrication ne s’est trouvée interrompue que devant la suppression des ateliers qui s’en occupaient. Je veux parler des faïences imitant la mosaïque ; ces poteries vernissées résultant de tours de mains trèssimples qu’on peut emploj^er, partout ailleurs, du reste, et sur toutes espèces de poteries, ont comme caractère spécial une certaine originalité. Leur préparation repose sur l’application de trois principes que je poserai tout d’abord.
Premier principe. — Lorsque, sur une poterie à pâte perméable, on a mis une glaçure susceptible de tressailler, la couleur qu’on peut appliquer sur la glaçure se dessèche sur les tressaillures par suite de la capillarité d’abord, ensuite par l’action de la porosité que possède le corps de pâte, de telle sorte que si l’on pose sur la pote.rie, surtout sur des parties verticales, une couleur très-étendue d’essence pour qu’elle puisse couler, on remarque d’abord que toutes les tressaillures apparaissent en mat et qn’elles forment autant de barrages qui s’opposent à la coulure du haut en bas. Il en résulte que la couleur semble s’accumuler dans les parties anguleuses en se dégradant d’intensité de nuance, ce qui forme une sorte de mosaïque.
Deuxieme principe. — Si l’on soumet à la chaleur convenable pour cuire dans le cas qui précède la pièce décorée, pâte et biscuit, on fait disparaître toute espèce de tressaillures, et la pièce sort intacte du feu, en admettant que dans cette circonstance la tressaillure soit un défaut.
Troisième principe. — Lorsqu’on étend sur une surface mise • en glaçure une couleur quelconque porphyrisée convenablement délayée dans de l’essence de térébenthine maigre, suflisamment graissée pour l’emploi, et qu’on projette avec un blaireau des gouttes d’esprit-de-vin ou d’esprit de bois, chaque goutte qui tombe déplace la couleur et forme une auréole sur la circonférence de laquelle la couleur s’est accumulée. Si deux ou plusieurs gouttes se rencontrent, il en résulte des effets bizarres qui reproduisent les formes de certaines pierres naturelles, agglomérats, amas pisolithiques, oolithiques, etc., dont on peut tirer parti dans la décoration. Il est inutile de dire qu’on peut
NOTES ET ADDITIONS
«U moyen de retouches postérieures terminer une ressemblance que le hasard n’a fait qu’ébaucher. b
Quatrième principe. - Quand on fait usage d’émaux nu h. glaçures proprement dites colorées opaques ou transparentes on peut obtenir par superposition et par réaction, entre les di’ verses matières en contact des effets encore plus varié. . -,
JrincTpes™8’ C°U'UreS’ disSO,ulions ou Palpitations de certain!
J'ai fait une centaine d’échantillons de ce aenr» i coup sont déposés au musée céramique de Sèvres à “ppuÜ
Argile de Ketourneloup . ^
Argile de Fresles . „r
Sable d’Aumont .
Les émaux sont ceux dont j’ai déjà donné la composition dans la deuxième édition de ce livre et dont on trouvera ta “ paration plus haut page 740. **
et dnnt'(|UleUrS S°^* Ce^les qu^ composent ta palette de Sèvres fy revei!0mP0S“10n "* 'S*'6”6"1 11 » donc pai
§ 6. Des boutons en pâte céramique.
S il est une fabrication qui puisse donner une idée de l’avantage des procédés mécaniques appliqués à la céramique c’est assurément celle des boutons en pâte feldspathique. II est vrai que la petite dimension des objets fabriqués se prêtait à merveille à leur laçonnage par la voie des machines ; car la plupart des inconvénients des procédés mécaniques signalés t. I, page
142, disparaissent pour des pièces petites, convexes et épaisses en comparaison du diamètre.
La fabrication des boutons en pâte feldspathique se rapproche rait, ainsi que je l’ai dit, de l’art de ta vitrification, si les pro-
cédés de façonnage avaient le moindre rapport avec ceux employés par le verrier. La nature de la masse fondue est plutôt vitrique, et la composition de la pâte ne renferme aucun mélange plastique. Mais les procédés employés pour façonner ces boutons, l’introduction du phosphate de chaux dans la préparation, les méthodes de cuisson appliquées à leur cuite, soit en blanc, soit en couleur, ont tant d’analogie avec les moyens correspondants employés par le potier de terre, que ces boutons ont reçu dans le commerce le nom de boutons en pâte céramique. Il est vrai de dire aussi que ce nom leur a été donné parce que les premiers objets de même forme fabriqués, il y a plus de quarante ans par Potter, étaient faits en pâte de porcelaine, et que le felspath pur ou additionné de chaux n’a été substitué que bien tard à la pâte de porcelaine, et alors que le produit était déjà répandu dans la consommation.
La fabrication des boutons par voie mécanique a été reprise en Angleterre, il y a près de vingt-deux ans; l’inventeur, Prosser, substitua la pâle de porcelaine tendre à la pâte de porcelaine dure, et modifia complètement la disposition de tout le mécanisme. Ses brevets furent exploités concurremment par deux manufactures célèbres, celle de MM. Minlon et Compagnie à Sloke-upon-Trent, et celle de MM. Valter-Chamberlain et Compagnie à Worcester.
En France, la fabrication des boulons est pratiquée sur une très-grande échelle. Dans la manufacture de Creil, on a suivi à peu de chose près les méthodes anglaises. En Allemagne on se sert encore de ces méthodes, mais seulement pour quelques produits spéciaux. A Briare, où M. Bapterosses a transporté son établissement de la rue de la Muette, on travaille suivant les procédés perfectionnés dont il est l’inventeur, et qui lui ont été garantis par un brevet du 4 novembre 1844. La fabrique de Creil a cessé cette fabrication.
J'ai été plusieurs fois admis dans la manufacture de Creil ; j’ai de même visité l’usine de la rue de la Muette ; mais n’étant pas autorisé par les propriétaires à décrire les procédés ingénieux que j’y ai vu pratiquer, je ne puis que transcrire ici les documents qui ont été publiés et que j’extrais du rapport fait par
ln?ern\ll"“m1!’enC0Uragement’ et W»»*> en
“I formée sénéralem»‘ «m-
Pour donner au bouton cuit une Tramlu Jdité°S m ^ ** moulée tout à fait sèche On i . "S‘UC,dlté suffisante; elle est pour le moulage et le m • U1 , °nne ^ant indispensable
■ ée. La poudre préparée est mou ée à P de de"6 œ°dé-
à balancier q„i frappent les bouton
£ f0urs où >'» colt la porcmeîainèTe„dre ftçonTl ^
:i^raanièreq„eeLedeS
•£ “:P^:;rrnt radicaieme"t * *■
• «c machine qni ne frappe plus utlo t C°mp°Sition des P«es, tons d’un coup de bâtancL I bl °uto'’> ma,s Clnf cents bouconsidérablement perfectionnés P “* CUiS>?n °nt élé
- ^^::zra,ités 1 16 bou—
ohaLuax»exP::;:r:fded;uré,rge de pi»de
pour enlever le fer qui se trou PUF’ 1&Vé aux acides
des minéraux nat Zs uZT T1'^ ^ '* spath pur. C'est ici du feîspath ^ s ras® est composée de feld-
pétrosi.ex; le plus fusible est le me neur Une ZT^ lait est introduite dans h nAt , Une petite quantité de
pour lui donner le 1" nt^S"6,?
apres une dessiccation convenable ’ TT ^ ? 6 PU,SSe S6 mouler
1er à la fois cinq cents boutons, et Yolrilrq™™**1 m°U'
irapper de deux à trois couns à u • q d lge peut
presse, les boutons 7enZZ\t ^ ^ de la
NOTES ET ADDITIONS
placés sur la plaque de terre qui doit les supporter dans le four.
Les appareils qui servent à la cuisson des boutons sont ronds ou rectangulaires, mais le principe de leur construction est, le môme dans les deux cas. Le foyer est central comme dans le four à cristal; un certain nombre d’arches se partagent l’espace à l’entour du foyer, et chacune d’elles reçoit six ou sept moufles superposés. La flamme s’élève du foyer jusqu’à la voûte du four pour redescendre dans chacune des arches et en circulant tout à l’entour des moufles jusqu’à des carneaux placés à la partie inférieure et qui vont se réunir dans une cheminée centrale. Les fours ronds de M. Bapterosses ont soixante moufles, les fours rectangulaires n’en ont que vingt-huit; ils peuvent rester en feu plusieurs mois consécutifs sans avoir besoin de réparations. Actuellement les fours ronds sont abandonnes; les fours rectangulaires contiennent 32 mouffles au lieu de 28.
Chacun des moufles peut recevoir une plaque de terre de même dimension que la feuille de papier sur laquelle se sont rangés les boutons au sortir de la presse. Quand la plaque est rouge, l’ouvrier vient poser dessus la feuille de papier recouverte de boutons; le papier se brûle et les boutons se trouvent placés sur la plaque de terre rouge dans la position symétrique qu’ils avaient au moment du moulage. Les plaques sont remises au four ; elles y restent dix minutes environ, temps suffisant pour les cuire. On retire la plaque, on enlève d’un coup de rable les boutons qui la recouvrent, et comme elle a conservé presque toute sa chaleur, elle peut servir immédiatement à à une nouvelle opération.
Si l’on n’avait la précaution d’enlever par des lavages acides la totalité de l’oxyde de fer contenu dans la pâte, les boutons cuiraient jaune ; ils sont d’un blanc parfait, quand on enlève les dernières traces de cet oxyde. Ce fait donne raison, ce me semble, à l’explication que j’ai présentée t. I, p. 723, sur l’enfumage de la porcelaine. Dans les conditions de cuisson des boutons à feu continu, l’atmosphère qui les entoure, entièrement éloignée de tout mélange avec les gaz provenant de la combustion, est nécessairement oxydante.
Un four de soixante moufles, qui peut cuire en vingt-quatre
NOTES ET ADDITIONS
heures cinq cents masses de boutons, brûle dans le même temps environ 6,000 kilogr. de bouille. Un ouvrier est attaché a chaque rangée de moufles et travaille pendant douze heures consécutives.
La manœuvre des plaques est facilitée par la tourne t, te ; c’est
une plaque métallique à deux rebords verticaux, de la largeur
des plaques de terre quelle doit recevoir, fixée horizontalement
sur un axe vertical qui peut recevoir un mouvement de rotation.
Les boutons cuits sont reçus dans des appareils ingénieusement disposés dont on trouvera la description et la figure dans le Bulletin de la Société d’encouragement (51e année, p. 828). Ces appareils sont des espèces de caisses à claires-voies* disposées par juxta-position autour d’un axe mobile qui leur permet de se présenter tour à tour devant l’ouvrier qui se prépare à vider sa plaque de terre rouge et chargée de boutons cuits. Une plate-forme fixe, analogue à la tournette dont il vient d être question, est solidement rivée sur la caisse commune qui doit réunir, après le refroidissement, les boutons provenant d’une série de cuissons successives. Chacune de ces caisses a son fond mobile autour d’un axe horizontal se confondant avec l’arête inférieure opposée à l’axe vertical qui sert de pivot
à t0Uti le mécanisme- A l’aide d’une simple pression sur des tiges de fer que des ressorts à boudin maintiennent relevées le fond s ouvre en s’abaissant et les boutons tombent dans la caisse commune qui se trouve alors au-dessous. La caisse vide est prête à recevoir une nouvelle cuisson. Les boutons se refroidissent pendant le temps que la caisse met à revenir à cette dernière position.
En introduisant dans la pâte des boutons différents oxydes métalliques, on obtient des boutons teints dans la masse. On a préparé des boutons bleus de nuances variées avec l’oxyde de cobalt, seul ou mélangé d’oxyde de zinc ou d’alumine, des verts de diverses nuances avec l’oxyde de chrome, des gris avec l’oxyde de nickel, des bruns avec le chromate de fer, des noirs avec l’oxyde de cuivre, etc. Ces pâtes colorées se cuisent exactement comme si les boutons étaient en pâte blanche.
NOTES ET ADDITIONS
Les boutons blancs ou colorés dans la masse sont triés et livrés à l’encartage; mais ils peuvent être dorés ou peints des couleurs très-variées que fournit la palette du peintre en porcelaine. La dorure ou la peinture se fait au moyen de l’impression. Des cylindres d’acier gravés permettent d’obtenir le transport de la couleur sur un papier sans fin. L’impression s’effectue par des moyens très-simples et très-rapides sur les boutons collés préalablement sur une feuille de papier, et la cuisson s’opère dans des fours analogues à ceux qui servent à la cuisson des boutons blancs, c’est-à-dire à vue, à feu continu, et par des moyens tout à fait semblables à ceux que je viens de décrire. Il n’y a de différence que dans la température qui atteint à peine le rouge-cerise, tandis qu’elle s’élève jusqu’au blanc dans les fours à cuire la pâte à boutons.
La dorure appliquée comme couleur de fond deviendrait dispendieuse; on l’emploie plus volontiers pour faire des filets sur le bouton, qui doit alors recevoir du brunissage un éclat qui le complète. Je ne puis rien dire de l’appareil dont on se sert pour faire ces filets et pour les brunir, si ce n’est qu’il est, suivant moi, tout à la fois simple et élégant; je n’y suis pas autorisé par M. Bapterosses.
L’encartage se fait sur des cartes piquées àlamachine; mais l’encartage proprement dit est la seule opération qui ne se fasse pas mécaniquement ; aussi coûte-t-il 48 à 50 centimes par masse, c’est-à-dire en moyenne 30 p. 100 du prix de la masse des boutons blancs.
M. Bapterosses employait dans son établissement de la rue de la Muette 700 personnes; 400 femmes étaient occupées au dehors pour l’encartage des boutons. Actuellement le personnel de Briare est de 1,600 employés.
Les moyens perfectionnés par M. Bapterosses et la concurrence qui se maintient entre ses produits et ceux obtenus par les procédés anglais ont amené sur les prix de vente une baisse considérable; l’accroissement de la consommation a dû s’en ressentir. Les prix se sont abaissés de 8 fr. la masse encartée (prix de 1845) à 1 fr. 75 c., etmême 1 fr. 15 c. La fabrication de M. Bapterosses atteint aujourd’hui de huit cents à
NOTES ET ADDITIONS. 757
mille masses par jour, y compris cent cinquante masses de
boutons imprimés, ces derniers au prix moyen de 4 fr. la masse »
M. Ebelmen termine son rapport, duquel les détails qui précèdent sont extraits, en constatant un résultat des plus honorables pour l’industrie française : la fabrication des boutons a cessé complètement aujourd'hui dans la Grande-Bretagne el les cessionnaires du brevet Presser achètent maintenant’ en France les boutons qu’ils revendent en Angleterre
.J" df T, re faUS' P'Usieurs fabri^s Wb. ont
tenté de s établir concurremment à Paris ou dans quelques
pays voisins. A Paris, les tentatives ont échoué; elles n’ont pas
réussi davantage en Espagne; mais il parait que l’Allemagne.
e duché de Bade en particulier possèdent des manufactures
de boutons en voie de prospérité; elles ont été fondées par des
employés infidèles sortis de l’usine de la rue de la Muette ù a ans.
§• ^ • Pièces artistiques de Sèvres.
Je pourrais borner ici l’addition qui précède, et les développements qu elle comporte; mais il m’a semblé que la question d art pouvait fixer un instant l’attention du lecteur, et qu’il me serait permis de cher ici quelques pièces artistiques d’un caractère céramique remarquable, sortiesjde la Manufacture de Sèvres que Auteur de cet ouvrage a dirigée pendant quarante-sept ans avec amour, avec succès et avec la plus grande modestie.
M. A. Brongmart sera considéré pendant longtemps encore comme le modèle des Administrateurs, intègre, élevé de cœur et de manières, sévère amant pour lui-même que pour les autres, actif et désintéressé, passionné pour l’Établissement dont ,1 se regardait à juste titre comme le protecteur naturel Sa mémoire sera vénérée bien longtemps encore.
Les quatre figures qui suivent reproduisent des formes nouvelles très-appréciées à l’époque de leur production non-
seulement à cause de leur décoration, mais par appropriation à leur destination.
La ligure ) représente un vase forme fuseau de 60 centimètres
NOTIÎS ET ADDITIONS.
de hauteur et 17 de diamètre. Une riche monture en argent oxydé s’harmonise très-bien avec les figures qui s’enlèvent sur fond blanc et représentent en couleurs très-tendres les sujets copiés par M. A. Schilt d’après Prud’hon,
La figure 2 est une lampe en pâte blanche, avec ornements en reliefs; la monture est en bronze doré. La forme et les basreliefs sont dus au talent de M. Klagmann. La figure couchée
Fig. t. Fig. 2.
sur l’abat-jour symbolise la nuit. Cette pièce a été exposée en 1850. Hauteur, 60 centimètres. Diamètre, 17 centimètres.
La belle coupe du travail (fig.3) fait actuellement partie de la collection du Conservatoire des Arts et Métiers: la composition est de M. Diéterle, qui fut, de 1818 à 1856, chargé de la direction des travaux d’art à la Manufacture de Sèvres; il sut, dans ces fonctions délicates, introduire un goût nouveau, sobre et déco-
NOTES ET ADDITIONS. 7g<j
iatif, élégant, dont l'influence est encore sensible. La hauteur, de la coupe est de 87 centimètres ; son diamètre est de 1“,14.
La figure 4 représente un grand vase forme Berlin. Hauteur 1 mètre; c’est l’imitation d’une forme chinoise. Les ornements
en relief sont en pâte blanche se détachant sur un fond vert céladon clair. Le décor a été fait par M. Ghoiselat. Le collet et 6 P^d sont ornés d’une frise en pâte de couleur d’un très-bel eliet. Ces pâtes sont rehaussées d’or bruni.
Cette pièce représente un progrès notable sur les premiers vases décorés par Fishbag par les procédés de sculpture pâte sur pâte dont Ebelmen fait honneur à M. L. Robert dans le livret de l’Exposition de Sèvres, en 1849.