PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XI
A mesure que les produits céramiques se sont perfectionnés , embellis et enrichis , ils ont demandé , pour obtenir ces diverses qualités, des secours aux sciences, et ont exigé , dans les personnes qui veulent les fabriquer avec distinction et succès , des connaissances très-étendues en chimie et même en physique. L’art céramique, dans ces nobles emprunts, n’a été au-dessous ni de la métallurgie ni de la mécanique.
Le tableau que je viens de tracer des qualités et particularités qui caractérisent l’art céramique, n’a pas eu pour but de faire ressortir ces qualités , ni de donner aucune /• prééminence à cette industrie sur les autres, mais d’expliquer pourquoi des hommes qui diffèrent si notablement daïis l’objet de leurs études , prennent tous de l’intérêt à cet art, d’expliquer comment l’ouvrage que je publie s’est étendu beaucoup au delà de ce que j’avais présumé, comment j’ai dû aborder des questions d’histoire, d’archéologie, d’art, de physique , de chimie , de mœurs et même de phvchoiogie ('); comment j’ai pu et dû parler de tant de choses si différentes entre elles et qui , au premier aspect , paraissent étrangères à l’industrie céramique ; comment j’ai pu le faire sans cependant sortir de mon sujet , mais en lui donnant au contraire plus d’intérêt par les points de vue latéraux au’ ouvrent ces considérations; comment aussi les secours nécessaires pour atteindre ce but et qui m’ont été si obligeamment accordés, pourront intéresser à cet art ceux qui les ont fournis.
Cette variété d’objets exige cette variété de secours; elle exigerait cette même variété de connaissances dans celui qui doit les employei ; mais peu d’hommes les possèdent asez profondément pour s’en servir sans erreurs. On sait qu’on n’échappe presque jamais à ce genre d’er*
<M Dans ce que j’ai dit sur le goût général de l’ornementation. Vol. 1 , p. 389.