DANS LES PATES
plomb ; reprises ensuite et exposées immédiatement à une température rouge-blanc dans des cornues de porcelaine parfaitement sèches , ont manifesté de la manière la plus évidente l’eau qu’elles renfermaient encore, de manière cependant que les Poteries indiennes qui sont si peu cuites, sont aussi celles qui en ont donné le /plus; ensuite les Poteries grecques, dites improprement étrusques ; puis les Poteries romaines rouges , à texture généralement plus dense que les autres. On ne peut attribuer cette eau à l’humidité hygrométrique que ces vieilles Poteries ont pu absorber, puisque d’une part elle aurait dû être entièrement chassée par la haute température de dessiccation à laquelle on les a tenues , et que de l’autre l’eau ne s’est montrée dans la distillation que quand les fragments de Poteries ont été amenés à une chaleur incandescente très-élevée.
L’eau paraît donc adhérer avec une grande puissance aux pâtes céramiques -, cette puissance est telle , qu’une longue dessiccation, aidée d’une élévation de température à -f- i oo d. c. , ne suffit pas pour l’en chasser entièrement ; il faut une chaleur rouge au moins égale à celle de la fusion de l’argent pour opérer cette expulsion.
Cette adhérence est d’autant plus grande que la pâte est plus argileuse, plus plastique et par conséquent moins dégraissée; le dégraissage par les matières arides paraît donc avoir pour but principal de permettre à l’eau de se dégager facilement et également , de manière à ce que la pâte reste d’une égale densité dans toutes ses parties ; il faut faire en sorte que la dessiccation puisse s’opérer lentement. L’une des principales précautions du Potier est d’éviter une dessiccation trop rapide, qui est toujours inégale.
Le second inconvénient de la dessiccation rapide est de produire à la surface des pièces une croûte desséchée et dense qui s’oppose à la sortie de l’eau de l’intérieur de ces pièces , si leurs parois sont épaisses, en sorte qu’une pièce ainsi séchée et qui paraît l’être complètement, renferme encore de l’eau dans l’intérieur de ses parties épaisses. Cette eau , vaporisée par la haute température de la cuisson, fait alors briser et même éclater la pièce en plusieurs morceaux.