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PAR PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

tine , ne puisse pas traverser le fond , perméable à l’eau , sur lequel elle repose.

M. Alluaud a établi un appareil propre au raffermissement de ses pâtes de porcelaine par la Pression atmosphérique. J’en donne ici le dessin et l’explication , qu’il m’a communiqués dans le temps avec une grande générosité. Quoiqu’il soit particulièrement applicable à la porcelaine, je n’ai pas cru devoir l’omettre dans les considérations générales qui appartiennent à ce genre d’opération.

Cet appareil , PI. ix, fig. 3, A, B, dont la construction a été dirigée par M. L. Talabot , se compose des pièces suivantes :

1° De deux cylindres en forte tôle, (a, a), garnis près de leurs sommets de robinets à air (è, b).

Ces cylindres communiquent par des tuyaux courbes (c, c, c, c ) haut et bas, à 2 grands robinets à quatre eaux avec stuffenbox (d, d).

Ces deux robinets se manœuvrent simultanément au moyen de la tige en fer ( t , fig. A), qui en traverse les clefs, et du levier (m), adapté au haut de la tige.

Le robinet supérieur (d) sert à mettre alternativement chaque cylindre en communication avec le tuyau ( e , e. fig. B), par lequel arrive l’eau d'un réservoir O, et avec les entonnoirs (n, n), dans lesquels se fait la filtration , au moyen du grand tuyau (/", f, fig. B); de cette manière un des cylindres est en communication avec le réservoir d’eau alimentaire, et l'autre avec les filtres.

Le robinet inférieur (d) sert à vider alternativement les cylindres au moyen du tuyau de décharge {g, g) qui plonge dans le réservoir (h, fig. A). Les robinets sont montés de telle sorte que le cylindre qui s’emplit est fermé par le bas, et que le cylindre en vidange et dans lequel s'opère le vide, est seul en communication avec les filtres.

2° De quatre grands entonnoirs ronds en fonte (on n’en a figuré que deux), de 1 mètre 50 centimètres de diamètre (n, n ). Ils communiquent avec le cylindre vide par le grand tuyau longitudinal [f, f) au moyen des petits tuyaux j ) garnis chacun d’un robinet (/c, fig. A et B).

Sur un point quelconque du tuyau (f) est adapté en dessus un tuyau en plomb qui communique à un manomètre à mesure , indiquant la force de Pression sous laquelle fonctionne l’appareil.

L’ouverture (i) de chaque entonnoir est surmontée d un fort grillage en fonte ; le reste de la partie conique des entonnoirs est garni de galets qu’on recouvre d’un feutre épais, spongieux et perméable à l’eau.

Ce feutre est luté sur les bords de l’entonnoir avec un colombin de pâte dans lequel il est soigneusement enroulé; au-dessus du feutre, on

110 RAFFERMISSEMENT DES PATES

étend une grosse toile d’étoupe, sur laquelle la pâte raffermie se dépose.

Supposons, maintenant, que les entonnoirs soient emplis de pâte molle, tout sera disposé pour mettre l’appareil en fonctions.

A cet effet , on ouvrira le robinet ( q ) du réservoir (O, fig. 5); l’un des cylindres (a), dont on aura ouvert le robinet à air (b), se remplira d’eau.

Le cylindre étant plein, ce qu’on reconnaîtra à l’eau qui s’écoule par le robinet à air, on fermera ce robinet , et on fera le vide en changeant la position des clefs des robinets (d, d) , au moyen du levier (m).

Le cylindre plein se videra par le tuyau de décharge (g, g), et se trouvera en communication avec le tuyau ( f , f), les entonnoirs et le manomètre, qui indiquera aussitôt le degré de vide obtenu.

Pendant que l’appareil sera ainsi en fonction, le deuxième cylindre se remplira d’eau.

Le mercure s’abaissera insensiblement dans le manomètre, à raison de l’air qui se dégage de l’eau de la pâte.

Pour rétablir un vide plus parfait dans les entonnoirs , on tournera les clefs des robinets (d, d), et le vide se fera dans le deuxième cylindre, qui se trouvera à son tour en communication avec les entonnoirs.

Après trois ou quatre manœuvres semblables en quarante ou quarante cinq minutes, la pâte déposée sur les entonnoirs sera raffermie.

Dans cette opération , la pâte molle qui contenait un peu plus de 50 p. 0/o d’eau, n’en retient qu’un cinquième, et acquiert une plasticité remarquable.

La couche de pâte raffermie qui se dépose sur les filtres oppose d’autant plus de résistance au passage de l’eau , que cette couche est plus épaisse. Aussi accélère-t-on le travail en n’opérant pas sur une trop grande quantité de pâte à la fois. Une couche de 15 à 16 centimètres de pâte liquide qui se réduit à 6 ou 7 centimètres de pâte dure , se raffermit en quarante-cinq minutes.

En employant toujours la même eau pour faire le vide , elle se purge de l’air qu’elle tient en solution , et le vide se maintient mieux dans les appareils.

Lorsque l’opération est bien dirigée, on obtient une Pression atmosphérique = 0m,70 , l’appareil étant placé à 256 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans l’ensemble de l’opération, la filtration se fait sous une Pression moyenne de 0m,55 à 0,n,60.

Si on était situé dans une localité où il y eût un cours d’eau et une pente d’environ 12 mètres qui permît de faire un puits avec conduit d’écoulement à celte profondeur, on trouverait à c*t appareil un avantage beaucoup plus grand que quand il faut monter l’eau et la barbotine de pâte à une élévation de plus de 12 mètres.

M. de Caen, à Arboras, a également appliqué la Pression atmosphérique en opérant le vide au-dessous de la trémie qui ren-

PAR PRESSION ATMOSPHERIQUE.

ferme la pâte en barbotine, au moyen de la condensation de la vapeur d’eau de sa machine à vapeur dans des cylindres placés au-dessous de la trémie qui renferme la pâte en barbotine. Son appareil est en principe le même que celui de M. Alluaud. Les trémies en fonte , dont je

donne ici un croquis, font M

voir la disposition de la grille placée sur l’ouverture du tuyau V par où l’eau s’écoule du lit de galet T qui forme le fond filtrant du molleton de laine M étendu sur les galets et sur lequel la barbotine est placée. Comme cet appareil a très-bien fonctionné, et que dans la fabrication de M. de Caen, consistant principalement en faïence fine de diverses qualités , on emploie une pâte bien plus plastique que celle de la porcelaine, il fournit un exemple de son efficacité pour ces sortes de pâtes généralement plus difficiles à raffermir que les pâtes à porcelaine.

Il y a quelques considérations à faire sur les différents modes de raffermissement des pâtes céramiques.

Pour que le raffermissement par Pression ait tous ses avantages, il faut, comme le pratiquent MM. Fouques et Arnouxdans leur faïencerie de Saint-Gaudens , remplir les sacs vingt-quatre heures d’avance, et avoir mêlé à la pâte environ un quart de tournassure. Cette pâte, qui est très-plastique en sortant du sac, se raffermit tellement au bout de vingt-quatre heures de son exposition à l’air, qu’il n’est plus possible de lui rendre sa mollesse par une addition d’eau. 11 faut alors la laisser tout à fait sécher, la pulvériser et la ramollir par humectation.

On a reconnu dans quelques fabriques de porcelaine où la méthode de raffermissement par ébullition a été employée avant celle par Pression, que la pâte pressée avait plus de plasticité que la pâte qui avait bouilli , et qu’elle était par conséquent plus facile à travailler (*).

(*) MM. Honoré, Chalot, Discry, Latrille, etc.

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