C0UP-D'<EIL RAPIDE
d'un droit annuel de 4 pour loo, calculé sur le prix de facture, à partir du jour où ik sont entrés dans les magasins, jusqu'à celui où ils en auront été retirés pour la consommation ou pour l'exportation.
Les effets et marchandises transitant par l'isthme de l'Atlantique a la Mer Pacifique , et de la Mer Pacifique à l'Atlantique , paieront seulement 2 pour 100 de droit de transit, calculé sur le prix de facture.
Ces entrepôts ont déjà les plus heureux résultats.
Informations sur le choix des cargaisons.
Les articles d'importation , à l'exception des armes et munitions de guerre, sont presque les mêmes que du tems des Espagnols.
Les habitons préfèrent toujours les vins de Catalogne aux vins de Bordeaux; de même les eaux-de-vie d'Espagne , le savon et les papiers de l'ancienne Métropole , sont préférés aux articles semblables provenant de France.
Notre mercerie est très-recherchée; mais les Anglais ont la préférence pour la quincaillerie et les cotonnades.
Nos perkales et nos mousselines imprimées paraissent d'une telle perfection de goût et d'une telle supériorité pour la fixité des couleurs , que nous n'aurions point de concurrens, si nous étions moins chers. On peut en dire autant de nos draps et autres lainages.
Nos bretagnes sont de tous les tissus de fil ceux dont la consommation est la plus générale. Bien choisies , et sur-tout bien pliées et bien calandrées , elles sont assurées d'un grand débit.
Les batistes , les dentelles , les blondes , les gazes , et autres objets de toilette , les bas de soie brodés ou à jour , sont d'une vente facile ; enfin , nos soieries sont préférées à toutes les autres; mais il faudrait n'en porter que dans la qualité de 5 à 6 fr. l'aune, prix de manufacture.
Indépendamment de ces articles de choix, tous autres articles de marchandises sont susceptibles d'être importés dans la Colombie.
Les marchandises importées par navires anglais paient les mêmes droits que si l'importation avait eu lieu par navires colombiens, d'après un traité conclu le 18 avril 1820 avec Angleterre.
Par la nouvelle loi des 8 et iô mars 1826, tous les droits d'entrée antérieurement connus sous diverses dénominations, sont réunis en un seul, appelé droit d'importation. Pour faciliter la perception de ce droit , les marchandises sont divisées en six classes. Mais , par un décret du 7 décembre suivant , ces marchandises ont été assujetties en outre à une taxe additionnelle, dite aleabala, de cinq pour cent du prix de vente.
Exportations.
D'après la loi dos 9 et i5 mars 1826, ne paient aucun droit d'exportation, les produits manufacturés dans la république, le café, le quinquina, le colon, le riz, le maïs, et les autres denrée? de première nécessité, ainsi que les métaux monnayés.
Est prohibée l'exportation du platine et de l'or, et de l'argent en lingots ou en poudre, a l'exception de l'or en poudre ou en barres, et de l'argent en barre ou en lingots, provenant des mines du département de l'isthme, ou qui auraient été importés de l'étranger dans le même département , lesquels pourront être exportés sous le paiement des droits établis.
Du reste, le pouvoir exécutif peut, pendant la durée de la présente guerre, prohiber temporairement la sortie , par les ports de la république qu'il jugera convenable de désigner, des mules, des chevaux, ou de tous autres articles de première nécessité pour la vie.
Le Pérou, borné, au nord, par le Popayan , à l'est, par le pays des Amazones, au sud, par le Chili , à l'ouest, par la mer du Sud, et ayant six cents lieues de long du nord au sud, sur cinquante lieues de large; le Pérou, divisé aujourd'hui en deux gouvernemens séparés, sous les noms de la république du Pérou et de la république de Bolivia ou du Haut-Pérou (1), mais que nous considérons ici en grand, a été jusqu'à ce jour trop agité par les discordes civiles , pour qu'on puisse se rendre un compte exact du degré de prospérité commerciale auquel il peut un jour atteindre. On peut toutefois affirmer que, tant que ne seront pas rétablies avec sûreté ses relations avec Quito,
(1) Le Haut-Pérou, qui compose la nouvelle république de ce nom, contient plus d'un million d'habitans. Cette population possède des qualités qui paraissent devoir l'appeler à des destinées aussi prospères que celles des autres étais de l'Amérique méridionale. Les bommes y sont laborieux, sobres et patiens.
Malheureusement Bolivia ne possède qu'un port de mer, si même on peut appeler ainsi Bobija, petit havre situé sur la mer Pacifique, dans la province d'Atilama. Un désert sablonneux sépare Bobija de la ville d'Atilama, qui est elle-même éloignée de cent trente lieues de celle du Potosi. Le libérateur paraîtrait avoir l'espérance d'obtenir de la république du Pérou le port d'Arica, situé dans la province d'Arequipa. Le projet du libérateur parait être de transférer le siège du gouvernement à Cochabamba, qui jouit d'une température très-douce. Les richesses de Bolivia ne consistent pas seulement dans ses mines, mais aussi dans ses productions agricoles. ( Notice extraite du Courrier du Sojuin 1827).
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Guayaquil et' Mexico , les affaires des Européens y seront nécessairement bornées , parce que les productions de ces dernières contrées, la cochenille, la vanille, le quinquina, le cacao, les laines et les cuirs, forment une grande partie des cargaisons de retour.
Le commerce de ce pays n'a été jusqu'à ce jour exploité que par les Anglais et les Français. Ces derniers toutefois ne figurent que pour un quart dans la masse des affaires des deux nations. Les Anglais ne doivent leur prépondérance qu'à la supériorité de leurs capitaux cl aux soins qu'ils ont eus d'établir des maisons de commerce à Lima, capitale de ces vastes contrées.
Les bénéfices qu'ont produits jusqu'à ce jour les expéditions françaises, peuvent être évalués au taux moyeu de vingt-huit pour cent; on en cite qui ont rapporté jusqu'à cent pour cent. Mais ces bénéfice exorbitans n'ont pas toujours été le prix de la bonne foi; ce qui nous désaffectionne les habilans, et apporte un grand obstacle à l'extension de nos rapports commerciaux.
En effet , si l'on doit en croire quelques rapports, on se plaint de ce que des pacotilleurs français n'hésitent pas à tromper les naturels du pays sur la qualité de leurs marchandises , et cette fraude prend au Pérou nu caractère d'autant plus odieux, que presque tous les marchés se faisant par contrebande , les acheteurs sont obligés de s'en rapporter .1 la loyauté des vendeurs, et prennent livraison des colis sans examen.
Informations sur le choix des cargaisons.
Les articles qui sont le plus demandés au Pérou sont,
1°. Les toiles de lin de toutes les qualités; les qualités moyennes de six aunes à la pièce se vendent ordinairement de 1 55 à i/(o piastres; les cotonnades blanches, les bas de coton , les calicots pour chemises , les colonnades rayées et à carreaux bleus.
5°. Les draps, sur-tout les draps bleus, verts, noirs et bruns; les premières qualités sont de rj à 10, piastres, les secondes de 7 a 8 piastres; les velours et les rubans de toutes espèces, ainsi que les bonnes soies et les bons satins en toutes les couleurs; les flanelles, les casimirs, les schalls et les mouchoirs.
ô°. Toute espèce de verrerie et de poterie.
4°. Le fromage de Gruyère, les jambons fumés.
5°. Les cires blanches et jaunes; elles se vendent ordinairement 120 fr. le quintal.
6°. Les objets de luxe, tels que les dentelles, voiles, schalls et bijouterie; mais ils ne doivent être envoyés qu'en petite quantité.
11 ne faut importer au Pérou que de bonnes qualités. L'expérience prouve que les premières qualités sont celles qui donnent le plus de bénéfice.
Marchandises de retour.
Les articles de retour sont les cotons , les écorces , les laines de mouton et de vigogne , les peaux de daim, de chèvre et autres; la cochenille, la vanille et le cacao
de Guayaquil; mais tous ces produits sont rares, el les cargaisons se forment difficilement. D'où il suit «|ue les retours se foot ordinairement en espèces.
Les changemens politiques qui se sont succédé au Pérou pendant les dernières années, n'offrent aucuns documens certains, quant à l'application des tarifs et réglemens commerciaux. Les ports de Callao et de lluacho sont ouverts h tous les bâlimens des puissances neutres ou amies du Pérou , sous l'obligation imposée aux capitaines de se soumettre au paiement des droits, et d'observer les formalités prescrites.
Toute contrebande entraine la confiscation du navire et des marchandises.
Le Chili, grand pays fertile et facile à cultiver, situé le long de la mer du Sud, ayant près de trois cents lieues de longueur sur quinze à vingt de largeur; le Chili, découvert en iiw5, est resté colonie espagnole jusqu'en 18 18. Depuis, il forme un état indépendant divisé en treize provinces. Il comprend, en outre, l'Archipel de Chiloë, sur la côte sud. Santiago en est la capitale.
Si on en jugeait par ce seul fait que la consommation du pays, réunie à celle du Pérou, ne s'élève pas au-dessus de vingt ou vingt-quatre chargemens de produits européens, il paraîtrait que le commerce extérieur n'eût pris jusqu'à ce jour qu'une extension médiocre dans le Chili. Les cargaisons de retour se forment avec lenteur el difficulté, et souvent les navires reviennent sur lest. Cependant, cet état de choses est trop incompatible avec la fertilité du sol de cette contrée , ainsi qu'avec les avantages de sa position géographique , pour qu'on puisse lui assigner une longue durée. Aussi , les Anglais n'ont-ils pas négligé d'y former plusieurs élablissemens.
On nous donne pour certain qu'on compte au Chili douze maisons de commerce appartenant à celte nation. Dès lors on doit peu s'étonner de la supériorité que les Anglais ont acquise pour la vente de leurs produits. On estime qu'ils font à eux seuls, de même qu'au Pérou, les trois quarts des affaires commerciales du pays; le reste est exploité par 1rs Français, dont les maisons de commerce, fort peu nombreuses, honorent toutefois leur patrie par leur amour du travail et leur probité.
Le Chili ne semble pas moins offrir d'élémens de succès à la France, pour son corn merce , que les autres parties de l'Amérique du Sud, avec le secours du lems et de la persévérance; et en se contentant de bénéfices modérés, elle n'y aura plus à craindre aucune rivalité. Mais on déconsidérerait le commerce français parmi cette nation, si l'on usait envers ses habilans de fraude et de supercherie.
On doit faire remarquer que le commerce extérieur du Chili es' principalement arrêté dans son essor par l'établissement d'une compagnie qui s'est chargée de fournir annuellement au Gouvernement une somme de ôdô.ooo piastres, formant l'intérêt d'un emprunt contracté en Angleterre , moyennant la concession qui lui a été fuite de la vente
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exclusive des vins, liqueurs, tabac, thé et café. Alors, il n'y a plus de concurrence de la part des étrangers pour l'achat des denrées dont nous venons de parler. D'ailleurs, les privilèges de la compagnie réagissent sur les marchandises qui ue sont pas comprises dans son monopole , en raison du droit qui lui a été concédé de ne permettre qu'une station de quinze jours aux navires qui refusent de lui vendre leurs cargaisons.
Mais on fait espérer que ces abus touchent à leur terme, parce que, dit -on, la compagnie ne jouissant d'aucun crédit, ses capitaux étant faibles, ses charges envers le Gouvernement deviennent supérieures à ses bénéfices.
Informations sur le choix des cargaisons.
Les soieries, a l'exception des bas, les toiles de France, les draps, et préférablement ceux dont le tissu est léger , les armes de parade , la chapellerie , les câbles et cordages bien goudronnés , le beurre en double futaille , sont des articles ordinairement d'un débit sûr et facile. Nous ne parlons pas des vins et liqueurs , puisqu'ils ont été mis en monopole. 11 faut envoyer peu de marchandises à la fois , et dès lors employer des navires d'un faible tonnage.
Le commerce de l'horlogerie et des meubles est à peu près nul , parce que l'horlogerie est fabriquée sur les lieux mêmes par des ouvriers habiles que la maison Rosttcl , de Bristol, a établis dans toutes les villes de l'Amérique, et parce que les meubles étant frappés d'un droit de 4o pour 100 , ils ne peuvent soutenir la concurrence de ceux que fabriquent les ébénistes français venus au Chili.
Toutes les marchandises sans exception sont admises au Chili , et sont exempts de droits, le mercure, les livres, plans et cartes géographiques, les sabres, épées, pistolets, fusils, canons, poudre, balles et autres munitions de guerre, les presses à imprimerie , les inslrumens de physique , de mathématiques et de musique , les ustensiles et machines pour les manufactures. Les autres marchandises paient les droits portés aux tarifs de la douane.
Les crédits pour l'acquittement des droits d'entrée sont de six mois pour les nationaux et de quatre mois seulement pour les étrangers. Le paiement pour les premiers s'effectue par tiers, payables les troisième, cinquième et sixième mois; pour les seconds, par moitié, payable, l'une le troisième, l'autre le quatrième mois. Les négocians sont tenus, à cet effet, de souscrire des billets payables à vue.
Les navires arrivant avec un chargement a destination du Chili, doivent des droits de port fixés à un réal par tonneau pour les étrangers , et à un denii-réa! pour les nationaux.
Exportations.
Les exportations du Chili n'offrent, ainsi qu'on l'a vu, que peu d'avantages. On pourrail bien y charger des cuirs et du cuivre; mais les cuirs sont d'une qualité médiocre, en même lems que le prix en est trop élevé. D'un autre côté, le cuivre y est cher ot
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frappé de forts droits à la sortie; de sorte que rendu en Europe, il uc peut soutenir la concurrence avec les cuivres de Suède et d'Angleterre , auxquels d'ailleurs il est inférieur en qualité.
Toutes les marchandises , sans exception, peuvent sortir du Chili. Sont exempts des droits de sortie les cordages et agrès, le chanvre, le lin non filé, les vins, la hière, les liqueurs et le charbon de terre. Les capitaines peuvent même, après avoir débarqué leurs marchandises, les rembarquer pour l'exportation. Alors les droits d'entrée leur sont remboursés, déduction faite de ceux de réexportation.
Les bàtimens étrangers peuvent faire le cabotage, moyennant un droit de G pour 100 pour toutes les marchandises qu'ils ont à bord.
Le .Mexique, pays d'une vaste étendue, situé en grande partie dans la zone lorride, et baigrîé , d'un côté, par la mer du Nord, et de l'autre par la mer Pacifique ou la mer du Sud; le .Mexique, comme tous les pays des tropiques, est plus abondant eu fruits qu'en grains. Cependant son sol , très-varié , serait propre à toute espèce de grains , si l'industrie des habilans correspondait à leurs avantages naturels.
Huit ports principaux sont aujourd'hui fréquentés par les navigateurs étrangers sur les côtes du Mexique , la Yera-Gruz, Alvarado, Tampico, Campèche , Tabasco, San-Blas et Àcapulco.
Parmi ces ports, la Vera-Cruz est le seul qui puisse recevoir de grands bàtimens, mais le mouillage en est mauvais; de sorte que depuis la fin de septembre 1820, les bàtimens n'abordent plus a la Vera-Cruz , et vont mouiller à l'île des Sacrifices , lorsque leur tirant d'eau ne leur permet pas d'entrer à Alvarado.
Alvarado prend chaque jour une nouvelle importance, en raison de la sécurité complète qu'il offre aux navires qui ont dépassé la barre; mais ce passage n'est pas sans difficulté , et il ne laut pas s'y présenter sans pilote.
Tampico , qui est en possession d'approvisionner une grande partie de l'intérieur , est sur-tout fréquenté par les Américains de la Louisiane. C'est aussi l'un des points les plus importons pour le commerce de France , en raison du débouché qu'il peut offrir aux eaux-de-vie, et sur-tout aux toileries, ainsi qu'aux cotonnades. D'ailleurs, le mouillage en dehors est beaucoup moins dangereux qu'a la Vera-Cruz et à Alvarado.
Quant à Soto-la-Marina , il n'est fréquenté que par de très-petits bàtimens , la plupart contrebandiers, partis de la Nouvelle-Orléans et de la Navarre.
Campèche et Tabasco sont les ports qui approvisionnent non seulement tout le Yacalan, m.iis encore une grande partie de Guatiniala , qui , en 1822 , faisait partie intégrante du Mexique , cl par lesquels s'effectue en même teins fé-coulcurent des productions de la même contrée.
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Acapulco, sur la mer du Sud, a une rade très-commode, et qui peut contenir jusqu'à cent vaisseaux.
Il est à observer que toutes les époques de l'année ne sont pas également favorables pour la vente des produits étrangers sur la côte du Mexique. Si l'on veut se défaire promplement et avec avantage des marchandises européennes , il faut y aborder de la lin d'octobre au commencement d'avril , saison pendant laquelle les habitans de l'intérieur ne craignent plus le vomilo , auquel ils sont plus exposés que les étrangers, se déterminant à descendre sur le littoral pour y former leurs approvisionnemens. Il est vrai que c'est aussi la saison des ouragans du nord-ouest; mais cet obstacle peut se braver avec moins de danger qu'on ne le pense communément.
Le commerce du Mexique fut d'abord exploité exclusivement par les Américains du Nord, dont cependant les relations ne profitaient pas h eux seuls, puisqu'il entrait habituellement dans leurs cargaisons de la quincaillerie anglaise , des toileries d'Allemagne , des vins et des eaux-de-vie de France. Après eux, les agens de la Compagnie Rhénane se présentèrent avec des assorlimens dont on goûta le choix, et qui furent d'abord recherchés.
Cette Compagnie essaie seule encore aujourd'hui de soutenir la concurrence britannique; mais l'influence de l'Angleterre prévaut au Mexique comme dans les autres parties de l'Amérique espagnole.
Quant au commerce français , des observateurs instruits assignent trois causes princi pales qui se sont jusqu'ici opposées à ses progrès : i°. l'absence de tout comptoir français sur les lieux, dont les soins continuels auraient été d'étudier les goûts des habitans, et d'écarter la concurrence des Européens; 2°. le faible développement qu'a pris chez nous l'esprit d'association de capitaux consacrés aux spéculations d'oulre-mer; 5°. la défaveur que les premiers envois ont jetée sur nos produits , quelques expéditeurs n'ayant pas craint de courir après des bénéfices exagérés , en trompant sur les qualités des cargaisons.
Sous ces divers points de vue , le commerce anglais a suivi une direction diamétralement opposée , et le succès n'a pas trompé son attente. Cependant les Anglais ne sontpas aimés au Mexique; ils n'y sont qu'utiles. D'un autre côté, la Compagnie Rhénane ne doit l'heureuse issue de ses tentatives qu'à l'imitation introduite par l'Allemagne de plusieurs branches de notre industrie.
Mais la France, au contraire, pour laquelle les dispositions des Mexicains sont si favorables, ji'a besoin que de sa propre volonté pour reprendre tous ses avantages. La convention commerciale que vient de passer notre Gouvernement avec celui du Mexique, est un présage heureux et certain que nos relations occuperont bientôt le premier rang dans celle contrée. ( Voyez ci-après cette convention ).
On peut se faire , jusqu'à un certain point , une idée de l'importance du commerce extérieur au Mexique, par le relevé formé pour le port de la Vera-Cruz, par le consulado ou tribunal de commerce de cette ville, dans les années 1820, 1821 et 1822.
Importations.
1??3o 13,751,717 piastres.
Exportations.
1820 10,895,700 piastres.
Navigation à l entrée.
Navires remis directement d'Espagne
D'Espagne en relâchant a la Navarre
D'Amérique
Des autres contrées
Totacx.
Gi
Navigation à la sortie.
Navires partis directement pour l'Espagne
Pour l'Espagne, en relâchant à la Navarre
Pour l'Amérique
Pour les autres contrées
Totaux.
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Informations sur le choix des cargaisons.
Produits du sol de la France.
Les vins et les eaux-de-vie, un petit assortiment de vinaigre blanc, d'huile d'olive et d'amantles douces, et quelques fruits secs, sont les produits de notre sol susceptibles d'être importés au Mexique. Les vins blancs d'Espagne ne pouvant plus être introduits, seraient avantageusement remplacés par le Sauterne et les muscats de Frontignan, qui sont déjà connus au Mexique. Ils doivent être envoyés en caisse et de bonne qualité , pour être bien et facilement vendus. On trouverait également à bien placer des vins de Champagne mousseux en paniers; mais il faudrait commencer par de petits envois.
Les vins rouges doivent être de bonne qualité, sans être trop chers. Les vins fins et légers étant à la portée de fort peu de personnes , sur-tout dans le moment de gêne actuelle, il ne faudrait en envoyer qu'une petite quantité.
Il est indispensable d'imiter les eaux-de-vie espagnoles, si l'on veut vaincre le préjugé contre les nôtres. Il faudrait augmenter le degré de force, et rendre la couleur plus foncée. Le vinaigre blanc doit être fort et en petite quantité.
Au Mexique , l'huile par excellence est celle qui est grasse et d'un goût fort. Il n'en est pas de même des huiles d'amandes douces; on ne saurait les envoyer trop fraîches. Fruits secs , raisins et figues de bonne qualité , avelines d'amandes ; les amandes en quantité plus grande que le reste, un tiers princesses et les deux tiers flots.
Produits manufacturés.
Le nombre des produits de nos manufactures qui conviennent au Mexique est trèsétendu.
D'abord , les toiles de Bretagne, étroites et larges , par pièces de cinq aunes et demie , nommées dans le pays britagnas légitimas , continuent à être très-estimées et très-rc cherchées. Les habilans leur accordent toujours une telle préférence , qu'elles se sont vendues trente et jusqu'à trente-sept pour cent plus cher que les contrefaçons allemandes. Il faut avoir l'attention de n'en porter que dans les sortes dites secondes supérieures, premières fines et secondes fines. Toutes les autres qualités ne sont pas aussi courantes. La consommation de ces toiles est immense au Mexique, où elles s'emploient généralement pour le linge de corps des deux sexes.
On devrait s'occuper à reprendre les branches de commerce des toiles de Bretagne fil plat, connues sous le nom de Ponlivi ou platilles , des Morlaix, Rouen, fil plat et estopilles , que nous avons laissé échapper , et dont la Weslphalie et la Silésie se sont emparées, au grand détriment du commerce français.
Quelques coutils blancs et très-fins pour pantalons d'été; et le double de coutils à moyennes barres bleues et rouges, fins et demi Gn iCi .
des linons unis , mouchetés et ù fleurs , mais en petite q tau Ci n si qui sur les bretàgnes que l'on peut forcer en quantité, les autres objets n'éti a\ q une demande
secondaire.
Les mouchoirs de Cholet. L'envoi de ces mouchoirs peut être tenté dans les qualités les plus fines, mais en petite quantité , à cause de la gène actuelle.: de même une petite quantité de beaux mouchoirs de batiste unis et avec de belles broderies , aura un débouché facile et avantageux, à cause de la préférence qu'on donne aux dessins de nos broderies.
Quant aux draps,, les qualités qui conviennent le mieux sont les draps légers, de belle qualité et bien lustrés, dans les couleurs noir , bleu de roi, olive, brun, et autres nuances foncées. Les secondes et troisièmes qualités sont prohibées. On assigne deux causes qui réduisent la consommation des draps étrangers au Mexique : i°. l'existence de manufactures locales, dont les draps, fort communs, servent à une partie de la population; a", l'habitude contractée d'acheter de vieux habits que l'on porte sous le manteau jusqu'à ce qu'ils soient en guenilles.
Les easimirs doivent être de même couleur que les draps, en y ajoutant quelques pièces de blanc et de nuances claires, délicates et de mode; mais l'étoffe en doit être plutôt renforcée que légère. On pourrait essayer des tissus de mérinos, en petite quantité. Quoique peu connus au Mexique, ils ont paru y être goûtés, Aux couleors ordinaires, il faudrait joindre quelques pièces de bleu turc et de beau bleu céleste.
Quelques envois de flanelles blanches, dans les qualités fines et moyennes; quelques envois de bas d'estame de belle qualité , pour l'usage des hommes.
Chapeaux. La chapéleric fine peut devenir dans ce pays un objet d'écoulement trèsimportant pour l'industrie française. Les chapeaux communs qui se fabriquent au Mexique suffisent à la consommation ordinaire. Il serait essentiel de choisir des qualités superfines el des plus noires possible, pour balancer la concurrence des chapeaux de fabrique des Etats-Unis, qui sont beaux cl bons. Les chapeaux ronds pour les hommes doivent être nii-parlie à poil ras el mi-partie à long poil; ceux pour les ecclésiastiques et les militaires à poil ras , fins et superfins , grands bords.
In petit assortiment de schalts carrés, laine de cachemire, et fabriqués en France, et de crêpe en laine pour deuil, d'un beau noir.
L'usage de la prunelle ou bombasins est très -considérable au Mexique. La prunelle dite ahpin, à l'usage des femmes, doit être portée dans les qualités [es plus unes . d'un beau noir lustré, imitant la soie. Les couleurs préférées sont le beau bleu foncé et le noir pour les ecclésiastiques, qui en consomment beaucoup.
Nos indiennes jouissent du plus haut degré d'estime et de recherche. La supériorité des tissus et leur plus grande largeur, la fixité des couleurs et le bon goûl des dessins,, TOM II. Si