‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 19 sur 111 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Ces instrumens eomposent én grande partie par leur ensemble la trousse du chirurgien. Tout le monde sait qu une trousse est une espèce.de portefeuille, où le chirurgien place ses instrumens de pansementet les insirumens portatifs qui servent aux opérations les plus communes.

Aux instrumens de pansement Je. rapporte : 1°. Des instrumens mousses,et simples, comme la spatule, les stylets , le porte-mèche’, la sonde; 20 des instrumens plus cet: des pinces à anneaux et des pinces à crochets ; 3° des instrumens tranchans, comme le rasoir et les ciseaux; 4o le porte-pierre.

La spatule est une lune d'acier:où d’ argent , d'environ six pouces de long, offrant à une extrémité la figure d’une feuille ovalaire , légèrement courbée sur son épaisseur, et à l'extrémité opposée qui se prolonge en lame étroite de deux lignes environ , une extrémité très légèrement recourbée. Cette extrémité estépaisse , forte et dentée en dedans de sa courbure, pour servir à relever les pièces du crâne enfoncées. L’extrémité en forme de feuille sert à étaler le cérat, les onguens et les topiques mous, sur les premières pièces d’appareil, à l’aide desquelles on les applique sur notre Corps.

Le stylet est une sorte d’ aiguille pren ou d'argent, d’un millimètre d'épaisseur environ et d’une longueur variable.-Une de ses extrémités est légèrement renflée en olive; l'autre présente une grande ouverture pour qu'on puisse y passer un fil, un cordon de charpie, une mèche.

Il y en a deux espèces : L'une est un stylet de 30 centimë- Y P |

tres Buyiron, près d’un pied, qui se compose de deux parties qu on peut visser l’une au bout de l’autre et ajouter l'une à l’autre. La seconde est un stylet de moitié plus court, qui est formé d’une seule pièce, et tient facilement dans la trousse. Ces deux stylets servent à sonder les plaies, le fond des foyers, des abcès, et à passer à à travers nos parties, des fils, des mèches, ou des sétons.

Le porte-mèche, étant exclusivement destiné à l'introduction des mèches dans:nos organes ou nos tissus, sera décrit à l’article des mèches et des tentes de charpie.

La sonde est un tube creux très grêle, dont la description sera faite en parlant des‘instrumegs topiques et à l’article du traitement des rétentions d'ürine.

Les pinces à anneaux sont encore nommées pinces à pansement. Elles se composent de deux tiges ou branches

métalliques demi cylindriques. Unedeleurs extrémités porte.

un anneau; l’autre présente sur son côté interne des lignes transversales en forme de dents, qui répondent à des dents semblables de la branche opposée. Les deux branches s’articulent ensemble par le tiers de leur longueur environ, au moyen d'un clou. Autrefois l’une des branches était perforée, et l’autre la traversait en passant par ce trou. Il en résultait une charnière très solide et très fixe; aujourd’hui on s’est avisé d’articuler les deux branches de ses pinces par superposition. Cette jointure laisse toujours plus de mobilité latérale aux deux branches l’une sur Pautre. C'est un perfectionnement rétrograde, que je ne puis approuver.

On se sert des pinces à pansement pour bol de dessus les plaies, les ulcères , les fistules , les abcès , etc., les pièces d'appareil malpétpres Ce n'est pas une délicatésis recherchée; elle est nécessaire pour soi-même et pour ne pas dé-

goûter Les malades par une malpropreté qui ne peut inspirer quede la répugnance et même de la défiance. Un malacle peut craindre qu'un chirurgien malpropre ne lui communique une affection contagieuse, recueillie sur un autre malade.

Les pinces à crochets, que j'ajoute aux instrumens de pansement, sont formées de deux lames métalliques divergentes par leur ressort, comme les pinces à disséquer. Mais elles en diffèrent, en ce qu’elles portent à leur extrémité divergente des crochets très fins, d’un à deux millimètres de long, destinés à saisir les vaisseaux qui peuvent donner du sang, et à permettre de les lier. Je les trouve beaucoup plus commodes pour cette opération , que les pinces à disséquer dont on se sert généralement en France, et que le crochet en usage en Angleterre.

Le rasoir est un instrument si connu, qu'il est presque ridicule de le décrire. Je n’en dirai que quelques mots. Sa lame, n'étant pas fixée solidement par un ressort, et se pliant sur le dos du mänche avec facilité, pour que le maniement en soit plus commode, on doit donner beaucoup d'épaisseur au dos de la lame, afin qu’elle ne serenverse pas entièrement sur le dos du manche. Par suite de ees dispositions, la lame doit étre évidée ou concave surchacune dëses faces, depuis le dos jusque vers Le tranchant, afin quecelui-ci soit d'autant plus mince et coupe davantage. C’est la réunion de ces conditions qui donne aux rasoirs un tranchant si fin.

Les ciseaux sont plus communs encore que le rasoir ; ‘aussi je ne m'arrêterai qu'aux conditions peu connues de leur confection. Composés de deux branches terminées à un bout par un anneau, à l’autre par une lame convexe d’un côté , aplatie de l’autre, ils sont unis-par superposition au moyen d'une vis, ou d’un clou , qui doit en serrer les lames, sans cependant les. empêcher de s'ouvrir et de se fermer avec facilité sous. l'effort des doigts.

Leurs lames doivent être légèrement courbées sur leur plat, de manière qu’étant superposées quand l'instrument est fermé, elles se touchent par leur base et leur sommet, et restent un peu écartées l’une de l’autre dans’ le reste de leur étendue, et assez écartées pour qu’on voiele jour à travers. Si elles sont bien courbées, lorsqu'on ouvre linstrument en le plaçant de champ , l’une des lames se trouvant en avant, l’autre en arrière, elles doiventencore se montrer distinctement dirigées, en s'entrecroisant, l’une à droite, l’autre à gauche, en dehors d’une ligne parallèle qui passerait par leur intervalle. Enfin, outre la courbure dont je viens de parler, elles doivent être légèrement tordues sur leur axe réciproque, de manière à se rencontrer par leur tranchant, comme si elles devaient tendre à empiéter l’une sur l’autre, et à se couper l’une l'autre, quand on les rapproche en fermant l'instrument. Voilà les conditions des bons ciseaux ; mais il y a plusieurs variétés de ces instrumens.

Les plus communs sont droits. ‘Il y en a de courbes sur leur plat ; il y en a même de courbes sur leurs bords.

Ces instrumens servent à couper et à tailler.des pièces d'appareil ; ils servent aussi quelquefois, dans les pansemens, à exciser des fongosités luxurieuses, etc.

4° Le porte-pierre est un instrument composé , 1° d’un “porte-crayon ; 2° d’un étui.

Le porte-crayon doit être en argent, et mieux encore en platine. Il est destiné à tenir les crayons caustiques de nitrate d'argent dans ses mors, De l'appliquer où il convient. |

L'étui est en ébène, en ivoire ou en argent. El se compose d’un couvercle ou partie supérieure ct d’une partie inférieure. Le couvercle forme le tiers de l’étui; ce couvercle est creux, et renferme dans sa cavité des crayons de nitrate d'argent en réserve. Il se divise en deux parties

vissées l'une sur l’autre. Enfin, le couvercle a son extrémité inférieure garnie d un pas de vis, et sur son axe est fixé le porte-crayon. : LMCREA À

La partie inférieure # l'étui en forme les deux tiers et recoit le porte-crayon tout armé de pierre infernale. Le couvercle se visse sur les pas en creux que présente la partie inférieure à son entrée. Il en résulte que le porte-crayon et le caustique restent renfermés dans l’étui.

Cet instrument sert à cautériser sans être obligé de tenir le caustique avec ses doigts. ,

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