‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 26 sur 111 · GATEAUX DE CHARPIE · texte numérisé non relu

GATEAUX DE CHARPIE

Les chirurgiens désignent quelquefois de grands plumasseaux sous le nom de Gäteaux de charpie.

Pour les faire, prenez de la charpie de six ou huit tra+ vers de doigt de longueur, et au lieu de les composer de couches qui se recouvrent exactement les unes les autres dans toute leur longueur, placez ces couches de manière à

ce qu'elles se dépassent l’une l’autre et ne se recouvrent que dans la moitié de leur étendue; ensuite recouvrez-les toutes d’une couche commune qui les tienne unies; enfin, dans tous les cas, terminez vos plumasseaux en les pressant et les frappant légèrement entre les mains pour favoriser l'union, l’adhésion de leurs brins, et la solidité de l'ensemble. ‘ |

On suit encore un autre procédé : on étend une compresse sur un plan solide, comme une table; on prend la charpie avec la main droite, et après l'avoir mise en plumasseaux pour la rendre plus régulière, on en présente une extrémité au centre de la compresse ; on la fixe en appuyant dessus avec léminence thénar de la main gauche, qui forme la base du pouce , tandis que la main droite tire doucement la charpie de son côté. La charpie, retenue par la main gauche, reste étendue en couche mince sur la compresse. On continue la même opération du centre à la circonférence, en rayonnant, jusqu'à ce que la compresse en soit couverte dans une étendue et suivant.une épaisseur convenables. |

L’étendue et l'épaisseur des plumasseaux et des gâteaux de charpie doivent être subordonnées à l'usage que l’on veut en faire. Ceux qui sont destinés à recouvrir une plaie ou un ulcère fort larges , inondés toujours d’une abondante suppuration, doivent être plus grands, et surtout plus épais ; ceux que l’on doit appliquer sur une plaie dont les bords sont réunis par première intention, et dont la cicatrisation s'opère au gré du chirurgien , doivent être très minces : on les préparera aussi plus épais lorsque le malade se plaindra d'éprouver du froid à la plaie ou à l’ulcère. |

Application. Les plumasseaux s'appliquent sur la plaie en les prenant par leurs extrémités, là où ils sont repliés. Ils doivent recouvrir la solution de continuité au-delà de sa circonférence.

Sila solution de continuité sur laquelle on les applique n’est point partout humectée par la suppuration , si même on craint que sur quelques points elle le soit trop peu, il faut recouvrir le plumasseau d’une mince couche de cérat, pour qu'il n’adhère point à la partie sur laquelle on l’applique. Lorsqu'on n’a pas eu cette précaution, le pansement suivant est laborieux pour le médecin, pénible pour le malade, et souvent accompagné de saignemens douloureux. Comme l'adhérence des plumasseaux n’est nulle part plus facile que sur les bords des solutions de continuité, il ne faut jamais manquer de recouvrir ceux-ci de la bandelette enduite de cérat, dont nous parlerons plus bas.

Effets. Les plumasseaux apposés sur une plaie la tiennent chaudement. S’ils sont épais , ils peuvent amortir les chocs extérieurs, et si le pus est abondant, il les pénètre et ne parvient que difficilement aux compresses. Si au coniraire les plumasseaux sont trop minces, tous les coups que le malade peut recevoir portent de toute leur force; le pus transperce promptement la charpie , inonde les compresses et le bandage qui les couvre ; son odeur infecte se répand au dehors et incommode le malade.

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