DES BOULETTES ET DES BOULES DE CHARPIE
Les boulettes sont de petites masses de charpie grosses comme des noisettes ou de petites noix (P. XVIIL, F. r). Les boules sont des masses plus volumineuses.
Caractères et propriétés. Elles sont toutes sphériformes, composées de charpie serrée et entremélée de manière que les brins y tiennent solidement entre eux.
À ces boulettes et à ces boules adhèrent facilement les poudres médicamenteuses au milieu desquelles on les plonge. |
Usages. On les emploie pour déterger une plaie peu ou très profonde et étroite qui suppure; pour combler les vides qui restent entre les autres pièces d’un appareil; pour maintenir ouverts et dilater des orifices rétrécis ou trop étroits; pour en fermer d’autres, comme celui d’un anus contre nature ; pour comprimer une plaie saignante, où y appliquer des poudres médicamenteuses , soit qu’on espère arrêter ainsi lhémorrhagie, soit qu'on ne puisse encore y porter de secours plus efficaces.
Les plumasseaux, ne pouvant pénétrer dans les sinuosités d’une plaie étroite, sy mouler et aller y chercher le pus qui s’y amasse, ne sauraient les remplacer.
Préparation. On les fait avec de la charpie que l'on roule mollement dans la paume des mains. Il ne faut les presser que légèrement ; une pression trop forte les rendrait dures, il faut les lier par le travers quand les gt sont très profondes.
Application. Les boules et les boulettes de charpie s'appliquent tantôt avec les doigts, tantôt avec des pinces à pansement. Onles retire avee des pinces ou par le moyen de leur fil.
DES BOURDONNETS.
Ce sont de petits paquets de charpie de forme olivaire, liés ou non par le milieu de leur longueur (P.XVIILF. mr).
On les prépare en roulant légèrement et transversalement à sa longueur un plumasseau entre les mains.
Ils servent à tamponner une plaie non réunie, à en absorber le pus, à la tenir dilatée, à y exercer une compression, à y porter des poudres médicamenteuses dans le cas d’hémorrhagies qu'on ne peut arrêter ni par la ligature, ni par la compression, ni par la cautérisation des vais-
seaux: Maintenant on emploie de préférence, et avec raison, dans la plupart des cas, pour dilater une plaie, les mèches ou les tentes dont je parlerai plus bas.
On les applique avec les doigts ou les pinces ; mais si l’on veut les placer dans une plaie profonde, il faut auparavant les lier par le milieu avec un fil destiné à rester au dehors de la plaie pour pouvoir les retirer aisément au besoin (P. XVIIL, F. v, 1). Faute de cette précaution, on a vu des bourdonnets rester égarés.et oubliés au fond d'une plaie, en retarder la cicatrisation, ou bien déterminer sous la cicatrice des abcès, qui tantôt la rouvraient, tantôt se faisaient une issue plus ou moins éloignée. J'en citerai plus bas, à l’occasion des mèches .et des tentes, des exemples qui montreront l'importance de ce précepte.
Effets. Quoique les bourdonnets se moulent assez exactement aux sinuosités d’une plaie profonde et caverneuse, ils ne suffisent pas toujours pour empêcher la stagnation du pus, et il faut encore recourir aux injections détersives.