‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · DES CAUSTIQUES LIQUIDES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES CAUSTIQUES LIQUIDES EN PARTICULIER

10 De Pammoniaque ( alcali volatil fluor , esprit de sel ammoniac). L’ammoniaque concentrée est employée , depuis Bernard de Jussieu , comme une sorte de spécifique contre la morsure des animaux venimeux, et spécialement de la vipère. Tout le monde connait l'histoire de cet étudiant qui, blessé, à la main par une vipère pendant+une herborisation, fut guéri par lammoniaque que-lui administra l'illustre auteur de la méthode botanique naturelle. Cette observation , consignée dans l’histoire de l'Académie des Sciences pour 1747; a été reproduite dans tous les traités de chirurgie.

Eu voici une autre , recueillie sur la personne de mon frère le docteur Vulfranc Gerdy.

A la fin de l'été de 1823, mon frère, alors âgé d'environ 15 ans, fut mordu par une vipère au doigt indicateur de la main droite, sur le côté radial de sa face palmaire. La vipère était très-forte, longue de deux pieds et quelques lignes. Ses crochets, arrachés de la plaie par. le brusque mouvement que fit le blessé pour. retirer sa

main, avaient en outre effleuré le bout du doigt du côté correspondant, et déchiré l'épiderme, à peu de distance de l'extrémité adhérente de l’ongle. Par suite de ce même mouvement de retrait rapide , les crochets, après avoir pénétré d’abord perpendiculairement et par piqure , divisèrent, en ressortant des tissus, la peau située derrière eux, et formèrent ainsi de petites incisions trèsfines et très-courtes.

Seul et éloigné d'environ une lieue de mon village, où je me trouvais alors, mon frère enveloppa d’un cordon assez serré la base de son doigt , à quelques lignes seulement au-dessus de la blessure , et revint à pied au village, en rapportant la vipère tuée. Lorsque je le vis, une heure environ après l'accident, son doigt fortement tuméfié, présentait une teinte rouge-obscur, produite sans doute, au moins en grande partie, par le lien placé à sa baseiet, malgré cette ligature qui avait empêché la propagation du venin , le gonflement s’étendait déjà dans l'intervalle des deux premiers métacarpiens, du côté dorsal dela main. Aussitôt après la morsure , le blessé avait ressenti dans le doigt une cuisson extrêmement vive et comme brûlante. Cette douleur n'avait pas cessé depuis le premier moment et s'était augmentée de la distension produite par le gonflement et la constriction. Du reste, aucun autre accident jusqu'alors.

Je lavai le doigt, je baignai les piqûres avec l'ammoniaque liquide, je n’efforçai, en écartant avec une plume effilée les lèvres des plaies principales, de faire pénétrer l’ammoniaque dans la profondeur , ce qui n’eut lieu qu'imparfaitement, à cause de l'extrême étroitesse des piqûres ; puis Jj'appliquai à la surface un linge imbibé du même liquide. Enfin, j'en administrai imérieurement au blessé dix gouttes, dans un verre d’eau sucré, et je le fis mettre au lit.

Au bout d'une demi-heure, le doigt, étranglé par la ligature, était très fortement gonflé, d’une couleur foncée, et il donnait lieu à des douleurs insupportables ; j'enlevai cet. obstacle à la circulation. Alors le gonflement était. encore borné au côté radial du dos de la main , et aucun symptôme général ne se manifestait. Mais, un quartd'heure après la ligature enlevée, tout le membre était enflé jusqu’à la poitrine et doublé de volume dans une grande partie de son étendue ; la respiration commençait à être gênée ; bientôt elle devint plus anxieuse , avec angoisse précordiale ; puis les envies de vomir, les vomissemens survinrent, violens, prolongés, rejetant les boissons aussitôt qu'elles étaient ingérées et continuant à fatiguer le malade par d'inutiles et douloureux efforts, qui ne lui laissaient que de courts intervalles de repos. Il y avait :en même temps des tranchées assez vives, mais sans évacuation, et par momens un sentiment de défaillance qui n’alla pas jusqu'à la syncope. Cessymptômes durèrentenvironune heure et demie ; ensuite l’orage se calma par degrés ; et, quatre ou cinq heures après l’accideut, il ne restait de cet appareil formidable de symptômes que de la fatigue, des douleurs vagues dans l'estomac et les intestins, un engourdissement légèrement douloureux dans le membre supérieur droit dont le gonflement s’étendait jusque sur la poitrine, des douleurs assez vives dans le doigt blessé dont presque toute la surface se couvrit de vésicules produites par lammoniaque. Mais , quoiqu'il souffrit encore passablement , le malade éprouvait un sentiment de bien-être très prononcé, parce qu'il était délivré et de ses angoisses et de ses efforts incessans pour vomir; qu'il regardait comme les plus pénibles de tous lessymptômes de ce mal. nä

* Cependant j'avais administré, à plusieurs, reprises ,

soit avant, soit pendant la période des vomissemens, de l'ammoniaque à la dose de 10 gouttes dans un verre d'eau sucrée, et en tout au moins quarante gouttes. Je n’eus plus ensuite qu'à combattre, par des anodins à l'intérieur et à l'extérieur, les douleurs qui s’éveillèrent beaucoup plus violentes dans le doigt cautérisé ; à combattre l'enflure du membre supérieur par des frictions résolutives d’huilé d’olive et d'ammoniaque, etc. Au bout de dix où douze jours, cet engorgement fut entièrement dissipé , mais la petite plaie du doigt suppura pendant plus d'un mois. Le doigt, d’ailleurs , avait perdu une partie de sa sensibilité tactile : pour peu qu’il fût exposé au froid , il devenait. complètement engourdi quand les autres ne l'étaient nullement; et cet effet n’est même pas encore tout-à-fait dissipé , quoiqu'il ait, depuis, diminué d'année en année.

On trouvera que j'ai employé lammoniaque avec un peu d'activité; mais, d'une part, les vomissemens la rejetant en partie au moins, j'étais obligé de la remplacer ; d'autre part, il était si difficile de la faire pénétrer dans les piqûres et je craignais tellement de manquer mon but, que je préférais le dépasser plutôt un peu, que de ne pas l’atteindre. On s’étonnera peut-être que je n'aie pas cherché à agrandir les piqüres par des incisions. J'avoue que j'aurais été bien embarrassé, tant j'ignorais leur direction, tant il était impossible de la connaitre. Malgré ces deux faits, jesuis loin de regarder l’ammoniaque comme un spécifique contre l’empoisonnement par le venin de la vipére, Je ne doute pas qu’elle ne püt le détruire dans uneplaie si elle l'y rencontrait. Mais pour peu qu'il se soit écoulé de temps,le venin est au moins dispersé par l'imbibition ou emporté par l'absorption. Mais l’avouerai-Je? je ne suis pas meéme convaincu de la réalité des propriétés qu’on lui accorde;

car bien que j'aie cautérisé le doigt mordu et ses plaies, bien que j'aie administré 10 ou 20 gouttes d’ammoniaque à : l'intérieur avant de lever la ligature qui empéchaït le transport du venin, les symptômes de lempoisonnement ont été très manifestes.

Les auteurs recommandent d’instiller l’ammoniaque dans les plaies faites par la vipère ; on peut juger , par l'observation précédente, que si le conseil est facile, l'exécution ne l’est pas toujours. On fera donc, dans un cas semblable, le mieux que l’on pourra pour remplir l’indication.

On se sert aussi de l’ammoniaque étendue pour faire des lotions et cautériser les ampoules qui succèdent à la piqüre de certains insectes, tel que le taon, la guépe. On verse quelques gouttes de ce liquide un peu étendu d’eau ou mélé à l'huile, sur le point tuméfié. Je ne conseille pas de piquer le sommet de l’'ampoule.

2° Solution concentrée de potasse. Cette solution ; dont les proportions peuvent varier au gré du chirurgien, s’emploie à peu près dans les mêmes circonstances que les précédentes. Son action est plus vive et la douleur qu'elle occasionne beaucoup plus intense. On l’applique sur les parties malades au moyen d’un pinceau de charpie.

3° Acides concentres. L’acide nitrique et l'acide st fine rique seuls sont assez rarement mis en usage comme escarotiques ; l'acide muriatique ou hydrochlorique , par un mélange avec un peu de miel rosat, sert à toucher certaines ulcérations aphtheuses ou gangréneuses de la cavité buccale ; quelques auteurs, M. Bretonneau entre autres, disent en avoir obtenu d’excellens effets.

4° Acide nitro-muriatique (eau régale). L'eau régale est formée par un mélange d’une partie d’acide nitrique et de trois parties d'acide hydrochlorique. Cette liqueur, d’un beau jaune doré, répand une odeur caractéristique

de chlore et jouit de la remarquable propriété de dissoudre l'or et le platine. Son action sur nos tissus est des plus promptes et des plus énergiques : elle cautérise profondément et, en occcasionnant de très violentes douleurs ; l’escarre qu’elle produit est jaunätre et assez sèche. En 1835, M. Récamier fit, dans son service à l'Hôtel-Dieu, quelques expériences sur l'eau régale tenant en dissolution le chlorure d’or à la dose de six grains pour une once de liquide. Ce caustique était appliqué sur les ulcérations cancéreuses ou de mauvaise nature. M. Baudelocque répéla ces essais à l'hôpital des Enfans sur quelques jeunes filles scrofuleuses et affectées d’esthiomène : il a obtenu, dans quelques cas, une véritable amélioration dans l’état des parties malades ; mais cette cautérisation était excessivement douloureuse , et chez une jeune personne fort sensible et fort irritable, on fut obligé de renoncer à son emploi; elle déterminait des spasmes très violens auxquels succédait un état fébrile qui durait quelques heures.

50. Chlorure d'antimoine (beurre d’antimoine). Ce chlorure est un des caustiques les plus violens que possède. la matière médicale. On l’emploie surtout pour cautériser les plaies qui résultent de la morsure d'animaux enragés, ou la pustule maligne lorsqu'elle à été incisée crucialement , etc.

On le prépare, en faisant chauffer dans une cornue de verre trois parties d’antimoine pur, et huit parties de deutochlorure de mercure. La décomposition de ce dernier sel a lieu, et le chlore s’unissant à l'antimoine vient se sublimer dans le col de la-cornue. Le beurre d’antimoine est à demi liquide, onctueux, blanchâtre, inodore, assez semblable pour l'aspectà de l'huile figée...

Quand on veut attaquer. une plaie avec cette substance, il faut avoir soin d’essuyer la partie malade avec une éponge bien fine ou de la charpie sèche. On sait, en effet,

que les chlorures sont promptement décomposés par les matières animales , et l'effet de celui-ci serait de beaucoup affaibli. On raBHfraué d'ailleurs, comme il a été dit, avec un pinceau de charpie ou un bétiidéioet qu'on laisse à demeure quand on veut obtenir une cautérisation‘itrès | profonde. | |

Cette opération est pour lordinaire suivie de datent fort vives et d'une inflammation locale ; aussi est-il conve- ! nable de couvrir la partie malade de cataplasmes émolliens. | L’escarre formée par ie beurre d’antimoine est blanchâtre, mollasse , assez épaisse, et tombe au bout de quelques jours.

6° Nitrate acide de mercure liquide. On fait un/grand ‘usage de ce médicament depuis quelques années. Il:sert avantageusement à la guérison de quelques dartres rongeantes, de végétations où de chancres vénériens, mais c’est surtout contre les ulcérations du col de l'utérus, que, depuis l'exemple donné par M. Récamier! il est st journellement administré.

Le nitrate acide de mercureest formé par la Aoléti ol d'un gros de proto-nitrate de mercure cristallisé dansune once d’acide-nitrique ; il est sous forme d’un liquide incolore d'une saveur excessivement caustique; al finit aù prendre à la lumière une nuance verdätre.

Cette liqueur s'applique avec un pinceau on une: petite . boulétte de charpie portée avec: de longues pinces à;,anneaux jusque sur le col. La charpie est plus ou moins! imbibée suivant l'effet que lon veut produire et l'épaisseur que doit avoir l'escarre. Quand on porte ce médicamentsur le col ütérin, il convient de l’exprimer , afin qu’en touchant l TP il: n'en tombe pas quelques gouttesidans le vagin , ce qui a d’ailleurs peu d’inconvénient , car la ma- Jade ne s'en apercoit pas.

L'effet bien constaté du nitrate abide deimereuresest de

modifier avantageusement l’état des parties avec lesquelles on le met en contact, il en change le mode d’inflimmation. La cautérisation réprime les fongosités saignantes, cicatrise certaines.ulcérations, tarit: des: écoulemens rebelles , mais laisse, souvent les douleurs de reins et du‘ bas:ventre qui accompagnent si fréquemment les'métrites. [l'détermine instantanément une escarre blanchätre qui ne tarde pas à brunir.. La cautérisation est ordinairementsans douleur : quelquefois il en résulte un peu de chaleur et d'irritation, qui se:prolonge pendant un ou deux jours, ét augmente l’écoulément blané-jaunatre qui suit habituellement les ulcérations du col et les métrites qui les compliquent si souvent. Ta chute de la portion frappée de mort, qui survient au bout d’un temps très variable:} laisse à découvert une surface -grenue d’un rouge vermeil et du meilleur aspeet., Gette.opération ne m'a jamais paru nuisible, er je l'ai vue assez souvent utile.

7° Solütion de nitrate d'argent. On a, dans cés derniers temps, beaucoup vanté l'usage de cette solution plus où moins concentrée , pour substituer une inflammation de bonne nature à une inflammation spécifique, telle que celle qui-constitüe de croup. C'est aussi dans cette circonstance que le moyen dont nous parlons a été employé. On l’a encore préconisé pour faire avorterles pustules de la variole ;

c'est la méthode ectrotique.

Les auteurs nie Sont pas d'accord sur les proportions que doit présenter: cette liqueur : ainsi M. Trousseau fait dissoudresun-gros de nitrate d'argent dans deux gros d’eau distillée , d'autres l’'étendent davantage , et pour la même quantité de nitrate mettent une once d' eau.

Pour les cautérisations ordinaires ; on se comporte avec cette solution comme avec les attregi liqueurs que nous avons déjà examinées, Je ne répéterai donc pas ce que j'ai

déjà dit de l’usage d’un pinceau de charpie; maïs il est deux circonstances importantes qui exigent un mode d’administration tout spécial.

A. Cautérisation de la trachée-artère et du larynx. Quelques personnes ont proposé de faire cette opération dès le début du: croup et avant que l'opération n’ait été pratiquée. Suivant ces auteurs, pour y parvenir, on doit fixer solidementà l'extrémité d’une tige de baleine mince ét flexible, une petite éponge fine. Il importe que cette éponge, dont le volume ne doit pas dépasser celui d’une noïseite, soit adaptée au bout de la baleine ou de lasonde, de manière à ne pas se détacher. On peut, dans ce but, la traverser dansison milieu avec.un fil de soie trés fin , qui passe par.un trou situé à quelques lignes de l'extrémité du portant que Jon à choisi : le fil sera ainsi passé à plusieurs reprises et noué solidement. On préfère l'éponge à un pinceau de charpie, parce que celui-ci, dans les mouvements nécessaires à l'opération, pourrait se délier et laisser quelquestbrins dans la trachée, ce qui occasionnerait de lirritation-et des‘accidens. L’éponge disposée comme il a été dit, on la plonge dans la solution caustique eton l’exprimesur le borddu vase de manière à ce qu’elle soit seulementhümide:$ puis: la bouche étant tenue ouverte par l’interposition d’un bouchon de liége entre les dents, on abaisse latbase de la langue avec une spatule, on cherche avec le doigt indicateur de la main gauche l’épiglotte et l'ouverture du larynx, etquand on y est parvenu, on glisse: sur:lextrémité derce doigt qui'sert de conducteur, la tigé flexible garnie de sontéponge, et on la. fait entrer vivement dans le tubelaryngien!, l& ramenant à soi et la replongeant de nouveau ‘à: deux où trois reprises, puis on la retire: Voilà du moins ce que lon recommande de faire; mais äl s’en faut bien que larecommandalion soit facile à exécuter, surtout chez les enfans où

la glotte est toujours fort étroite. Quand on réussit et qu'on parvient à franchir l'orifice supérieur du larynx et la glotte; la présence du corps étranger dans les voies aériennes, détermine une grande anxiété qui cesse avec la cause qui la produisait, et l'éponge ressort ordinairement, entraïnant avec elle des lambeaux de fausses membranes dontl’expulsion soulage le malade. Quant à la profondeur à laquelle il convient de pénétrer, il faut faire entrer le porte-caustique le plus profondément possible , afin que l’action du médicament s'étende au-dessous des limites du mal et pose une barrière à son extension.

Si la trachéotomie avait déjà été pratiquée, ce serait par l'ouverture artificielle ou plutôt par la canule qui la dilalterait que le caustique devrait être introduit, et ici on aurai soin de proportionner le volume de l'éponge au calibre de la canule ; car si elle était trop grosse, il serait impossible de la retirer sans retirer aussi la canule, ce qui est un inconvénient. On fait agir l'instrument de haut en bas dans la itrachée, et de bas en haut dans le larynx quand la canule laryngée n’est pas placée encore ou qu’elleest retirée pour être nettoyée. On en agit ainsi pour balayer les fausses membranes et toucher les parois enflammées. Dans les deux circonstances que nous venons d'examiner, l'opération peut être répétée quatre fois environ dans les, vingt-quatre heures; mais à chaque fois il faut s'assurer de la force des liens qui fixent l'éponge à la tige flexible. J'en parlerai plus bas à l’occasion des canules laryvngées.

Bb. Cautérisation des pustules varioliques. Quelques médecins cautérisent les pustules de la variole avec une solution concentrée de nitrate d'argent. Voici comment cette petite opération est décrite par M. Piorry, dans le traité de médecine pratique qu’il a fait paraitre par livraisons

(1° livraison, Dermite varioleuse, p.17). « C’est au début Il. 11

de l’éruption que la méthode ectrotique peut être employée avee quelques chances de succès; il faut la faire, surtout, sur les parties où l'extension de la maladie a le plus d’inconvémient, sur les paupières, le nez, par exemple. Maïheureusement la cautérisation est le plus souvent trop superficielle. Il est un moyen de la rendre plus profonde : c’est de porter une dissolution concentrée de nitrate d'argent dans le centre de chaque tache rouge avec une aiguille de platine cannelée jusqu'à sa pointe, pour faire glisser le caustique, et pour le porter jusqu’au centre des pustules. » L'auteur conseille de répéter cette cautérisation à deux ou trois reprises : il se loue d’ailleurs beaucoup des succès qu'il a obtenus par cette méthode.

Nous n'insisterons pas sur les effets locaux de la solution du nitrate d'argent; il n'y a rien ici qui diffère sensiblement des effets produits par le même caustique à l’état solide.

89 Solution de sublime concentrée. Elle s'emploie avec avantage dans quelques cas d’ulcérations syphilitiques, mais elle n'offre rien de bien spécial; j'en dirai autant de la solution de sulfate de cuivre, usitée dans les mêmes circonstances.

9° De la créosote. Découverte il y a seulement quelques années , la créosote dut à sa nouveauté, comme toutes les drogues nouvelles et dégoütantes, l'immense réputation dont elle jouit pendant quelque temps. On croyait presque avoir découvert la panacée universelle... Mais la popularité s'use vite en France, et aujourd'hui la créosote déchue de sa splendeur, ne figure plus à l’étalage des pharmaciens que comme succédanée du Paraguay-Roux, pour calmer les maux de dents!... Au demeurant, la créosote est un caustique assez actif qui peut être employé comme tant d'autres pour modifier les propriétés vitales de certaines ulcérations dartreuses, syphilitiques, etc.

La solution d’iode n’est pas un caustique fort actif; nous parlerons de ses usages à proposdesstimulanset des résolutifs.

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