‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 68 sur 111 · CHLORE · texte numérisé non relu

CHLORE

Du chlore et des chlorures.

Découvert seulement dans la seconde moitié du dernier siècle (1771), le chlore n’a pas tardé à recevoir une application thérapeutique, soit seul, soit surtout à l'état de combinaison.

Usages, Le chlore et ses composés ont quelquefois été employés comme résolutifs, pour faire fondre des tumeurs scrofuleuses ; mais le plus souvent ils ont été ordonnés comme excitans ou moyens perturbateurs dans les cas d'ulcères , dans les flux muqueux chroniques, ou certaines phlegmasies de mauvaise nature, la variole , l’'ophthalmie purulente, etc. On en a fait usage contre les affections cutanées anciennes, contre la gale, le favus, etc. On les a ridiculement proclamés comme une sorte de panacée pour guérir les brûlures. Les chlorures ont une véritable action spéciale, désinfectante ; aussi sont-ils d’une grande utilité dans les cas de gangrène , de pourriture d'hôpital, parfois dans la stomatite et quelques autres affections aphtheusés ou pseudo-membraneuses de la bouche.

Le chlore est un corps gazeux, indécomposable, d’une couleur jaune-verdâtre, d’une odeur pénétrante et qui prend à la gorge. ILest, d’ailleurs, très soluble dans l'eau. Les principaux composés du chlore sont les chlorures de chaux, de soude et de potasse.

Ces préparations s'administrent sous trois formes : à l'état mou, liquide et gazeux. |

Pâtes el pommades chlorurées. Le Journal des Connaissances médicales pratiques (t. 1, p. 233) emprunte -au Bulletin de Thérapeutique la formule suivante, conseillée par le docteur Hospital (du Puy-de-Dôme) contre la gale. Prenez : Soufre sublimé, une once et demie ; chlorure

de chaux bien trituré, deux on<es; axonge, dix onces, pour faire matin et soir des frictions que l’on continue pendant huit à dix jours.

On peut faire encore une pommade chlorurée, en incorporant un gros de chlore liquide dans une once d’axonge ; ce remède a été conseillé contre la gale et les engorgemens scrofuleux (Mérat et Delens, Dict., t. IT, p. 246). Dans les cas de gangrène de la bouche ou de stomatite avec ulcération, on peut appliquer avec un pinceav, sur les parties malades, du chlorure de soude pulvérisé, incorporé tu miel rosat, ou simplement délayé avec un peu d'eau.

Liqueurs chlorurées. On s'en est beaucoup servi dans le pansement des ulcères simples, des brûlures , des plaies gangreneuses , que l’on recouvrait de compresses ou de charpie, imbibées dans un chlorure liquide; on en a fait des injections dans les trajets fistuleux, dans les abcès froids récemment ouverts ; dans le vagin, pour combattre des écoulemens leucorrhéiques ou fétides , etc. | La liqüeur que l'on emploie généralement est celle de de M. Labarraque , qui s'obtient en faisant passer un courant de chlore gazeux dans une solution de sous-carbonate de soude ; mais ce chlorure , pour être employé , doit être affaibli de cinq à dix parties d’eau, suivant l'effet que l'on veut obtenir. Quelques personnes font dissoudre un gros de chlorure de chaux ou de soude dans une livre d’eau.

Nous n'insisterons pas ici sur les effets des chlorures dans les cas d’ulcères ou de brülures. Disons toutefois que nous sommes loin d'en avoir ritiré les brillans résultats annoncés par certaines personnes. Quant à l'emploi extérieur du chlore et des chlorures dans les fièvres typhoïdes , je renvoie à ce qu'en a dit M. Chomel, dans son Zraité de Clinique, 1. I. 30

Fumigations chlorurées. Ce que nous avons à en dire

dans un ouvrage de la nature de celui-ci a déjà été exposé dans les généralités,

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