HISTORIQUE DES STIMULANS
Comme nous l'avons vu, les médicamens stimulans sont employés d'une manière si complexe , qu’il est assez difficile de faire séparément l'historique de chacun d’eux; nous ne pouvons donc en parler que d’une manière générale. D'ailleurs leur emploi, dès la plus haute antiquité , s'étant trouvé circonscrit dans un cercle assez restreint d'affections chirurgicales, les abcès, les plaies et les ulcères simples , leur étude, sous le point de vue qui nous occupe, trouvera mieux sa place à la suite des détails dans lesquels nous entrerons sur le pansement de ces divers genres de maladies .Faisons seulement observer que l’on renconirera dans Gelse (Lib. V, cap. IIL, XVIIL, XIX et XX) d'assez nombreuses th de cataplasmes et d’emplâtres stimulans ou maturatifs. Galien a parlé longuement des suppuratifs, qu'il distingue avec soin des émolliens (De simpl. med. facult., Gb. NV, cap. 8 et 9, p.67-68); et, dans son traité déla composition des médicamens. selon ei siége des maladies, il a donné une foule de préparations excitantes, pour remplir les diverses indications que nous avons signalées. Aétius , à son exemple, a rempli des chapitres entiers de formules très compliquées , que, depuis, Îles Arabes et les écrivains du moyen-âge ont reproduites avec complaisance. Aujourd’hui, la plupart de ces drogues ont disparu de la matière édition qui en renferme d'ailleurs beaucoup trop encore; elles sont remplacées, en partie, par les préparations bain plus simples que nous avons rapportées dans cet article. Disons quelques mois, cependant, sur le soufre, Hippocrate l'employaitsurtout en
on
vapeur; il le fait entrer dans quelques-unes des nombreuses fumigations composées qu'il conseille contre les affections de l'utérus : ainsi, il unit dans cette intention au bitume, à la corne , etc. , contre ce qu’il nomme la suffocation de la matrice (De nat. muliebri , éd. Haller, t. LE, p. 345). Celse l’introduit dans plusieurs des formules dont nous avons parlé plus haut (Loc. cit.), et Galien le regarde comme un puissant attractif. Par le moyen de cette substance , il assure avoir guéri la gale, des affections lichenoïdes et des affections lépreuses ; il mélait alors le” soufre avec de la résine de térébenthine. L'avantage qu’il trouve à cette substance dans le traitement des maladies de la peau, c'est qu'elle les guérit sansles répercuter, comme font tant d’autres médicamens ( De simpl. med. facult. , Lib. IX, p. 141). Les vertus des bains sulfureux étaient parfaitement connues dans l'antiquité ; on sait avec quelle ardeur les Romains recherchaient les sources d’eaux thermales de toute nature. Alexandre de Tralles les vante sur- tout contre certaines affections gastro-intestinales (Lib. X, “cap. T, éd. Hälier, t. IT, p. 45). Le soufre jouaitun grand rôle dans le système de Paracelse, qui, le regardant comme un des élémens constitutifs du corps de Phomme, avec le nitre, lui attribuait une foule de maladies. Mais de tout temps la substance dont nous parlons fut considérée comme précieuse contre la gale. Van Helmont, qui vante ses propriétés dans un grand nombre de cas, la regarde comme souveraine contre les affections psoriques, et lui accorde, avec les auteurs de lantiquité, des vertus divines contre la peste et la contagion ( tumulus pestis, p. 185 ; et Scabies et Ulc. Schol., p. 198). Cette efficacité du soufre contre la gale a été admise par tous les praticiens, et nous avons vu que, de nos jours, l'expérimentation comparée avait sanctionné ce résultat. | Fig
PANSEMENS CONSIDÉRÉS SUIVANT LEURS USAGES. 333