DES MOUFLES
moufles, Noas allons en dire quelque chose. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux traités de mécanique.
pes MOUFLES (pl. IX, fig. ur).
Les moufles sont des composés d’au moins deux poulies, et ordinairement de deux ordres de poulies en nombre égal, que Je supposerai suspendues les unes aux autres et qui sont les unes supérieures, les autres inférieures. Les premières - sontsoutenues par une même chape (fig. 111, 1), fixée à un point solide et immobile ; les secondes, ayant une chape mobile au dessous de laquelle on attache les poids à soulever (même fig., 20), sont suspendues aux premières par une corde commune qui, fixée à la chape supérieure (même fig., 6), vient passer sous une des poulies inférieures (même fig., 14), remonter sur une des supérieures (même fig. , 9, 3), redescendre sous la poulie inférieure (même fig., 7, 15) qui suit la première dont j'ai parlé, et ainsi de suite (même fig. 10, 2, 11, 16, 12, 15), jusqu’à ce que toutes les poulies d’en bas soient suspendues À celles d’en haut , et que l'extrémité libre de la corde pende de la dernière poulie supérieure (même fig., 13), en sorte que l’on puisse soulever les poulies inférieures avec leur chape et le poids qu'elles supportent.
Lorsqu'on tire sur l'extrémité libre de la corde , les poulies supérieures tournent et se meuvent sur leur point d'appui qui est fixe (même fig. , 8), comme des leviers du premier genre ; mais il n’en est pas de même des poulies inférieures ; elles tournent et s'élèvent toutes à la fois avec leur axe, leur chape et le poids qui peut y être attaché. Or, comme dans ces poulies la résistance. est ap- Pliquée à l’axe (même fig., 19) qui supporte la chape et le poids qui y est suspendu (même fig., 20) ; la puissance au
point où la corde, en montant, se détache de la circonférence de la roue (même fig., 17); l’appui au point opposé où la corde touche à la poulie et s'engage dessous (même fig., 16), ces poulies se meuvent réellement comme un levier du second genre. Si ce que nous disons là est vrai, comme ici le bras de la puissance est une fois plus long que celui de la résistance , il en résulte que la puissance, pour faire équilibre à la résistance, doit n’être que la moitié de cette force dans un moufle composé d’une seule poulie inférieure, et que la vitesse de la puissance y est double de celle de la résistance. C’est précisément ce qui a lieu,
et chaque poulie a chape mobile double la force de la puissance,
lorsque les divers tours de la corde de la poulie sont exactement parallèles les uns aux autres. Gar il est démontré que la force nécessaire pour soutenir un poids, par le moyen d’un moufle,
est au poids lui-même comme l'unité est au double du nombre
des poulies mobiles. Aussi un moufle à trois poulies inférieures et à chape mobile, comme celui de la pl. IX, fig. nr, abstraction faite de la différence produite par les frottemens, pourra, avec un poids d’un kilogramme (deux livres) attaché à l’extrémité libre de la corde, soutenir six
kilogrammes (douze livres) suspendus à la chape des poulies
inférieures. Par la même loi, un poids de vingt-cinq kilogrammes (cinquante livres ), fixé à l’extrémité de la corde du moufle , fera équilibre à un poids de cent cinquante kilogrammes (trois cents livres) , accroché à la chape mobile,
Le lecteur doit concevoir aisément qu’un malade, au moyen d’un moufle, pourrait, pour satisfaire à ses besoins, se soulever facilement avec ses couvertures et un châssis sanglé sur lequel il serait couché, et qu'il se souleverait sans faire le moindre mouvement qui pût lui être nuisible.
J'ai parlé du moufle beaucoup moins à cause de l’abns qu’on en faisait autrefois pour réduire des luxations et des
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DU TREUIR * * | 289 fractures par la violence , que pour les avantages que l’on peut en retirer dans certains cas (1).
de rreuIL (pl. IX, fig. vi).
Le treuil , ou tour, est une machine composée, 1° d’un cylindre qui tourne sur son axe (pl. IX, fig. vi, 6) ; 2° de deux appuis immobiles qui le soutiennent (mêmefig., 2 ,7) ; 3° d’une manivelle (même fi , 1), de leviers , ou d'une roue (même fig., 3, 8), etc. , sur lesquels on agit pour faire tourner le cylindre ; 4° d’une corde à laquelle est attachée la résistance que l’on doit soulever ou attirer vers le treuil, sur lequel cette corde s’enroule (même fig. 5, 10).
Dans les grands treuils, comme celui des carrières (même fig.), le cylindre porte le nom d'arbre. Le mouvement est communiqué dans ces grands treuils , où il faut beaucoup de puissance, par une roue garnie de chevilles (même fig., 4) sur lesquelles montent des hommes; dans les treuils plus petits, c’est au moyen de deux leviers qui traversent l’arbre.en se croisant à angle droit ; dans les treuils plus petits encore, c’est au moyen d’une manivelle , comme celle que j’ai fait ponctuer (même fig., 1) pour montrer à la fois deux moyens d'appliquer la puissance à la machine; enfin dans des treuils très-petits, c’est au moyen d’une simple clef, comme celle dont on se sert pour remonter une horloge ou une montre. C’est une clef, par exemple, que l’on emploie pour tourner le treuil de la pantoufle de J.-L. Petit (pl. VIIL, 13). La corde est diversement fixée au treuil; tantôt elle traverse son cylindre, et est nouée du côté opposé de l'ouverture ; tantôt elle est attachée à un crochet; d'autres fois à une saillie semblable à la tête d’un clou, etc.
(4) On peut même , parfois, s’en servir utilement pour la réduction des luxations , comme l’a rappelé M. Sédiilot dans ces derniers temps.
284 CLASSE Ils BANDAGES MÉCANIQUES.
Comme on se sert du treuil pour obtenir beaucoup de * force, on applique toujours la puissance à la roue, aux lewiers croisés, à la manivelle ou à la clef, qui augmentent la force de la puissance en la faisant agir sur un rayon plus
grand que celui de la résistance, lequel s’étend de l’axe du
cylindre au point où la corde commence à le toucher et à s’enrouler dessus. »
Le lecteur a dû observer que le treuil agit précisément comme un levier du premier genre, dont le bras de la puissance est plus long que celui de la résistance, et souvent beaucoup plus long; en sorte que la force de la puissance s’y accroît proportionnellement à l’excès de la longueur du rayon de la roue, de la manivelle, etc., sur le rayon du cylindre ; qu’enfin la vitesse de la résistance est en raison inverse de l’augmentation de la puissance.