DE LA VIS PROPREMENT DITE
Celle-ci a une pièce accessoire indispensable à son action, c’est l’écrou ; et c’est de cette pièce que lui viennent ses caractères propres.
L’écrou est un morceau de bois ou de métal (pl. X, fig. 1,5, u, 3; fig. v, 7), percé d’un trou ou d’un canal cylindrique, ii On désigne ainsi un canal ou un trou dont les parois sont creusées d’une gorge en spirale, comme la surface du cylindre qui forme la vis.
On a quelquefois nommé l’écrou vis femelle, et le cylindre taraudé vis mâle , parce qu’il traverse celle que l’on dé-
signe par l’épithète de femelle.
Une des deux pièces de la vis, soit le cylindre taraudé ; soit l’écrou, doit être fixe et l’autre mobile ; et ainsi c’est
tantôt la vis , tantôt l’écrou que l’on fait tourner, avancer ou rétrograder dans l’autre ou sur l’autre.
La vis s'emploie pour exercer une forte pression ou communiquer une impulsion, soit en avant, soit en arrière, et par suite obtenir des résultats variés. C’est toujours la pièce mobile que l’on fait marcher contre la résistance à presser , à pousser ou à tirer; et dans ce cas les filets de l’une sont autant de plans inclinés qui glissent sur les plans inclinés que représentent ceux de l’autre. Lorsqu’enfin la pièce mobile touche à la résistance , en même temps que la puissance la fait avancer, elle s’appuie sur les filets de la pièce immobile, qui se trouvent entre la puissance et la résistance , et paraît agir par un mécanisme qui n’est pas sans analogie avec celui du levier du premier genre.
La vis a d'autant plus de force que les bras où s’applique la puissance ont plus d’étendue. Comme plan incliné, elle agit avec d'autant plus d'énergie que ses pas sont plus petits et par suite plus nombreux; elle fait aussi d'autant plus de chemin, et perd en vitesse ce qu’elle gagne en force, fait constant et universel dans les phénomènes mécaniques.
Les filets doivent avoir différentes formes ; selon la matière dont la vis est faite, selon la matière de l’écrou, selon les efforts qu'ils ont à exécuter et à soutenir. Il faut qu'ils soient angulaires (pl. X, fig. vir, 7), et assis sur leur Cylindre par une base large , dans la vis en bois, pour qu'ils conservent assez de force. Ils sont carrés dans les grosses vis qui serrent des presses et des étaux (pl. IX, fig. vn), pour augmenter les surfaces, par suite les frottemens, et empécher la pièce mobile de rétrograder par la réaction de la résistance pressée.
Les mécaniciens font diverses espèces d’écrous :.1° des écrous ciselés sur leur circonférence (pl. X, fig, 1, 12), et qu'ils nomment godronnés ;. 2° des écrous avec des prolon-