‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareilsChapitre 135 sur 196 · GENRE IV · texte numérisé non relu

GENRE IV

BANDAGES HERNIAIRES , OU BRAYERS ÉLASTIQUES.

Définition. Ce sont des cerceaux élastiques, destinés à embrasser le bassin et à contenir les hernies de l'abdomen, inguinales et crurales, et même des hernies ombilicales.

Indication. Après qu’on l’a réduite, une hernie abdominale commencçcante réclame instamment l'emploi du brayer pour s'opposer à sa réapparition, et même pour la guérir s’il est possible. Une hernie ancienne, peu volumineuse , réductible ou irréductible; le réclame encore pour être contenue et ne pas êlre exposée à une brusque augmentation, à l’étranglement et aux dangers qui peuvent en résulter.

Disposition : matérielle. Ges instramens sont assez variés ; néanmoins il leur reste tant de ressemblance à travers leurs nombreuses modifications , et leur conformation est si aisée à vérifier sur chacune de leurs espèces, que l’on peut d’abord exposer ce qu'ils ont de commun. :

Un brayer a une longueur suffisante , avec la courroie ajoutée à l’une de ses extrémités, pour entourer le bassin, et pour que cette courroie puisse croiser en ayant l’extrémité opposée du bardage , et se fixer dessus, au crochet ouau clou qu ’elle porte ; ; ilest courbé sur lui-même et en outre tordu sur un pui de sa longueur , comme les côtes moyennes, de manière que l’une de ses extrémités est dirigée en

haut, l’autre en bas , et qu’elles se trouvent sur deux plans : d’inégale hauteur. Unbrayer a l’une de ses extrémités élargie ; :

on Ja nomme sa pelote. La. partie du Res qui y tiént est souvent plus étroite et légèrement: tordue ; c'en est: le col.

Les brayers élastiques dont nous parlons ici sont formés ; 1° d’un ressort d'acier ; 2° d’un écusson où d’une plaque; 5° d’une garniture qui enveloppe le ressort ; 4 quelquefois d’un sous-cuisse que l'on ajoute aux brayers.

Il y a deux espèces différentes de,ces bandages, l inguinal. et le crural, quise retrouvent daïis chacun rs sous- genres dont je parlerai. Des bandagistes y ajoutent. un Brayer ombilical, dont je dirai un mot à part. Je vais m'occuper ici de la construction des RE inguinaux et crüranx en général."

” EF ; Là RUE 24 C CHATUCHON à des brayers à inguiaux A cruraux en or

Oxique: cetté Fat doive être nat o aux bandavistes, j ] ‘en donnerai une description succincte. pe : Quand on veut fabriquer. un brayer pour un malade ; , que : l’on connaît à lavance , on doit mesurer avec la plus g grande ‘ exactitude. la ciréonférence du bassin, en suivant ta ligne que le bandage doit parcourir. RAM A) Li

: Man id de prendre la mesure pe à RER EL TA

w# ï 4 Ê En

On pourrait ne mesurer que Le étendue de la dti -circonférence du bassin ; depuis l’ennéau ou l'ouverture, crürale jusqu'à l’angle rentrant de Ja région sacro-lombaire, en passant sous là crête: de l'os des îles, et en ‘marquant le point correspondant à la saillie: des muscles ne fessier et fascia lata. M FAR HE Rats ANR ET

Habituellement on mesure toute la circonféronce di bas- |

GENRE IV, BANDAGES HERNIAIRES. 305 sin,avec un cordon qui l'entoure , comme le doit faire le bandage , et l’on marque sur ce cordon les points correspondans à l'anneau ou à l’ouverture crurale, à l’épine antérieure et supérieure de l’ilium , et au milieu de la région sacro-lombaire. |

Des auteurs recommandent de prendre cette mesure avec un fil de fer souple, simple ou double et tordu , qui puisse.se mouler exactement aux formes du bassin, et en faire connaître en même temps la circonférence. Scarpa conseille d'employer à cet usage une lame mince, extrémement flexible, comme le serait une lame de plomb, de six lignes de largeur (environ un travers de doigt }, terminée à une extrémité par une plaque analogue à celle d’un brayer. Il veut que l’on moule en quelque sorte cette lame el sa plaque sur la circonférence du bassin et sur les courbures des régions inguinale et crurale ; il vent qu’ensuite on se serve de cette lame comme d’une mesure et d’un modèle, pouf fabriquer le bandage herniaire avec plus d’exactitude ‘et de précision. |

La fabrication du brayer est une Opération assez compliquée. Un ouvrier fait le ressort, la plaque ; et les unit ; le même ou d’autres les recouvrent de la garniture, y ajoutent la courroie et le sous-cuisse , s’il est nécessaire,

1° Le ressort est une lame d’acier élastique , destinée à embrasser une partie de la circonférence du bassin , et à presser la hernie par l'intermédiaire de la pelote. Sa fabrication comprend plusieurs opérations. | |

Fabrication du ressort, Première opération. Pour fibriquer le ressort, l’ouvrier prend d’abord une de ces lames d'acier du commerce , qui ont huït pieds de long sur quatre pouces de largeur ( onze centimètres environ ;, et une demi-ligne d'épaisseur (à peu près un millimètre );:il la Coupe avec de foris ciseaux à grandes branches , dont l’une

ést solidement fixée à un appui immobile, tandis que l’autre seule se meut sur la première’; il la taille avec ces ciseaux , que l’on nomme une cisaille , en bandes de treize à vingt millimètres (six à neuf lignes } de largeur , de quarantéquatre à soixante-cinq centimètres ( seize à vingt: id pouces ) de longueur.

Dans une secondé opération, l’ouvrier bat trèsrégulièrement, avec le marteau & panne , en commençant vers le milieu, l’une des bandes qu’il à taïllées ; et continuant jüsqu’à l’une de ses extrémités qu’il élargit graduellement par le battage , @u point de lui donner trois à quatre centimètres (.quinze à dix-huit lignes ) de largeur, il achève de frapper et d’aplatir uniformément cette extrémité avec le marteau dit à deux têtes ; et en forme la queue: du ressort. Quant à l’autre; il n’y touche point, dans la crainte d'en diminuer l'épaisseur et la force : elle correspondta a col du bandage.

Troisième opération. I] Gabon ensuite les bords ‘êe la lame avec la cisaille, et il les lime.

Par une quatrième manœuvre , il ceintre la bande en 5; au moyen du-marteau à deux têtes. k

. Dans une cinguième opération , il en arrondit les extrémitéset les perce chacune de deux trous (pl. XIE, fig. r, 11, ir, IV, VI, n° 1, fig. vit, 1,2 ,9 , 6, quelquefois d’un plus grand nombre (même pl, fig. 1x, 5), et à une distance déterminée. Ces trous sont destinés à recevoir les rivures qui fixeront la plaque au ressort, et dont il sera parlé plus bas.

Après ces opérations , la lame d’un ressort inguinal, par exemple, a la forme de la fig: vn, pl. XI, 2.

Sixième opération. La larhé d’un bandage étant taillée , battue, limée, ceintrée et percée’, l’ouvrier la courbe d’abord. avec les mains ; puis il la place dans l’étau, ét au moyen d’an tour de pince, lui donne la torsion ét'la cour-

bure qu’elle doit garder. 11 la courbe de manière que ses deux extrémités se croisent obliquement, et que la queue passe sur lé bord supérieur du col du ressort, lorsqu'on l’abandonne à son élasticité (même pl., fig. rt ).

Une septième manœuvre est destinée à torts le ressort sur son axe, 1° au niveau du col (pl XIT, fig. 1, 11, TE , IV, Vi, 4), pour que la surface postérieure de celui-ci regarde en haut et en arrière; et 2° vers la partie de sa longueur , qui correspondra aux lombes ( même pl., même fig., 2 ), pour que la surface antérieure de la queue regarde en bas et en avant, précisément en sens inverse du col.

La courbure et la torsion du ressort doivent être d’ailleurs subordonnées à la forme du bassin dans sa circonférence.

Iuitième opération. Le ressort ainsi courbé , les ouvriers le font chauffer pour le tremper; et voici comment ils font cette opération, Ils placent le ressort au feu avec d’autres, l’un sur l’autre, et au milieu d’un brasier ardént , afin que la chaleur s’y SR également. Ils les réunissent en paquets de huit , ils les recouvrent de charbon de bois, sans cependant les ensevelir au point qu’ils disparaissent à la vue. [ls soufilent le feu avec une feuille de tôle ou un corps analogue, afin que l'air agité s’y insinue partout exactement, et excite partout une combustion égale. Ils retirent les ressorts aussitôt qu’ils ont passé par la couleur rouge-cerise, el les trempent pour quelques instans dans l’huile de navette. Ils les nettoient ensuite avec des cendres, puis avec du grès en poudrel®t une pierre dé grès.

-Neuvième opération. Après avoir trempé les ressorts, les ouvriers les font recuire sur un fourneau ardent , recouyert d’une plaque percée d’une ouvertune de treize centimètres et demi ( cinq pouces ) de longueur sur cinq centimètres

et demi ( environ deux pouces ) de largeur. Ils les tiennent sur celte ouverture , et en exposent successivement ‘toutes les parties au feu jusqu'à ce qu elles aient acquis la couleur gorge- -de-pigeon. Ghauffés davantage , ils se ramolliraient.

Cette opération, de deux minutes, rent au ressort sa forme qui s’élait altérée pendant la trempe; mais il est des’ ouvriers qui font recuire le col du ressort plus que sa queue;

parce qu’il est plus épais et que des bandagistes veulent lui : conserver plus de souplesse, pour qu'en “Tappliquant on puisse le tordre un peu plus ou un peu moins, et l’accommoder à l’inclinaison et à la saillie du venire du ma- Jade. |

Dixième opération. Les choses en étant là, les ouvriers donnent ; comme ils disent , la manutention au ressort, sur l’enclume appelée bigorne; ils effacent les inégalités qui peuvent encore y subsister, et l’ouvrent d’un centimètre et demi ( environ un demi-pouce ). Par cette manutention à lame élastique recouvre sa forme primitivé.

Au lieu de fabriquer ces ressorts, on peut en préndre de tout préparés que l’on trouve en magasins dans le commerce. Je dois cependant prévenir que, suivant M..Lafond, ils sont tous mauvais (1). Ces ressorts du commerce sont marqués et distingués d’après leur longueur ; mais ces marques varient chez les divers fabricans, en sorte qu'il n’y en a point de généralement employées à cet égard.

Le ressort doit avoir une largeur de deux centimètres (près de nenf lignes) vers son col ; et cette largeur augmentera insensiblement vers son extrémité postérieure. Il aura une force proportionnée à la@tendance des parties à s’échapper; cette force dépend de son épaisseur et de son élasticité. [l serait bon , comme le veut M. le docteur Bur-

a) Considérations sur les Bandages herniaires. Paris, 4818, p.39.

din jeune (1), que cette force fût mesurée sous divers écartemens donnés, afin que l’on connût exactement la puissance de chaque bandage ouvert à tel degré. En général, une force médiocre, de 1 à 4 livres, suffit pour contenir les hernies chez les personnes faibles , comme les enfans, sédentaires et tranquilles, comme la plupart des femmes. Une force plus puissante, de 4à 8 livres , est nécessaire pour contenir les hernies chez l’homme et surtout chez ceux qui se livrent à des travaux qui exigent plus d'activité musculaire. Une force puissante, de 8 à 12 livres, et même au-delà, est encore nécessaire pour arrêter les hernies volumineuses et anciennes qui ont élargi considérablement l’anneau.

Il L’écusson est une plaque métallique destinée à former la charpente de la pelote. Sa figure varie, suivant qu'elle doit faire-partie d’un bandage inguinal et crural, et aussi selon le volume et la forme de la born Il est formé d’une

plaque (pl. XIX, fig. 1,16, mx, 1, vr, 0), d’un crochet ou d’un clou (même pl., fig. iv, vs, 7), et d’une bride ou ganse (même pl. , fig. 1v, vin; 8).

Pour fabriquer les écussons ou plaques des bandages , l’ouvrier. emploie une feuille de tôle de trois millimètres (plus d’une ligne ) d'épaisseur , et 1° il place un modèle sur la feuille de tôle, et en trace la circonférence ; 2°il la découpe avec la cisaille, en lime les bords , la recouvre du modèle pour marquer exactement la place des boutons et de la ganse; 3° l'appuyant sur un gâteau de plomb, il la, perce avec un poinçon; 4° Hlécioute au marteau à têle ronde, et Ja: ‘courbe de manière qu'elle soit convexe en avant et concave en arrière ; 5° la plaque ainsi disposée, l’ouvrier l’achève en y fixant les fils de fer ou dé laiton qui doivent former’ là gaase (pl. XIE, fig. 1, 1v, vur, 8),

o (4) Diciionnaire des Sciences médicales, art. OMNIFORME.

le crochet ou le bouton (même pl., fig: 1,11, It, I,

VI, 7, fige VIT, 7, 7°), et il finit en les rivant en dedans. La plaque d’un brayer construite, l’ouvrier l’unit: au

ressort par des clous dont il rive les deux extrémités (même

pl, figi star mans ter, 6, 6 partout). ALU

Si le col du ressort a été convenablement tordu , l’écusson doit alors regarder en haut et en arrière par sa face postérieure , comme: on le voit pl. XII, fig. 1, In, 5, où le ressort et l’écusson, unis l’un à l'autre, sont vus de haut en bas, fig. 1v, vi, 5 ,et où l’on distingue l'épaisseur du bord supérieur, ce qui montre que la plaque est inclinée. |

L'écusson étant attaché au ressort, on les garnit tous les deux. : st ri CURE LUE DNS Be

I La garniture se compose , 1° d’un coussin mollet pour garnir l’écusson ; 2° d’une courroie ; 3° d’un morceau de tuile cirée ou de lisière , d’une étendue suffisante pour recouvrir le ressort dans toute sa Jongueur; 4° d’un coussin de peau de chamois on de lièvre; garnie de ses poils et bien fourrée ; 5° d’une bande de même peau ou. de maroquin ; assez longue pour recouvrir toute la surface externe du ressort et la courroie jusqu’à environ seize centimètres (près de six pouces) de son-extrémité (pl. XIE, fig, x, xr, 8 ); 6° de la couverture de Ja pelote ; 7° peut-être dois-je ajouter d’un fourreau de Loile fine ou de calicot , que l’on nomme la chemise du bandage ; et qui est destinée à le pré- server de la sueur. die "35 #

Le coussin de la plaque doit. avoir Ja même figure que cette plaque , mais en dépasser légèrement la circonférence. Îlen. est qui les font avec de la toile et de la laine ou des rognures deschals, pour servir de remplissage. Ces rognures sont formées d’un mélange de soie, de coton et de Jaine. D'autres, au contraire, recouvrentla face interne de la plaque avec une lame de liége, taillée convenablement , et

qu'ils garhissent ensuite elle-même avec de la laine , du co“; ton etc. ; à sa fâce interne , ‘afin qi’elle soit molle ; élas-' tiqueet: incapable de blesser. Le coussin doit” être mou , plus où moins convexe sur la surface qui sera’ tournée en arrière; selon que la hernie estplus où moins complétement réductible:; ik sera au contraire concave pour loger la tumeür de la hernie , si celle-ci ne’ peut être entièrement réduitez jh) Ag US 0 uv ai «qe La cobrroie.est formée ; 1° d'une bande de:cuir de seize centimètres de long (près de six pouces}; ‘quiest la courroie proprement dite: et qui.est percée d’une série de trous écartés-entre eux d'un travers de doigt environ; 2° d’une lisière de drap ou d’un ruban: très-fort ;: destiné à être attaché à l'extrémité: du ressort , par une couturé, tandis que ce ruban tient d’ailleurs à une des extrémités de la bande de cuir. Ces deux. pièces ensemble continuent le ressort dont-«ellés surpassent un pen Ja longueur.

À latoile commune pour énvelopper immédiatement le ressort, M. Verdier préfère la toile cirée ; parce que celle derñière étant. imperméäblé à lhumidité, garantit le ressort de Faction de. la sueur, de l’oxidation qui endéser ait la suite; et qui pourrait amener la fracture du ressort et.la prompte altération de la garniture. Lorsqu'on emploie de la lisière au Jieu de toile, elle doit être assez longue pour étendre … au-delà: de. l'extrémité da: ressort, jusqu'à Ja courroie. ? 0 na À 3 Ru,

: Le.coussin de peau se fait avec un rouleau de laine car: dée que J'onenveloppe de peau. Si l’on emploie de la peau de lièvre, on en tourne les poils en dehors. On préfère quel: quefois cette dernière à celle du chamois, parce que les poils :qui la recouvrent la préservent de l’action de: la , sueUrs | Far ÉA 4 La couverture de Ja pelote. esl formée de trois lames de

peau et d'un bouton. La première lame doit être assez. grande, taillée. saivant la: conformation de la pelote pour en revêtir toute la surface interne (pl XIE, fig, virix, xx,

9, 9). La seconde , taillée sur l’écusson ; doit avoir l’éten-. due suflisante pour en recouvrir la surface externe ; être.

cousue par sa Circonférence avec la précédente , et être “percée pour donner passage à la bride ou ganse et au clou (même pl., fig. vu, 6, 6'). La troisième (même pl, x, xr, 6, 6, 6,6); taillée comme Ja seconde, ne doit pas être pércée; il-faut seulement: ÿ pratiquer:une boutonnière vers sa partie inférieure, même pl, fig. V; x 1x, 7). | :-Pour appliquer la garniture, l’ouvrier commence par coudre à l'écüssonle coussin oule hége, lorsqu'il doit employer ce dernier. Quelques uns ne le font qu’après avoir recouvért la plaque d’une enveloppe dé toile écrue ; cousue sur toute la circonférence de l’écusson. L’ouvrier enveloppe ensuite le ressort de sa toile ou de’sa lisière > qu'il assujettit solidement autour de celui-là par une couture qui unit les deux bords de cette première enveloppe: ? :!

Il coud ensuite solidement la lisière de la'courroie: à la queüdiau ressort par les trous dont elle est percée. Il applique , le long de’la concavité du fer » le coussin de peau, par le côté où règne la Couture très-lâche des deux bords de la peau qui le-forment. Il renverse les bords du’coussin à la face convexe du ressort, où il lés coud'encore ensemble,

après les avoir rapprochés autant que possible. Au-delà du

fer, il les coud sur la lisière de la courroie , et enfinsur le cuir lui-même, qui én doit être enveloppé ét recouvert jusde six pouces). JT ARE 18 dis ES HORS

Le coussin ainsi placé; l’onvriér lé piqué tout le long

qu'à environ quatorze centimètres desonéxtrémité (moins

des bords du ressort (pl. XIE, fig. vurr, x, xx, 2,2, 92, 2/ ete:

pl: XIE, 30, 55), afin qu'ils restent toujours surmontés et

GENRE 1V, BANDAGES HERNIAIRES. 313 garnis d’un bourrelet capable de garantir la peau de leur action.

La bande de peau destinée à recouvrir la surface externe du bandage doit être cousue aux deux bourrelets du coussin (pl. XIL, fig. x, x1, 3, 3), pour en cacher les deux bords cousus eux-mêmes tout le iong de la surface externe da ressort. Gette bande doit se proloffger depuis le col jusqu’à la bande de cuir de la courroie.

La couvertare de la pelote est ensuite appliquée, les pièces interne et externe (pl. XIT, fig. vur, x, xt, 6’, 6) $ont cousues ensemble par leur bord autour de la circon- férence de la plaque, et sur le coussin du ressort et sur la bande de la peau, à l'endroit où l’écusson tient au ressort (même pl, fig. vur, 12, 19’). La pièce mobile (même pl., fig. x, x1, 6, 6, 6, 6, etc.) est ellé-même cousue au bord supérieur de la pelote. Enfin le bouton est attaché en dehors de la pelote vers son bord inférieur (même pl., fig., x XL, 7, 7).

Telle est en senti la os des bandages je l’on trouve dans le commerce.

. [serait utile que les bandagistes. tinssent aussi des chemises de toile-ow de calicot, que le malade pourrait acheter avec ces bandages pour les en revêtir et les préserver de la sueur. |

IV° Le sous-cuisse (pl. XIL, fig. vu etx, 13, 13, 13,14) est une sorte de bande que l’on passe sous la cuisse, comme l'indique son nom ; et qui est destinée à empêcher le bandage de:s’élever ; mais on ne s’en sert pas constamment, et il ne fait Le une pärlie aussi essentielle des brayers que celles dont: j'ai parlé précédemment,

Il est formé tantôt d’une lisière de drap: revêtue de satin eu de peau , tantôt d’une bande de futaine ; l’ane et l'autre sont garnies d’une anse de ruban à l’une de leurs extrémités

914 CLASSE 11 BANDAGES MÉCANIQUES, | (même pl, fig. x, 12), età l’autre extrémité, d'une cour roie de cuir qui doit avoir un décimètre (un peu plus de trois pouces et demi) de: longueur, ‘et: être percée d’une suile de.trous (même.pl,, fig. vin, x, 19, 14). Application des bandages'herniaires. :

On ne doit placer un brayer qu'après avoir fait coucher le malade et qu'après avoir réduit la hernie en totalité, si celte réduction est. possible. Alors , tandis que lune des mains , appliquée à l’ouverture par où passe cette hernie la soutient. el l'empêche de se remontrer, le ‘ressort du ban: dage.est déployé par derrière ctautourdu: bassin, la pelote amenée sur l'anneau inguinal ou l'ouverture crurale ; pour remplacer la main-à mesure que l’on retire celle-ci’et pour contenir à son tour la hernie; enfin la courroie est fixée sur la pelote, soit à un clou, soit à un crochet de cuivre! et la pièce mobile de la pelote est renversée sur le crocliet ou la courroie (même pl., fig. x, x1, 6, 6,6; pl: 6, XIL, 36, 42).

Le brayer placé, on doit examiner: s’il rempli parfaite: ment le but qu'on se propose, et contient: ‘exactement la hernie, même lorsque le malade, sé plaçant successivement debout:et dans d’autres positions très-variées, chante, crie, ct fait des efforts comme pour aller à la garde-robe:

S'il est nécessaire de placeriun sous-cuisse,et les indications quile réclament sont posées un-peu plus bas-dans cet article, ilfautembrasser extrémité postérieure dubandage dans un nœud coulant fait avec, l’anse qui termine le souscuisse par-un bout, ramener célui-ci.entre les:cuissés'etpar devant , pour le fixer au crochet ou-au clou de la pelote.

Effets. L'usage. d’an brayer est ‘d’abord pénibles, mais l'habitude émousse peu à peu:la gênante impression qu'il cause. Si cependant il fatiguait par trop le malade dans les

GENRE IV. BANDAGES HERNIAIRES. 315 premiers temps, il pourrait l’ôter étant couché, pour le remettre avant de sortir du lit, en suivant lés règles que nous avons tracées pour son application. Par suite d’une trop grande constriction ou des vices dubandage , il survient quelquefois du gonflement au scrotum, au testicule, au cordon, une excoriation à la peau , et même la gangrène des parties extérieures et intérieurés au sac (1), accidens qui obligent de moins serrer, de modifier le bandage ou de le remplacer par un autre , et avant tout d’en suspendre l’usage. Richter a vula pression du bandage de force: ordinaire causer un gonflement douloureux du cordon testiculaire et du testicule lui-même, un cirsocèle , une hydrocèle (2). A. Gooper prétend que parfois le testicule s’atrophie (3) ; pour mei,, j'ai vu déjà plusieurs fois survenir le gonflement inflammatoire ou variqueux du cordon et l'inflammation et l’ulcération de la peau. | |

Chez les sujets maigres, dont l’abdomen rentre, le bandage remonte aisément sous l'influence de l’inflexion de la cuisse, en avant sur le bassin ou du bassin sur la cuisse. Dans ce cas , le sous-cuisse estindiqué. Les auteurs prétendent que chez cessujetsunepelote trop convexe écarteles bords del’ouverture herniaire , l’élargit et favorise la réapparilion de la hernie. |

Chez d’autres sujets pleins d’embonpoint, le bandage, repoussé en bas par le ventrequ'ilestobligé de porter, descend au dessous de la hernie et manque ainsi de remplir son but; chez d’autres , au contraire , il glisse et descend, parce que les fesses trop maigres ne le soutiennent pas. Ces deux cas réclament l'emploi de deux bretelles ou de deux bandes

(1)7oyez les observations de J.-L. Petit (œuvres posthumes, p. 304 ,

»t. 11) et de Pott (p. 430, traduct. franc.). -— (2) Lawrence, p. 69, où

Richter, t. 1, p. 81, trad. par Rougemont. — (3) Traduction française par Chassaignac , etc. 4837, p.228. |

scapulaires, qui s’étendent de la partie postérieure du barrdage à la partie antérieure, en passant pardessus les épaules. Les auteurs assurent qu'il n’y a qu’une pelote-très-convexe qui puisée , chez les personnes très-grasses, s'opposer, à travers le tissu adipeux sousvcutané , au grossissement et à la réapparilion de la hernie, | Mais lorsque le bandageMest bien fait, continuellement porté ; lorsque la hernie est peu volumineuse, peu ancienne, que le sujet est jeune, qu’il mène une vie tranquille, le chirurgien peut, sans trop de présomption, se flatter de l'espoir de le guérir radicalement. 1 4I4iuliR | Si d’ailleurs l’usage du brayer ne le guérit pas, il prévient l'augmentation de la hernie et l’accident grave de l’étranglement. | | Lorsque le braÿer guérit le malade , tantôt c’est én resserrant l'ouverture herniaire ; tantôt c’est en cblitérant le col du sac ou sa cavité par l’adhérence de ses parois après ou sans avoir épaissi ces mêmes parois; tantôt c’est en oblitérant le canal herniaire par le pelotonnement et la condensation du sac replié sur lui-même, et par sa solide union avec les parois du canal et les parties molles qui y passent; tantôt c’est le pelotonnement, l’adhérence et l’induration de l'épiploon aux ouvertures herniaires (1). Dans tous les cas, le brayer détermine tous ces effets par la pression qu'il exerce. Les bandages herniaires ne contiennent et ne guérissent pas seulement les hernies réductibles et sans adhérences ; ils réduisent lentement , à la longue , et guérissent même = quelquefois , suivant J.-L. Petit, des hernies adhérentes. :H a été un temps, dit-il (2), où l’on donnait comme axiome, que les hernies avec adhérences ne peuvent se réduire que par l'opération ; mais depuis que l’on a su employer des pe.

(4) J.-L. Petit, œuvres posthumes , 306, (2) Zd. t, 11, p. 498.

GENRE IV. BANDAGES HERNIAIRES. 917 lotes convenables, creusées en cuiller, nous en avons réduit et maintenu plusieurs réduites. [Lest vrai, ajoute-t-il, qu’ileen coûte beaucoup de soins au chirurgien et de sujétions au malade. Celui-ci doit rester couché sur le dos, les hanches plus hautes que la poitrine, et n’aller à la selle que dans un bassin glissé doucément sous ses fesses, S’ il a de l'embonpoint , régime sévère. On resserre le bandage à mesure qu’il se relâche, si les parties herniées ont commencé, par suite de la compression, à rentrer dans l’abdomen ; on diminue même au besoin la cavité de la pelote, ou mieux, on en prend dont la cavité soit plus étroite. En suivant cette méthode, on parvient à mettre un bandage dont la pelote n’est plus déprimée et le chemin pour arriver à la parfaite guérison est bien court puisqu'il ne s’agit plus que de bomber la pelote par degrés.

Mais, dira-t-on, ajoute J.-L. Petit, est-il possible able adhérences soient détruites ? Non sans doute, elles sont toujours les mêmes. Pour comprendre facilement ce qu'elles sont devenues, on n’a qu’à se rappeler que dans les hernies guéries sans opération, la portion du péritoine qui forme e sac est rentrée dans le ventre et a repris son niveau. Alors

our assurer la guérison, le malade doit continuer à porter brayer. Lorsqu'il y a peu d’intestin et beaucoup d’épipon dans la hernie, dès les premiers jours du traitement,

Ltestin rentre et ne sort plus; on peut serrer hardiment

lbandage, suivant Petit, et comprimer l’épiploon sans

Mue s’il n’est point devenu dur; car peu à peu, même

qnd il est dur, la compression du bandage le fait rentrer; il; confond avec le sac, et tous deux ensemble forment

utouchon adhérent à l’anneau, qui empêche le retour de la rnie. Quand on est parvenu à réduire ainsi la tumeur, * les'avers incommodes ne sont plus nécessaires, le plus léger le plus simple suffit. Je connais, dit encore J.-L, Pe-

tit, plusieurs personnes à qui le restant de l’ épiploon ou du.

sac confondus et devenus calleux ensemble, servent de pelote. J’en sais même à qui cette espèce de callosité est si ferme et si bien placée qu’ils ont quitté leur bandage et se trouvent entièrement guéris de leur hernie. Le bandage bien fait ne sert pas seulement à maintenir une hernie réduite et à détérminer les changemens indiqués qui la guérissent ; il affaisse encore les cellules graisseuses et en colle les parois; la peau même y devient quelquefois adhérente et on peut croire le malade parfaitement guéri (1) quoiqu'il nee

soit pas encore, Aussi, l'illustre chirurgien conseille de ne

quitter le Randage que lorsque la guérison est bienconfirmée, ce dont on s'assure par les moyens que j’indique plus bas, P. 921. |

Soins consécutifs. Le bandage doit être continuellement porté, même pendant le repos de la nuit, jusqu "à parfaite

guérison , si le sujet en guérit. Mais, lors même que la

hernie ne disparaîtrait jamais , il ne devrait pas abandonner

son bandage, Il faut, en général, garder le bandage nuit et | ‘jour, parce que, lorsqu'on vient à le quitter, un effort imprévu peut chasser la hernie. Or, une guérison déjà avancée

est alors à recommencer tout entière (2), parce que les adhé rences qui unissaient ensemble les parois du sac ont été tot; lement rompues (3). Ges principes sont fondés en fait etp conséquent en raison; mais aujourd’hui on peut ; àl # de l'invagination , réparer le mal en huit jours et f# mieux. En trois jours même, des adhérences sont établ tout le long du canal inguinal et sont assez fortes pou} retenir la peau invaginée, même lorsqu'on exerce dess cette membrane sg tractions légères. | |

(4) OEuvres posthumes de J.-L. Petit, p. 307. — (2). Réchtér. re de Rougemont, p. 99, t. 1; A. Cooper, trad. franc. de Chassaignac : p.229. — (3) A. bdiber) id, , p. 228.

Le malade doit éviter, autant que possible, de faire des elorts ; ils pourraient augmenter la hernie et être suivis d’étranglement, malgré la résistance du brayer. Lorsqu'il tousse, et qu'il fait ; involontairement , an violent effort, 1 doit aussitôt appuyer la main sur la pelote du bandage ; la soutenir et s'opposer ainsi à ce qu'elle soit vaincue dans sa résistance, par la hernie. S’il est naturellement constipé, il prendra des lavemens pour rendre les selles plus faciles.

Lé chirurgien n’administrera de vomitifs à un malade qui porte une hernie que dans un Cas d’absolue nécessité , par exemple, dans un cas d’empoisonnement; el alors il faudra soutenir la hernie avec la plus grande attention ; pendant les efforts convulsifs du vomissement.

Ce n’est qu’à l’aide de toutes ces minutieuses précautions que l’on peut espérer de guérir une hernie guérissable. Mais ordinairement, pour peu que le sujet approche de l’âge adulte, de vingt-cinq ans , pour peu qué la hernie soit ancienne , le brayer ne guérit pas la hernie ; ne la contient pas même dans tous les mouvemens et tous les efforts auxquels nous pouvons nous livrer involontairement ou par irréflexion ; et nous restons exposés à l’étranglement de la hernié, Aussi, en général, on ne peut et on ne doit pas compter sur les brayers et leur accordergoute sa confiance. Aussi , de tout temps on à fait des efforts pour guérir définitivement une maladie qui expose à tout moment à des accidens mortels , et c’est pourquoi j’ai moi-même imaginé de guérir radicalement les hernies par une méthode simple, facile, qui n’est pas plus dangereuse que la saignée, en un mot par l’invagination. J’en puis parler sûrement , car je l'ai pratiquée aujourd’hui plus de quarante fois, et je mai perdu que deux malades, le premier d’une pleurésie occa-

* sionée par le froid, et le deuxième d’accidens variés qui laissèrent à l’autopsie une maladie du cœur évidente et quel-

ques globules miliaires de pus dans le cerveau, seulement. Gependant il fat examiné avec le plus grand soin, ainsi que tous les autres organes. On ne peut point compiler sur les brayers et leur accorder une confiance entière parce queles bandages , suriout ceux de la classe pauvre, qui est la plus exposée aux hernies, sont presque tous mauvais et ne contiennent point la tumeur viscérale, parce que la plupart des bandages livrés aux malades éloignés du bandagiste s’adaptent mal , parce que la plüpart-des bandagistes vendent leurs bandages sans se bien assurer qu'ils contiennent les hernies, quelque effort que fasse le malade, quelque position qu’il prenne ; parce que les bandages s’altèrent avec le temps ; enfin parce que l’expérience nous montre trop souvent les hernies étranglées chez des personnes qui portaient un brayer, Tous les brayers revêtus de peau de chamois; et appliqués immédiatement à nu sur le malade, s’altèrent trèsvite. La sueur salit et ensuite durcit leur enveloppe en se desséchant, et même finit par rouiller le ressort. Le malade, gêné par la pression de la garniture qui l’irrite, ima gine souvent alors de placer son bandage par dessus la chemise ; et comme il n’a pas soin de la relever pour la rendre très-lâche au dessus du bandage, il en résulte que ce defnier, tiré par Ja chemisegdans les divers mouvemens du Corps, se déplace, et que la hernie est mal contenue, J'ai vu plusieurs : malades venir me demander conseil dans cette circonstance. Si la garniture du bandage est en peau de chamois, Je chirurgien doit donc engager le malade à 1x revêtir d’une chemise de calicot ou de toile fine, qu'il changera toutes - les fois que la proprelé l'exigera. Ceux qui sont recouverts d'une peau de lièvre, se trouvant préservés de l’action de la sueur par les poils qui les garnissent , n'exigent pas Ja même précaulion. F5 Maintenant que nous avons exposé les soins qu’exige le

. GENRE IV. BANDAGES HERNIAIRES. 351 traitement d’une hernie par l'application du bandage élas: tique porté jusqu’à la guérison, disons à quels caractères elle se reconnaît, et Tue précautions elle réclame encore.

La guérison se reconnaît à l'impossibilité dé faire reparaître la hernie ‘par des efforts assez énergiques , tels que ceux de la marche , du chant, de la toux, de l expectoration, etc. Pour s’en assurer, il faut les faire exécuter graduellement, ces efforts, tandis que d’ailleurs on tient la main à l'ouverture herniaire , et pour apprécier la tendance de la hernie à se reproduire , et surtout pour la soutenir, si elle se présente. Il est prudent de ne faire exercer les premiers efforts au malade que lorsqu’it est couché ; si la hernie n’a pas reparu , il peut les recommencer debout , en les graduant d’ailleurs comme nous venons de le dire.

Avez-vous lieu de craindre que la maladie ne renaisse ? réappliquez aussitôt le brayer; avez-vous acquis la certitude qu'elle est guérie ? ne vous avisez pas de permettre au malade de le quitter immédiatement. Une prudence éclairée demande beaucoup de précautions encore : elle exige que le sujet porte son bandage au moins pendant la journée, qu’il ne l’ôte que lorsqu'il est au lit, qu’il le remette avant d’en sortir, qu'il le quitte et le reprenne encore alternativement pendant le cours de la journée, avant de l’abandonner pour toujours.

Vous n’oubliérez pas enfin de recommander au malade actuellement guéri d'éviter , autant que possible, de se livrer à de She efforts , et d’ appuyer la main sur l’ouverture herniaire dans tous ceux qui, comme Ja toux, le rire, amènent la pression brusque des viscères abdominaux.

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