DES BRAYERS DOUBLES, OU DEMI-CORPS
Ils se composent de deux bandages quise réunissent derrière le bassin , au moyen d’une courroie en tresse et d’une boucle , puis par devant à l’aide de la courroie ordinaire et d’un crochet (pl. XI, 3, 5). Les ressorts de ces deux bandages ne doivent s’étendre que depuis l’anneau inguinal'ou crural jusque vers la dépression lombaire , chacun de leur côté. Si leurs extrémités postérieures s’entre-croisaient , ellés ne s’appliqueraïent pas bien sur la région sacro-verté- ‘brale, et n’offriraient pas un appui suflisant à l’action de la pelote contre la hernie.
: On suit , dans leur construction , les mêmesprincipes généraux que l’on suit dans la fabrication des brayers en gé-
néral. En effet, les modifications qu’on y apporte sont fort légères : on fait subir aux ressorts et aux écussons les mémes préparations , on les garnit de la même manière : seulement on coupe les ressorts plus courts, on arrête la gar niture à l'extrémité postérieure de chacun d'eux, on attache à l'extrémité postérieure de l’un une courroie de tresse (pl. XII, fig. vu, 5), et à l'extrémité correspondante de l’autre une boucle métallique avec une bride, pour recevoir la courroie (même fig. , 3). On attache une courroie de cuir à la pelote de l’un , pour aller la. fixer sur la pelote de l’autre (même fig. , 6, 11). ES AS |
Beaucoup de praticiens préfèrent avec raison ce bandage double pour contenir une hernie inguinale à un brayer à double pelote dont nous parlerons plus bas. Cette préférence est fondée sur ce que le bandage double est plus aisé à appliquer , et principalement sur ce qu’il contient beaucoup mieux les hernies.
SEPTIÈME SOUS-GENRE
BRATERS A PELOTES ÉPAISSES,
Je propose de donner uneépaisseur d’environ deux pouces aux pelotes de ces brayers, afin qu’en serrant lé bandage on puisse aussi en augmenter l’action compressive. Quand on serre, autour du corps, un bandage à pelote ordinaire , l’ef-
fort est employé à serrer le bassin perpendiculairement de
la circonférence vers le centre dans la direction des rayons
du cercle qu’il forme , et agit à peine sur la pelote, parce
qu’elle est beaucoup plus près de l’axe du bassin que ne le sont les parties latérales ou les hanches, et que la pression, par Conséquent, porte à peine sur les surfaces des régions où s'appliquent les bandages inguinaux et cruraux, Je pro-
pose de donner en outre une force de huit à douze livres au ressort du brayer, afin d’être toujours à même d'obtenir une compression suffisanteÿ s il est possible, pour contenir les hernies les plus difficiles à contenir. Car si la force de pression du bandage n’est pas la seule quais nécessaire pour en faire un bon moyen contentif, ce n’en est pas moins la première de ses qualités.
Contenir une hernie ne serait pas le seul usage du brifpe que je propose ; il pourrait encore servir avec beaucoup - d'avantage à la cure radicale , par une compression ferme sans être nuisible , ni poussée au point d’enflammer le tissu cellulaire et le col du sac comme l’a proposé Richter (1), comme on l’a pratiqué avec violence (2), bien avant que des charlatans en France ne s’emparassent de ce moyen toujours très-long , très-pénible et quelquefois dangereux. Dernièrenent encore, j'ai été consulté par un jeune employé de la poste qui voulait que je l’opérasse par ma méthode. Je le renvoyai à un temps plus éloigné, parce que l’aine était trèssensible , le ventre était en outre couvert de cicatrices de morsures de sangsues, parce que, medit-il, le brayer qu’on
Jui avait fait porter avait déterminé chez lui une inflamma-
tion de l’aine et du péritoine très-douloureuse et très-grave.
ESPÈCE Rs,
BRAYER INGUINAL ORDINAIRE.
Je désigne ainsi ceux qui sont destinés à contenir les her-
oies inguinales. Il y en a autant de variétés que nous avons
décrit ou mentionné de sous-genres; car il n’y a aucun de ces sous-genres qui ne paisse fournir un bandäge pour les hernies de l’aine. |
(1) Trad. franc. par Rougemont , 424.—(2) Ibid. p. 426.
EE
La torsion du brayer inguinal sur son axe doit étre telle, qu'il ÿ ait un écartement vertical de six centimètres environ (un peu plus de deux poucés) entre Ja partie du brayer qui doit porter sur la dépression sacro-lombaire et célle qui doit appuyer sur la hernie lorsque le bandage est appliqué sur le malade (pl. XIE, fig. 1v, vr, à , 5 }.
* La pelote et le ressort doivent être immobiles l’un ‘sur l’autre, et construits simplement d’après les principes généraux de la construction des brayers. L'écusson (même pl. , fig. 1,1v, 5), et par suite la pelote (même pl. , fig. vi, X1, © ), ont la figure d’un demi-ovale , dont la grosse extrémité correspond au pilier interne de l'anneau, ou, comme le disent les bandagistes, d’un triangle ; dont deux angles, l’inférieur et l’interne, sont arrondis, ainsi qu’on le voit dans toutes les figures de la pl. XII. "
de dois ajouter que des trois bords de l'écusson et dé la pelote l'an est supérieur ( même pl , fig. 1,11 >) I, IV, V, VI, VIII, X, XI, 0 ), et que c'est sur ce bord que se trouve fixée à l’écusson l'extrémité antérieure du ressort par deux clous rivés (même pl. , fig. 1,1, 117,1, v1, 6, 6 ). Le bord interne (même pl. , fig. 1,11, mr > IV, VI, VIII, X, XI, 10) est le plus court , et dirigé à peu près verticalement jusque vers l'angle inférieur arrondi , où il se continue insensiblement avec le bord inférieur et externe, Celui-ci se porte obliquement en haut et en dehors vers le troisième. angle, qui est plus allongé et attaché en dedans du ressort, comme on le voit même pl. fig. a, 2
La pelote doit être convexe à sa face interne. Le coussir, qui la garnit aura trois centimètres (plus d’un pouce) d’é- | paisseur, etira en diminuant sur les bords ; maisil sera plus ‘ . épais par en bas que par en haut, où sa circonférence doit être le plus mince.
La règle la plus importante à observer dans l'application
GENRE IV. BANDAGES HERNIAIRES: 333 de ce bandage, c’est qu'il appuie d'avant en arrière et de bas en haut sur l'anneau inguinal ou la hernie; que, touchant au pubis, il ne laisse pas le moindre intervalle entre sa pelote et l'os, car la hernie a la plus grande tendance à s'échapper par dessous la pelote. 27