DES COUSSINS OU COUSSINETS
Ils sont connus encore sous le nom de sachets et de remplissages. Ge sont des sacs de toile étroits et longs (pl. XV, fig. 2). Leur largeur est au plus de huit centimètres (près de trois pouces) ; leur longueur varie selon le membre sur lequel ils doivent être appliqués. Ges petits sacs sont faits en toile, mais le tissu doit en être un peu lâche et peu usé. Ils sont remplis aux trois quarts où aux deux tiers, et le plus ordinairement de balles d'avoine , quelquefois de son, plus rarement de plumes, de laine ou de crin. Les premiers sont les meilleurs, parce que les balles d'avoine sont élastiques, inaltérables par la chaleur du lit et l'humidité; et enfin, surtout, parce qu’elles se déplacent et se laissent facilement ramasser et diriger où l’on veut dans les cous- Sins.
Usages. Placés entre un membre fracturé et une attelle., qui est une sorte de règle de bois ou d’autre matière, ils se moulent exactement sur les saillies et les enfoncemens du premier , le défendent de la pression de la seconde, qui pourrait, sinon le meurtrir, du moins le fatiguer. En répartissant également l’action de l’attelle sur tout lemembre, ils favorisent cette action et en assurent le succès. C’est 1à leur usage le plus fréquent.
Préparation. Les coussins peuvent être préparés par des mains étrangères à la pratique de la chirurgie. La coutu-
rière les fera plus proprement que le meilleur opérateur, et il suffira à ce dernier d’en surveiller le remplissage.
Lorsque des coussins sont trop pleins , il est difficile d'y faire circuler la substance qu’ils contiennent , et par suite, en les appliquant sur un membre, d'en combler exactement les dépressions. L’attelle placée sur ce membre en presse alors inégalement la surface ;-elle le comprime trop là où 1l est saillant, et trop peu là où il est creusé par des sinuosités. Par la même raison, vous éviterez l’emploi du crin et de la laine. Ces deux tissus , toujours agglomérés par masses , seraient trop peu mobiles.