APPAREILS EXTENSIFS DE DURE A ATTELLE MÉCANIQUE
Avant que Vermandois et Desault inventassent l’appa-
reil précédent, J.-L. Petit, qui possédait des connaissances
(1) Ouvrage cité, p. 60. — (2) Id., p. 61. — (3) Id., p. b9,
étendues en mécanique, et Pieropan , avaient imaginé un appareil qui agissait à peu près de la même manière et remplissait les mêmes usages que le fait l'appareil extensif à attelles perforées. Depuis, le professeur Boyer en a fait construire un plus simple et plus commode. Il suflira de les décrire en commun, et je renverrai, pour plus de détails , aux auteurs eux-mêmes.
Usages et indications. Ges appareils, destinés à remplir les mêmes indications que ceux du quatrième sous-genre, peuvent s’employer dans les mêmes circonstances ; mais ils devraient lui être préférés, si le malade en délire s’agitait d’une manière énergique et dangereuse , ou s’il devait être transporté plus ou moins loin par le moyen d’une voiture Cahotante.
Disposition. Ces appareils se composent des mêmes pièces que le précédent. Ils n’en diffèrent réellement que par la disposition des attelles, quelquefois par l'addition d’une ceinture , et enfin par les lacs extensifs.
L’attelle externe a la même longueur à peu près que celle de l’appareil ordinaire, et elle porte à son extrémité inférieure, tantôt un treuil disposé perpendiculairement sur l’attelle , en passant en travers derrière la plante du pied ; tantôt une vis de rappel, comme dans l’appareil de Boyer.
Le treuil est disposé de façon qu’il puisse agir sur le lacs exiensif attaché autour du pied et du bas de la jambe.
La vis, dans l’appareil de M. Boyer , met en mouvement une pièce de métal qui se porte en travers sous la plante du pied, et tient à une semelle garnie de courroies de peau pour faire l'extension. | |
Dans tous les appareils le lacs contre-extensif est tantôt fait en linge, tantôt en peau, et il doit être matelassé mollement dans tous. Il est destiné à passer dans le pli de la cuisse , pour se porter de là par derrière et par devant le bassin ,
soit à une ceinture, comme dans les appareils de Petit, de Pieropan, de Brunel, suit à l'extrémité coudée. et dirigée en dedans de l’attelle externe, disposition qui existe dans l'appareil de M. Boyer. À Application. Le membre facturé étant couvert du: FRA de Scultet, on applique la ceinture lorsque l’appareil en a une , les coussins et les attelles. L’attelle externe doit s’engager par son extrémité supérieure. dans le gousset de la ceinture, lorsqu'il y en a une pour la recevoir, On garnit le pli de la cuisse d’un coussin capable de préserver la peau de l’action du lacs contre-extensif : il ne faut pas craindre de prendre trop de précautions à, cet égard. On passe ensuite le lacs dans le pli de la cuisse, et on le fixe à la ceinture par une boucle dans les appareils de Petit, de Pieropan et de Brunel. Dans celui de M. Boyer, le milieu du: lacs est porté dans le pli dé la cuisse sur la tubérosité de l’ischion; ses deux extrémités sont conduites obliquement par devant et derrière le bassin , en haut et en dehors vers le crochet de l'extrémité supérieure de l’attelle. externe que l’on engage dans un gousset que présente ce lacs contreextensif. Enfin on engage une extrémité du lacs dans la boucle de l’autre extrémité, et on le serre d’abord à peine, Les parties sur lesquelles doit porter le lacs extensif doivent être parfaitement garnies de coton. Ge lacs ést ensuiie appliqué autour du pied et même de Ja jambe, selon sa disposition, et le plus loin possibles, afin qu'il ne porte que sur de larges surfaces, On procède à l'extension en. serrant d'abord, autant que possible, le lacs contre-extensif, puis le lacs extensif au moyen du treuil, de la vis, ete. Enfin on serre ce dernier autant qu’il faut et on noue, autour du membre, les liens destinés à assujettir les attelles. Tout celase fait avec | les précautions que nons avons indiquées plus haut.
Æffèts et propriétés. Ces appareils agissent de lamême ma- «
GENRE Vil. APPAREILS DE FRACTURES. 597 nière que l'appareil extensif à bandelettes perforées. Ils n’en différent sous ce rapport qu’en ce qu’ils sont plus fixes , plus solides, moins prompts à se relâcher , et au besoin plus énergiques. On leur à fait reproche de celte puissance. Entre des mains inhabiles, elle ‘peut effectivement être dangereuse, mais entre des mains habiles, ce sont des avantages. |
On a dit que l’emploi d’une force aveugle, telle qu'une
vis, avait le grave inconvénient de produire un effet dont.
on ne pouvait pas apprécier l'énergie. Force avengie un lacs est-il donc plus intelligent qu’une vis ? Il n’y a d’aveugle que le chirurgien s’il agit sans discernement ! alors, en effet, il déterminera beaucoup de douleur et des tiraillemens très-nuisibles ; mais s’il a soin de s'arrêter quand le malade dit éprouver de la douleur , et surtout quand, chose bien facile à reconnaître , le membre a repris sa longueur habituelle , on n’aura rien à redouter , et l’on aura agi par une puissance mécanique, comme on le fait avec les mains sur les lacs extensifs de Desault, avec cette différence que dans le premier cas les tractions sont graduées, uniformes, et dans le prolongement du membre. Lorsque l'appareil est appliqué, il est bien aisé de voir si la constriction est trop forte , en passant la main entre l’aine et le lac contre-extensif, Dans l’appareil de Boyer , les points d'appui de l’extension sont répartis sur de bien plus larges surfaces que dans celui de Desault, mais comme il est très-long à appliquer , il faut substituer aux courroies qui partent du Lalon de la semelle un bas lacé qui remonterait jusqu’au dessus du genou. On appliquerait ce bas par dessus un bandage roulé , ou avec la précaution de garnir de coton , au besoin, les parties déprimées , afin que la pression fût supportable et égale partout. Il y a bien encore une autre objection y mais si futile, qu’en vérité je ne sais si je dois la relever ici;
je veux parler de la difliculté qu’il y a de se procurer l’appareil en question, et du prix qu'il coûte : ilest clair que si l’on ne peut pas l'avoir, on sera forcé de s’en passer; mais cela n'empêche pas qu’il ne soit de beaucoup préférable à tout autre , et qu'on ne l’emploie toutes les fois qu’on peut l'avoir à sa disposition. Je ne connais qu’une objection à faire à ces bandages mécaniques, c’est que leur application exige plus detemps que celle des autres, etsurtoutqueces derniers suffisent dans les cas ordinaires. Mais comme il est des cas où les mécaniques sont seuls capables de répondre à nos intentions, les succès que nous en retirons nous ré-. compensent amplement de nos peines et de la perte de temps. En voici un exemple bien remarquable.
Observation de fracture du col du féemur avec blessure de l'artère crurale, Ligature, Emploi de l'appareil à extension continue de Boyer, Guérison. | Tirebac Bernard, ancien militaire, âgé de trente ans,
demeurant à Paris, à été recu à l'hôpital Saint-Louis
le 28 juillet 1850. Il est d’une assez grande taille, d’un
tempérament sanguin et d’une bonne constitution. Il a
servi pendant huit ans, et n’a jamais eu d’autre maladie
qu'un point de côté qui lui a duré environ quinze jours, c'était la suite d’un refroidissement. En 1825, à l'attaque du Trocadéro, il reçut, an devant de la rotule, un coup | de baïonnette; l'instrument n'avait pas pénétré, et la plaie fut gaérie au bout de trois semaines. Il put ensuite revenir à pied de Cadix à Paris, de te ÎLa quitté le service en 1827. Jusqu’à cette époque il a été sujet à des épistaxis ; mais depuis elles se sapprimèrent, et Tiberac fut, à plusieurs reprises, Incommodé-par le sang.
Pour la première fois il y a deux ans, puis au commence-
ment de l’année dernière (1829), et ensuite à l’antomne,
GENRE VU. APPAREILS DE FRACTURES. 399 il lui est survenu Ke chacune de ces époques, une éruption pustuleuse avec gonflement à la partie supérieure de la face, et principalement au front, laquelle a êté guérie à chaque fois par une saignée copieuse. Aux pustules, ont succédé des croûtes qui ont laissé de légères cicatrices. il est, du reste, sujet aux étourdissemens et aux maux de tête. Marié peu de temps après sa libération, il a exercé dès ce moment le métier de plombier.
Le 28 juillet 1830, il reçut , sur le boulevart Saint- Martin, une balle qui, pénétrant dans la région inguinale au niveau de l'articulation coxo-fémorale , est ressortie à la partie postérieure inférieure et externe de la fesse. Recueilli d’abord dans une maison voisine , il fut transporté à Saint- Louis au bout d’une demi-heure environ. À son arrivée,
on reconnut une fracture de l’extrémité supérieure du fémur, intéressant très-probablement le col de cet os. L’é-
coulement sanguin était alors peu considérable; l’état du malade était alarmant; une saignée abondante fut sar-lechamp pratiquée, et le membre placé sur des coussins à la manière de Pott, parce que le malade, souffrant et indocile, ne voulait pas d'autre appareil, et que Je craignais beaucoup d'ajouter à ses souffrances. À peine une heure s’était-elle écoulée, que je fus averti d’un accident formi- | dable qui venait de se manifester. Une hémorrhagie considérable était survenue , le sang avait traversé les matelas et la paillasse et coulait déjà sur le carreau. L'appareil enlevé, je reconnus que la plaie postérieure donnait issue à un COUrant de sang vermeil. Get indice et la situation de la plaie me prouvèrent que l’une des circonflexes, ou les deax, étaient blessées. Que fallait-il faire ? Amputer dans l’article ? Je Pavôue , l’idée d’une opération qui, chez cet homme très-fort et très-robuste , eût entraîné une plaie immense , une horrible mutilation et très-probablement une mort
prompte, m'effraya. La ligature m’offrait un moyen à peu près certain d’arrêter l’hémorrhagie; j’avais en outre l’espoir de rendre par là moins intenses les accidens inflammiatoires qui pouvaient survenir, Mon parti fut done pris sur- . le-champ. Je liai la crurale au niveau de l’arcade de ce non, et sur-le-champ l’écoulement sanguin fut arrêté, Tranquille du côté de l’hémorrhagie , il fallait songer à la fracture. Je réappliquai l’appareil et plaçai le membre sur un double plan incliné, fait de coussins peu élevés , sans pratiquer aucune extension, de peur d’éveiller des douleurs et les accidens inflammatoires que je rédoutais.
Le premier jour, le malade était dans l’affaissement et souffrait peu ; mais le lendemain les douleurs s'étant fait sentir, je les calmai au moyen d’une application de cinquante à soixante sangsues ; le même accident, maïs moins intense , nécessita encore à plusieurs reprises l'emploi du même moyen, et, pendant l’espace de six $emainés, près de deux cents sangsues furent ainsi appliquées en différentes fois. Après dix ou douze jours de diète on accorda du bouillon, puis quelques potages; et au bout d’un mois le blessé commenca à manger un peu. Vers le dixième jour, . la plaie postérieure était cicatrisée , l’antérieure et celle faite pour la ligature, continuèrent à donner chaque jour un peu de pus. | | SPAS
12 septembre. Six semaines environ s'étaient écouléss ; toutes les plaies, dont la marche n’avait été entravée par aucun accident grave, étaient fermées ; la consolidation de la fracture paraissait se fairé avec un léger raccourcissement qui existait dès le principe. Enfin, tout semblait promettre une guérison heureuse autant qu’inespérée, quand tout à Coup un accident vint détruire en un instant des résultats si péniblement achetés et remettre en question la vie du malade. Un mouvement involontairé pendant son sommeil
GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES. LA détruisit la consolidation commencée; une vive douleur s’empara de la région blessée, et des mouvemens convulsifs produisirent immédiatement un raccourcissement, considérable. Soixante-dix sangsues furent appliquées sur-le- : champ, pendant la nuit , et, le lendemain matin à la visite, nous trouvâmes le membre raccourci de quatre ou cinq pouces, et la fesse soulevée par le grand trochanter remonté. Ge symplôme ne laissait aucun doute sur la fracture du col de los. Le pouls était fréquent, développé, la peau chaude. Le malade désespérait de sa guérison. Cinquante sangsues furent encore appliquées ce jour- JR; mais le déplacement entretenait une irritation dont je redoutais les suites ; il fallait, à tout prix, le faire cesser. Je : résolus d'employer l’appareil mécanique de Boyer, seul et faible espoir de rétablir heureusement l’état des parties et de sauver le malade. Il fut employé. Des potions calmantes lui furent administrées , des cataplasmes laudanisés furent constamment appliqués autour de la partie supérieure du membre, et l’on diminuait la pression exercée par les lacs extensifs à l’aide de cardes de’coton qui enveloppaient l’aîne et le pied. L'appareil fut gênant les premiers jours. Le membre étant devenu'excessivement douloureux dans toute son étendue, mais surtout au niveau des articulations, je les couvris en entier de coton cardé, afin d’adoucir la pression des lacs, et je pris l'appui de ces derniers, non pas seulement sur le pied , mais sur la jambe et jusque sur la partie inférieu:e de la cuisse. Une semaine s’était à peine écoulée que la fiè- : vre s'était calmée et que l’état général commencait à s'améliorer, Dès le premier jour Ef l'application de l’appareil, les plaies antérieures de la ligature de l'artère et de la balle se rouvrirent et commencèrent à sappurer ; celle d’entrée de la balle donna une suppuration plus abondante qu'avant sa première cicatrisation. Cependant on exercait,
X l’aide de la vis, des tractions graduées et modérées qui, en sept ou huit jours et sans douleurs , grâce aux précautions ci-dessus mentionnées, ramenèrent le membre à la longueur qu'il présentait avant l’accident du 12 septembre, c’est-à-dire, à environ un pouce de raccourcissement. Tout n’était pas fini. Au bout de trois semaines , les douleurs se réveillèrent avec une telle vivacité que le malade fut pendant six nuits privé de sommeil; à peine furent-elles diminuées par deux ou trois applications de quarante ou cinquante sangsues et des calmans. Enfin, la sixième nuit, un narcotique énergique ayant été administré, les douleurs s ’apaisèrent, le sommeil revint, et la he du malade s’améliora de jour en jour.
Les plaies antérieures, quis étaient rouvertes, se cicatrisèrent en quelques semaines, La plaie postérieure, qui s'était rouverte aussi, huit jours après l'application de l’ A ax se referma au bout de vingt-quatre heures. |
L'appareil MÉGAGIQME fut enlevé le 28 novembre ; alors le membre n’offrait qu’un pouce et demi de raccourcissement; mais, quoique la consolidation parût assez bien faite, il s est peu à peu raccourci jusqu’au moment de la sortie du malade (30 décembre), sans qu’on s’en aperçût d'abord. Depuis dix à douze jours on lui permettait de se lever et de marcher avec dés béquilles.
J'ai revu depuis ce malade, et voici l’état dans lequel il est aujourd'hui, 9 mars 1831.
Le membre offre un raccourcissement de près de trois pouces ; il est comme soudé supérieurèment avec l'os de la hanche , et ne se meut que par un mouyement de totalité avec le corps. Le genou commence à pouvoir se fléchir un peu; il est probable qu’avéc de exercice il pourra recouvrer ses mouvemens. Quant à la cuisse, je ne crois pas que jamais elle puisse prendre de la mobilité. Une saillie
| osseuse se montre à la partie externe ‘et supérieure de a
cuisse, à peu près au niveau du grand trochanter opposé, et un peu plus en avant. Le malade éprouve ‘encore de temps à autre, et ‘surtout dans les changemens atmosphériques, des douleurs , tantôt à la hanche , plus souvent au genou; qui est devenu très-sensible, et souffre toutes les fois que le pied touche à terre ou vient à heurter contre quelque corps saillant. PS RÉ FAT ARS
J’aiinsisté Sur les circonstances antécédentes pour bien
faire ressortir le tempérament sanguin de cet homme, et
faire comprendre comment, après une hémorthagie aussi
abondante , précédée déjà d’une forte saignée, il avait pu supporter les émissions sanguines répétées auxquelles il fut soumis. Malgré ces pertes , le pouls se maintenait fréquent et fort. C’est sur cet état de la circulation que nous nous
fondons pour appliquer des sangsues en grand nombre et à
plusieurs reprises , et, On le voit , un succès complet a couronñé nos efforts. ban | F:
En cas d'hémorrhagie, la ligature de l'artère principale
d’un membre affecté de fracture , a été conseillée depuis
assez long-temps par plusieurs praticiens ;° mais personne, peut-être , n'a pensé à la faire servir à atténuer l'inflammation terrible et presque constamment mortelle d’une plaie d'arme x feu dans une des plus grandes articulations. ILn’y avait pas à craindre de priver les os du sang indispensable pour la production du cal; il suflit de songer au développement que prennent les vaisseaux après l'oblitération d’an gros tronc artériel, pour n’avoir aucune Inquiétude à cet égard. | | Ce malade nous à présenté une particularité assez remarquables dans les bléssures de laine avec fracture de l'os : il n’y a d'ordinaire qu’une seule ouverture. Il semblerait,
comme on la dit , que le projectile ait épuisé ses forces d'im- & y { j 4 +
Ye
404 j +, CLASSE, 11, BANDAGES MÉCANIQUES, : #4” ? pulsion à traverser, une aussi grande ép aisseur de partiesmol- : les, et à rompreun os: ici la balle était ressortie; et d'après l'indication de l'ouverture postérieure, on voit q w’elle n’avait pas été déviée dans son trajet. La circonstance du séjour de Ja balle au sein d’une masse charnue est 'très-fàcheuse, à cause des manœuvres d'extraction qui deviennent indispensables > et qui-prédisposent singulièrement les partes à s’enflammer. | ù tr 5) Alta nié -snFallait- il débrider. Jes. ouvertures, d'entrée: &t. dé sor- üe? Je. ne le pense, pas : l’indicationine s’en présente que quand fun engorgement inflammatoire avec étranglement s’est déclaré..Or, comme l’attestent une multitude de faits, comme nous, l'avons encore observé. à l’occasion des. derbiers, troubles d'avril ; cette. inflammation: peut ne pas survenir : à quoi donc aurait servi l'opération da . débri- . dement ? À rendre la plaie plus large » et à faire attendre plus long-temps.sa cicatrisation. Si l'inflammation survient, les anliphlogistiques peuvent la calmer, et s’ilsne suflisent, pass-on:est toujours à même d’en venir à: Pin
* CISIOM. fins à | re RASE eee Les. plaies d'entrée. et de sortie de la balle n’offraientpas . Jamême étendue. La première était plus large ; mais ibarrive. assez souvent que c'est Ja seconde qui offre ce: cafac= ère; il.arrive aussi qu’elles soient égales. J expliquerai‘ail. , Jeurs à quoi tiennent Ces variétés méconnues parles auteurs ;
dans leur fait et Jeurmécanisme. sine
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sont universellement employés en Angleterre poniges fractures du fémur, depuis le temps où Pott a mis le sien en
usage. On commence à s’en servir en France dans les mémes cas. ù | |
Comme dans. les premiers temps d’une fracture les muscles se contractent spasmodiquement ; comme ils tendent * sans cesse à faire déplacer les fragmens de Fos, à les faire chevaucher et à raccourcir le membre; comme l’action par laquelle on étend les membres , et que leur état de rectitude ou d'extension allonge les muscles; comme tout effort qui les allonge augmente leurs contractions spasmodiques , tandis que tout état qui les relâche les diminue ; n’est-il pas visible, dit Pott, qu’en mettant le membre fracluré dans une position telle que tous les muscles de cetle parlie soient dans le relâchement , c’est-à-dire dans une demi-flexion, on diminuera leur résistance à la réduction, et que telle sera l'indication à remplir pour l’effectuer (1) ?
Qu’un état permanent d’extension ou de rectitunde des membres soit plus fatigant qu’un état de demi-flexion, c’est ce qui n’est pas prouvé ; qu’il tende davantage les muscles, comme le remarque Pott, cela n’est vrai que pour les fléchisseurs ; aussi telle est même la principale causé pour laquelle nos membres sont à demi fléchis dans le repos. Mais que l’état de rectitude soit aussi fatigant que des auteurs ont semblé le croire, d’après les remarques d'Hippocrate ; que la demi-flexion de nos membres pendant le sommeil soit due , par exemple , à ce que cet état est beaucoup plus commode pour Je repos que l’état opposé, et que ce soit pour cette seule raison que nous prenons celle position dans le sommeil : ces propositions ne sont pas rigoureusement l'exposition ou la théorie complète du fait, comme le dé-
(4) Ouvrage cité, Poyez surtout les pages 20, 24, 2.
montre son analyse. En effet, si l’on se couche sur le côté, les membres étendus, 6n ne peut s’y conserver en équilibre qu'avecun grand travail , le corps se renverse en avant ouen arrière, parce qu'alors la base de sustentation se trouve trop étroite. Si au contraire on se fléchit en avant, si l’on porte les ‘ bras et les cuisses dans cette direction, l’équilibre devient facile, parce que la base de sustentation est agrandie; et on peut commencer à goûter les douceurs du repos. Voilà, je crois, une première cause instinctive de l'attitude de l’homme endormi sur son côté. Il.en est une seconde,
Plus on éprouve de froid, plus on se replie, plus on se resserre sur soi-même, parce qu’on sent inslinctivement .que plus on s’étend, plus on perd de chaleur. Au temps des froids l’homme se blottit sous l’abri de ses couvertures, comme le fontune multitude d'animaux dans leur gîte. Voilà une seconde cause dèlla flexion desmembres pendant le sommeil. La troisième est celle qu’on a remarquée depuis longtemps ; c'est qu’ une demi-flexion est moins fat tigante que l'extension. Elle l’est moins, comme l’a observé Pott, parce que cette dernière attitude tiraille certains muscles plus que d’autres, et nous avons fait voir que ces muscles sont les fléchisseurs. AA, |
Mais l’état de rectitude des membres est- 1 aussi nuisible que le dit le célèbre chirurgien anglais ? est-il vrai qu'il soit une cause permanente d'irritation et de spasme qui s'oppose à la réduction? C'est, ce me semble, une exagération. Ph ne puis admettre cette idée , dont Méxpénience démen chaque joûr hautement l'exactitude parles succès Des et journaliers de l'extension permanente, J’ajoutais dans ma première édition : « Néanmoins, considérant et convenant avec Pott que la deni-flexion est moins fatiganteique. Pattitude opposée; que la réduction est dans cét état beaucoup plus aisée ; qu’il est possible que les muscles, relâchés
par la flexion, aient moins de tendance à déplacer les fragmens d’un os mis en contact ; que d’ailleurs cette nouvelle méthode de traiter les fractures est réellement moins pénible que l’ancienne pour le malade et plus expéditive dans les pansemens; enfin, d'après les renseignemens que mon ami le docteur Senne, de Genève, m'a donnés, considérant qu’à Paris, à l’Hôtel-Dieu, comme en Angleterre, elle n’est pas moins avantageuse que l’ancienne, et qu’elle l’est peut-être plus encore , nous établissonsen principe que la demi-flexion est indiquée dans le
traitement des fractures de la cuisse et de la jambe, à moins .
que l’'indocilité ou l'agitation involontaire du malade n’exige qu'on se rende maître dé ses mouvemens , et que, par suite de l’obliquité de la fracture , la tendance au raccourcissement ne soit très-prononcée. »
Depuis ma première édition, j'ai fait des expériences comparatives sur les mêmes malades : j'en ai soumis quelques uns, pendant plusieurs jours, alternativement à la demi-flexion et à l'attitude droite des membres ; eh bien ! la plupart m'ont assuré qu'ils aimaient tout autant l'extension que la demi-flexion , ou même préféraient la première à la seconde. |
D'ailleurs, il faut toujours, dans les fractures de la cuisse,
empêcher que la pointe du pied ne.se porte en dehors. Eafin , selon Delpech, les fractures du fémur comprises entre Je petit trochanter et l’arcade aponévrotique du troisième adducteur, présentent des indications toutes particulières. Selon ce professeur, toutes ces solutions de continuité du fémur sont suivies d’une inclinaison en devant et en dehors du bout inférieur du fragment supérieur ; cette inclinaison est d'autant plus marquée que le périoste est plus complétement détruit autour de la fracture. Il arrive , si l’on soulève tout le membre inférieur pour chercher
+? 1en
408 CLASSE IL. BANDAGES MÉCANIQUES. | à le placerselon l’axe du fragment supérieur, que ce fragment s'incline plus fértérhent en devant, et quelquefois dans une direction composée en dévant et en dehors : aussi est-ce dans cette attitude qu’il faut assujettir le membre pour obtenir Je relâchement des müscles communs au bassin et à la cuisse. Le relâchement des muscles communs à la cuisse et à la jambe, à ces deux dernières parties et au bassin, aJoute-t-il, n’est pas moins important à obtenir : il ne peut avoir lieu que par la flexion de la jambe ; il faut donc que: la jambe et la cuisse soient fléchies , qu’elles puissent l être à des degrés inégaux , que la totalité du membre puisse être portée dans l’abduction, et que ces attitudes, une fois choisies, puissent être invariablement conservées (1). C’est pour répondre à ces indications spéciales que Delpech a imaginé son appareil, que nous décrivons plus bas. D Îl y a sous ce rapport trois espèces de: pes inclinés : des plans inclinés à coussins, des plans inclinés à & pupitre, des plans inclinés à double châssis, |
ESPÈCE Ir.