PLANS INCLINÉS A PUPITRE
White d’abord , puis James de Manchester firent construire une espèce de pupitre formé de deux planches réunies par une charnière, et pouvant se mouvoir sur un châssis découpé en crémaillère. Par ce moyen on peut faire décrire au pupitre un angle plus ou moins ouvert. Get appareil s'emploie dans les Debré du col et du corps du fémur. Dès le commencement du siècle , sir À. Gooper mit ce procédé en usage avec la précaution de garnir de cous
GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES:. Aa sins les deux planches de James, et il assure s'être toujours parfaitement trouvé de cette méthode. Telle est l’origine de tous les appareils dits à double plan incliné,
ESPÈCE IIL.
PLANS INÇLINÉS À DOUBLE CHassis , par Delpech. (pl. 1x).
Je vais en extraire textuellement la description des notes que l’auteur m'a fait tenir ; je me bornerai seulement à la présenter , à peu près, dans l’ordre que je suis habituellement.
Disposition de la machine. L'appareil se compose de deux châssis (pl. 1x, 7, 9, 10) portant des sangles tendues (8, 14, 19), unis entre eux par des charnières (2,4), et pouvant former des plans et angles variés par leur inclinaison réciproque : c’est ce que nous nommons le pupitre. La pièce que nous appelons le versant supérieur (7, 9) doit répondre à la cuisse ; celle que nous appelons le versant inférieur (10) doit répondre à la jambe. L’une et l’autre sont brisées , et leurs pièces assemblées par des coulisses en queue d’aronde (9, 10) pour être ajustées à la longueur du membre inférieur , et servir à des individus de grandeurs différentes. Au versant inférieur sont deux coulisses, l’une en haut, l’autre en bas; elles sont ajustées en queue d’aronde ; elles glissent horizontalement; elles sont munies dans leur revers de deux courroies propres à les fixer dans leur glissement (6, 16). Elles portent à la surface opposée des courroies matelassées, propres à fixer la partie correspondante de la jambe, et des boutons pour fixer des coussins volans (3,11). Le versant supérieur est attaché par des charnières (20) à un encadrement dont la partie inférieure présente des crans de crémaillère des deux côtés (1 3, 17): L’extrémité du versant inférieur est armée de griffes en tôle, qui s'engagent dans
les crémaillères (22). À la faveur de cette articulation ; lepupitre peut décrire toutes sortes d’angles, L’encadrement,.
auquel le pupitre est attaché, l’est lui-même par d’autres
charnières à un encadrement extérieur et inférieur plus
grand , taillé de même en crémaillère par son bout infé-
rieur (24). Des pieds mobiles (18, 23, 26) ou des supports, élèvent l'encadrement supérieur (23), en s'appuyant aux di-
vers crans de la dernière crémaillère (24), et peuvent faire
décrire un angle à l’ articulation par la charnière des deux encadremens. “Cette dernière articulation permet de fléchir
la cuisse séparément , tandis que celle des deux versans du
pupitre permet d'agir de même sur la jambe.
À la coulisse supérieure du versant inférieur da pupitre s'adapte à volonté un coussin demi-cylindrique (8) ou un coussin plane. | 4
Le versant supérieur se garnit d’un coussin plane.
“Propriétés de l'appareil. de deux plans du pupitre sur lesquels reposent d’une part la cuisse, d'autre part la jambe, sent propres à fixer ces deux parties du membre dans un degré déterminé de flexion. À la faveur de ia double crémaillère , on peut augmenter la flexion de la cuisse, sans augmenter , et en diminuant même, s’il le faut, celle de la jambe. En portant tout l'appareil en dehors ou en dedans; on peut varier le degré de Pabduction. Le poids de la jambe est un contre-poids de celui de la cuisse, bien souvent suf- : fisant pour empêcher la rotation en dehors. Dans le cas où de nouveaux moyens seraient nécessaires dans cette vue, on peut les tirer de deux coulisses matelassées , dont l’une répond au jarret (6), l’autre au bas de la jambe (16), sur lesquelles se fixent, par des courroies à boucles (5, 12), les «points correspondans du membre, et au moyen desquelles on peut entraîner à volonté le genou et le pied vers des côtés opposés, d’où résulle nécessairement une rotation en
mn
: GENRE VII, APPAREILS DE FRACTURES. | 15 433 dedans ouen dehors du fragment inférieur de lafracture (a), > “ Enfin si le besoin de l'extenfion permanente se fait sen- & 1ù,cle peut être appliquée par deux moyens : le premier - ble plus simple est un coussin demi-cylindrique (3) répondant à la partie: inférieure du jarret, moyennant lequel.la | jambe fait un levier du premier genre, comme le bras à l'égard de la clavicule dans les appareils destinés au traitement.des fractures de ce dernier os, par l'extension permanente ; le second est dans la faculté d’allonger le versant supérieur brisé, et dont les parties jouent entre elles.sur des coulisses en queue. d’aronde (9). AA ne | La fracture étant réunie, on peut, par la rémission pro- ” gressive des crémaillères , étendre peu à peu le membre, et restituer ainsi de bonne heure les mouvemens du genou , pourvu qu’on ait le soin de supprimer d’abord le coussin demi-cylindrique , Al a été employé. | EU TIGE 0 On voit. que | » qui peut dispenser de toute compression circulaire, si ce n’est au pied et au bas de la jambe, où une bande dé flanelle peut être mise pour prévenir l’œdème , donne la liberté de conformer en tout la situation. du fragment inférieur d’une fracture du fémur à l’attitude du fragment supérieur sur lequel il est impossible d'agir; de pouvoir varier à chaque instant l’attitude que l’on aura choisie pour le membre, et pär conséquent pour le fragment inférieur, et d’assujetiir invariablement Je tout dans la posture dont ‘on à cru devoir faire choix ; de ne point fatiguer les articulations par des violences inutiles ; de relàcher tousles muscles, et de rédüire ainsià ce qui est strictement indispensable la force nécessaire pour l'extension per: manente ; de dispenser de tout lien et des violences quien (a) Je crois que Delpech s’'abusait , et qu'en agissant sur le pied ou Je genou , la jambe étant fléchie , on ne pourra imprimer un mouvement de.
rotation au fragmentinférieur:du fémur. e
sontinséparables , dans le cas où cette extension’ est jugée
nécessaire; de laisser Ja liberté d’entourer , au besoin, la
fracture de topiques variés, même d’attelles brisées, de les
contenir par des courroies , de Les varier, renouveler , sans
rien changer à l’ensemble, à la fixité et à la force de l’appareil; enfin de permettre au malade de garder l'attitude
sur le dos, la seule praticable dans le traitement d’une ma-
ladie de longue haleine ; et qui nécessite le repos, comme
peut l'être une fracture de la cuisse.
Soins consécutifs à l’emplot des divers appareils de fracture | précédemment décrits. CEE t
Comme il est assez difficile de lever l'appareil à bandage spiral sans communiquer des mouvemens à la fracture, on
ne doit le lever que lorsqu'il est tropsé che ou trop serré. Comme au contraire avec tous les autres
jours, plus souvent même sil y a lieu , pour examiner si La fracture ne s’est pas dérangée depuis qu'elle a été réduite , on pour resserrer l'appareil s’il se relâche, soit parce qu’il y avait au membre fracturé un gonflement qui se dissipe , soit par d’autres causes. ts
Toutes les fois qu’un chirurgien veut lever un appareil ,
rs e 0 . ; x . n a À il lui fautdes aides intelligens pour maintenir le membre
immobile : l’un est chargé d’assujettir la partie supérieure, l’autre la partie inférieure du membre fracturé ; un troisième est nécessaire pour aider le chirurgien à appliquer l’appa-
En enlevant un bandage spiral, il faut ‘apporter le plus
‘grand soin à ne pas heurter le membre...
: Dans le cas d’un appareil à bandelettes séparées , ou à
appareils on peut découvrir le membre fracturé sans lui communiquer le moindre mouvement , on peut le faire tous les huit .ou-dix
GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES. 415 dix-huit chefs , l'après avoir dénoué les liens de fil, enlevé doucement les attelles et les coussins, on ne détache les bandelettes et les chefs du bandage à dix-huit chefs que l’un après l’autre par leurs extrémités , sans les tirer de dessous le membre. À mesure qu’on le fait ,on en déploie les ‘extrémités'én dedans et en dehors du membre. Dans l'appareil à bandes séparées on ne change rien à l'ordre qu’elles ont les unes par rapport aux autres; en sorte qu'après cette opération elles se trouvent étendues sur le drap porte-altelle , commeelles se trouvaient immédiatement avant qu’on en fit l'application. j |
Lorsqu'une ou plusieurs des bandelettes sont séparées par le pus de la plaie, par exemple, il les faut changer. Il n’est pas pour cela nécessaire de les retirer toutes et de déranger le membre: il suffit d’attacher au moyen d'une épingle * dont on tourne la .tête et non la pointe vers le membre, une bandelette propre à chacune de celles qui sont sales , et, entirant celles-ci doucement et tour à tour de dessous le membre, les autres suivront et viendront les remplacer; alors on les détachera , et on laissera en place les bandelettes nouvelles. Lai x à | |
Un appareil à attelles extensives perforées exige qu'après avoir dénoué les liens , en avoir étendu les extrémités de chaque côté du membre sur le lit, on desserre doucement les lacs extensifs pour retirer les attelles, les coussins, et se disposer à découvrir le membre des bandelettes séparées qui l’enveloppent, tandis que des aides continuent l'éxtension à la place du bandage, en tirant le pied et fixant le bassin.
On procède de la même manière pour lever les appareils à attelles extensives mécaniques, et tous ces appareïls sont ‘assez longs à renouveler. EE Les appareils à plans inclinés solides ou à pupitre pren-
nent moins de temps, et n’offrent aucune difficulté; mais il faut toujours que le membre soit tenu immobile pendant la levée des attelles et des bandelettes. Ho à
Dans la fracture du. bras, on pourra ‘ordinairement au quarantième jour supprimer les attelles et ne conserver.que le bandage spiral, que l’on fera porter jusqu’au soixantième jour et même jusqu’au soixante-dixième, dans les fractures du col de l’humérus.
L'appareil se conserve moins longtemps à à l’avant- bras, Vers le quarantième jour la fracture est ordinairement consolidée, et il suflit alors de faire garder seulement un bandage pre JRSQ au cinquantième jour.
Ce n'est qu'au bout de deux mois que sont Ge A les fractures du corps. du fémur; celles du col se solidifient plus tardivement encore. C’est alors seulement mr on peut retirer l’appareil pour ne laisser sur le membre qu’un.bandage spiral, que le malade doit conserver encore une vinglaine de jours et souvent plus encore, en continuant d’ Sileute à rester au lit, … -
A la jambe, une fracture des deux os n ‘exige guère l’emploi de l’appareil que pendant cinquante jours. |
Le bandage spiral, recommandé après la consolidation d'une fracture dans l'intention de prévenir l’'engorgement ædémateux du membre, est généralement utile. Il apaise d’ailleurs les douleurs que les malades ressentent souvent dans le membre quand ils commencent à s’en servir de nouveau. Souvent il peut être suflisant de faire continuer l'usage d’une écharpe pour les fractures des membres supérieurs. | Quand il abandonne ces dernières précautions, le:malade ne doit faire de.son membre qu’un usage modéré. I ne doit se livrer à aucun effort imprudent , et, après une fracture de la cuisse ou de la jambe, il fera bien de mar -.
” GENRE Vil. APPAREILS DE FRACTURES. 417 cher d’abord avec des béquilles el ensuite avec une canne, Si, dans les premiers essais qu ’il fait de son membre convalescent, le cal venait à céder, il faudrait réappliquer l'appareil pour lui donner le temps de prendre plus de solidité.
Îl est des cas où une fracture est beaucoup plus longue à guérir qu’elle ne l’est d'habitude ; lorsqu'on présume que le retard est dû à-ce que le membre malade n’a pas étéstenu dans une immobilité assez sévère, il faut réappliquer l’appareil et assurer au membre une parfaite immobilté.
Enfin, dans les fractures compliquées de gonflement ne flammatoire , il faut surveiller très-attentivement l'appareil. Si, par suite du gonflement qui accompagne l’inflammation , l'appareil étrangle le membre, hâtez-vous de le desserrer, car il pourrait arriver que ce membre tombât en gangrène; puis appliquez des compresses imbibées d'eau de guimauve ou un cataplasme, et réappliquez l'appareil pat dessus sans le serrer. | |
Lorsqu'il existe une plaie, découvrez-la aussi souvent qu’il est nécessaire d’en faire le pansement , de changer les pièces de l'appareil salies par la suppuration. Je n'ai sans doute, pas besoin de rappeler qu’à chaque fois, des compresses, placées sur les bords de la solution de continnité, doivent la préserver de la compression. .
Remarque. M. Guyot, jeune médecin, connu par d'ingénieuses recherches sur plusieurs points de la science, comparant le col du fémur à la clavicule, fait remarquer que cet os ést destiné à tenir le corps du fémur éloigné du bassin, et qu'il se trouve ainsi antagoniste passif des muscles adducteurs. Dans la fracture, l’antagonisme est détruit par les puissances musculaires ro pinorales: le grand trochanter est rapproché de l’os iliaque, et en même temps il ‘est porté en arrière et en haut. Trois conditions sont donc indispensables poar obtenir une réduction et une coapta-
tion exactes, 1° l’abduction du grand trochanter; 2° la rotation en dedans; 3°enfin, l’abaissement. De la comparaison établie entre les fonctions du col du fémur et celles de 1 clavicule, M. Guyot tire cette conséquence, savoir : que l'appareil de Desault pour la fracture de la clavicule est applicable aux solutions de continuité du col du fémur., Ainsi il fait placer entre les cuisses , à leur partie la plus élevée!, un coussin cubique , de cinq à six pouces de côté, fixé aux deux membres par dés rubans attachés aux huit angles : en même lemps le membre malade est tiré en bas, porté dans la rotation en dedans , et maintenu dans celte position par un bandage roulé qui s'étend depuis la base des orteils jasqu’aux genoux. On peut parfaitement combiner cet ap pareil avec la demi-flexion , en fléchissant la jambe-sur [x cuisse et plaçant sous les jarrets un double plan incliné, s’étendant des fesses aux talons. On à ainsi l'avantage de mettre les muscles fessiers dans le relâchement. L'idée de M. Guyot, fondée sur la structure et les fonctions des parties, me sembleaussi ingénieuse que le bandage est simple, mais je crois que les malades se soumettraient difficilement à son emploi. La pression qu’exercerait à la fice interne des cuisses le coussin fortement rembourré qu’il propose, se= rait nécessairement fort incommode, ‘sinon insupportable.