LITS ORTHOPÉDIQUES
Nous rapportons à ces lits ceux que l’on met en usage pour redresser la colonne vertébrale diversement infléchie: et l’on peut en compter , je pense, quatre espèces : les lits orthopédiques non extensifs et extensifs, les lits extensifs 0scillatoires , et les lits extensifs et compressifs..
ESPÈCE Ir.
LITS NON EXTENSIFS,
On a probablement imaginé l'emploi de ces appareils dans l’espoir que , le malade étant.couché, le poids de son corps ne pourrait plus ni produire ni augmenter la déviâtion des vertèbres , que l’on supposait céder par suite de leur ramollissement. Telle a été, je pense, l’idée de. l'indication que l’on a cru avoir à remplir. Mais, vous l’avez vu plus haut (p. 463-464), il est fort douteux que les os se dévient par suite de leur ramollissement.
Disposition des lits non extensifs. 1° Les uns consistent dans un plan horizontal couvert d’un coussin ou d’un matelas, ferme et élastique, sur lequel la personne doit se coucher et rester couchée.
2° D’autres ont. leur fond plus ou moins incliné. Si c’est dans l'espérance que le poids des parties inférieures exercera une traction sur les parties supérieures qui résisteront, il faut convenir que cette espérance est conçue bien légèrement. |
3°-D'autres, et j'en ai vu un semblable imaginé par
5o2 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.
M. Delacroix, offrent un plan incliné en planches nues ; une suite longitudinale de talonnières ou crans propres à recevoir les talons ; des poignées à droite et à gauche : à un mètre et demi ( un peu plus de quatre pieds ) au dessus du lit, une tige de bois inclinée, qui s’étend longitudinalement de la tête aux pieds, et porte un curseur qui roule avec la plus grande facilité d’un bout à l’autre de la tige. Au curseurest fixé un. lien suspenseur et une ceinture, M. Delacroix destine ces lits.,ou mieux ce plan, incliné à exercer les personnes qui doivent y rester étendues, Iles y fait coucher, les entoure de la ceinture par le milieu du corps, attache le lien suspenseur ;. et le raccourcit au point qu'il soulève un peu le sujet à l'endroit de l'application de Ja ceinture, Le bossu est ensuite obligé de descendre et de remonter continuellement et MR Ent le plan incliné ; en s’aidant des pieds appuyés par les talons dans les
talonnières, et des mains appuyées sur les poignées Ja latérales,
LITS EXTENSIFS. .
Dev des Lits extensifs. Ces lits diffèrent dés foi cédens par des appareils d'extension placés à la tête et aux pieds. Le &) dés Ces appareils extensifs se RE à 1 es uns s d' un NU à cliquet; d’autres, par exemple, ceux de W urtzhourg, de ressorts en X, ovalaires , en. fpirale et placés les, unsà la têle, les autres aux pieds du lit; 2° de cordons extenseurs passant quelquefois sur des poulies dé réflexion , et. se dirigeant , les uns de la tête et Jes. autres des pieds du lit, vers la tête ou le bassin du sujet; 3° d’un collier, pour, tirer la tête, ou de liens placés sous les aisselles , pour agir sur la
partie supérieure de la région dorsale; 4° d’une ceinture mollement rembourrée destinée à embrasser le tronciau dessus du bassin, pour le tirer en sens inverse de la tête, étendre et redresser peu à peu le rachis. +5 105 . Voulañt échapper au reproche adressé aux machines en général, d'agir d’une manière aveugle, quelques personnes ont adapté à:leurs ressorts, des dynamomètres qui donnent la mesure exacte de la force dépensée dans les tractions. Ce dans ce but que M. Martin a construit des ressorts gradués d’une grande. délicatesse. Mais l'action des puissances extensives est aujourd'hni si modérée , la force des ressorts en usage si peu considérable, que le malade - est plutôt maintenu dans la rectitude que tendu mécaniquement; dès lors ces dynamomètres ne sont plus qu’un luxe dont il est très-facile de se passer. |
Emploi des lits extensifs. Le malade s’y couche horizontalement sur le dos; la ceinture du corps doit être placée immédiatement au dessus du bassin , serrée avec des courroies que retiennent des boucles.
Le collier embrasse exactement la base de la mâchoiresetde l’occiput ; les pressions ainsi réparties rendent plus supportable le degré de tension , si minime d’ailleurs , qui est imprimé à ce collier par le ressort placé. à la tête du lit. et auquel il est réuni par des courroies simples ou élastiques.
Soins consécutifs et simultanés à l'emploi des lits extensifs. Ils ne consistent pas seulement. à surveiller l'emploi de la machine pour la relâcher ;, si elle agit avec trop d'énergie, Ils réclament bien d’autres détails, comme on va le voir. Une première condition fort importante dans l'emploi. des moyens orthopédiques, c'est d’habituer le malade à leur usage, aussi conseille-t-on. de ne lui appliquer que. lune après l’autre les différentes pièces de l'appareil auquel il doit être soumis et de graduer leur pression d’une manière
504 CLASSE II. GANDAGES MÉCANIQUES. | | insensible, Ainsi on pourra commencer par attacher le col- | lier , le faire porter d’abord pendant le jour , bientôt pendant la nuit, et ne passer à Ja ceinture que quand le malade sera tout-à-fait habitué à son usage. La meilleure règle que l'on puisse suivre à cet égard est le sommeil : il fant que le patient puisse dormir avec une pièce de lappareil | avant de lui en placer une autre. On arrive ainsi peu à peu à le couvrir de tout l’attirail dont se compose l'extension | sans qu'il s’en trouve incommodé. ee 2 Quelques uns font concourir au traitement l’usage des bains de vapeur, ou des bains liqnides et du massage, Avant les expériences de M. Magendie sur l’imbibition des tissus, on pouvait croire ces moyens impuissans ou inutiles pour ramollir ou relâcher les ligamens de la colonne vertébrale : mais aujourd'hui il serait peut-être intempestif de l’aflirmer: car si les expériences que je viens de rappeler ne prouvent pas précisément l’utilité des bains, elles démontrent encore bien moins leur inutilité. ; | On sait combien la position la plus commode est fatigante à garder quand onest couché, et combien elle est insupportable poar un homme condamné à un repos prolongé pour une fracture de la cuisse ou de la jambe. Aussi les orthopédistes se sont-ils évertués à varier les: positions des malades sans interrompre l'emploi des moyens de traitement, Cest dans ce but qu'ils les obligent de se livrer à des exercices gymnastiques , consistant à se suspendre par les bras à une barre transversale, à grimper à une échelle en se tenant par les mains seulement , etc, ; qu’ils les font marcher avec des ceintures à tuteurs , ou des béquilles un | peu longues qui permettent à peine à la pointe du pied d’atteindre jusqu’au sol : qu'enfin dans la station assise, le tronc n’est jamais abandonné à son poids, et que des tuteurs mobiles, placés sur les parties latérales des siéges ,
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soutiennent les aisselles et suspendent en quelque sorte le malade sans gêner ses mouvemens.
Les exercices gymnastiques sont de Ja plus grande imporlance , suivant plusieurs orthopédistes, et particulièrement Delpech, et M. Bouvier, dans le traitement des difformités de la taille. Ils donnent à la fibre musculaire la puissance dont elle a besoin pour lutter avec avantage contre les causes des déviations : et Delpech allait jusqu’à dire de ces moyens ce que Sydenham disait de l’opium pour la médecine , qu’il n’était pas d’orthopédie sans gymnastique.
Effet de l'emploi des lits extensifs. Ces lits allongent d’abord rapidement les sujets qui grandissent d’un pouce, environ, dans le premier mois ; mais J’effet devient ensuite de moins en moins sensible, au point qu’on est obligé de continuer le traitement pendant plasieurs mois et même plusieurs années, Cependant aujourd’hui les orthopédistes le prolongent rarement au-delà de quinze à dix-huit mois.
À l’aide des divers moyens de traitement que nous ayons énumérés, peut-on obtenir un redressement complet, un effacement de toute la déviation rachidienne ? Telle est , je le sais , la prétention de plusieurs personnes qui s'occupent d'orthopédie, mais celles qui apportent dans cette spécialité la franchise et la loyauté , sans lesquelles il n’est point de vrai progrès dans les sciences , conviennent que jusqu’à ce jour on n’a jamais obtenu de guérison absolue quand il y avait déformation de la colonne vertébrale. Nous avons examiné la belle collection de moules en plâtre que possède M. Bouvier et qui représentent les sujets avant et après le traitement , et voici ce que nous avons constaté, En comparant entr’eux les moules pris dans les conditions que nous avous indiquées , on voit que la guérison a été obtenue par le redressement des extrémités de l’arc décrit par le rachis, mais que la partie moyenne dela courbure n’a pas ou n’a
906 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES. | presque pas changé ; que l’angle‘aigu et saillant en arrière formé par les côtes du côté de la convexité, s’est déprime, et que l’angle rentrant qu’elles offraient du côté de la concavité s’est ouvert ; en un mot, que la partie postérieure de la poitrine s’est rétablie sur un même plan. On sent combien sont importantes de pareilles améliorations; car les déviations de l'épine ne constituent pas seulement une difformité désagréable à l'œil, mais Paliération des formes de la poitrine dont elles s’accompagnent inévitablement , occasione une gêne.très-considérable des organes de la respiration et de la circulation. ST Effets consécutifs. Sans m’arrêter aux l'inéstbl effets que peut amener l'emploi mal dirigé d’un lit extensif, je me bornerai à dire que le redressement obtenu par ce moyen n'est pas toujours durable , probablement parce que la
cause de la déviation du rachis subsiste encore. Toutefois
celte tendance vicieuse peut être corrigée par des soins plus ou moins prolongés, et dont la nécessité et la durée
sont en rapport direct avec l’âge is avancé des sujets et la fléxibilité de l ne ve
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