MACHINES DE PROTHÈSE, OU MEMBRES ARTIFICIELS
Aujourd’hui on ne se sert habituellement pour remplacer un membre amputé que de trois espèces de machines, savoir : 1° le cuissart, 2° la jambe de bois inflexiblé , et 3° la jambe-bottine.
ESPÈCE Ir.
QUISSARTS.
Le cüïssart est destiné à remplacer la portion du meminférieur. qui manque par suite d’une amputation de cuisse. Il ‘se compose d’une cuisse ou cône fémoral , d'un prolongement jambier, et d’une teinture. 6 La cuisse est un cône creux à base ouverte et tour née en haut pour recevoir le moignon de la cuisse , à sommet obtus, et percé latéralement d’un trou assez volumineux pour y laisser pénétrer à la fois deux doigts da malade. Sa cavilé présente ordinairement les mêmes dimensions que
Ja cuisse, à peu près. Elle est faite avec un morceau de
bois conique, creusé d’une cavité de même formé, ascez grande pour loger le moignon envéloppé d’un mouchoir ou d'un bandage; sés parois doivent être assez épaisses pour porter le poids du corps, el'assez minces pour que le mem-
@) Tu, p.47. — (2) Id, ch. 1, p. 384.
526 MEMBRES ARTIFICIELS. :bre artificiel ne gêne point par son poids. Le boïs qui le forme est garni, au bord ou pourtour de sa base, d’un bourrelet de peau: bien rembourré, et élastique, sur lequel doit appuyér mollement la tubérosité de l’ischion. Ordinaire: ment il s’élève de la base du cône de la cuisse, et.en dehors, un montant quadrilatère aplati de dedans en dehors, de la hauteur et de la largeur de la paume de ls main. Il est concave en dedans et convexe du côté opposé. Il répond au côté externe de Ja hanche , quand la machine est appliquée. . La ceinture est destinée à fixer la FRE AA Elle est en cuir, et tient au montant. ts als Le prolongement jambier est un. cylindre qui.s pe par son extrémité supérieure avec le sommet .du Cône fémoral , et est libre par l’autre. Sa longueur est à peu près ésale à celle de la jambe amputée, et son diamètre,
d’un pouce à un pouce et demi. Il diminue générale-
ment un peu de haut en bas, pour se renfler à son extrémié inférieure, qui est garnie d’une semelle épaisse composée de plusieurs pièces du cuir superposées, pour amortir la dureté de la pression du sol et des chocs que la jambe en reçoit. L’articulation de ce prolongement se fait de diverses manières , et est ordinairement solide et immobile.
Application. L'emploi du cuissart est fort simple. On couvre de hant en bas le moignon avec un bandage spiral semi-couvert, que l'on: fait avec une bande, ou avec un mouchoir. plié en cravate, quoique. ce soit moins commode. On en laisse pendre l'extrémité, on l’engage dans le cône crural avec le moignon, ensuite on fait passer V extrémité de la bande ou du mouchoir par le trou du sommel de Ja cuisse de bois, et on le retire au dehors et en bas, tandis qu’ on.en fonce le moignon dans le cône jusqu’à ce qu'il Y soit tellement Done que la tubérosité de l’ischion repose, en quel
que sorle, assise sur le bourrelet du cône. :: ;
RÉ
GENRE SUP?LÉMENTAILE, 527 . Par suite de cette traction exercée sur la surface d’un moigaon qu’on enfonce dans Ja cuisse de bois, on entraîne la peau et les parties molles en bas, et l’on prévient leur rebroussement, qui pourrait irriter, fatiguer et rompre la cicatrice, soit.pendant le temps de l'application de la machine, soit surtout pendant la marche , comme on l’a vu plus d’une fois arriver, Ce rebronssement provient de ce que le moignon remplit et doit remplir le cône, et de ce que la peau et les parties molles sont plus ou moins lâchement unies les unes avec les autres, et surtout avec los.
Il ÿ aurait avantage, pour éviter le rebroussement des chairs, à employer deux bandes ,: ainsi qu'il suit. L'une aurait ses deux chefs appliqués le long des deux côtés opposés de la cuisse, et les extrémités ‘s’étendraient à huit ou dix travers de doigt au dessus du pli de laine, tandis que l’anse pendrait dans une étendue de cinq ou six travers de doigt. Après avoir fixé par plusieurs circonvolations spirales les deux chefs de cette bande, on les rénverserait en bas, pour les mieux assujétir par de nouvelles circonvolutions, au moyen de ce bandage spiral, qu’on arrétcrait enfin.
Quand la machine est bien appliquée et bien faite, l’amputé marche facilement, et peut même courir, bien que d’abord il ait besoin de s’y habituer. Dans la station, Ja marche et la course, le poids du corps s’appuié sur la machine par l’ischion, et il ne doit jamais le faire par Ia surface de la cuisse, ni par le bout du moignon.
Rewanque. Il y a plusieurs autres espèces où variétés de cuissarts. On en fait dont le montant est flexible de déhors en dedans, et qui gênent moins dans les mouverñens d’inflexion latérale du corps. | PRE PALIER
Il yen a qui n’ont point de montant, et qui s’attachent par des courroies à une ceinture fixée autour du bassin.
Il y en a dont le prolongement jambier est mobile sur le