PRÉLIMINAIRES
objets préparés pour le pansement qui la suit si fréquemment. Il donne le même nom, soit aux uns, soit aux autres séparément. Comme la signification de ce mot , ainsi étendue , est assez vague, et que la délicatesse de notre langue, peut-être un peu précieuse, ne nous permet pas de créer d’autres termes auxquels nous pourrions donner toute la précision convenable, nous établissons que nous entendrons par appareil, ou que nous désignerons par appareil de pansement, dans le cours de cet ouvrage , l’ensemble des instrumens et des objets qui servent aux divers pansemens. Mais, parmi ces objets, les uns, comme les pinces à anneaux, les ciseaux, servant aux pansemens, sans jamais rester appliqués à nos parties , nous les nommerons instru: mens de pansement ; les autres s'appliquant sur notre corps, les compresses et les bandes, par exemple, nous les désignerons quelquefois sous le titre commun de pièces de pansement, où de pièces d'appareil, où de pièces de bandage. Les appareils de pansement dont nous allons parler sont donc les instrumens de pansement et tous les objets, ou ensembles d'objets, que l’on applique ou que l’on tient appliqués au corps de l’homme d’une manière permanente et durable , pour un certain temps; qu’on lève plus ou moins fréquemment, pour les nettoyer ou les remplacer par d’autres, s'ils se salissent ou s’altèrent de quelque manière ; qu’on n’emploie jamais ; soit pour diviser nos tissus et ensuite évacuer un fluide quelconque, soit pour remplacer une partie qui manque, soit pour explorer nos organes. Ceci cependant ne s'applique pas aux sondes, qui servent aux opérations quand on les emploie pour explorer , et qui sont des instrumens de pansement quand on Jes emploie pour dilater l’urètre. Enfin, parmi les pièces des appareils, ‘ les unes, comme la charpie, les compresses, s’appliquent immédiatement à nos parties * ce sont les premières pièces
7 NE | GONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES. | d'appareil; les autres, telles que les bandes, s'appliquent par dessus les premières : ce sont les secondes pièces d'appareil.
Nous nous proposons pâr ces premières réflexions de circonscrire et de caractériser notre sujet aussi nettement que possible. Nous aurions pu procéder avec moins de sévérité, entasser ici toutes les choses qui se seraient présentées du premier coup à notre pensée, sans rechercher et nous imposer une règle pour les réunir dans un même corps de doctrine. Cette marche est, pour un auteur , plus commode et plus aisée sous tous les rapports. N'ayant point indiqué la carrière qu’il veut parcourir, il échappe, en quelque sorte, au.reproche de n’avoir pas atteint ou d’avoir dépassé le but qu’il se proposait ; mais l'élève qui ne connaît point l'étendue du sujet ne peut jamais bien l’apprendre dans un ouvrage semblable. |
Nous parlerons dans le premier volume , ainsi que nous l'avons déjà dit , des bandages et d’abord des secondes pièces d'appareil dont ils se composent, en sorte que nous supposerons toujours les premières pièces, les médicamens, la charpie, les compresses préalablement appliquées sur la partie destinée à recevoir le bandage. |
Nous y joindrons la description des appareils mécaniques employés soit pour redresser les parties déviées, soit dans d’autres intentions. ps
Nous parlerons dans Je traité des pansemens, proprement dits, qui formera le deuxième volume : 1° des premières pièces d'appareil ; 2° des instrumens topiques ; 5° des topiques médicamenteux ; 4° des instrumens de te 2° des panemsens eux-mêmes. |
…Ges deux volumes seront tellement liés ab à l’autre, : quéle premier pourra être lu et compris indépendammént du second. Gelui-ci, au contraire, ne sera compris dans
toutes ses parties qu'autant qu'on aura lu le premier avec attention.
Lorsque nous promenons les yeux sur le vaste champ des temps passés, les hommes , les événemens extraordinaires , frappent et arrêtent d’abord notre attention comme le feraient les monumens , les hauts édifices d’une ville sur laquelle planeraïent nos regards. Ces hommes , ces événemens ont paru diviser naturellement l’histoire en plusieurs époques ; cependant, en y regardant avec plus d’attention , il est , je crois , facile de remarquer qu’elle se partage d’une manière plus naturelle encore d’après l’ensemble de ces événemens , d’après les lumières ou le caractère plus ou moins général des peuples ; que, par exemple, plusieurs nations ayant eu tour à tour un temps de gloire dans les sciences et les arts, coïncidant avec une grande paissance politique , il y a eu sous ce rapport plusieurs époques historiques ; qu’il y a. eu aussi des temps d’une barbarie à pen près universelle, coïncidant avec l’abaissement des peuples civilisés. Nous faisons ces réflexions préliminaires sur les véritables époques de l’histoire générale , parce que ce sont aussi celles de l’histoire des sciences , et parce que les événemens politiques ont la plus grande influence sur l'esprit et les mœurs des nations. En eflet, jetez les yeux sur les siècles qui nous ont précédés ; vous verrez , à où l’homme n'est pas abruti par le despotisme des institutions, les sciences et les arts prêter toujours leurs lamières et leur secours "à la puissance politique ; vous verrez la guerre entre deux peuples, à peu près également éclairés , ne pas entraver , quelquefois même obliger les sciences à des efforts qui hà-
tent leurs progrès; vous les verrez fleurir après la victoire
chez les peuples civilisés, et, par la loi des contraires , Je triomphe des barbares sur ces derniers obscurcir ou étouffer les lumières. : s
On trouve la preuve de ces diverses propositions , soit dans l’histoire générale de l'esprit humain, soit dans l’histoire de la chirurgie, soit même dans l’histoire de quelques unes de ses parties et par conséquent dans celle que je vais. raconter.