HISTORIQUE DES BANDAGES, DES APPAREILS DE PANSEMENT. ET DES PANSEMENS
L'application méthodique des bandages a été autrefois appelée déligation. Je conserverai ce mot pour éviter d’en employer plusieurs.
PREMIÈRE ÉPOQUE. — Temps fabuleux et LATE Des événemens inouïs , extraordinaires, qui paraissent n’être que des fables et des allégories astronomiques inventées par l'imagination des prêtres paiens pour obseurcir et cacher aux yeux des profanes la vérité de l’histoire, ces événemens embellis par les charmes de la poésie qui se nourrit de merveilleux, voilà le caractère de cette époque. Le berceau des sciences et des arts qui y prirent naissance reste enveloppé d’obscurités impénétrables , et cela s’applique surtout à la médecine , à la chirurgie et à l’art de la déli-
gation en particulier, dont on fait remonter le commen-
cement jusqu'à ces temps reculés. Il en est de même de l'origine du plus grand nombre des arts ; et comment en serait-il autrement ? Les historiens ne naissent que de la civilisation , la civilisation naît de l’industrie, et chez les peuples barbares où les arts industriels commencent à poin-
r HISTORIQUES GÉNÉRALES. 7 dre, on ne trouve encore que des conteurs, des magiciens, des jongleurs, des sorciers, des fripons de divers genres, qui abusent la multitude crédule et s’abusent les uns les autres par le merveilleux qu’ils répandent sur les faits les plus communs. Îls se trompent eux-mêmes, parce que les faits extraordinaires qu’ils inventent ils les croient possibles. À cette période de l'esprit humain les peuples pourraient-ils avoir des historiens pour observer attentivement et raconter fidèlement leurs progrès et leurs inventions utiles ? ilsne viendront, ces historiens, que longtemps #près, et alors ils ne trouveront plus que des traditions confuses ou merveilleuses, dont la plupart même seront déjà éteintes par le mépris dans lequel elles seront peu à peu tombées. Néanmoins, et malgré l’absurdité de pareilles traditions , les historiens de la médecine n’ont pas craint de rapporter au centaure Ghiron l'art de préparer et d'appliquer les bandages.
C’est avec d'aussi bonnes raisons qu’on lui fait honneur de l'invention de la chirurgie. Percy caressait follement cette opinion; et ce chirurgien, le plus superbe qu’on ait peutêtre jamais vu, trouvait dans un conte la noblesse d’origine qu’il désirait à son art. Jusqu'à lui on avait pensé que le centaure tirait son nom de ce qu'il pratiquait la chirurgie. Si l’'étymologie de Chiron, qui signifie chirurgien, autorisait à Je croire, le caractère fabuleux du centaure rendait la supposition très-hasardeuse. Gependant Percy alla plus loin : il imagina de dire que le mot chirurgie venait du nom même du centaure, et qu’il signifiait art de Chiron, d'épyov et de xsiowv, œuvre de Ghiron (1). Percy était trop instruit pour ignorer que les Grecs employaient le mot yepoupyix, d'où est venu notre mot chirurgie , non seulement pour expri-
(4) Dictionn. des Sc. méd., art. DÉLIYGATION,
LTÉE
mer l’action manuelle du médecin, mais encore toute opération mécanique réglée ; que le mot yetpovpyôc se disait aussi d’un artiste en général et d’un chirurgien en particulier ; que le verbe xepousyéo signifiait non seulement opérer sur l’homme pour le traiter , mais encore faire un travail mécanique quelconque, toucher d’un instrument de musique, etc. ; qu'enfin les Grecs avaient , pour exprimer la même idée où | des idées à peu près semblables, une multitude de mots
analogues dérivés de yep, tels que yeporeyvux, ete. D'ailleurs
il serait bien singulier , il fant en convenir, que le hasard
eût donné au centaure un nom qui a tant de rapporfhvec la
nature des opérations qu’on lui suppose avoir pratiquées, et
il serait bien plus bizarre encore que les mots Xaipoupyid,
XEtPOUPY0G; XEtpoupyéw, et tant d’autres pareils ; qui trouvent
une étymologie si naturelle dans xsip, main, éyav, opéra-
tion, épyo, travailler, n’eussent été inventés qu'après l’exis-
tence du centaure et tirés de son nom. Finissons là-dessus :
l'existence de Chiron, comme homme , est très-douteuse.
Les rapports qu’il conserve dans la sphère astranomique des anciens avec Esculape, Hercule, etc., qui en ont en-
tretenu avec lui sur la terre, suivant les fables de l’anti-
quité, portent à penser que son histoire pourrait bien n’être
qu'une allégorie astronomique dans le goût des temps hé-
roïques. Ne serait-il pas encore possible que le nom de
Chiron n’eût été imaginé que pour personnifier la chirurgie,
ou n’eût été appliqué au centaure que pour honorer et cé-
lébrer l'importance et l'utilité de cet art, en lui créant en
quelque sorte un dieu ?
Les arts indispensables à l’homme naissent aussitôt que la nécessité s’en fait sentir. Les blessures que les peuples barbares se font à la chasse ou à la guerre les obligeant à se panser, la déligation doit être aussi ancienne que le monde, Si cependant on s’accorde à rejeter de son domaine
ces opérations primitives où l’homme n’est guidé que par une
raison peu éclairée, je ne mentionnerai point ici, à l'exemple de Leclerc (1) et d’autres, les noms d’Hercule, Thésée, Télamon, Teucer, Achille , etc., comme ayant des premiers exercé la chirurgie chez les Grecs. On peut aimer à citer des noms qui rappellent à l’imagination de grands et majestueux tableaux; mais lorsque l'historien, déchirant le voile de la poésie, n’y recherche que la vérité, toutes les illusions se dissipent ; et il est forcé de reconnaître que ces savans médecins étaient de beaucoup inférieurs à nos herboristes , ou même au marchand d’ épiceries qui prépare un biscuit ou des bonbons vermifuges.
Cependant si nous ne trouvons rien qui atteste que la chirurgie ou l’art des pansemens ait été pratiqué avec principes chez les Grecs pendant les temps fabuleux, nous. avons la conviction qu’à cette époque les Égyptiens appliquaient les bandes avec beaucoup d'art au corps de l’homme ; et quand même Hérodote (2) ne nous en aurait rien appris, leurs momies nous en offriraient une preuve irrécusable. Cependant je dois dire que tous ces cadavres que l’on a amenés à différentes époques d ‘Égypte en Europe ne viennent pas des anciens Égyptiens : : c'étaient souvent des momies très-nouvelles , que l’Arabe cupide avait fait préparer pour abuser dé la crédule confiance des Européens (3).
On cherche en vain dans les historiens de l’Asie des renseignemens sur l’art de panser les blessures. Xénophon parle bien, en plusieurs endroits de sa Cyropédie, des chirurgiens que Cyrus avait le soin de réunir dans son armée, inais il ne dit absolument rien dé leur art.
(1) Histoire de la Médecine , part. 1, chap. x. Amsterdam, 4723. —. (2) Liv. n, Euterpe , trad. par Larcher, — (3) Biblioth, choisie de Méd. par Planque, art. SépuLTuRE, p. 413.
Peut-on répéter, avec Percy, qu’un-panseur, chez les
Hébreux, était ordinairement on homme distingué, puis-
sant et respectable (1)? Peut-on tirer cette conséquence d’un passage de la vision menaçante du prophète, Isaïe ? Le peuple de Dieu sera frappé d’une dissolution entière; il sera accablé de maux; il se nommera un chef, et celui-ci s’écriera : « Gardez-vous de m’élire prince du peuple ; je.
ne suis point un panseur, non sum deligator plagarum (2).
N'est-il pas probable. sue nes expressions , prises au figuré, voulaient dire : Je n’ai pas la puissance de fermer les.
plaies qui vous dévorent ?
DEUXIÈME ÉPOQUE. — Chiangiogie, des olympiades. Beaux temps de. la Grèce. Gette époque s'ouvre au moment où Iphitus , roi d'Élide, rétablit les jeux olympiques, vers 776.
ans avant l’ère chrétienne. Là commence une chronologie assez claire et assez régulière, non seulement pour la
Grèce , mais aussi pour l'Italie. Elle comprend les guerres
de Cyrus ; l'invasion du grand roi chez les Scythes d'Europe , qui, se passant entre des nations peu éclairées , n’eurent aucune influence sur l'esprit humain. Elle comprend ensuite l irruption de ces mêmes Perses chez les Grecs, le triomphe des Hellènes , qui, èn agrandissant leur puissance
politique, favorisa singulièrement les progrès des sciences
et des arts : enfin l’asservissement de la Grèce à la bataille de Ghéronée , vers 345 avant l’ère vulgaire.
A cette brillante époque pullulèrent de toutes parts , : sur le sol de l’Hellénie , les philosophes, les littérateurs, les
artistes les plus distingués de l’antiquité; et la médecine, sortant peu à peu des piles d'Esculape où elle se tenait
cachée aux yeux de la multitude , la chirurgie et la déligation en particulier , révélèrent publiquement leurs ‘prin-
(4) Dictionn. des Sc. méd, , art, Déméarion. — (2) Isaïe, C. 1, v. 7.
HISTORIQUES GÉNÉRALES. 11 cipes dans plusieurs des livres hippocratiques , et surtout dans celui de l'Officine du chirurgien , dans celui des Fractures, et dans celui des Articles. Que l’on attribue les deux derniers de ces ouvrages remarquables à Hippocrate [ , ou à Hippocrate IT, le Bus célèbre de la famille des Asclépiades, on ne dissipera jamais la mystérieuse obscurité dont les prédécesseurs d’Hippocrate I environnèrent à dessein leur doctrine; et pour dire toute notre pensée sur ces ouvrages, nous irouvons que l’art .y est beaucoup trop
avancé pour être le résultat des observations d’un seul
homme. En effet, ils attestent en plusieurs endroits ‘des connaissances d'anatomie et d'anatomie pathologique , qu’une suite d’observateurs exerçant leur art dans le mystère, à l’ombre des temples , sous la protection d’un dieu, ont bien pu acquérir, malgré les préjugés qui s’élevaient contre les dissections et l'examen des cadavres, mais qui n’élaient accessibles , ni pour Hippocrate I, ni pour Hippocrate IT, dans un temps où la pratique de la médecine était devenue publique. D’ailleurs les Hippocrate né se donnent jamais comme les auteurs de la découverte des faits qui ont servi de fondement à ces ouvrages, et ils n’eurent point chez leurs contemporains la réputation que des découvertes de cette importance leur eussent justement acquise. Ainsi Hérodote , Thucydide et Xénophon, historiens contemporains , ne nous apprennent rien de ces médecins , et ce que nous savons d’'Hippocrate IE, c’est par des écrivains bien postérieurs , par Soranus , Galien , et d’autres qui vécurent encore plus tard, dans un temps où les historiens manquaient des traditions positives et multipliées que nous four-
nit l'imprimerie, Nous croyons donc que les principes de
ces livres précieux sont déduits des faits nombreux que les Asclépiades avaient recueillis depuis Jong- temps, et qui se trouvaient inscrits sur les tablettes votives des temples
12 REMARQUES d'Esculape ; que le fond de ces ouvrages n’appartient ni à Hippocrate I , ni à Hippocrate Il, et qu’ils n’en sont tout au plus que les rédacteurs. Quoique nous ayons en général la même opinion des meilleurs ouvrages hippocratiques , nous les rapporterons toujours à Hippocrate II (1) pour la commogité des citations, parce qu’il paraît avoir rédigé les meilleurs, et qu’enfin il a observé, raisonné, pratiqué , d’après la méthode de ces livres , méthode logique d'autant plus honorable pour les Asclépiades et Hippocrate, que. presque tous les philosophes de l’antiquité, à l’exception d’Aristote , s’abandonnèrent sans réserve aux ee de l'esprit,
TROISIÈME ÉPOQUE. — Conquête de l'Orient , Do d'Alevandrie. Dans cette période, qui s’étend jusque vers 24 ans avant l’ère chrétienne, la liberté de la Grèce ; enchatnée par Philippe, essaie vainement de profiter de la jeunesse d'Alexandre pour rompre ses fers : la Perse devient la proie du conquérant macédonien ; la mort tranche le fil de ses jours, et ses officiers se partagent ses. vastes états.” Iéritiers du goût de leur maître pour les sciences , et forts d’une partie de sa puissance, les Ptolémées fondent l’école d'Alexandrie. Enfin, les armées de Rome, grossies par Ja victoire, débordent sur l'Orient , qu’elles engloutissent dans l'empire, et préparent une ère nouvelle.
« L'école d'Alexandrie, qui brille dans l’antiquité comme un phare éclatant, rendit aux sciences positives, par la direction sévère des études, des services peut-être plus réels que toutes les écoles grecques. L’anatomie lui doit d’i iImpor- tantes découvertes, la chirurgie de nouvelles opérations ; ; et beaucoup de nouveaux bandages y furent inventés. Ainsi c’est alors que Glaucias, qui vivait vers 275 ans ; Amyntas
(4) Traduction des UEuvres d'Hippocrate. Toulouse , 1804.
HISTORIQUES GÉNÉRALES. 13 deRhodes , vers 264 ans: Périgènes , vers 290 ans; Sostrate, vers 240 ans ; Apollonius de Tyr, vers 120 ans avant l'ère vulgaire , tous cités par Galien , imaginèrent de nouveaux
bandages qui cependant, il faut l’avouer, sont générale="
ment trop compliqués et peu solides.
QUATRIÈME ÉPOQUE. — Rome savante. Dans la quatrième époque, qui commence 24 ans avant l'ère chrétienne , à l’'avénement d'Octave au trône, et s’étend jusqu’à 107 ans après Jésus-Christ , en comprenant l’histoire des empereurs jusqu’à la fondation de l’empire d’orient , les lumières des sciences et des arts convergent de la Grèce et d'Alexandrie à Rome , devenue maîtresse du monde , qu’elles vont illustrer à son tour. Ainsi jusqu’à présent nous avons vu la victoire des peuples civilisés marcher environnée des gloires
de tous les genres, Si le siècle d’Auguste se distingue par
dessus tous les autres dans la littérature , les siècles suivans ont vu les sciences et les arts prendre plus d'éclat. Parmi les hommes qui y firent parler à la chirurgie le langage dé la raison, nommons d’abord À. Cornelius Celsus où Cclse , que nous aurons souvent à citer plus bas, et dont la médecine n’est, au sentiment de quelques uns, qu’une faible partie d'un grand ouvrage encyclopédique. On y retrouve une parlie des appareils d'Hippocrate (1). Cet auteur vivait dans les premières années de l’ère chrétienne. Gitons encore Soranus et Héliodore, dont les livres sur les bandages nous seraient inconnus, si Galien ne nous les eût conservés (2). Gitons enfin Galien lui-même , qui florissait en 160, peu après eux, et qui a publié un traité particulier sur les bandages (3).
Cinquième Époque. — Décadence de l'esprit Hana, Au
(4) Medicina libri octo. Amstelodami , 1743; ou traduction de Ninnin.
Paris , 1754. — (2) Galen., edente Chartier, t. xrr, de Fasciis, p. 505 et 518. Lutetiæ , 4649. — (3) Galen., de Fasciis, id, , p. 469.
moment où desessaims de barbares fondirent du nord sùr le midi de l'Europe ; l’horizon des sciences s’obcurcit , et les ténèbres de l'ignorance s’épaissirent chaque jour davantage. On ne trouve, dans l’histoire médicale de ces temps-là, que des compilateurs d'Hippocrate, de Celse, d’Archigè- nes, de Galien, etc. Parmi eux s’en rencontrent cependant quelques uns d’assez distingués pour mériter d’être cités en chirurgie : tel est Oribase, qui a composé, entre autres ouvrages, un livre sur les lacs, où il a décrit quelques bandages et appareils qui se rapportent à notre objet (1).
Sixième Époque. — Temps des Arabes. La gloire des Arabes, qui commence en 622 , avec l'hégire, est encore une période de compilations, et trop souvent de compilations sans originalité, Néanmoins on doit aux sectateurs de lis: lamisme la conservation d’une foule d'ouvrages des siècles passés ; ils firent même ce qu'ils purent pour recdéiiie Je feu sacré des sciences qui devait se rallamer dans des âges plus heureux. ÿ
Comme les lumières ne aoaitohe jamais entièremént en Grèce, on y retrouve de temps en temps des écriväins qui ne se bornent pas uniquement à reproduire les anciens. Tel est Paul d’Egine,, que nous pourrons citer plus bas, parce qu'il a écrit sur la chirurgie en général (2). . SEPTIÈME ÉPOQUE. — Croisadés. L'époque des croisades, qui commence en 1096 , put appäuvrir les nobles , tirer le tiers-état de l’avilissement , et Préparer ainsi de grands événemens, mais elle ne produisit rien qui se rapporte à notre objet.
Hurrième fpoquE. — Renaissance des lettres. Temps de découvertes. Pendant que l'Allemand Guttémberg inventait
(1)-De Laqueis, in Galen. Lutetiæ, 4649, p. 553. — (2) De re Medicé, in lib. sept. Venet. , 4528.
l'imprimerie en 1438, et Schæffer la gravure en 1450 ; que Colomb découvrait l'Amérique en 1492, et que Vasco de Gama parvenait aux Indes orientales en 1498 ; que l’on imaginait en Europe de fonder des académies , et de publier régulièrement des journaux , etc. , etc. ; la chirurgie , participant à ce mouvement favorable et sans analogue dans l’antiquité, mettait au jour une multitude d’ouvrages qui contribuèrent peu à peu à l’enrichir et à en changer la face, mais nous n’en citerons que les principaux. Mentionnons d’abord ceux des arabistes, Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Lanfranc, ainsi appelés de ce qu'ils copièrent les Arabes ; mentionnons ensuite la grande chirurgie de maître Guy de Chauliac, restituée par L. Joubert (1), livre plein d’érudition , dont nous parlerons souvent par la suite , parce que c’est un des ouvrages capitaux pour le temps où il a paru, et que nous voulons en général nous borner aux principaux auteurs. Maître Jean Tagault, qui publia en 1543 des /nstitutions de chirurgie dont nous tirerons peu de chose, n’a guère fait que traduire Guy de Chauliac en bon latin (2).
L’humanité doit à Ambroise Paré de Laval un éternel souvenir. Il naquit en 1509 , suivant Sprengel, et mourut vers 1990. C’est un des hommes les plus remarquables de son siècle, et 1l mérite à tous égards le surnom de pére de la chirurgie française. Il a consacré un article assez court aux bandages en général (3), mais il les a ensuite décrits en particulier dans divers arlicles de son ouvrage. Son élève, Jacques Guillemeau, a suivi son maître à cet égard (4). Nous devons à Jérôme Fabrice d’Aquapendente, si célèbre par ses grandes découvertes en anatomie, un excellent ou-
(4) Rouen , 4641. — (2) Traduct, franc. Rouen, 4645. — (3) OEuvres de À. Paré, \iv. xxv, p. 58. Paris, 4628. — (4) OŒEuv. de chir, p. 270: Rouen, 1649.
vrage de chirurgie que nous n'avons pas négligé de con-
sulter,.ct qui parut pour la première fois, je crois, en
1617, à Venise (1). Il ÿ a décrit une multitude de bandages,
en divers endroits. En ce temps-là, en 1619; Jacques De-
marque publia un Traité particulier sur les bandages, où il suit en général la doctrine des anciens (2): On trouvera dans l’Aistoire de l'anatomie et de la chirur gle , par Portal, l'analyse d’un autre traité du même auteur sur les ‘bandages (3) : je n'en dirai rien; je n'ai pu me le procurer. Samuel Formy s’est attaché à corriger et augmenter l’ouvrage de Demarque (4). On trouve dansles Centuries de Haliice de Hilden, plusieurs bandages ou appareils de son invention qu il a employés avec succès.
L'Arsenal de chirurgie de Jean Scultet, publié à Uln,
en 1653, après la mort de l’auteur , nous présente Ja figure
et l'explication d’un assez grand nombre de bandages et d'appareils. Il mérite d'autant plus d'être consulté, qu'il donne une idée des appareils qui étaient en usage en Alle-
magne dans le cours du 17° siècle. Nous ne citerons .que :
la traduction française , le seul exemplaire que nous possédions de cet ouvrage (5). Nous devons encore un Zraitédes bandages avec figures à Denys Fournier (6). Delavauguion a publié vers la fin du 17° siècle, en 1696, un Zraité complet des opérations de Chirurgie, dans lequel on trouve dispersée cà et là l’histoire des bandages et appareils de pansemens, L” Appareil commode de Led médecin du roi,
qu’on a, je crois, mal à propos confondu avec le savant historien de la médecine, est un petit ouvrage “ss
(4). Œuv. chirurg. Lyon, 4666. — (2) Müthodique introd. à la chair,
augmentée d’un sommaire des bandes et bandages. Lyon, 4677 =" (3) T.ux, p. 328; Paris , 4770. — (4) Traité chir. des Bandes, etc. Mont-
pellier, 1651. — 6) L'pabt de Chirurs ge, Lyon, 1675. — - (6) Explication des Bandes , etc. Paris, 4678.
commode pour les élèves par l’arrangement ingénieux des figures.
Pierre Dionis, qui vivait à la fin du XVIe siècle, a décrit un grand nombrede bandages et d’appareils dans ses Opérations de chirurgie (1), qu’il publia pour la première fois en 1707. Ses descriptions sont trop succinctes ; et les figures qui les accompagnent généralement mauvaises. Il a décrit et figuré , à l’occasion de chacune des opérations , les pièces dphaceil nécessaires au pansement, Le Zraité que Laurent Verduc publia en 1712 sur les bandages pour guérir les fractures et les luxations , est un ouvrage à péu près complet sur les bandages ; et on y trouve des choses fort instructives. La Pathologie de J:-B: Verduc, son fils, qu’une mort prématurée enleva à la science , contient , à la-fin du
premier volume , un traité des bandages que j'aurai occa-
sion de citer par la suite,
Laurent Heister, célèbre chirurgien d'Allemagne , qui florissait en 1720 , s’est beaucoup occupé des bandages. Il en a donné un grand nombre de fisures,, FA PROMO très-mauvaises , dans ses Znstitutions de chirurgie, qui parurent en 1719. Plusieurs pages de son introduction et ‘toute sa troisième partie sont même consacrées à l’exposition générale et particulière des appareils dé pansement et des bandages (2).
On doit à Jean-Louis Petit, contemporain de Heiïster, et le plus illustre des chirurgiens français , un grand nombre de bandages, d'appareils et de machines, publiés, soit parmi les Mémoires de l’Académie des sciences, soit dans son Ouvrage sur les maladies des os, soit dans son Traité posthume des maladies chirurgicales.
(4) Cours d'opérations. Paris ; 1751. — (2) Znstit, de Chir., traduct. de Paul. Avignon, 4770.
Le
18 REMARQUES Vers le milieu du X VIE: siècle, en 1741 et 49 , parut le Traité des bandages de F Michel Disdier, et, sans nom d'auteur, un Manuel de bandages , qui est encore un des moins mauvais ouvrages que je connaisse en ce genre. Îl existeà la bibliothèque de la Faculté de Médecine. Le Traité des bandages de Sue, publié pour la seconde fois en 1761 ; né peut mériter la préférence sur le manuel dont je parle, que parce qu'il est pluscomplet;il traiteen effet des brayers, des pessaires, et d’autres choses qu’ordinairement les ouvrages particuliers n’indiquent même pas. | Benjamin Bell a consacré le 47° chapitre de son Cours complet de chirurgie théorique et pratique (1), à lexposition générale des bandages et à la description particulière de quelques uns. Ses planches sont extrêmement mauvaises. | :
Neuvième Époque. Révolutions politiques. Perfectionnement des sciences et des arts. Gette période est celle où nous vivons. Comparée à la précédente , elle me paraît être ,‘au moins pour les sciences, plutôt une époque de perfection nement qu’une époque de découvertes. Tel est, en particulier, le genre de mérite de la plupart de nos meilleurs ouvrages de médecine et de chirurgie; telle est aussi la nas” ture des modifications que la chirurgie française a tout récemment apportées à l’art de la déligation. Parmi les auteurs qui ont principalement concouru à ce pérfectionnement , je dois citer d’abord Dessault (2), puis MM. Boyer (3) et Richerand (4); ils n’ont pas traité des bandages en général j mais ils en ont décrit en particulier dans une foule d’articles de leurs ouvrages de chirurgie. | DS 4.
Le traité des bandages de d.-B.-J. Thillaye a pu être utile (4) Trad. de l'anglais, par Bosquillon. Paris, 1796. — (2) É bres
chirurgicales , etc. -— (3) Traité des Maladies chirurgicales, ete. — (4) Nosographie chirurgicale. Paris, 4815. à
‘aux commençans , maisil est trop incomplet pour rester un
ouvrage classique. Enfin, on trouve dans le Dictionnaire de
Samuel Cooper et dans le nouveau Dictionnaire de méde-
cine un article sur les bandages en général. Le dernier est
du professeur J.-N. Masiolin Il est intéressant par les fines remarques de pratique dont il est semé.