PRÉ
Quoique les machines ou bandages mécaniques soient beaucoup plus variés que les précédens, il me semble qu'il y a encore assez d'analogie de structure entre Ja PapaRs de ceux qui remplissent les mêmes usages pour qu’on puisse les ramener, comme ceux de la première classe, à un petit nombre de groupes naturels, d'après l’ensemble de, leurs caractères, leur disposition, leur action et leurs usages; c’est ce que j'ai tenté de faire. Je me borne ici à les indiquer ,-et leur description fera voir si je me suis laissé abuser et égarer par là séduisante apparence d'en simplifier J’histoire. Je prie d’ailleurs le lecteur d'observer que la dénomination des machines ne séra pas toujours précisément tirée de leur forme ou de leur disposition trop compliquée ; elle le sera, tantôt de leurs usages , ou plutôt elle les rappellera , pour peu que la DER soit possible ; jaiféc de leurs usages et de leur disposition, tantôt même de leur disposition seulement, tantôt enfin du nom vulgaire luimême que nous généraliserons à peu près comme les botanistes généralisent les noms de liliacées, de rosacées , etc. pour les plantes qui sé rapprochent des lis et du rosier; ou , comme les zoologisles généralisent celui des chats pour le lion, le tigre , la panthère, le jagouar et tous les carnassiers qui ressemblent au chat domestique. J'aurai toujours le soin d’ailleurs que mes dénominations soient simples, claires et précises.
J'établis un premier genre d appareils jet simples, que je désigne sous le nom de bandages à plaque, à ‘qu is se composent d’une plaque et de cordons. Ê
de fonde ensuite un second genre , où je place: PA appareils élastiques propres à assujeltir une sonde dans l urètre ; ; ce sont les contentifs élastiques des sondes. RAT C
Le troisième genre comprend des appareils. élastiques & ressorts Spiraux, que j’appellerai ainsi parce qu'ils sont
DES BANDAGES EN GÉNÉRAL. 3) composés de ressorts à boudins , et que les machines à ressorts étant très-nombreuses , il n’y aurait pas moyen d’en parler clairement sans les distinguer par des noms précis.
Au quatrième genre je rapporte les instrumens décrits ordinairement sous le nom de bandages herniaires ou de brayers , ‘et certains contentifs du Pdéiient, etc. Ge sont dès bandages à ressort courbe,
Dans un cinquième genre se rassemblent divers appareils propres à comprimer les vaisseaux; ce sont les compressifs des vaisseaux.
Au sixième genre se voient des appareils auxquels je ré-
serve le nomnd’appareils locomoteurs, parce que leur élasticité pent rendre à nos parties des mouvemens qui y sont Le ralysés. |
Je forme un sep tième genre de quelques bandages méca-
niques boutlés.
Le huitième genre embrasse tous les appareils contentifs des fractures, sous le nom d’appareits des fraclures.
Dans le neuvième je réunis lou les appareils propres, soit à contenir nos membres où notre corps qui se dévient de leur direction naturelle, où à les y:ramener quand ils s'en sont écartés ; ce seront nos appareils orthopédiques où réductifs. |
Enfin au dernier genre viendront lés léts, qui n'offrent pas seulement un lieu de repos propre à réparer nos forces épuisées , mais deviennent souvent des appareils qui concourent, par leur construction, à contenir une fracture ou à ramener à sa direction naturelle une partie déviée, à ‘contenir. doucement et mellement un farieux qu’ FeLRe le délire.
Chacun de ces genres d'appareils mécaniques où de machines contient, comme les bandages, plusieurs et quél-
Net
4o DES BANDAGES EN GÉNÉRAL,
| quefois un assez grand nombre d'espèces : je les énumérerai plus tard. | es
Usage des bandages. hi
L chirurgie retife mille services des bandages, et elle n’a pas de moyens qu’elle emploie avec plus de fréquence et de succès. En effet ; elle a recours aux uns pour préserver une parlie du contact des corps étrangers ou de leurs propriétés : de l'air, du froid, de la chaleur, par exemple; aux autres, pour contenir de la charpie, un instrument topique , un médicament sur ou dans une région du corps; à ceux-ci poar comprimer un membre ou des vaisseaux ; à ceux-là pour contenir des os luxés ; à d’autres pour. diviser des parties que la cicatrisation tend à unir , ou mieux pour s'opposer à leur réunion; à quelques uns, a@ contraire, pour en unir qui sont divisées ; à d’autres pour soutenir des. parties que leur propre poids fatigue; à d’ autres encore pour contenir une hernie ou un organe qui tend à s’échapper de la cavité où ilest renfermé ; à d’autres plus nombreux pour contenir des os fracturés; à quelques uns, en très-petit nombre , pour mouvoir des parties paralysées; à d’autres enfin pour redresser des parties courbées et infléchies.
Ainsi, a-t-on à préserver un œil enflammé de la lumière qui l’offense, de l'air qui le blesse, de la poussière qui l'irrite et l’enflamme davantage, une compresse , un petit bandage fort simple, peuvent le défendre de toutes ces causes de mal, et ce bandage est préservatif. |
Vous appliquez un médicament, un vésicatoire, du ce sur la peau, il s’agit de le contenir; vous y parviendrez à
l'aide de plusieurs genres de bandages, qui seront contentifs par leur usage.
DES BANDAGES EN GÉNÉRAL. A Se forme-t-il des dilatations , des nodosités variqueuses le long des veines d’une jambe, elles peuvent déterminer des ulcères rebelles ; appliquez un bandage qui embrasse,
comprime exactement et suffisamment la jambe, et vous
serez étonné des résultats avantageux de ce moyen simple et facile, si même vous ne guérissez le mal entièrement : voilà un bandage compressif.
Un os, l’humérus par exemple, s'est-il échappé de sa cavité articulaire, est-il replacé, est-il réduit, comme lé disent les chirurgiens! le moindre mouvement peut le luxer de nouveau ; liez le bras contre le tronc » Soutenez son poids, et vous n'aurez rien à craindre tant que ces moyens rempliront l'usage auquel ils sont destinés : voilà un bandage contentif des luxations,
Vous devez panser une brûlure qui a détruit la peau: sur tout le devant du cou; la cicatrisation commence à se former , elle tire insensiblement la tête vers le sternum ; elle l'y amenera pour toujours, si vous ne la renversez en arrière et ne la maintenez ainsi jusqu’à guérison entière au moyen d'un bandage , qu’en raison de son usage on à appelé divisif.
Voulez-vous, au contraire, réunir les lèvres d’une plaie et les tenir rapprochées, vous y parviendrez presque constamment au moyen des bandages dits unissans et d’une position favorable,
Une femme souffre-t-elle des tiraillemens pénibles aux mamelles, un bandage suspensoir, ou mieux méméfun corset , la sauveront de ces inconvéniens.
Voyez ce malheureux qu’égare la folie; il porte en ses mains des armes menaçantes ; il est près d’éclater de fureur et de rage. Si vous ne le contenez, dans un moment il va tout briser et tout détruire. Ayez le vêtement des hospices connu sous le nom de camisole, revêtissez-en Je malade tan-
4e DES BANDAGES EN GÉNÉRAL,
dis quil en est temps encore, et ce bandage contentif, si peugénant , vous permettra de prévenir tout accident pour
lui et pour les autres.
| Vous avez placé une sonde dans la vessie d'un homme dont l’urètre resserré empêche l'écoulement: de l'urine; cette sonde en sera chassée aumoindre mouvement, si elle n’est fixée à la verge d’une manière solide par un bandage
contentif des sondes.
Un. homme porte une hérnie inguinale ; elle sort légèrement quand il est debout, et sort bien davantage quand il tousse, quand il crie: S'il fait un effort, les intestins se pressent dans l’aine, et menacent de s'échapper: du ventre en masse. Îl en pourrait résulter des accidens mortels; et à chaque instant la vie de cet homme y est exposée. Faiteslui porter un bandage qui maintienne l'intestin dans sa place accoutumée ; que cet organe trouvè dans ce bandage un obstacle à sa sortie, et non seulement la vie de cet
“homme sera moins compromise , mais il pourra peut-être
un jour, rejeter ce bandage contentif des hernies , désormais inutile. | A EE ARE Etes-vous appelé auprès d’un blessé qui s’est brisé les
“os: de la jambe, qui crie et s’agite sans cesse, tourmenté par
la douleur; replacez vous les os bout à bout sans les contenir : immédiatement après, leurs extrémités césseront de se toucher par les surfaces de la cassure, et s’il peut y avoir consolidation, s’il ne se forme pas au lieu de la fracture un®’ articulation nouvelle, la consolidation sera vicieuse , la jambe courbée, infléchie, difforme, raccourcie, et peutêtre le malade estropié ne pourra s’en servir de toute sa vie. Si un appareil contentifides fractures eût maintenu rappro- | chés les fragmens des os, au bout de quelques mois le blessé ne se serait pas ressenti du malheur qui Jui était
“Arrivé. | ji 2
Une mère vient vous consulter pour sa fille dont le tronc
se contourne. Vous l'examinez, vous reconnaissez une inflexion morbide de la colonne vertébrale; employez un
appareil qui agisse sans cèsse mécaniquement pour rame- à
ner Je rachis à sa rectitude habituelle. Si cet appareil réductif est bien disposé, qu'il n° y ait pas de complication du côté du système nerveux, vous pouvez en obtenir un succès étonnant et presque prodigeux. Un effort continu ou même interrompu peut changer la direction des os,.ét je crois le phénomène possible à tous les âges. Un œil perdu à cinquante ans, l'orbite se rétrécit; à soixante-dix ans, l’alvéole se ferme entièrement quand la dent. est tombée.
Quoique, d’après ce que je viens de dire, la destination des bandages semble très-variée, je dois ajouter que le plus ordinairement on y a recours pour préserver nos parties de l'action des corps extérieurs, pour y contenir de premières pièces d'appareils, de la charpie, des plumasseaux , des compresses , des médicamens , et que presque tous. les bandages de la première classe, les bandages proprement dits en d’autres termes, et un certain buis des bandages mécaniques, peuvent remplir et remplissent dans certains cas des usages semblables.
L’ sie de ces usages reviendra même si souvent dans la description particulière de ces bandages, qu’elle paraîtra une répétition oiseuse que j'aurais dû éviter, et que j'aurais assurément évitée, si les exceptions n’eussent été encore trop nombreuses pour me permettre d'établir, d'une manière générale, que tous les bandages peuvent être mis en usage pour préserver nos parties » CE y contenir des pièces d'appareil et des topiques. Ari
Tate
Application des. phidages et des machines c ou bandages. mécaniques. |
our appliquer un bandage ou une machine, il'est quelques règles générales à suivre qui peuvent très-bien être. placées ici, parce qu'elles seront aussi bien SHÉPITZ que partout ailleurs.
Avant d'appliquer un tite gés 1° le chirurgien a d&, s'il ne l’a préparé lui-même, surveiller la personne qui l a fait, ou au moins l’examiner lorsqu'il a été préparé, pour s'assurer qu'il est propre à dr les usages ps LA me est destiné.
2° Il a dû rassembler les aides dont il pourra avoir pe. soin.
Le bandage à appliquer doit-il l'être sur des pièces d’ap-. pareil ou des médicamens , il faudra au moins un aide pour les contenir tandis que le chirurgien fera l'application du bandage.
A-t-on à placer autour de la tête, de la poitrine ou de. l'abdomen un bandage qui doive y former plusieurs circonvolutions, il faut iécebsairémené que le malade soit sur son séant, et s’il ne peut se soutenir, 1l faudra un ou plusieurs aides pour le soulever et le tenir. ‘Il en faudra encore Piotr et et d'autant plus que le sujet sera plus lourd; s’il s’agit d'appliquer le bandage sur le corps d'un homme qui ne peut plus se. mouvoir, soit par suite de paralysie, : soit parce que, comme cela s’observe dans une affection rhumatismale, le mouvement et les efforts lui causent d'horribles souffrances. Un aide au moins sera toujours nécessaire, dans le cas où le bandage à appliquer doit l'être sur le bras d’une personne qui ne peut plus le tenir
Aa
“horizontalement, soit par+suite des douleurs qu'elle
éproûve, soit par faiblesse, soit pour cause de syncope, soit parce que le ‘bras fracturé ne pourrait se tenir luimême horizontalement , et que son poids déplacerait.les fragmens réduits, etc.
Supposons encore que vous ayez à placer le bandage sur le pied, la jambe ou la cuisse ; que le: malade étant alité vous ne , puissiez soutenir son pied sur votre genou ; que vous ne puissiez appliquer ce bandage sur la jambe ou la cuisse, soit en les fléchissant l’une sur l’autre, et faisant reposer le pied sur le lit par la plante, soit en étendant horizontalement la jambe hors du lit; supposez enfin que, soit par faiblesse, soit par souffrance , le malade ne puisse tenir le membre horizontalement pendant le temps nécessaire à l'application du bandage, il vous faudra encore un ou plusieurs aides. |
3° Avant d'appliquer le bandage , le chirurgien a dû leur distribuer à chacun leurs fonctions, si leur inhabileté ou la complication de l’appareil le réclame.
4° Au moment de lapplication du bandage ou de l’appareil, le chirurgien doit donner autant que possible au malade et prendre pour lui une situation commode à tous
deux, et s’il en est besoin, AFPRRIAER aussi la Pine de-ses
aides. CE |
Dans le cas où il doit appliquer un bandage sur la tête, l’aide, seul nécessaire alors, sera placé derrière le malade, dont il soutiendra au besoin la tête devant sa poitrine; il pourra en même temps tenir les pièces d'appareil, s’il y.en a à maintenir. Hprique le bandage devra être placé autour du corps, et qu'il s'agira de maintenir le malade sur son séant, l’aide ou les Ses s’ilen faut plus d’un, se placeront
sur les côtés, et pourront, au besoin, soutenir en même
temps les pièces d'appareil, etc. Pour soulever un malade pesant, immobile, les aides se placcront de chaque côté.
5? agit: il-enfin de soutenir un membre supérieur ou'infé-
riéur, l’aide ou les aides, s’il'en faut plusieurs, seront en
dehors, et souvent aux extrémités du membre, en ménageant toujours la place du chirurgien, qui doit être en de-
hors aussi, pour manœuvrer librement. ; 5° Les aides soutiendront le hd ou ses mem-
bres d’une manière uniforme ; et sans faire le. moindre
mouvement, à moins id il ne soit commandé. par la nécessité. DS. 3 SL di
: Pour soulever le corps “dd able les Eee le prendroët par les’épaules et par les hanches, ou, mieux encore, ils le renverseront sur un côté en soulevant le drap. du côté op-
posé, tandis que l’un d’eux soutiendra le sujet et bornera le
mouvement; ensuite ils placeront sous lui, et en travers,
des draps pliés en long, ils le renverseront en sens inverse
de la première fois, et de la même manière, afin de pouvoir saisir les draps engagés sous le ‘corps, les attirer du côté opposé, et s’en servir pour soulever le malade et le tenir soulevé jusqu'à ce que le bandage soit appliqué. |
6 Le chirurgien devra souvent, dans les fractures par …
exemple, et dans tous les pansemens des parties affec-
tées d’une vive sensibilité, éviter soigneusement d'y occasioner des mouvemens É ou des prie doulou-
reuses. : APR Do
7° Il iphlieins les diet des saine dé bas ‘en 1454 ou, si lon veut, de manière que la constriction du bandage se fasse déoverstrernné de bas en haut, S'il se conduisait autrement , il ferait rétrograder les humeurs et
entraverait la circulation veineuse et ymphatique. AE 2 2
8 Il sera attentif à les serrer d’une manière régulière. €t à ne pas appliquer trop ISOReS ou is serrés ses Er et ses machines. | f£
Voilà encore une de ces cales que la théorie me peut
| DÉS BANDAGES EN GÉNÉRAL, 4 qu’indiquer, mais non apprendre à exécuter; précisément
parce. que la pratique seule apprend à quel degré il faut
s'arrêter: Mais si nous ne pouvons indiquer exactement les limites de la constriction des bandages, au moins devonsnous prévenir le lecteur des inconvéniens des appareils trop lâches, et des dangers mêmes auxquels exposent les bandages ou les appareils trop serrés et trop actifs,
Trop lâche, un bandage glisse et devient inutile; une machine manque son but ; il peut en résulter un retard funeste dans le traitement, et dans certains éas de trèsgraves accidens. Un bandage qui ne détermine au dessous dé lui qu’une tuméfaction médiocre, sans douleur ni teinte violacée de la peau, n'offre aucun danger. Une machine dont l’action ne canse qu’une douleur modérée qui s’assoupit graduellement n’a rien de redoutable.
Trop serré, un bandage produit une étreinte violente, arrête le sang et la circulation dans les parties placées au dessous du point qu'il occupe, détérmine un engorgement sanguin considérable, un engourdissement pénible, et dans les parties comprimées une douleur qui peut être fort vive, la mortification dans quelques points, parfois l’inflammation ulcérative de plusieurs autres, dans certains cas enfin la gangrène de toute une partie où le sphacèle.
Un bandage est-il trop lâche, il faut le réappliquer. Une machine agit-elle trop faiblement, il faut en augmenter la
‘ puissance; au contraire, un bandage, une machine, PORTE
trop serrés, hâtez-vous de les relàchem
Un aide major irréfléchi ayant appliqué undcapeline 4 serrée sur la tête d’un canonnier, à la levée du bandage Percy trouva le cuir chevelu mortifié (1).
* On couvre d’un bandage trop serré le pied et Ja jambe
(4) Dictionn. des Sc. méd., art. DériGATION, t. vrir, p. 240 et 244.
d’un jeune homme, et à la levée de l'appareil, le pied et la
| jambe sont frappés d’une gangrène sèche (1).
peu de précaution, pourgune fracture dü col du fémur; à un général célèbre dans les deux mondes, il en résulla d’a-
bord des eschares nai et par suite Je membre en
fut estropié (2). | |
Veut-on enfin un exemple encore très- sr de l'effet de la constriction sur nos parties : ‘une jeune fille se préparant à une cérémonie solennelle pour le lendemain, apprête ses cheveux, se ceint fortement Ja tête d’un bandeau de toile, et à son lever, les Pare gonflés FRA plusieurs taches gangréneuses (3).
J'ai dernièrement pratiqué la désèriie die du bras chez un malheureux qui l'avait fracturé. On lui avait appliqué un appareil trop serré, et cinq jours après, quand il
: à FES
Une machine extensive ayant été appliquée avec. trop |
fut confié à mes soins, je trouvai le bras sphacélé dans
toute son étendue.
De pareils résultats montrent assez, je pense, avec
quelle attention le chirurgien doit surveiller l’action d’un
bandage ou d’une machine de l’innocuité Ne il n’est pas assuré.
Je ne finirai pas sans poser encore ici quelques principes généraux sur l’application des bandages faits ayec des bandes, en un mot, sur l'application des bandes elles-mêmes. L'application des bandages faits avec une pièce de linge, celle des bandages composés, celle des machines, n’offrant plus rien de commun, elle ne nous arrêtera pas fun
(1) Boyer Traité des Maladies PR t.1,p. 456.
(2) Richerand, Nosol, chirurgicale , t. x, p. 99. (3) Dictionn. CR So. méd., 1. VX, P. 241.
DES BANDAGES EN GÉNÉRAL, 49 - Application des bandages simples ou des bandes.
L'application dés bandes différera selon qu’elles seront roulées à un ou deux globes, et vous les arrêtèrez encore différemment, selon qu elles. seront ou non divisées à leur bout terminal. Mais que vous les appliquiez à la tête, au tronc ou sur les membres, vous obéirez toujours aux règles suivantes dans les cas qui vont être spécifiés, Vous vous servirez d'aides si vous en avez besoin, soit pour soutenir
les pièces d'appareil, soit pour soulever le malade, soit
pour le tenir debout ou assis, soit pour lui soutenir les membres, s ’il est nécessaire, ainsi que nous l’avons établi ci-dessus. é
Vous servez-vous d’une bande roulée à un globe, vous
pouvez commencer son application de deux manières dif-
férentes.
. Premier procédé pour appliquer une bande rouléé à un globe. Prenez le cylindre de la main droite, son chef initial avec le pouce et l'index de la gauche; appliquez ce chef, par sa face externe, sur un des points de la circonférence de la partie qui doit recevoir la bande; fixez-l’y momentanément avec les doigts de la main gauche ; déroulez le cylindre avec la main de , en le téhant par ses deux bouts, entre le pouce et le doigt du milieu, de manière à ce qu'il puisse y.tourner sur son axe; faites-lui en même temps parcourir le tour de la partie, dans une direction particulière, selon le bandage que vous voulez faire; passez une première fois sur le chef initial pour le fixer, et ensuite une ou deux fois encore pour que le bandage acquière de la solidité. * :
Ge dernier précepte est fort important. Si le chef initial est mal fixé, les circonvolutions de la bande glissent aisé-
rt 4
90 DES BANDAGES EN GÉNÉRAL. | ment, et le bandage, promptement relâché, devient inutie. CR US LE Deuxieme procédé pour appliquer une bande roulée à un globe. Au lieu d'appliquer le chef initial sur un des points de la partie où vous apposez la bande ;vappliquez celle-ci, par sa face externe, à dix ou douze travers de doigt de son extrémité initiale, que vous laisserez pendre, et que vous maintiendrez , en commençant, avec le pouce, pour la nouer avec l’autre extrémité, lorsque le bandage sera ter miñé.. Cependant portez le globe ‘autour de la partie, comme dans le premier procédé ; ramenez-le sur la bande, afin de la fixer par un et ensuite par plusieurs circulaires, s’il en est besoin pour le bandage que vous voulez exécuter. ” | à Mais soit que vous ayez cemmencé par l’un ou l’autre des deux procédés que je viens d'indiquer, ayez soin de ne ‘dérouler la bande qu’à mesure qu’il est nécessaire, de tirer toujours dessus , et de la tenir continuellement tendue , afin que le bandage ne se relâche pas en revenant tout à. coup sur lui-même. « | | | | En passant.le globe d’une main dans l’autre pour lui faire parcourir toute la circonférence d’une partie, apportez la plus grande attention à ne pas le laisser échapper. En courant après et cherchant à le rattraper, vous pourriez communiquer des mouvemens pénibles et dangereux au malade; d’un autre côté, le bandage cessant d’être maintenu reviendrait ur lui-même et se relâcherait soudain, tandis que le globe se déroulerait en fuyant; enfin, il faudrait de nouveau rouler la bande, et souvent réappliquer 1e bandage. y de Dans tous les*cas efforcez-vous d'appliquer la bande Ie plus régulièrement possible et avec netteté. Vous y parvien- drez plus aisément, si vous l'avez légèrement mouillée;
mais aussi il est à, craindre que le bandage en se desséchant ne se relâche et soit moins solide. |
« Le chirurgien qui aura fait les ligatures doit prendre » garde aux intentions pourquoi elles ont été faites et s’il a » bandé bien proprement, et fasse qu’elles soient belles à voir »et qu'elles nerident pas, afin de contenter les malades et » les assistans ; car chaque ouvrier doit polir et embellir so » ouvrage tant, que possible lui sera (1). » |
Sr vous couvrez de circonvolutions une partie de volume
. inégal dans'sa longueur , là jambe par exemple, ces circonvolütions ne. s’appliquero 4 point sur la peau dans tôute la largeur de la bande : elles presseront les points les plus saillans parle bord qui ÿ correspondra , et resteront écartées
* de la surface de la partie par le:bord opposé. [Len résultera une sorte de bouche béânte: cet écartement s’appelle godet. On n’en doit jamais souffrir :#toutre que les sodets rendent
Tapression des bandes irrégulière et inégale, iis détruisent la solidité d’un bandage. ;
Pour les éviter , retournez et renversez obliquement en dehors la bande sur elle même, du point du membre le plus saillant vers celui qui l’est le moinst; et sans changer la direclion que vous voulez lui faire suivre. Si l'augmentation du yolume dela partie se trouve en haut, cofhme cela s°0b serve, .en général , dans la longueur de nos membres, vous rénverserez en dehors le bord supérieur de la bande, et le dirigerez au bas du bord opposé qui lui était primitivement inférieur. Alors la bande rétrécie au niveau du renversé aura légèrement changé de direction. |
Ce rétrécissement , produit par le renversé d’une bande, contribue beaucoup à son exacte application sur les parties dont le volume n’est pas uniforme (2).
(4) Paré, liv, xry, ch. 1, D.
(2) Remarque. Guy de Chauliac, au lieu de faire des renversés > inCi-
La bande que vous.voulez appliquer est-elle roulée à deux globes, vous pouvez suivre deux procédés différens, et en
général l’un des deux globes doit être plus petit que l'autre; |
afin que, l’un étant épuisé ayant l’autre , le second puisse fixer les dernières circonvolutions et l’extrémité du premier. Premier procédé pour appliquer une bande roulée à deux globes. Saisissez les deux globes à deux mains ; appliquez par sa surface externe leur plein intermédiaire sur un des points de la circonférence de la partie que doit courir le bandage (supposez, par exemple, que ce soit la tête) ; en suitedéroulez en même temps , ét d’une manière égale, les deux globes autour de cette partie, jusqu'à ce que vous les ayez conduits au point opposé à celui où vous avez côm-
mencé le bandage: là, entrecroisez-les en les faisant passer *
simplement l’un à côté de l’autre ; éffacez , autant que possible ; les plis qui résultent de cet entrecroisement ; ramenez les globes par le même-chemin jusqu'au point de départ, et répétez ces circulaires autant de fois que vous en aurez besoin. Ayez cependant soin d’entrecroiser chaque fois la bande sur un point différent de la circonférence de la partie, afin d'éviter l'inconvénient d’an trop grand nombrede plis sur un même point, c |
Deuxième procédé pour appliquer une bande roulée à deux globes. Au lieu d’entrecroiser les globes en les faisant passer l’un à côté de l’autre, comme dans le premier procédé, de manière que les bandes se pressent par leurs bords et se plissent , suivez Jes règles que nous allons établir.
Si le bandage s’applique autour de la tête, par exemple, comme nous l'avons supposé, et s’il doit être horizontal,
déviez obliquement un des deux globes en haut où en bas
sait la bande sur ses godets, de palme en palme , et cousait son bord dè manière à faire disparaître le godet. Il vante beaucoup les avantages qu’il en a retirés. (Voyez Zraitéi, ur. Doct., un, €. 1, p. 220)
Es
DES BANDAGES EN GÉNÉRAL, 39 de la ligne horizontale qu'il parcourt, continuez au contraire à porter l’autre et sa bande suivant cette ligne jusqu’à ce: que cette bande rencontre celle du premier, la recouvre et la croise en formant avec elle un angle aigu; alors retournez. et renversez obliquement le premier globe, et la bande déviée sur le circulaire qui la couvre et la croise ; faites enfin suivre aux deux globes leur direction primitive, et continuez. ainsi le bandage jusqu’à sa fin. à
Si vous avez renversé nettement eû dehors la bande qui se trouvait placée sous l'autre au pointde rencontre des globes, il en résuliera une anse de-bande qui embrassera la bande opposée, sans former ni plis, ni bourrelets.
Je prie.le lecteur de remarquer à cause de ses avantages , le mode d’entrecroisement que je viens de décrire et que je propose : je l’appellerai souvent par la suite entrecroisement. par renversé, Manière d’arréter les bandes, de terminer un bandage.
et d’en assurer la solidité.
Une bande étant entièrement posée, on l’arrêtera, 1°soit en nouant ensemble ses deux chefs si l’on a conservé libre le premier appliqué; 2° soit en nouant ensemble les deux lanières de la dernière extrémité portées en sens opposé autour de la partie, si cette extrémité est fendue en deux ; 3° soit en fixant celle-ci au moyen d’épingles sur les circonvolutions du bandage, si elle n’est point fendue ; 4° soit enfin en l’arrêtant au moyen d'un fil conduit et noué autour de la partie quand elle aura peu de volume. |
Le nœud d’une bande doit offrir une boucle unique, et êlre placé dans un lieu où il ne puisse causer aucune gêne par la pression.
Les épingles devront toujours être attachées de manière
st Jo" : 1. TAd 2 er” S r
g ke @ œ
que la convexité de Ja partie n’en fasse point saillir la pointe ; que celle-ci, cachée dans l'épaisseur des circonvolutions de la bande, ne puisse blesser ni le malade dans l'intervalle,
ni le chirurgien au moment des pansemens. La pointe des
épingles ne doit pas non plus être tournée da côté de la fin de la bande ; car si les épingles n'étaient solidement fixées en traversant alternativement l'extrémité de la bande et les circulaires qui sont au dessous, elles se détacheraient aisément, d pe
Enfin sil estrdlié finale de la bande chti aul au point | malade, il faut la. ragcourcir eu Ja pliant sur elle-même pour l'arrêter sur un autre point. | . AUS
Un fil suffit et est même le seul moyen à employer pour arrêter une bande autour d’un doigt ou d’un orteil. Ge fil . doit former plusieurs circonvolutions autour du doigt, et ses deux extrémités doivent être nouées ensemble avec où sans boucle.
Quand les bandages se composent d’un grand nombre de circonvolutions qui peuvent, par les mouvemens de la
« partie et par les frottemens, se relâcher très-vite , il faut en-
core en attacher les circonvolutions les unes avec les autres au moyen d’un fil ou d’épingles nombreuses , et envelopper le bandage d’un linge qui préserve les circonvolutions des frottemens qui les HHsten ts
Effets de l'emploi des bandages.
Indépendamment des funestes eflets qui résultent de l'emploi d’un bandage qui agit avec trop d'énergie , effets que nous avons signalés plus haut (p. 32 et 55) pour appuyer les préceptes que nous donnions sur l'application des bandages , il en est beaucoup d’autres qu’il faut connaître à de vance , parce qu'ils servent de base aux soins que réclament
les bandages consécutivement à leur première application.
DES BANDAGES EN GÉNÉRAL. 55 Tous les bandages échauffent plus ou moins la partie qu'ils couvrent, et si, en même temps qu'ils ont beaucoup d’épaisseur, 1ls sont appliqués sur une partie où, par le fait même de la maladie, la température est plus élevée, il peut en résulter une chaleur insupportable , une circulation plus active , une sorte de fièvre, et par suite l’augmentation du mal contre Îcquel le bandage est mis directement ou indirectement én usage. Par conséquent, l’activité habituelle de la circulation de la tête , latempérature élevée de cette partie , la facilité qu ’elle a à s’échauffer davantage encore, pour peu qu’une irritation quelconque y appelle le sang, doivent d'abord engager à n'y, appliquer en général que des bandages légers , et, à moins d’absolue nécessité , jamais de ban- : HAT ANRT AUS soit par le grand nombre de leurs cir- Éntione , soit par leur épaisseur , soit par leur grande étendue. EE LL Au bout d’un certain temps de leur application , les bandages causent toujours une gêne plus ou moins dés- . agréable , qui fait soupirer le adj après le moment du pansement.
Beaucoup de bandages ; au premier abord , fatiguent les parties, et irritent la peau par la compression qu’ils exercent; quelques uns causent même une gêne très- pénible qui a besoin de diminuer pr omptement pour qu’on puisse les supporter. Si le bandage ou la "machine agit avec trop d’ Énptele ; la peau rougit, s’enflanme avec De l’épiderme s’en détache comme il le ferait sous l'influence d'un vésicatoire , la sérosité le soulève , et si l'on ne débarrasse pas le malade de l'appareil qui le blesse, alors peut arriver la gangrène, ‘dont nous avons cité des exemples. Si le bandage n’exerce qu’une action médiocre, mais qu'il soit porté Mnetonipe , la partie maigrit, s’affaiblit et s’atrophie. Des jeunes gens ont eu recours à ce moyen pour
s'estropier en quelque sorte, et échapper aux dangers et aux dégoûts d’une carrière que ni la justice, ni l'intérêt de la patrie ne les forçait de partager. « Il est des jeunes gens, dit Percy, qui, pour se dérober à une loi de laquelle sont exceptés les infirmes et les estropiés, se sont artificiellement atrophié une jambe ou un bras à force d’y appliquer. un bandage roulé, ou des bas lacés, des bottines compressives, etc. Chez quelques uns l’atrophie a persisté, après avoir rempli leur lâche et honteux ôbjet ; chez d’autres, elle a cédé aux frictions , aux embrocations , à l'exercice. » Percy ajoute qu’il est d’autant plus difficile de reconnaître cette singulière simulation , qu’elle a été préparée de longue main , et que l'imposteur abuse encore le médecin par des récits mensongers ; mais qu'il est un signe nue on'ne se. tromperait pas, si le faussaire maladroit n’avait Ôté ses bandes et ses entraves que peu de temps avant d'être visité : c’est l'empreinte de celles-ci sur la peau (1). Tout en citant Percy, je n’approuve en aucune manière les expressions insultantes dont il se sert contre de pauvres diables ui cherchaient à échapper aux guerres de Napoléon.
Lorsque l’emploi des bandages ou des machines est .prolongé sans interruption , qu’ils tiennent les membres immobiles, ils détérminent la raideur des articulations et de fausses ankyloses plus ou moins rebelles aux moyens qu'on met en usage pour les guérir. | , À
Pour prévenir ces résultats, il faut imprimer de temps en temps de légers mouvemens aux articulations immobiles , à moins que quelque circonstance ne s’y oppose impérieusement, comme le ferait, par exemple, une fracture non consolidée, très-voisine de l'articulation, et dont ces. manœuvres pourraient compromettre la consolidation.
(4) Dictionn. des Sc, méd., art, DÉLIGATION, t. vin, p. 243.
DÉS BANDAGES EN GÉNÉRAL, 5e
Les bandages bien appliqués, bien surveillés, relâchés ou réappliqués moins serrés quand leür action est trop énergique , remplissent plus ou moins exactement et heureuse-
. ment l’objet qu'on en attend et qu’on demanderait vainement à d'autres moyens. Îls font même partie de ceux que la chirurgie met en usage avec le plus de fréquence et de succès ; aussi les chirurgiens novices dans l’art de les appliquer, ne sauraient trop s’y exercer.
Les chirurgiens écossais, qui ont imaginé les premiers de se servir de bandes de flanelle, les préféraient à celles de toile, parce qu’elles sont plus propres à absorbér l'humidité, plus élastiques, et cèdent plus aisément aux gonflemens accidentels. On attribue aussi, en Angleterre? beaucoup d'avantages à la douceur, à l’élasticité des bandes de calicot, dont l'usage est beaucoup plus récent (1).
Gependant les bandages se relâchent en général assez promptement, ce qui exige leur fréquente réapplication. Ils se relâchent d’ailleurs d’autant plus vite que la forme des parties leur donne plus de tendance à glisser , que les parties qui entrent dans leur composition ont plus d’extensibilité. Ainsi ceux qui sont faits avec des bandes, des pièces de toile , se relâchent très-vite, tandis que les machines composées de lames de fer ou d’acier ne se relâchent point du tout, à moins que les parties sur lesquelles elles agissent ne cèdent à leur action. ue.
Le lecteur prévoit que plus les bandages se relâcheront promptement , plus il faudra les réappliquer souvent, plus il faudra les surveiller attentivement. +
Nous verrons qu'il est des bandages dont on peut augmenter l’action sans les réappliquer : nos bandages lacés
» ct à courroies, la plupart des machines sont dans ce cas.
(4) Dactionn, de Cooper, art. BanNDacns.
% 58 DES BANDAGES EN GÉNÉRALe
Il faut aussi lever les bandages d’autant plus souvent que les plaies qu'ils recouyrent fournissent une suppuration plus abondante, et il ne faut pas attendre que le bandage lui-même soit transpercé. Gomme on fait habituellement les pansemens, toutes les vingt- quatre heures , le matin, c’est aussi tous les jours que on lève et réapplique la plupart des bandages ; maison s’assujettit à celte règle dans les hôpitaux, beaucoup moins par nécessité que pour régulariser les soins que l’on donne aux malades, et dissiper la gêne que cause toujours un bandage un certain nombre d'heures après son aphlication. C'est pourquoi si Ja suppuration,. trop considérable , inondait 1é appareil , il faudrait le chanser. plus fréquemment, deux et même trois fois d’un } ati à l’autre. {s | | LES
Un appareil inondé de pus fatigue non seulement le malade parson odeur, mais il peut l’exposer encore à une fièvre grave, et à tous les dangers qui peuvent en être la suite : . c'est au moins ce que font prévoir les expériences de MM. Gaspard et Magendie. Ce dernier ayant exposé des animaux aux exhalaisons que dégagent.des matières animales et végétales en putréfaction, vit les animaux périr avec toûs les symptômes des fièvres graves (1).
S'il est des raisons qui obligent à Jever les bandages et les appareils plusieurs fois le jour, il en est qui exigent qu’on ne le fasse quelquefois que tous les six, “huit ou dix jours, ou même moins fréquemment encore : par exemple, la crainte de déranger le travail de la consolidation d’une fracture, däræiter inutilement une plaie et parfois d'en retarder la guérison.
ue ne faut jamais lever le Al appareil appliqué st sur
(4) Journal de Physiologie PRE AE , ete., par M. F. Magendie, tome 2. :
une plaie un peu étendue , qu’au troisième, quatrième ou cinquième jour; car il convient alors d’attendre toujours que la suppuration, soit établie, ou que le malade, fatigué par l appareil, demande instamment qu’on le renouvelle,
Avant de lever un appareil, le chirurgien a dû préparer celui qu'il doit mettre à la place; et s’il ne l'a fait luimême, s'il ne peut mettre une entière confiance dans la Poe nne qu ilen a chargée, il ne faut pas qu'il niet de s'assurer qu'il est convenablement préparé, qu'il n° y manquerien, et qu'on y a joint même toutes les choses dont il peut accidentellement avoir besoin , des basgins , de . eau tiède , des éponges, etc.
Le chirurgien doit encore rassembler les aides nées saires, les placer comme au moment de la première application du Bandage , tant pour remplir les mêmes fonctions que pour en remplir de nouvelles qu’il leur indiquera, s'il le juge à propos.
L'appareil mis à découvert, il faut en mouiller les ban-
es avec de l’eau tiède, si elles sont collées. Il faut, en les détachant , éviter soigneusement d'imprimer de douloureuses secousses, ramasser la bande en pelote à mesure qu’on la détache du membre , afin qu’elle ne traîne point;
passer d’une main dans l’autre, autour de la partie, toute
la pelote de bande déjà détachée , et continuer ainsi jusqu’à ce que tout le bandage soit enlevé.
Le bandage eu l'appareil étant enlevé , il sera remplacé par un aütre semblable, ou modifié®isi de nouvelles indications le réclament. Lorsque le bandage ou l'appareil que l’on vient de réappliquer n’a rien de gênant par l’énergie de son action, le malade en éprouve ordinairement un bien-être remarquable , et il n’est pas rare de le voir s’abandonner involontairement, et presque aussitôt, aux délices d’un sommeil qui répare ses forces épuisées.
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