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N 4 6o. HISTORIQUE DES BANDAGES EN GÉNÉRAL.
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Nous l’avons déjà dit, l’art d'appliquer méthodiquement. des bandages au corps de l’homme, se perd dans la nuit des. temps. Mais la régularité avec laquelle les nécroscomes ou les pollincteurs de l'Égypte, pour me servir d'expressions.
consacrées par les Grecs et les Latins, emmaillottaient les cadavres qu’ils avaient embaumés , ne permet pas de douter que la déligation n’ait été autrefois pratiquée avecbeaucoup d'art chez les Égyptiens. Long-temps après , l’auteur
du livre du Laboratoire du chirurgien rédigea l'ouvrage le.
plus savant que l'antiquité nous ait transmis sur ce sujet, avec celui de Galien. Suivons la marche de ses idées, quoiqu’elle soit souvent peu méthodique, souvent prolixe par un excès de répétition, souvent obscure par un excès de concision, triple caractère des ouvrages scientifiques de l'antiquité. Je ne citerai que quelques exemples. Il faut de la légèreté dans l'application des bandages; de la prévoyance pour que “tout Soit préparé d'avance ; de l’adresse pour que le bandage n’ait pas mauvaise grâce. Quand le bandage est fait, il faut qu'il tienne , qu’il ne gêne point. S'il s’agit de parties unies et égales , le bandage séra simple et uni; s’il s’agit de parties inégales et dissemblables ,! le bandage sera inégal et composé. Il y en a de plusieurs espèces; le simple, le Circulaire, le doloire, le renversé, l'œil,
le rhombe, le mipärti (1). Le nœud ou la couture ne doivent pas se faire en dessous, mais en dessus. Il faut se garder de nouer sur la plaie. Les coutures seront molles,
souples. On doit faire attention que tout bandage tend à.
(4) Du Laborat, du Chirurg., $ v.
HISTORIQUE DES BANDAGÈS EN GÉNÉLAL. 61
fair vers les endroits moins gros (1). Le bandage doit appuyer sur des parties fixes. Pour le bandage d’une épaule, on trouve un appui sur l’épaule opposée ; pour l’aine, sur laine de l’autre côté. Quand le bandage peut glisser vers le haut prenez un appui en bas et réciproquement ; quand
Ne | surface des parties ést unie, il faut appliquer la bande
sans'biaiser.. Il répète dans les deux paragraphes 10, 11,
que les linges doivent être propres, doux, légers, souples, demi-usés. [1 veut qu'on ne serre ni trop ni trop peu le bandage; mais il reconnaît qu il ya moins de risque à ce qu'il soit trop lâche (2). | *
Galien distingue une manière simple et une manière variée de faire les bandages ; et ceux de la dernière tirent leur nom, soit du lieu où on les applique, tels sont l'œil, époæuoc; le nez, fiv; l’inguinal, Boubuviax, etc.; soit de leur ressemblance avec les animaux, comme l’écrevisse ow"* cancer, xapxivos; l’épervier, iépaë; le belier, xpLd 3 le lièvre, days; la tortue, xen; soit de leur application, têlle est la circonvallation que les interprètes ont nommée rempart, où vallum'en latin, et qui est jointe ou disjointe, XGpaË Mme écevyuévn ai àmeveuyuévn. Pour faire un bandage, tantôt on applique la bande par l'extrémité, tantôt par le milieu de sa largeur (3).
Ces distinctions sur les bandages ont été reproduites à l’envi par les Arabes.
Paré a consacré un chapitre aux accidens qui adviennent pour trop lier et serrer les parties du corps (4).
«J'ai souvenance, dit-il, avoir ouvert le corps mort d’une dame de notre cour , qui, pour vouloir montrer avoir
| ! le corps beau et grêle, se faisait serrer de sorte que je trouvai les fausses côtes chevauchant les unes par-dessus les
LL memes
(4) Du Laborat. du Chirurg. , $ var. — (2)$ xix. — (3) De Fasc., lib. cit.,c.av,t.u, p. 472. — (4) Ouvr. cité, liv. x1v, ch. x.
autres , qui faisait que son estomac étant pressé, ne pouvait s'étendre pour contenir la viande , et après avoir mangé et bu,. était contrainte de le rejeter. » À cette.première observation il en ajoute une autre dans l'immuable style * de la procédure. « Par trop serrer les parties dédiées à | Ja respiration , on est cause d’une suffocation et Mr bi ce que de récente mémoire lon a vu advenirs ’an 1581 en léglise St-Nicolas-des- Champs, où une jeune épousée de el de la F orest, maître barbier, chirurgien à Paris, fille du défunt Jacques Ochede, marchand passementier , et de Clude Bouffaut , Te pour être trop serrée et pressée en ses habits nuptiaux, sortant de l'autel... tomba roide morte faute de respiration. » Un notaire n'aurait pas certifié le fait de la mort de madame de la Forest avec plus de circonstances ; maisei l’on ne peut. en AREA on peut douter de l'explication. | Thévenin a disserté méthodiquement sur les bandages en général. Les bandages sont simples ou | composés. Tes simples sont accomplis par une seule bande, sans'être découqe , nisans y avoir ajouté d’autres chefs, et aussi à cäuse de la simplicité de ses contours. Les bandages s composés se font de plusieurs bandes jointes chip ‘où du moins coupées en plusieurs chefs. Il les At à la mañière de Galien (1): ; 25 Partant, à l'égard de leurs usages , æ une premi 18" distinction, qui vient d'Hippocrate, ceux qui sont as par eux-mêmes, dit-il, servent äréunir, à diviser, à expulser, à attirer; ét ceux qui servent aux remèdes sont destinés à les contenir. DetJlà les bandages agglutinatifs, distractifs , répercussifs ou expulsifs ; atiracti ou nourricièrs ; ‘rétentifs où contenans. | EE
LA r
(4) Ses Œuvr, Des Opérat., ch. 1x.
HISTORIQUE DESYBANDAGES EN GÉNÉRAL, 63 L'attractif mérite une explication , parce qu’il est indiqué par la plupart de nos vieux auteurs , et même par les plus distingués. J’emprunterai celle explication à Paré. « Les bandes et ligatures servent... à refaire les parties émaciées. Exemple : si la jambe dextre est en atrophie, il faut lier la senestre , commençant au pied et finissant en l'aine ; si c'est le bras dextre, on liera le senestre, commençant à . la main et finissant sous l’aisselle. » La raison , c’est qu'on renvoie ainsi le sang dans la veine cave, et de là dans. la partie émaciée (1) Demarque (2), L. Verduc (3), Dionis (4), Heiïster; ne nous présentent absolument rien de nouveau. Le chapitre 49 de B. Bell est trop court pour : qu'on puisse y apprendre à éonnaître les bandages qu’il décrit (5). Sue et Thillaye (6) n'ont rien réformé. ®
Bourgelat à appliqué aux bandages des chevaux une partie dé nos vieilles distinctions sur les bandages de l’homme , et éclairé la chirurgie vétérinaire par la chirurgie humaine. Son bandage pie est un spiral , che il décrit d'une manière nèralé (7).
Tous les articles généraux des auteurs sur les bandages sont une répétion Ex ou moins bien faite des considérations générales d'Hippocrate et de Galien sur cette malière, et beaucoup ont eu le tort de décrire à cet article plusieurs bandages en Le. Digi S. Cooper lui-même est tombé dans ce défaut que fien ne peut justifier (8):
En se bornant à copier les anciens, les chirurgiens en ont. ‘conservé le langage barbare et même ridicule : ainsiles noms d’épervier ou drapeau, de nez tortu, de fosse du
(4) Liv. xrv, ch. vi. — (2) P. 469. (3) T. x, p. 585. — (4) P. 52. — (5) Ouvri cité, t, vr, ch. xuix, p: 279. — (6) Ouvr. cité, Des Band. en ” général. — (7) Essai sur les Appar. et "sur les Band. propres aux quadrupèdes. Paris, 4843. — (S) Dictionnaire de CHUTES pratique, article BanDaces. Paris, 1825.
rempart d'Amintas, de masque du visage, de kiastré ; se
retrouvent encore dans les ouvrages classiques les plus mo-. dernes. La bizarrerie des dénominations serait de peu d’im-
portance, si, en rompant les affinités naturelles des espèces,
elle n’empéchait l'esprit de généraliser ses connaissances , |
-et de ramener les bandages proprement dits à un petit nombre de groupes, et par conséquent à la plus simple expression, pour parler le langage des mathématiciens. Aussi tous les auteurs, jusqu’à ce jour, se sont bornés à décrire suCcessivement les bandages d’après l’ordre de position de nos. diverses parties , en commençant par ceux qui se font à Ja
tête, et en finissant Par: ceux qui s'appliquent aux pieds. >
Les auteurs on! tous suivi cette marche, bien qu’ils recon-
nussent les analogies naturelles d’un grand nombre de ban sk
dages , et les exprimassent par des appellations communes : ainsi les noms de circulaires pour les circulaires ; de doloires ou de rampans pour les spiraux ; de renversés pour les spiraux avec renversés ; de huit de chiffre pour les hait; de noués pour les noués; de capelines’pour les récurrens; d’ unissans pour les invaginés ;1de T pour les T ; de cancers , ou de bandages divisés, sxtotès, pour les frondes, en sont des preuves manifestes. Néanmoins, et quoique les auteurs! ‘aient suivi tous la même classification anti-naturelle, nous avons cru
devoir préférer celle que nous avons adoptée dans : et ou-.
bandonné Sa
vrage. Un jeune docteur, qui a toût-à- fait > médecine pour se livrer entièrement à la poé térature qu'il cultive avec gloire, m'a communiqué une
e et à la lit- de
classification nouvelle, composée dans le temps de ses études
médicales. Quoique très-imparfaite , , J y ai trouvé quelques idées dont j'ai profité, J'aurais déjà nommé mon ancien camarade , s’il ne s’y refusait absolument. Sa classification n’est qu’un tableau ; le voici tel que je le possède.
Genre 11. Personne : de la figure (masque).
GENRE 12. Sphéroïdes : 1° DR de la tête “ru couvre- . chef); 2° divisé de la tête (B. des pauvres).
PREMIÈRE CLASSE. — BANDAGES PRIMITIFS , RANGÉS D'APRÈS * LEUR MODE D’APPLIGATION SUR LA PARTIE, GENRE 1%, Circulaires : 1° di front; 5° du tronc Li ni ‘de corps); 5° des membres ; 4° des doigts. GENRE 2. Spiraux : 1° du genou (doloire du genou) ; 2° Îles membres, 8° des Bet. # GENRE 3. Paraboliques : 1° de l'épaule (seppaiies) ; 2° du périnée (sous-cuisse} (1). # GENRE 4. Obliques : 1° de l'œil (œil simple) ; 2° de la poitrine. Genre 5. Croisés : 1° des yeux (œil double); 2° os pu du bras; 5° du genou; 4° du coude-pied (étrier). GENRE 6. Spicoïdes (spicas) : 1° de l'épaule ; 2° de la a trine ; 8° de laine ; 4° du pouce. ( Genre 7. Déjetés simples : 1° de la tête (discrimen , scapha ou figaré) ; 2° du genou (B. pour la fracture.de la ro- tule) ; composés (capelines), 1° de la tête, 2° de l'épaule , 3° du moignon.
Genre 8. Renversés : de toutes les parties.
GENRE 9. Voués : 1° simple de la tête (nœud d'émballeur) : 2° à étages de la tête (noué).
GENRE 10. Învaginés où unissans : 1° simples (B. des plaies en long); 2° doubles (des plaies en travers); 9° pleins du pénis (B. en fourreau).
Genre 15. ARectangulaires simples ou doubles (B. en n D):
, (4) Les bandes scapulaires ou sous-cuisses , faisant juions partie d'un autre bandage , ce genre n’est pas "fondé. |