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BRAYERS A PELOTE DE BOIS

On trouve chez M. Delacroix des brayers qui portent une pelote de bois dur fort lisse, convexe en dedans , plane en dehors. Celle pelote est très proprement unie au ressort. Elle peut recevoir une petite

GENRE IV. BANDAGES flEPuNIAIRES. 4 1 1

coiffe de peau , cjui est garnie de laine entre les deux lames qui la couiposent; elle porte en outre deux cordons qui parcourent une coulisse dispose'e sur toute sa circonfe'rence. Celte coiffe s'ajuste exactement sur la convexité de la pelote, elle embrasse même sa circonlërence , et si l'on tire les cordons et qu'on les noue ensemble , le bord de la coiffe se ii-once sur la face externe de la pelote qui reste invariablement revêtue.

C'est ordinairement dans cet état que le bandage en question s'emploie. Quoique la pelote, revêtue d'une légère couche de laine , ail peu de mollesse et d'élasticité, il est déjà remarquable que les sujets n'en e'prouvent aucune gêne; mais il Test bien plus encore que les malades les portent sans incommodité', lors même que la coiffe e'tant usée ils n'ont pas la possibilité' de la remplacer par une autre . ei qu'ils sont obliges de porter le bandage et la pelote à. nu sur la peau.

M. Delacroix a vu beaucoup de personnes, mais entre autres des militaires et des voyageurs qui s'éiant trouve's dans Fimpossibiliie de taire recouvrir la pelote de leur bandage, l'ont porte', ainsi que je viens de le dire, sans aucune gène pendant long-temps, lors même qu'ensuite ils pouvaient en faire recouvrir la pelote.

Ces laits sont importans à noter, parcequ'ils font voir que la pression médiocre d'un corps dur sur la peau n'est gênante qu'autant qu'il est raboteux , ou que la pression est accompagne'e de froiiemens e'nergiques , rapides et répétés, et que toutes ces recommandations de donner beaucoup de mollesse aux garnitures des brayers ne sont pas aussi fondées qu'on se l'imagine.

V« SOUS -GENRE

BRAYERS A PELOTE MOBILE.

On a fait et on fait encore des brayers à pelote rao-

4l2 CLASSE II. BANDAGES MECANIQUES.

bile , que leurs inventeurs destinaient tantôt à prendre à volonté la direction la plus convenable pour s'appliquer exactement à la hernie et la mieux contenir, taniôt à exercer une compression plus ou moins conside'rable au moyen d'une vis de pression.

Aujourd'hui il existe des bandages anglais à pelote extrêmement mobile, qui ont e'te imagine's dans l'intention de se prêter à tous les mouvemens possibles , sans cesser de comprimer et de contenir la hernie. Ces bandages sont fort inge'nieux; mais je crois qu'on s'est lait illusion sur leurs avantages, et que la grande mobilité' des pelotes fait leur principal délaut. En effet , comme elles exe'cutent avec la plus grande facilite des mouvemens de bascule sur le pivot qui les soudent , en n'appuyant que sur leur centre, précisément comme les pc lotes indique'cs sous les numéros /[G, 47? ^'5 ^^c la P. XX, qui sont ariicule'es de la même manière, il en résulte qu'elles n'appuient avec fermeté sur la hernie que par leur centre , et que celle-ci peut aisément en soulever la circoniérence et s'échapper.

VF SOUS-GENRE.

DES BRAYEUS DOUBLES , Ot DEMI-CORPS.

Ils se composent de deux bandages qui se réunissent par-derrière le bassin au moyen d'une courroie en tresse et d'une boucle , puis par-devant à l'aide de la courroie ordinaire et d'un crochet (P. XV, 3, 3). Les ressorts de ces deux bandages ne doivent s'étendre que depuis l'anneau inguinal ou crural jusque vers la dépression lombaire, chacun de leur côté. Si leurs extrémités postérieures s'enlre-croisaienl , elles ne s'appliqueraient pas bien sur la région sa cro- vertébrale , et n'otfriraient pas un appui suffisant à l'action de la pelote contre la Tiernie.

GENRE IV. BAKDAGES HERMAIRES. ^\7)

On suit , dans leur conslruciion , les mêmes principes généraux que Ton suit dans la fabrication des brayers en ge'ne'ral. En effei , les modifications qu'on y apporte sont fort légères : on fait subir aux ressorts et aux ëcussons les mêmes pre'parations , on les garnit de la même manière ; seulement on coupe les ressorts plus courts, on arrête la garniture à l'extre'mite' postérieure de chacun d'eux, on attache à l'exlrëmiie' postérieure de l'une une courroie de tresse (P. XV, F. viii, 3), et à l'extre'mite correspondante de l'autre une boucle métallique avec une bride pour recevoir la courroie (même F. , 3). On attache une courroie de cuir à la pelote de l'un pour aller la fixer sur la pelote de l'autre (même F. , 6, 1 1 ).

Beaucoup de praticiens préfèrent avec raison ce bandage double pour contenir une hernie inguinale à un brayer à double pelote dont nous parlerons plus bas. Cette préférence est fondée sur ce que le bandage double est plus aisé à appliquer , et prmcipalement sur ce qu'il contient beaucoup mieux les hernies.

ESPECE I"

BRATER l>"Gri>AI.

Je désigne ainsi ceux qui sont destinés à contenir les hernies inguinales. 11 y en a autant de variétés que nous avons décrit ou mentionné de sous-gejires ; car il n'y a aucun de ces sous-genres qui ne puisse fournir un bandage pour les hernies de l'aine.

La torsion du brayer inguinal sur son axe doit être telle , qu'il y ait un écartement vertical de six centimètres environ (un peu plus de deux pouces) entre la partie du brayer qui doit porter sur la dépression sacrolombaire et celle qui doit appuyer sur la hernie lors-

que le bandage sera applique sur le malade (P. XV, F. IV, VIII, 1 , 5).

La pelote et le ressort doivent eire immobiles l'un sur Taulre , et construits simplement d'après les principes ge'ne'raux de la conslruciion des brayers. L'ëcusson (même P., F. i, iv, 5), et par suite la pelote (même P. , F. VIII , XI , 5 ) , doivent avoir la figure d'un demiovale, dont la grosse extre'milé correspondra au pilier interne de l'anneau , ou , comme le disent les bandagistes, d'un triangle , dont deux angles, l'inférieur et l'interne , sont arrondis, ainsi qu'on le voit dans toutes les figures de la P. XV.

Je dois ajouter que des trois bords de l'e'cusson et de la pelote l'un sera supe'rieur (même P., F.l, il, iti, iv, V, VI, viil, X, XI, 5), et que c'est sur ce bord que se trouvera fixée à l'ëcusson Textrëmilë antérieure du ressort par deux clous rives (même P. , F. I, il, m, tv, vt, 6, G). Le bord interne (même P., F. i, il, m, iv, VI, viil, x, XI, lo) sera le plus court, et dirigé à peu près verticalement jusque vers l'angle intérieur arrondi, où il se continuera insensiblement avec le bord inlë'rieur et externe. Celui-ci se portera obliquement en haut et en dehors vers le troisième angle qui sera plus alongë et attache en dedans du ressort, comme on le voit même P. , F. I, II, m.

La peloie doit être convexe à sa face interne. Le coussin qui la garnit aura trois cenlimèlres (plus d'un pouce) d'épaisseur , et ira en diminuant sur les bords ; mais il sera plus épais par en bas (|ue par en haut , où sa circonférence doit cire le plus mince.

La règle la plus importante à observer dans l'application de ce bandage , c'est qu'il appuie d'avant en arrière et de bas en haut sur l'anneau inguinal ou la hernie ; que touchant au pubis il ne laisse pas le moin-

dre intervalle entre sa pelote et l'os , car la hernie a la plus grande tendance à s'échapper par-dessous la pelote.

VAEIÉTK PAaTICUnÈRE AUX BANDAGES INGUINAUX. BANDAGE INGUINAL A DOIBLE PELOTE (P. XV, F. V ).

On a recours à ce bandage pour contenir à la fois une hernie inguinale de chaque côte'. Il vaut généralement mieux se servir d'un braycr double.

Il diffère du bandage inguinal commun seulement en ce qu'il se prolonge de l'un des anneaux inguinaux sur celui du côté opposé, en passant au-devant de l'extrémité inférieure des muscles droits de l'abdomen et des épines du pubis; il en diffère surtout en ce qu'il a deux pelotes qui peuvent porter chacune sur un des anneaux inguinaux (même F. 5, 5').

Pour fabriquer ce bandage , on unit à l'écusson qui correspond au ressort un prolongement de même nature que ce dernier , mais qui est un peu plus étroit, et offre assez de longueur pour s'e'tendre d'un anneau inguinal sur celui du côté opposé, de huit à dix centimètres, par exemple (trois à quatre pouces environ). Ce prolongement doit être ensuite rivé sur un second écusson comme sur le premier.

Comme la région pubienne est rendue assez saillante par la grande épaisseur des muscles droits de l'abdomen à leur extrémité inférieure , par les épines proéminentes du pubis auxquelles ces muscles sont attachés, enfin par le tissu cellulaire de cette région, la partie du bandage qui doit y correspondre devra être courbée pour embrasser cette région dans la concavité , et pour que les pelotes ne soient pas repoussées en avant par la saillie pubienne.

Si des deux hernies pour lesquelles on a recours a ce

l\\6 classe II. BANDAGES MÉCANIQUES,

bandage, Tune est {"orniec par l'ëpiploon et l'autre par rinieslin, il convient d'appliquer le ressort sur la hanche qui correspond à l'epiplocèle, parceque l'ëpiploon sort jjlus aise'mcnt que l'intestin, et que la pelote terminale presse avec moins d'énergie que celle qui la procède. Ce bandage, plus difficile à bien appliquer que le demi-circulaire simple, contient moins bien deux hernies que le bandage inguinal double; c'est pourquoi il faut le prëierer généralement.

ESPECE II

BANDAGE CRtRAL.

Le bandage crural est celui qui est destiné à contenir les hernies du même nom.

Le ressort de ce bandage doit s'étendre depuis l'ouverture crurale jusqu'à deux travers de doigt environ de la dépression sacro-lombaire, ainsi que le bandage inguinal simple, en embrassant la hanche du côté malade.

Comme la hernie crurale est en général d'un plus petit volume que la hernie inguinale , et comme elle est plus aisée à contenir , « il n'est pas nécessaire , dit JuviLLE (i) , que le fer à bandage qu'on lui destine ait autant de ibrce que ceux des bandages inguinaux. » Selon lui , tandis que l'action du ressort d'un bandage inguinal ordinaire équivaut au poids de quatre livres , il sufilit que celle du bandage crural équivaille à peu près à celui de deux livres. Le coi du bandage doit être aussi plus court (P. XV, F. lli, vi, x, 4, et F. viii, 4') , parceque l'ouverture crurale est en dehors de l'anneau inguinal ; il descendra d'ailleurs davantage , et sera oblique et parallèle à peu près au pli de l'aine (P. XV ,

(i) Oiiv. cité , p. i5g.

F. VIII, 4') lorsqu'il sera appliqué; eiifm il sera plus tordu sur lui-niénie cpe le bandage inguinal. L'e'cusson aura cinq centimètres (deui pouces environ) de longueur , et au plus deux à trois centimètres ( un pouce ou quinze lignes environ) de largeur , afin de ne pas gêner par trop la flexion de la cuisse , et de n'être pas à chaque instant déplace' par ce mouvement. 11 devra regarder encore davantage en haut par sa surface postérieure que celui du bandage inguinal, et plus ou moins, selon l'embonpoint et la saillie du ventre.

Ce bandage inappliqué sur l'ouverture crurale avec les mêmes pre'cautions que le bandage inguinal sur l'ouverture inguinale.

La flexion de la cuisse ou du bassin en avant tendant sans cesse à repousser ce bandage en haut, il serait inlailliblement de'placë au moindre mouvem.ent , s'il n'était soutenu par un sous-cuisse. Le sous-cuisse est donc plus indispensable pour le bandage crural que pour celui de l'aine. On le voit applique' du côte' gauche, au premier (P. XV, F. viii, 10, i4)'

BRAYER OMBltlCAI.

Usages. Ce bandage ne sert pas seulement , comme l'indique son nom , à contenir les hernies de l'ombilic, c'est-à-dire les hernies qui se font pre'cisément par l'ombilic , comme chez un enfant nouveau-ne', ou celles qui se font imme'diatement à côté de cet anneau oblite'ré , ainsi qu'il arrive ordinairement chez l'adulte ; il sert encore à contenir des hernies de la ligne blanche, à la fois peu volumineuses et peu distantes de l'ombilic. Cependant, à le comparer avec la ceinture ombilicale de M. Verdier, que j'ai de'crite plus haut, je le crois de beaucoup inférieur à celle-ci, parcequ'il ne peut se prêter aux lïiouvemens respiratoires dont le ventre est sans

4l8 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES,

cesse agile. Ne'anmoins je ne puis taire que des auteurs recommandables, Platxeii et IIichter en Allemagne j ScARPA en Italie, ont conseille l'emploi des brayers à ressort pour les hernies ombilicales.

Disposition du bandage. Il y a plusieurs variete's de brayers ombilicaux ; au moins on en a propose plusieurs. Je n'en veux mentionner que quelques uns dans cet article, savoir, r le brayer demi-circulaire; 2° le circulaire ; 5° le brayer renixigrade de M. Lafond ; 4° le brayer anglais double.

Le broyer demi -circulaire est, comme ceux de l'aine , un bandage à ressort demi-circulaire , au bout duquel est ajustée une courroie pour achever de faire le tour du corps au niveau de l'ombilic. Il est particulièrement recommande' par Platner , Richter et ScARPA. Il est compose' comme les autres bravers demicirculaires : il en diffère seulement en ce qu'il n'a point de col oblique, que sa pelote est demi-circulaire, et qu'il est courbe' suivant une direction horizontale dans toute son étendue.

Le broyer circulaire est celui dont le ressort mesure la presque totalité de la circonfe'rence de l'abdomen. Il n'offre rien de singulier. Son ressort est courbe' et élargi un peu dans la région lombaire , et sa garniture est absolument semblable à celles de bandages qui ont la raîm ee'iendue.

M. Lafond (1) veut qu'à l'instar de son bandage renixigrade le ressort du bandage circulaire ait les dix onzièmes et demi , c'est-à-dire les vingt-trois vingtquairièmes de la circonférence de l'abdomen au niveau de l'ombilic, [et qu'il soit garni de plusieurs lames élastiques , comme son bandage renixigrade de l'aine

(1) Ouv. «Ile, p. 71.

(p. 4o8) , et pour les mêmes raisons , c'est-à-dire pour graduer à volome' la pression de l'aJjdomen.

Son bandage n'offre d'ailleurs rien de particulier qui ne soit subordonne' aux modifications du ressort que j'ai indiquées.

M. Hey a décrit et figure' une sorte de brayer ombilical double ou à deux demi -corps (i).

C'est un bandage qui me paraît inférieur aux prëce'dens , excepté au l^andage renisigrade, qui est plus complique' encore , et qui ne me semble pas meilleur.

Il consiste en deux demi-cercles arlicule's par une exire'mitë sur une pelote commune au moyen de charnières, et qui, par l'exire'mile' opposée, portent deux pelotes que l'on peut unir ensemble au moyen de la courroie de l'une et de la boucle de l'autre. La première s'applique sur la hernie , les deux autres sur le haut de la région lombaire, où elles doivent être fixées et unies ensemble au moyen de la courroie et de sa boucle.

Il faut que tous ces bandages soient appliqués , portés, retirés et abandonnés avec les mêmes précautions que les autres brayers. Ils doivent être gênans, se prêter difficilement aux mouvemens ondulatoires et alternatifs que l'abdomen reçoit de la respiration; aussi leur préféré-je de beaucoup le bandage ombilical élastique à ressort soiral , qui n'a pas ces inconveniens.

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