‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 113 sur 160 · APPAREIL DE FRACTURES A BANDAGE SPIRAL · texte numérisé non relu

APPAREIL DE FRACTURES A BANDAGE SPIRAL

Usages. On l'emploie clans les fractures du bras, de l'avanl-bras, non compliques de plaie , de la main, des doj^'ls, du pied et des orieils, et même pour les fractures de la cuisse chez les très jeunes sujets , en sorte cju il en re'sulte autant d'espèces que je décrirai toutes ensemble.

Disposition, i" Une bande roulée à un globe , d'une longueur suffisante pour envelopper la main , l'avantbras et le bras dans les fractures de ce dernier membre ; la main et l'avant-bras dans les fractures du radius et du cubitus; la main dans les fractures du me'lacarpe ; les doigts et une partie de la main dans les fracliues des doigts; 2° deux , trois ou quatre attelles pour le bras ; deux attelles seidemenl pour l'avanl-bras, avec des compresses graduc'es moins longues que l'avant-bras ; 5° du colon pour renqjlir le creux de la main lorsque la bande doit l'envelopper , etc. Telles sont les pièces qui doivent composer l'appareil qui nous occupe.

Les attelles doivent être proportionnées aux membres auxquels elles sont destinées , et un peu moins longues que le bras et l'avanl-bras pour les fractures de ces membres ; elles seront au contraire plus grandes que la main pour les fractures de cette partie. Celles des doigts devront les dépasser un peu à leur extrémité.

D'autant plus minces et plus souples que le membre où elles sont applique'es est plus petit , elles doivent être assez étroites pour ne pas se toucher par leurs bords lorsqu'elles sont au nombre de quatre ; car il pourrait arriver alors qu'en l'encaissant , pour ainsi dire, elles n'agissent plus sur le mcml)re.

Woublions pas de dire que les attelles destinées aux

GENRE Vil. APPAREILS DE FRACTURES. 4^9

fractures de l'avnnt-bras doivent être de la même largeur que ce membre , afin que les tours de bande destinés à les contenir ne puissent a^nr sur les bords de 1 avant-bras et en rapprocher les os.

La larsfeur de la bande sera proportionne'e au volume de la partie, d'après les règles établies dans cet ouvrage (p. 145).

Application. Couvrez les membres de compresses mouillées, puis faites avec la bande un bandage spiral dont les circonvolutions se recouvrent aux deux tiers ; serrez ce bandage autant qu'on peut se le permettre , sans courir le risque de déterminer l'inflammation ulcéralive de la peau , ou la gangrène.

Four une fracture du bras , commencez voire spiral à la base des doigts afin de le faire toujours de bas en haut, et de chasser les humeurs dans leur direction naturelle; parvenu au coude, réduisez la fracture, et puis continuez jusqu'à la partie supérieure du membre, en ayant soin de faire trois ou quatre tours sur la fracture; alors abandonnez le globe de la bande à un aide, appliquez vos trois pu quatre attelles autour du membre, puis faites de haut en bas, à circonvolutions rapprochées , un spiral qui entoure les attelles avec le bras , et tienne les fragmens de la cassure immobiles.

Dans la fracture du corps chirurgical de l humérus il me paraît convenable de n'emplover que de courtes attelles , et de placer des remplissages ou un coussin au niveau de la fracture sur fexlrémité supérieure du fragment inférieur, pour que ce fragment rejoigne le supérieur déplacé en dehors, sur la peau même et sous l'attelle interne , de soutenir et d'appuyer d'ailleurs le bras contre le tronc , de même que dans les autres fractures de ce membre.

Dans les fractures de l'extrémité inférieure de

/'humérus , iM. Boyer conseille de remplacer les allelics do bois par deux aUcUes de canon mouille, que 1 on lendra de côlti el d aulrc dans le quart de leur largeur, a 1 endroit correspondant au coude, alin qu'elles s'appliquent plus exactement sur le membre , et forment, en se desséchant , mie espèce de moule qui empêche les mouvemens de 1 avant-bras , et par conséquent ceux du irai^ment intérieur (i).

Pou?' une fracture de Vavant-bras , faites im spiral qui s'elende jusqu au-dessus du coude ; couchez une compresse i^raduee prismatique de deux doigts d'épaisseur sur l'une et l'autre faces de l'avani-bras, et visà-vis de l'espace inter-osseux; que toutes deux soient mouillées d'une liqueur résolutive, puis laites un spiral qui s'étende depuis les doigts jusqu'au-dessus du coude ; placez une large attelle sur chacune des compresses, et après vous ferez de haut en bas un bandage spiral autour de favani-brns par-dessus les attelles.

Pour u?ie fracture dun ou plusieurs des os du métacarpe sans plaie , vous garnirez la paume de la main avec du coton ou de la charpie, après avoir réduit la fracture , puis vous appliquerez un bandage spiral depuis la base des doigts jusqu'au-dessus du poignet, ensuite deux attelles , l'une à la paume et l'autre au dos de la main , si l'indocilité du malade les rend nécessaires.

Il faudrait vous conduire d'une manière analogue pour une fracture des os du métatarse.

Lue fracture des doigts exige l'application d'un spiral du doigt; ensuite une attelle est placée au dos, une autre à la face palmaire, les deux doigts voisins servent d attelle laitérale, et un spiral les embrasse tous à la ibis.

(i) Ouv. filé, t. iiif p. jg;, l*aris, 1823.

GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES. /\f[l

Dans les divers cas dont je viens de parler , si les doigts venaient à s'engorijer considërablernenl , il faudrait les recouvrir tous du spiral de chaque doii^t, ou gantelet.

Comme il faut toujours commencer l'application du bandage le plus près possible des doigts, on ne doit jamais placer d'abord deux ou trois circulaires sur la fracture pour continuer de haut en bas : ce serait le moyen de refouler les humeurs contre leur cours habituel , et de produire l'engorgement des extrémités.

Précautioîi consécutive. Dans toutes les fractures du membre supe'rieur où l'on a pu recourir à l'appareil que je viens de décrire, on doit llëchir l'avant-bras, l'assujettir contre le tronc et le soutenir par une echarpe.

Effets et propriétés. Le bandage spiral maintient peu solidement en contact les f'ragmens d'un os casse'. Il n'y a guère que les circonvolutions qui portent sur la fracture qui s'opposent à leur déplacement. Les circonvolutions qui les précèdent ou les suivent le plus immédiatement y concourent bien un peu, parcequ'elles forment en quelque sorte, en s'embrassant réciproquement , une même pièce e'tendue sur tout le membre ; ne'anmoins ce bandage est un contentif si faible , que l'on n'ose pas lui abandonner le succès de la cure.

On ne peut disconvenir que les attelles qu'on ajoute au bandage spiral maintiennent les fragmens beaucoup plus solidement et beaucoup plus sûrement qu'il ne pourrait le faire. Elles font du membre cassé, surtout quand elles se prolongent au-delà de son extrémité libre , une seule pièce que les chocs ne peuvent mouvoir qu'en masse, et non fléchir dans un des points de sa longueur, comme il pourrait arriver si le membre n'était maintenu que par un bandage spiral.

Néanmoins lorsque la firacture du col chirurgical de

l\f^'2 CLASSE II. BANDAGES MÉCANIQUES.

rimmerus est très près de la léte, elle est très difficile à conienir et à i,'ucrir sans difrormiie.

Les compresses i,'radaees de l'appareil à fractures de l'avani-}3ras ont probablement pour eilct de presser les chairs dans l'espace inter-osseux , et d'ecarler les os. C'est aussi dans celle inlcniion qu'on les emploie , pour éviter que le rapprochemeni du radius et du cubitus ne gêne ou ne de'iruise entièrement les mouvemens de pronalion et de supination de l'avant-bras.

II' SOUS-GENRE

APPAREIL DE FRACTrBE A BANDES SÉPARÉES , OU DE SCtJLTET

(appareil à bandes croisées) (i).

Usages. On doit y avoir recours dans toutes les fractures du membre supérieur complique'es de plaies : dans les fraclures des membres inférieurs, qui ne sont pas complique'es de raccourcissement, après leur re'duclion, et qui sont probablement transversales et non obliques. Dans le cas où il y a un j^^rand raccourcissement produit par l'obliquiie des fragmens , il faut pre'fe'rer l'appareil à extension continue , qui n'est qu'une modification de celui-ci, ou mieux encore l'appareil à plans incline's , à moins qu'une contre-indication particulière, comme le délire ou l'indocililc du malade, n'oblige d'assurer son immobilité.

Cet appareil, assez complique', se compose: i" de compresses, 2" de bandes séparées (P. XVII, 6, 8, 10, 12, etc.), 5' de coussins (P. IV, F. Xiv), 4° fl attelles (P. II, F. iv), 5" d'une grande pièce de linge, que l'on nomme porle-attelle (P. XVII, G, 7, 09, 46, 65) , 6° de rubans (même P. , G'6j 67, 68, 69, 70,) , 7" dans les fractures de la jambe, d'une semelle (P. Il, F. XIll),

(1) ScufiET. L'arsenal de cliir. j lab. 29, obs. 85. Lyon, 1775.

OU d'une hande plantaire pour soutenir le pied ; peutêtre devrai -je ajouter, 8" d'un oreiller de halle d'avoine.

Les compresses varient en nombre et en ëiendue, suivant les circonstances. 11 est clair qu'elles devront élre plus nombreuses lorsqu'il y aura une plaie qui fournira une abondante suppuration. Dans ce cas il faut, comme nous favons déjà dit, en appliquer sur des plumasseaux de cbarpie et sur les bords de la plaie. Comme l'appareil des fractures à bandes séparées s'emploie aux membres inférieurs, lors même qu'il n'y a pas de plaie, les compresses ne sont pas des pièces indispensables , et on peut effeciivement ne pas s'en servir toutes les fois qu il n'est pas nécessaire de porter sur le membre des liqueurs résolutives, ou de préserver le reste de l'appareil de la suppuratiou d'une plaie : cependant l'babitude en consacre généralement l'usage.

Les bandes séparées (P. XAII, 6, 8, lo, 12, etc.) sont des bandes de trois doigts de larije , et d'une longueur suffisante pour faire environ deu\ circulaires autour de la partie du men:àre qu'elles doivent entourer; par conséquent elles seront dinégale longueur, et iront généralement en augmentant depuis les extrémités jusqu'à l'origine des membres. Elles doivent être assez nombreuses pour que, se recouvrant l'une l'autre à la moitié de leur largeur, leur ensemble puisse envelopper toute la longueur du membre supérieur dans les fractures du bras , tout le membre inférieur dans les fractures de la cuisse (même P. , 8, 9, 62, 64) , et au moins toute la jambe dans les fractures de ce membre qui ne s'élèvent pas au-dessus de son tiers supérieur. Dans le cas contraire, elles seraient en nombre suffisant pour recouvrir le membre jusqu'au-dessus du genou.

Les coussins doivent être, parleur longueur comme

par leur largeur, en proporlion du Membre à envelopper.

Ceux du membre supérieur seront minces, e'iroits, et un peu plus longs que le bras ou l'avant-bras, ceux du membre inférieur seront plus larges, plus e'pais, et au moins aussi longs que le membre, s'ils sont dcsline's au traitement d'une fracture de la cuisse; un peu plus longs que la jambe, s'ils sont destine's a la cure d'une fracture transversale du tibia. Ils seront toujours au nombre de trois. L'un d'eux sera destiné à être placé à la face du membre , qui sera tournée en haut lorsque celui-ci sera couché sur son oreiller. Ce coussin pour les fractures de la cuisse devra s'étendre deouis la partie supérieure de l'aine jusqu'au coude -pied. (P. XVIII, 2 2 , 59). Le second est destiné à être placé à la face interne du membre. Pour les inférieurs , il laut qu'il puisse s'étendre depuis le pli de l'aine jusqu'audelà du pied (même P., 40)- Le troisième, qui doit être appliqué en dehors , doit être sullisamment long pour s'étendre dans les fractures de la cuisse, depuis la hanche jusqu'au-delà du pied , comme le précédent (môme P. , ^5, 55). Pour les fractures du membre supérieur et pour celles de la jambe, il sera convenable d'avoir un oreiller ou coussin de repos d'une longueur proportionnée au membre malade , et d'une largeur suffisanie pour que le membre en reposant dessus ne puisse pas glisser de côté. Ces coussins seront faits d'ailleurs avec une bonne toile et de la balle d'avoine, comme nous l'avons dit lorsque nous avons parlé des coussins en général , en f lisant f histoire des premières pièces d'appareil (p. 65).

Les attelles sont au nombre de trois. Employées pour le bras, il sufiit que de la partie supérieure du membre elles s'étendent jusqu'au coude.

Daîîs les fractures de Vavant-hras , elles doivent être plus larges que celles du bras.

Pou?' les fractures de la cuisse, il faut qu'elles aient une étendue dififëreute , suivant la place qu'elles doivent occuper. L'une doit être en dehors du membre. Ce sera la plus longue , elle s'e'tendra depuis la crête de Tos des îles jusqu'à trois ou quatre doigts au-delà du pied (P. X YIII, 18, 48 ) . La seconde, qui doit être placée en dedans du membre, sera un peu plus courte ; elle s ëtendra depuis le pli delà partie interne de la cuisse, la re'gion ischio-pe'rine'ale, jusqu'au-delà du pied, comme la précédente (même P., l{^). La troisième, qui doit être couchée au-devant du membre, sera plus courte encore que la seconde, il suffira que du pli de l'aine elle se prolonge jusque près du coude-pied (même P., 24, 38).

Pour lesfrxLCtures de la jambe , les attelles seront aussi au nombre de trois. Deux destinées à être placées sur les côtés, dépasseront le genou par en haut et le pied par en bas. La troisième qui doit être placée au-devant de la jambe, s'étendra du genou au coude-pied. Pour les fractures du péroné en particulier , une seule attelle peut suffire , mais elle doit aussi dépasser le pied et s'étendre jusqu'au genou.

Les attelles du membre inférieur doivent être d'ailleurs plus fortes et plus épaisses que celles du membre supérieur.

Le porte-attelle est une grande pièce de linge, un peu plus longue que le membre (P. XVII, 6, 7, ôg, ^6, 65), et d'une largeur d'un mètre environ (près d'une aune). Il est destiné à recevoir l'appareil, et à envelopper les attelles en particulier. Il doit être fait en toile forte, sans être trop rude ni trop grossière, de peur qu'elle ne blesse le malade, ou ne le faligue dans les points où elle portera sur la peau.

Les rubans seront nu nombre de trois pour les fractures des membres supérieurs, el de cinq pour celles des membres intérieurs. (P. X\ïl, 66, 67, 68, 69, 70). Ils auront un mèlre dv3 loni,' (près d'une aune) , deux doigts de largeur; ils seront fiiiis en fil, afin de pouvoir être noue's f'orleuient sans casser , et on les doublera en lisière dans le tiers moyen de leur longueur, pour qu'ils ne se plissent et ne se roulent pas en corde autour du membre.

La semelle qu'on a employe'e quelquefois dans les fractures de la jambe est, comme on le voit (P. II, F.xill), une plancbeile le'gère, taillée comme une semellede soulier, el perforée de deux mortaises près de ses bords latéraux. La bande plantaire qu'on peut employer seule à la place de la semelle^ doit avoir un mètre de long et quatre doigts de large.

Préparation du bandage. Je ne veux parler sous ce titre ni de la manière de tailler des bandes , suivant les dimensions que j'ai indique'es , ni de la manière de faire les coussins , etc. ; j'en ai parle' dans la première partie (p. G/j. et 4;)- Je veux seulement dire comment il faut disposer l'appareil avant de l'appliquer; parceque si l'on négligeait de le disposer comme je vais l'expliquer, il serait impossible de l'appliquer sans de'placer à mille fois dilTërentes les fragmens de l'os casse que l'on aurait mis en conlact.

Vous mettrez à voire disposition un plan uni, comme une table, une commode, un lit même; vous y e'iendrez en travers, el à des distances égales, les rubans de l'appareil (même P., 66, G7, 68, 69, 70) ; vous coucberez le porle-allcUe par-dessus, de façon que sa longueur passe en travers par-dessus les rubans; à trois ou quatre doigts du bord du pojte-attelle, qui doit correspondre à la partie supérieure du membre, vous placerez

une première des bandes separe'es, et la plus longue (P. XVII, 8); vous leiendrez parallèlement à ce bord supe'rieur et transversalement à la longueur du porle-attelle; par conséquent vous en coucherez une seconde sur la moitié inférieure de la première, de sorte qu'elle en recouvre le bord inférieur (même P. , 9), Celle seconde bande devra encore être une des plus longues. Vous disposerez les autres de la même manière , de façon qu'elles soient parallèles aux rubans , transversales aux porteattelle, qu'elles se recouvrent à moiiië par en bas, que les plus longues puissent correspondre aux points les plus volumineux du membre , lorsqu'ëiendant celui-ci sur l'appareil on en viendra à l'application du bandage. Vous aurez alors l'arrangement que vous offre une partie de la P. XVII (9, 1 0, 1 1 , ly , i5, i4, i5 , 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 3o, 5i, 02, 35, 34? 35, 36, 37, 38). Les choses en e'tant à ce point , vous e'iendrez les attelles sur les deux bords longitudinaux du porte-attelle et sur les extre'mitès des bandes séparées, actuellement semi-couverles les unes par les autres , puis vous les enroulerez avec chacune des bords de l'appareil dans l'appareil même en les faisant marcher toutes deux vers le milieu de sa largeur et en ayant soin de ne pas déranger les bandes se'parées. Lorsque les attelles seront près de se rencontrer, vous placerez les coussins sur le milieu de l'appareil, entre les attelles enroulées dans le porte-aiielle et les bandes , puis vous lierez le tout avec les rubans.

Votre bandage étant ainsi disposé, et emmaillolté pour ainsi dire , rien ne pourra s'en séparer , se perdre ou se déranger; vous pourrez le porter sur le lit du malade pour l'y élendre , et en faire l'application aussitôt que le moment en sera venu.

Application de V appareil. Déploiement de fappa-

reilsur le lit du malade ^ cic. Pour déployer cet appareil, déliez les rubans cl eiendez-les eu travers du lit (P. XVII, 66, 67, 68, 6g, 70) ci de l'oreiller sur lequel le membre doit reposer, s'il s'aient d'une fracture d'un des membres supérieurs .; enlevez les coussins , déroulez îes attelles avant d achever de de'velopper l'appareil, glissez celui-ci sous le membre fracture', ou amenez le membre dessus, et ensuite de'ployez à la fois le porte-attelle (même P. , 6. 7, 09, 46, 65 ) et les bandes se'parees (même P., 8, 9, 10, 11, 12, etc.); qu'alors le membre cassé soit étendu sur la longueur de l'appareil en croisant à angle droit les rubans et les bandes se'parees , et que la rëduclion de la fracture soit faite incontinent. Si elle est impossible, passez outre, et failes l'application du bandage. Qu'un aide , tenant toujours l'extre'mite' infe'rieure du membre , s'oppose à son raccourcissement , et au de'placement des Iragniens par la rotation du membre , en un mot qu'il maintienne celui-ci e'iendu dans une immobilité' parfaite , non seulement au commencement , mais pendant tout le temps que durera l'application de l'appareil. Qu'un second aide , place' vers la partie supe'rieure du membre, veille à ce que l'épaule ou le bassin restent aussi entièrement immobiles; qu'un troisième se place du côté du membre sain, tandis que le chirurgien se mettra du côté de la fracture.

Cependant que le chirurgien, après avoir légèrement mouillé les bandes séparées , avec une éponge imbibée d'une liqueur résolutive, en commence l'application; à moins qu'il ne faille auparavant appliquer de la charpie et des compresses sur une plaie ou seulement des compresses imbibées d'une liqueur résolutive devenue nécessaire par la contusion des parties.

Les praticiens paraissent tenir beaucoup à l'emploi

d'une liqueur qu'ils appellent résolutive; ce n'est pas que les propriëte's de celte liqueur soient loien évidentes; mais elle sert au moins à rendre l'application des compresses et des bandes plus exacte.

Application des bandes séparées. Le chirurgien commencera l'applicaiion des bandes se'pare'es par celles qui correspondent à l'exlre'miie' inférieure du membre, afin d'obéi: au précepte ge'ne'ral que nous avons donne, de ne jamais exercer de consirictîon de haut en bas sur un membre , de peur de refouler le sang et la lymphe vers les mains et les pieds , et de produire un engorgement grave.

Pour appliquer ces bandes, le chirurgien les saisira les unes après les autres par l'exlre'mite' qui sera tournée vers lui , et il les couchera autour du membre, mais un peu obliquement , et de manière à les croiser en les dirigeant du côté où le volume des parties ira en augmentant (même P., 69, 61 et 64, 58, 60 et 62 , 55 et 53, 54 et 5i , etc). Comme en saisissant la bande pour l'appliquer avec un peu d'exactitude, on lire ne'cessairement dessus l'une de ses extrémités, si elle n'est pas retenue , la bande cède, glisse sous le membre et vient vers le chirurgien; pour éviter cet inconvénient qui oblige à recommencer, l'aide, placé vis-à-vis du chirurgien , doit maintenir l'extrémité opposée de la bande, en même temps que celui-ci la saisit lui-même de son côté par le bout correspondant. Alors le chirurgien peut, sans qu'elle vienne à lui, la coucher autour du membre , et jusqu'au-dessous, en formant une sorte de circulaire oblique ; aussitôt qu'il aura fait , il la retiendra avec l'une des mains, prendra de celle de Télève l'extrémité opposée , et la conduira obliquement autour du membre , comme la prennère moitié , et de manière qu'elles se croisent ensemble, en ayant soin d'engager

45o CL.\SSE H. BANDAGES MÉCANIQUES.

toujours les exlrcmilës des }3andes sous le membre, ou de les replier proprement et régulièrement si elles sont trop Ioniques.

Les bandes seront ainsi successivemenl toutes appliquées, jusqu'à la partie supérieure du membre ; jusqu à l'aine dans les fractures de la cuisse; jusqu'au genou dans les fractures delà jambe ; jusqu'à l'aisselle dans les fractures compliquées du bras ; jusqu'au coude , ou même au-dessous lorsque les complications d'une fracture de l'avant-bras re'clament une immobilité absolue. Cependant , au membre inférieur , les premières bandes après avoir été croisées sur le dos et le coude - pied , seront conduites autour de sa plante, de minièic à embrasser le pied en formant un huit de cbifire (même P. , 59, 61 et 64, 58, 57, Go et 63). L'application des bandelettes suivantes n'offrira rien de particulier, si ce n'est pour celles qui corr-espondraient à la plaie, ou au-dessus dans le cas ou il y en a; alors il faut les serrer moins que les précédentes, à partir de la plaie. '

Quelques uns veulent encore qu'au niveau d'une fracture, et pour y exercer une compression plus exactement conteniive, on ail placé dans la préparation de l'appareil, deux compresses longuettes sur les bandeleties séparées et qu'on en fasse deux ou trois circulaii'es avant «l'y appliquer les bandes séparées pardessus. Cette précaution est du nombre de ces modifications qui n'offrent ni avantage m inconvénient.

Jpplicaiion des coussins et des attelles. Le bandage de ScuLTET, que je viens de décrire , étant fait, les deux attelles que vous destinez à être placées en dedans et en dehors du membre (même P., ^3, 5o, l\2) ^ doivent être enroulées, la plus longue dans le bord externe, l'autre dans le bord interne du porle-atlelle jusqu'à deux travers de doigt environ du membre ; puis

GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES. q'oi

les coussins sont engages entre ce membre et les atlcUes (même P., ^5 , 55 , !iO) pour défendre celui-là de la pression de celles-ci. Le troisième coussin est cnsuiic applique' sur le côte' du membre qui est oppose' à celui qui repose sur le lit (même P. , 22, 09); 'la plus petite des trois atlelîes est e'tendue sur ce coussin (même P., 24 , v58) , et l'on procède à la ligature des cordons qui doivent tout soutenir.

application des liens ou rubans. Les extre'mite's de chaque lien sont releve'es autour du membre et de l'appareil , noue'es ensemble, serre'es autant que possi})le, et boucle'es en dehors du membre sur le bord de I une des attelles, de la supe'rieure ou de l'externe (même P., 26, 27, 28, 29, 5i , 32^ 53, 34, 56, 07). Comme au moment de faire la boucle le nœud se desserre ordinairement , un aide doit appuyer le doigt dessus , tandis qye le chirurgien fait celte boucle.

On recommande de commencer toujours par le lien qui correspond à la fracture , probablement de peur que les os ne se déplacent tandis qu'on lie les autres rubans. Des chirurgiens paraissent attacher beaucoup d'importance à celte règle : heureusement qu'elle ne saurait être nuisible !

Dans les fractures de la jambe on peut employer la semelle pour soutenir le pied, ou tout simplement la bande plantaire.

La semelle s'applique sous le pied, preiiminairement garni 5 elle y est maintenue au moyen d'une bande dont les deux chefs s'engagent dans les deux mortaises et qui l'embrassent dans une anse. Ces deux chefs , amenés sur le dos du pied, sont croises au-devant de la jambe : on les arrête sur l'attelle ante'rieure au moyen de liens.

La plupart des chirurgiens n'emploient pas celle semelle , et les malades n'en paraissent pas plus mal ;

mais alors ils font au moins usage de la bande plantaire.

Si l'on se sert de celte bande , on porte le milieu de sa longueur sous la plante du pied , on en amène les chets au-devant de la jambe , pour les fixer avec des épingles ou avec les liens de l'appareil.

Application de V appareil aux fractures du péroné.

Celte application souffre des modifications qui re'clament une mention particulière.

Comme dans la fracture du pe'rone' le pied a beaucoup de tendance à se renverser en deliors , il importe de l'éviter pour que la malléole externe, poussée en dehors par le pied dévié, ne s'écarie pas de rinterne; car alors l'arliculalion resterait trop large , et pourrait favoriser , après la guérison , le renversement du pied en dehors pendant la marche.

Pour répondre à celle indication, peut-être cependant moins pressante qu'on ne se l'imagine , on peut augmenier, enire le coté externe du pied et l'aiielle correspondante, l'épaisseur du coussin destiné à élre placé en dehors de la jambe , soit en ajoutant des remplissages soit en repliant et redoublant en dehors i'exlrémiié iniérieure de ce coussin, choisi d'une longueur sullisanle pour cela. On peut retrancher les attelles antérieure et interne, puis entourer la jamhe et l'aiielle externe d'un bandage spiral. On peut aussi les conserver louies et les conienir au moyen de trois liens.

On peut encore, en procédant comme M. DuPUY- TUEN (i), appliquer l'appareil d'une manière inverse, placer un coussin en dedans de la jambe, le doubler en bas de la jam')e, immédiatement au-dessus du côté in-

(i) Annuaire ilcs hOpilaux.

GENRE VII. APPAREILS DE FRACTURES. l\^0

terne de rariiciilalion tibio-tarsienne , le couvrir d'une longue aiielle qui dépasse le pied , contenir le tout avec un bandage en spiral, qui allire et renverse le pied en dedans.

Effets et propriétés. Cet appareil est très gênant, en ce qu'il tient e'iendu et immobile le membre casse', en ce qu'il exerce une compression qui, pour éire uniforme, n'en est pas moins très faliganie. Si Timmobilité des fragmens rend la lormalion du cal plus prompie et plus régulière , en revanche elle détermine la raideur et même la fausse ankyloee des articulations.

Le bandage de Scultet en particulier agit à peine pour contenir la fracture; aussi n'est-ce pas pour maintenir une fracture re'duite qu'on l'emploie, mais bien pour exercer une compression uniforme sur tout le membre.

Si on le prë'ère d'ailleurs au spiral, c'est qu'il est plus commode à appliquer, à recbanger , et que, dans cette opération , il est très important de n'imprimer au membre aucun mouvement , ainsi que nous le verrons en parlant des soins conse'cutifs à l'application des appareils de fracture.

C'est la résistance des attelles surtout qui assure l'immobilitédes fragmens du m.embre. Elles s'opposent avec énergie à ce qu'ils ne se déplacent suivant leur épaisseur et suivant leur direction; et gênent beaucoup leur chevauchement dans les fractures obliques , et leur déplacement suivant la circonférence du membre par suite de la rotation de celui-ci.

Remarque. Au lieu de tenir étendue la jambe sur la cuisse dans son appareil à fracture , on peut la laisser fléchie, conmie Pott l'a proposé dans sa Nouvelle Jféthode de traiter les frac tiwes et les luxations (i).

(i) Ouvrage (rad. par LAesrs, p. C']. Paris, 1771.

<( Dans la fracture du tibia et cîu pcronc, dit-il, le genou sera médiocrement plie' ; la cuisse , le corps et la jambe seront dauis la même position que pour la fracture de la cuisse. » Il veut dire qu'ils seront rcnverse's un peu sur le côte' externe, comme il l'a recommande' ( i ) et laii dessiner (a). Telle est aussi la position que M. Du- PUYTREN paraît avoir définitivement adopte'e à l'Hôtel- Dieu pour les fractures de la jambe. Quelquefois il la modifie^ en faisant coucher le malade sur son dos, et en lui plaçant horizontalement la jambe siu' des oreillers e'ievës au-dessus du plan du lit , comme on le ferait en employant la machine figure'e dans l'Encyclopédie, P. 67, F. 1, 2. Dans ce cas la jambe est encore fléchie ainsi que la cuisse, mais elle porte sur les coussins par sa face poste'rieure.

Le docteur Sauter lui donne encore une position

analogue , lorsque la soulevant au-dessus du plan du

matelas il la place sur un cadre sanglé , garni d'un

oreiller, et suspendu au ciel du lit 011 au plafond de

'appartement.

IIP SOUS-GENRE.

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